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Le mot du 12 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour + proverbe du jour + info

samedi 12 septembre 2015

 

La question du jour

            « Dans un avis du « Carnet » du Monde, j’ai vu qu’une personne était qualifiée de « brution ». Je ne trouve pas ce mot dans les dictionnaires… Pouvez-vous me dire ce qu’il signifie ? »

            Brution  appartient au jargon militaire…  Ce mot désigne un élève ou un ancien élève du prytanée national militaire de La Flèche, dans la Sarthe.  Cet établissement d’éducation gratuite « pour les fils* de ceux qui avaient rendu des services à l’État, surtout des militaires » (Littré) fut installé en 1808 dans l’ancien collège des jésuites fondé par Henri IV en 1607. Aujourd’hui, le prytanée, qui est un des six « lycées de la défense », est un établissement d’enseignement secondaire et comporte des classes préparatoires aux grandes écoles, particulièrement militaires.

            On avance que brution a été forgé non pas sur le nom de Brutus, mais, par référence historique, aux soldats romains originaires du Brutium (ou Bruttium), donc de la Calabre : des légionnaires farouches, sauvages, fiers…  Il s’agirait donc d’un surnom valorisant, né d’une anecdote : une bagarre ayant mis aux prises des « fléchois » et des saint-cyriens, plus « policés »…  Il semble toutefois, si l’on en croit certains auteurs,  que les Romains aient porté sur les habitants du Brut(t)ium des sentiments plus réservés, leur reprochant de n’avoir pas combattu avec une grande vigueur (litote !) Hannibal et ses troupes. Mais, selon les époques, les jugements peuvent changer !…

 

*Aujourd’hui, des filles sont admises.

 

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L’articulet « dico » du jour

chartreuse  n. f.

            Couvent de chartreux ou de chartreuses (religieux de l’ordre de saint Bruno) : du nom de la Grande-Chartreuse,  massif alpin où se trouve la maison mère de l’ordre, le monastère de la Grande-Chartreuse. C’est aussi le nom donné à la liqueur fabriquée par ces religieux : boire une chartreuse jaune.

            Le  chat chartreux doit son nom au fait que son poil gris cendré rappelle la couleur de la robe des moines : des chartreux paisibles étalés sur le canapé.

            Ce qui suit n’étant évidemment pas de la publi-information, mais de l’information tout court : on distingue la chartreuse verte, surnommée « liqueur de santé », qui titre 55°, de la jaune, dite « reine des liqueurs », qui titre 43°. La combinaison de la jaune et de la verte  selon divers dosages a donné naissance, pour les gourmets,  à une terminologie subtile : toute verte, c’est la « papale » ; deux tiers de verte, un tiers de jaune, c’est la « cardinale » ; moitié verte, moitié jaune, l’ « épiscopale » ; deux tiers de jaune, un tiers de verte, la « canoniale » ; toute jaune, la « moniale ».

 

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La citation du jour

            « Il ne sert à rien de dire : « Nous avons fait de notre mieux… « . Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire. » (Winston Churchill.)

 

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Le proverbe du jour

            « Pour bâtir haut, il faut creuser profond. »

 

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« Plumes d’équinoxe » = le Salon du livre du Croisic (Loire-Atlantique), 19 et 20 septembre 2015.

Dictée : le samedi 19, à 10 h 30, au foyer Emile-Thibault, rue de la Duchesse-Anne. Renseignements et inscriptions : mairie du Croisic,  ou lbrechet@lecroisic.fr (inscriptions préalables souhaitées, mais acceptées sur place jusqu’au dernier moment).

À partir de lundi 14, Presse-Océan (édition presqu’île guérandaise ») passera chaque jour, pendant toute la semaine, mes questions-jeux de langue française…

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Le mot du 9 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + bévue du jour + citation du jour + infos

mercredi 9 septembre 2015

 

La question du jour

            « J’aimerais savoir la meilleure façon d’écrire une phrase de salutation… Qu’est-ce qui est mieux : « Nous croyons le tout conforme, mais nous vous prions de nous contacter si quelques questions demeuraient sans réponse » ou bien : « … si quelque question demeurait sans réponse » ? »

            Les deux versions sont possibles, sont licites… Tout dépend de ce que vous voulez exactement dire.

               En optant pour le pluriel, vous direz : « … si certains points demeuraient obscurs, si certaines interrogations subsistaient ». Le singulier, couramment usité,  sans doute plus employé dans ce type de fin de correspondance, signifie : « … si la moindre interrogation, si le moindre doute, subsistait ».

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L’articulet « dico » du jour

 

paru  p. p.

            Paraître se conjugue avec l’auxiliaire avoir, et les puristes ont longtemps proscrit totalement l’emploi du participe passé avec l’auxiliaire être. Toutefois, au sens de « être publié », les deux constructions sont admises, avec une double nuance : l’usage distingue a paru (= naguère, voire autrefois), qui insiste sur l’action  :  Ce  roman  a  paru tout d’abord dans un journal féminin,  et est paru (= vient de paraître), qui constate le résultat de la parution : Le dernier volume du Dictionnaire de l’Académie est paru.

