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L

Prononciation de « lacs »

« Lak » ou « la » : quelle est la prononciation correcte du mot « lacs » (« tomber dans le lacs ») ?  Telle est la question émanant du secrétariat général d’une municipalité du sud de la France…

Le mot « lacs » (qui prend un « s » final même quand il est au singulier) est de la famille de « lacet », et désigne un cordon, un collet de chasse ou de braconnage. Il se prononce « lâ », le « c » et le « s » étant muets (comme dans « entrelacs »).

La mauvaise prononciation est due à la confusion entre « tomber dans le lacs » (= tomber dans le piège) et « tomber dans le lac » (= tomber à l’eau, échouer [projet, affaire, etc.] ).

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« Lagon » ou « lagune » ?

Une de nos anciennes élèves correctrices s’interroge sur l’éventuelle synonymie de « lagon » et de « lagune« , car elle dit ne pas s’y retrouver après avoir consulté un certain nombre d’ouvrages…

Il est vrai que la lecture de différents dictionnaires (tout court) et dictionnaires de difficultés laisse perplexe !

Le nom commun masculin lagon ne s’emploie que pour désigner une étendue d’eau marine enfermée ou séparée par des formations coralliennes.

Le Grand Larousse encyclopédique en 10 vol. + 2 estime que ce mot, qui vient de l’espagnol lago, « lac », « désigne aussi bien la nappe d’eau enfermée par un atoll que celle qui se trouve entre un récif-barrière et la côte ». Mais Robert a déclaré « abusive » l’acception « lagune centrale d’un atoll ». Ce qui est tout le contraire d’A. V. Thomas, Dictionnaire des difficultés de la langue française, qui dit : « Un lagon est l’étendue d’eau qui occupe le centre d’un atoll (en ce sens, il est souvent confondu avec lagune) « .

Le Petit Robert remarque : « lagune […], étendue d’eau centrale d’un atoll (parfois confondu avec lagon)« . Si l’on va chercher dans Quillet, on y voit que le lagon est une nappe d’eau qu’isole plus ou moins un cordon corallien côtier, ou bien que c’est le petit lac central d’un atoll !

On le voit : la terminologie n’est pas très unifiée… Contradictoire, même. Si l’on se reporte au volume Océanie de la fameuse Géographie universelle de P. Vidal de La Blache et L. Gallois (A. Colin, Paris, 1930), on constate que le seul mot utilisé par l’auteur (Paul Privat-Deschanel) est lagune.

Notons au passage que lac, lagune et lagon (… et même lacune) ont une seule et même origine latine (lacus, « lac ») et grecque (lakkos, « bassin »), d’où lagon est arrivé en français par l’espagnol et lagune par l’italien, tandis que l’allemand adoptait Lagune et l’anglais lake et lagoon

Devant les contradictions entre lexicographes, qui reflètent évidemment des emplois divers du mot lagon, nous nous en tenons donc à la définition que nous donnions de ce mot au début de notre réponse.

Quant à lagune, nous dirons que l’on entend généralement par ce terme une étendue d’eau marine isolée par un cordon littoral, ou un petit lac s’inscrivant dans un lieu marécageux.

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« Le peu de » (accord avec)

Un internaute assidu souhaiterait vivement nous voir trancher entre le singulier et le pluriel dans la phrase suivante : « Le peu de kilomètres parcouru(s) dans la journée n’a pas (n’ont pas) permis aux randonneurs d’atteindre le gîte… ».

L’accord avec « le peu de«  suscite régulièrement des hésitations et des interrogations… Littré disait que cela dépendait entièrement « de la pensée de celui qui parle ». Les grammairiens contemporains restent sur cette position de souplesse, en indiquant que l’on optera en principe   –  pour le verbe  –  pour le singulier ou pour le pluriel selon que le locuteur veut insister sur l’idée de manque ou sur une notion positive exprimée par le complément au pluriel… « Le peu de connaissances qu’il a acquis n’a pas suffi à lui faire passer son examen »; « le peu de connaissances qu’il avait acquises lui ont permis d’obtenir son brevet supérieur ». Toutefois, même en mentionnant le même raisonnement, certains maintiennent le verbe au singulier, en faisant porter la différence d’orthographe uniquement sur les participes passés : « Le peu de connaissances qu’il avait acquis [ou : acquises] n’a pas [ou : a ] permis… »

Dans l’exemple soumis par notre correspondant, nous préférons nettement mettre au pluriel « parcourus » (accordé sur « kilomètres »), mais en gardant le singulier pour le verbe puisque la notion est celle d’un manque, d’une quantité insuffisante de kilomètres parcourus…  =  « Le peu de kilomètres parcourus dans la journée n’a pas permis aux randonneurs d’atteindre le gîte. »

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Métis ou métis

            Une de nos anciennes stagiaires n’hésite pas trop sur la majuscule à mettre à Blanc et à Noir quand ces termes désignent des êtres humains, mais s’interroge sur le mot métis. S’agit-il d’un terme exigeant la capitale ?…

            Effectivement, la majuscule est obligatoire lorsque Blanc et Noir sont employés pour parler de personnes de race blanche ou de race noire : les petits Blancs de Louisiane, le jazz fut créé par les Noirs…

            En revanche, métis(se) est un nom commun et adjectif, comme mulâtre(sse). Il n’y a donc aucune raison, et cela n’est en aucune façon péjoratif ni désobligeant, de vouloir y mettre une capitale initiale : des métis de nationalité mexicaine, de joyeuses métisses.

23 juin 2014.

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