Archives de Tag: la Saint-Sylvestre

Le mot du 30 décembre 2014

contondant

            Les fêtes de fin d’année ne transforment pas la planète en pays des Bisounours, hélas, et la violence est toujours bien présente dans des faits-divers même entre la Saint-Nicolas et la Saint-Sylvestre… Armes à feu, armes blanches et objets contondants reviennent donc régulièrement dans les bulletins d’information.

            Très souvent mal employé par un certain nombre de journalistes, l’adjectif contondant(e) est pris à tort comme un synonyme de pointu,  de tranchant, d’acéré… En réalité, ce mot est le participe présent adjectivé du vieux verbe contondre, utilisé jusqu’au XIXe siècle cependant, mais de nos jours sorti du vocabulaire.

            Contondre  avait  repris  l’acception  du  verbe latin cuntundere, à savoir : « frapper, écraser, meurtrir, battre à coups répétés avec un instrument non tranchant ». Si l’on regarde les racines plus anciennes, notre verbe est apparenté à des verbes exprimant l’idée de « heurt » ou de « stupeur ».

            Un objet contondant meurtrit, assomme sans couper, sans piquer, sans trancher. Il peut également tuer (cf. un… gigot dans une des petites histoires de Hitchcock !). Son utilisation peut frapper de stupeur, et occasionner pour le moins, au sens propre, des contusions. La personne frappée s’en trouve contusionnée, voire contuse, si l’on préfère ce synonyme plutôt employé dans le vocabulaire médical, à propos d’une plaie non ouverte, où il n’y a pas eu de déchirure de la peau (une plaie contuse).

            Le type même de l’arme contondante est la massue, dont le cousin est le casse-tête et la belle-mère la masse. Le rejeton le plus populaire de cette sympathique famille (on peut d’ailleurs dire « la rejetonne ») est depuis plusieurs années la batte de base-ball qui s’invite régulièrement dans toutes les manifs, dans tous les défilés, dans toutes les fins de fêtes bien arrosées…

            Nous ne dirons pas que le fait de confondre contondant et tranchant mérite des coups, mais les coupables, à défaut d’être rouges « de contusions », devraient être rouges de… confusion !

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Le mot du 1er décembre 2014

Saint-Nicolas

          La Saint-Nicolas se profile dans un avenir proche : le 6 décembre, et, une vingtaine de jours avant Noël, les enfants – notamment dans l’est de la France (mais également dans de nombreux pays d’Europe) – sont à peu près certains de recevoir des cadeaux, en particulier des pains d’épice(s) de différentes formes. La variante la plus traditionnelle est naturellement saint Nicolas lui-même, de toutes les tailles et plus ou moins somptueusement vêtu…

         Par la Saint-Nicolas on désigne une fête : celle de saint Nicolas, plus précisément de saint Nicolas de Myre, appelé aussi Nicolas de Bari. Il est l’heureux patron, selon les pays ou les régions : des mariniers, des marins, des enfants, des prisonniers, des avocats, des commerçants, des boulangers, des célibataires… !  Voilà qui occupe un élu !

            Cette fête est l’occasion de rappeler les règles de l’orthotypographie (ce que je fais régulièrement dans Défense de la langue française, et, bien sûr, dans mes cours). Le mot saint(e) est un nom commun, s’écrivant donc sans majuscule initiale : C’est à Lyon que sainte Blandine subit le martyre ; Le premier pape fut saint Pierre… Un nom de fête est un nom propre, et, en l’occurrence, puisque l’on ne parle plus du saint lui-même, ou de la sainte elle-même, il faut adopter une graphie marquant cette différence. La règle orthotypographique exige donc d’écrire : la Saint-Nicolas, avec  deux  majuscules  et un trait d’union (et non un « tiret », comme disent les personnes confondant signe orthographique et signe de ponctuation). Idem, alors, pour : les feux de la Saint-Jean, les festivités de la Saint-Sylvestre…

            Sauf au sein des calendriers, et quand la justification (= la largeur) des colonnes  l’impose, il est interdit d’abréger Saint(e)- en « St- » ou en « Ste- », en « St– » ou en « Ste– ». Mais, dans les « têtières » de journaux comportant des noms de communes, l’on est parfois contraint d’abréger, toujours pour des raisons de justification…