 

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La bévue du jour

            Il faut rappeler à un journaliste de France 3 que « Val de Loir(e ?) » n’est pas… un « département », contrairement à ce qu’il a dit. Ou, alors, il dispose d’informations particulières sur une refonte des découpages administratifs. !

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La citation du jour

           

            « Je veux de l’érudition, mais une érudition maîtrisée par le jugement et organisée par le goût. » (Sainte-Beuve.)

 

 

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Défense de la langue française aura un stand, jeudi 10 septembre, à la mairie du 16e arrondissement, au sein du Forum des associations et du bénévolat, après avoir été présente, avec un grand succès, au Forum associatif de Versailles, samedi dernier.

Tests ludiques autour de la langue française à partir de 15 heures.

 

« 16e Solidaire », Mairie du 16e, 71, avenue Henri-Martin, de 10 h à 19 h.

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Prochaines dictées :

Les prochaines dictées ludiques seront :

  • la dictée du Croisic (Loire-Atlantique), dans le cadre du Salon du livre « Plumes d’équinoxe » (président d’honneur : Didier Decoin), le samedi 19 septembre, à 10 h 30,  au foyer Émile-Thibault. Inscriptions, renseignements : mairie du Croisic, 02 28 56 78 50.
  • la « Grande Dictée » de Bonsecours (Seine-Maritime), le samedi 26 septembre, à 14 heures, au casino de Bonsecours. Inscriptions, renseignements : en mairie de Bonsecours, bonsecours.fr, ou par le 02 32 86 52 00.

Lauréats concours août 2015 – Prochaines dictées

Lauréats du concours d’août 2015 + dates des prochaines dictées

 

Résultats du concours d’août 2015 :

 

Comme pour le concours de juillet, les lauréats sont des familiers des dictées-concours !

Une seule personne a donné rigoureusement la réponse aux trois questions : c’est un Suisse, M. Daniel Fattore, qui recevra un prix en livres d’une valeur de 50 euros.

Mme Solange Pascarel, de Criquetot-sur-Longueville (Seine-Maritime), et M. Lionel Maurouard, de Bec-de-Mortagne (Seine-Maritime), qui ont « presque » répondu à la troisième question, complètent  le  podium  et  recevront  l’un  et  l’autre  un  prix  de  25 euros en livres. 

Aucune autre personne n’a donné plus de deux bonnes réponses.

 

Félicitations aux trois lauréats, et notamment à M. Fattore !

 

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Les questions du concours de septembre seront publiées le 15 septembre. Les réponses devront parvenir avant le 30 septembre à minuit.

 

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PROCHAINES DICTÉES :

Samedi 19 septembre, au Croisic (Loire-Atlantique), dans le cadre du Salon du livre.

Samedi 26 septembre, à Bonsecours (Seine-Maritime).

Mercredi 28 octobre, dictée Jules-Verne au conseil général (ou : départemental !) de Loire-Atlantique, à Nantes. Organisée avec le concours de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire.

Le mot du 30 juillet 2015

Information du 30 juillet 2015 

2e « Dictée à la plage » de Port-Leucate (Aude), mercredi 29 : salle de la médiathèque archicomble, et les correcteurs n’ont pas chômé pour relire dans les meilleurs délais les très nombreuses copies ! Parmi les participants : beaucoup de « cadets » (= moins de 14 ans) !

Les 3 lauréats de chacune des catégories ont été couverts de cadeaux par les organisateurs, et chaque participant est reparti avec un souvenir. Des exemplaires de la revue Défense de la langue française ont été distribués à tout le monde.

 

Il reste à souhaiter qu’à la « rentrée » d’après août l’affluence soit la même pour la 2e dictée du Salon du livre du Croisic (le samedi 19 septembre), en Loire-Atlantique, et pour l’édition 2015 de la dictée de Bonsecours, en Seine-Maritime, le samedi 26 septembre !

Le mot du 10 mai 2015

En tournée à La Havane

 

            Le chef de l’État français n’est pas en visite officielle dans les Caraïbes, il n’est pas en déplacement officiel… Non, tous les journalistes, tous les médias, le disent : M. François Hollande est « en tournée ». Le propos peut sembler désinvolte, sarcastique, trop familier, mais seulement, semble-t-il, à certains diplodocus attachés aux nuances du vocabulaire,  au bon usage du français. Est-il nécessaire de dire que j’en fais alors partie ?…  ☺

            Certes, l’acception des mots peut évoluer, s’étendre ou se resserrer, cela est bien normal s’agissant d’une langue vivante. Mais il est légitime de contester des emplois qui confèrent à des vocables ou à des expressions  des significations déformant leur sens, donnant une connotation burlesque ou dépréciative.

