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Le mot du 15 juin 2015

bonbon

 

            Les commentateurs évoquent ces jours-ci non une « guerre des boutons », mais  une « guerre des bonbons ». Plus précisément une « guerre des bonbons gélifiés qui piquent » opposant de grands groupes mondiaux qui se… sucrent autour de ce secteur très « juteux », bien loin d’être en crise.

            Bonbon est un mot issu du redoublement enfantin de bon : c’est du nanan, c’est « trop bon », c’est vraiment « bon de chez bon », si les enfants du XVIIe siècle avaient parlé comme les « djeuns » contemporains.  Oui, le XVIIe siècle, le Grand Siècle : c’est dans le très intéressant journal1 du médecin et anatomiste Jean Héroard (1551-1628), dont on retient qu’il fut principalement le médecin du jeune Louis XIII, que l’on voit apparaître le bon bon qui deviendra bonbon.

            Si, devant un b, n devient généralement un m, bonbon appartient aux exceptions (avec bonbonne et bonbonnière). Par analogie avec la douce et fade couleur de bien des sucreries (mais beaucoup de bonbons, entre autres les bonbons gélifiés évoqués plus haut, présentent de vives couleurs), bonbon est couramment employé pour caractériser une nuance de la couleur rose : des robes de poupée rose bonbon, du papier rose bonbon, des chemisiers rose bonbon. Il s’agit donc d’une ellipse pour : « D’UN rose semblable AU rose du bonbon », d’où l’invariabilité. Il n’y a pas de trait d’union dans ce type de syntagmes, de locutions. L’emploi de bonbon seul est plus rare : des rideaux bonbon, des robes bonbon…

            Curiosités : les écrivains Louis Pergaud et Jean de La Varende ont créé, le premier, le dérivé bonbonnet, « petit bonbon » ; le second, le verbe bonbonner, « habitude, voire manie, de manger des bonbons ».

            Bien connue, l’expression coûter bonbon signifie « coûter cher » : Ça coûte bonbon, l’entretien d’une telle villa !  Son arrivée dans le vocabulaire familier est récente : le début du XXe siècle, mais les linguistes sont pourtant hésitants quant à l’origine…  Pour certains, il s’agit d’une accentuation, par le redoublement de bon, de « coûter bon » au sens de « coûter beaucoup », « être onéreux ». Selon d’autres, la locution serait à rapprocher de coûter la peau des fesses, c’est-à-dire coûter le prix de parties du corps auxquelles on tient ! D’où un autre rapprochement, avec des parties intimes auxquelles, hommes ou femmes, on accorde quelque importance : se geler (ou : se peler) les bonbons, porter une robe au ras du bonbon…

            Dans la langue populaire, des choses aussi peu ragoûtantes que des boutons  envenimés,  des  pustules,  des furoncles, sont élégamment dénommés « bonbons à la liqueur ».

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  1. Tenu pendant vingt-sept ans.

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La question du jour :

            « Faut-il dire : « Les festivités battent leur plein », ou : « Les festivités battent son plein » ?… »

            Certains ont prétendu que dans l’expression battre son plein il fallait comprendre « battre plein son », ce dernier mot n’étant pas l’adjectif possessif, mais le substantif masculin. Cette explication est aujourd’hui unanimement jugée comme fantaisiste, car en réalité le substantif est bien plein, et non pas « son ». L’expression en question est l’adaptation figurée de la formule au sens propre La marée bat son plein, le plein étant le niveau maximum atteint par le flot. Par conséquent, au pluriel, il faut dire et écrire : Les Jeux olympiques, les Lyriades de la langue française, les championnats de France de natation, etc., battent LEUR plein.

 

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La citation du jour :

            « L’art de plaire consiste simplement en deux choses : ne point parler de soi aux autres, et leur parler toujours d’eux-mêmes. » (Edmond et Jules de Goncourt.)

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ATTENTION : REPRISE DEMAIN DES CONCOURS MENSUELS !

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