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Le mot du 8 septembre 2014

Palais-Bourbon

            Rentrée parlementaire demain, à l’Assemblée nationale, pour une courte session supplémentaire (jusqu’au 19), une session de « rattrapage » qui doit permettre aux élus d’examiner et de voter (en principe) des textes laissés en souffrance à la fin de juillet. Le premier texte que les députés étudieront mardi 9 est la « loi sur le vieillissement », qui, même compte tenu du climat politique surchauffé, devrait sinon faire l’unanimité, du moins recueillir un assentiment assez large.

      Pour la première fois au sein de ces chroniques, il sera question d’orthotypographie, c’est-à-dire de cette composante de l’orthographe d’usage qui porte sur l’emploi raisonné, logique, des majuscules, des traits d’union, du caractère italique, des guillemets, etc. En appliquant des règles fondées sur des décennies d’usage, des règles dont chaque francophone devrait connaître l’essentiel. La plupart des familiers du présent site savent sans doute que je rédige dans chaque numéro de Défense de la langue française une chronique détaillée consacrée aux règles orthotypographiques..

          Assemblée nationale s’écrit avec une majuscule au substantif parce qu’il s’agit d’une assemblée unique à l’échelon du pays, et avec une minuscule à l’adjectif parce que celui-ci vient derrière le nom. Pour la même raison, on écrit : le Conseil constitutionnel, l’Académie française, les Années folles, « les Temps modernes », « les Précieuses ridicules », la Ville éternelle, la Ville rose…

       Les surnoms étant des noms propres, la majuscule à Hémicycle est obligatoire : « L’Hémicycle se remplissait peu à peu, et seuls quelques députés s’étant attardés à la buvette se hâtaient encore vers leur siège ». Comme on s’en doute, ce surnom est dû à la forme demi-circulaire de l’amphithéâtre de l’Assemblée nationale.

            Autre façon de dénommer l’Assemblée nationale : le Palais-Bourbon, avec une graphie entérinée par l’usage (deux majuscules et un trait d’union). Ce palais fut construit, au début du XVIIIe siècle, de 1722 à 1728, pour la duchesse Louise Françoise de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan. Ce dut donc un « palais de Bourbon », un palais appartenant à la famille de Bourbon… Il n’y avait aucune raison de mettre de majuscule à palais. Puis le de a disparu, et, comme souvent lorsqu’il y a disparition d’un mot de liaison, a été remplacé par un trait d’union. La graphie « palais-Bourbon » n’étant pas jugée régulière, c’est Palais-Bourbon qui s’est imposé.