            On le sait bien : les visites à l’étranger de responsables politiques de nombreux pays consistent principalement, en dehors des déplacements dus à la situation internationale, en des tournées commerciales de représentants de commerce. N’empêche : il est quelque peu choquant, ou risible, de voir des chefs d’État assimilés à des VRP, à des artistes donnant leur spectacle : Le cirque Badaboum est en tournée en Allemagne, Dupaillon faisait la tournée des cafés, Adalbert Duchose remonte sur les planches pour une grande tournée théâtrale, Les fameux clowns Zeffi et Zeppo entament leur tournée d’adieux

            On ne connaît pas l’origine du nom de Cuba : plusieurs hypothèses sont avancées, mais aucune ne peut être retenue de préférence aux autres. Même incertitude pour La Havane…  Le conquistador espagnol Diego Velasquez de Cuellar (1465-1524), qui fonde La Havane en 1514, sous le nom de San Cristobal de la Habana, fait allusion à Habaguanex, nom du cacique indien de la tribu qui contrôlait la région. D’autres sources disent que Habana était le prénom de la fille dudit cacique. D’autres chercheurs encore y voient, eux, un lien avec le nom commun « port » (moyen néerlandais havene,  anglais ancien haefen, vieil haut allemand hafan, etc., d’où, aussi, le nom du Havre).

 

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Citation du jour :

            « Le travail, c’est la liberté… des autres. Pendant que vous travaillez, vous n’ennuyez personne. »  (Erik Satie.)

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Parmi les questions reçues :

            « Faut-il écrire avoir des centres d’intérêt  ou avoir des centres d’intérêts ?… »

  • Selon moi, l’orthographe correcte est : un/des centre(s) d’intérêt, parce qu’il faut comprendre « le ou les points sur lequel ou sur lesquels converge l’intérêt ».

 

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Rappel : la prochaine dictée est celle d’Asnières-sur-Seine, qui aura lieu le samedi 30 mai. Tous renseignements seront donnés dans la semaine.

Informations : la seconde dictée de Leucate (Port-Leucate), dans l’Aude, se déroulera le 29 juillet. La seconde dictée du Croisic (Loire-Atlantique) aura lieu le samedi 29 septembre. La dictée annuelle de Nantes, le mercredi 28 octobre.

 

Le mot du 16 septembre 2014

étriqué

           M. Manuel Valls n’a obtenu qu’une majorité relative, en ce mardi 16 septembre, à l’issue de son discours de politique générale : 269 voix (contre 306 en avril). Les « frondeurs » du PS se sont comptés au nombre de 31 (même 32, avec cette députée qui a voté pour, mais qui affirme s’être trompée), soit trois fois plus que lors du vote précédent.

            Les adjectifs les plus employés par les commentateurs pour qualifier cette majorité sont alors : courte, rétrécie, exiguë, restreinte et étriquée.

            Étriqué, adjectif, est à l’origine le participe passé d’un verbe bien oublié : étriquer, dont la signification peut sembler contradictoire avec l’acception de l’adjectif, puisque ce vieux verbe transitif voulait dire : « étendre, allonger ». Comment ce qui serait allongé pourrait-il être… raccourci ? En fait, il faut aller plus loin dans l’exposé de la signification d’étriquer… La notion première d’ « allonger » s’est associée à celle de « rétrécir », d’ « amincir », pour laisser place à l’acception de « rétrécir », de « rendre étroit », de « priver d’ampleur » : étriquer un habit, étriquer une pièce de théâtre, des fronces qui étriquent une robe. L’emploi pronominal, appliqué à des personnes, a été noté : ce ministre a vieilli, s’est engrisaillé, s’est étriqué…, et peut correspondre à un emploi propre (au physique) comme à un emploi figuré (au moral).

            L’étymon serait le moyen néerlandais striken, « étendre, s’étendre ».

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            Rappel prochaine dictée : samedi 20 et dimanche 21, Salon du livre « Plumes d’équinoxe » au Croisic (Loire-Atlantique). Thème : les deux conflits mondiaux.

            Dictée à 14 heures, à la mairie (salle du Soleil-Royal). Inscriptions de préférence sur le site de la ville, ou sur place le jour même (en fonction des places disponibles). Mairie du Croisic : 02 28 56 78 50.

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            En vous priant d’excuser le retard : la question-jeu-concours du mois sera mise sur le site en fin de journée.

Le mot du 13 septembre 2014

Grande-Bretagne

            Lorsque la « Reine vierge », Elisabeth Ire d’Angleterre, décéda en 1603, son cousin Jacques (James) VI, roi d’Écosse depuis 1567, accéda alors également au trône d’Angleterre, sous le nom de Jacques Ier. Les deux royaumes étaient réunis pour des raisons de liens de parenté… mais ce n’était pas politiquement officiel. Le double souverain  (VI et Ier !) franchit cependant un pas en s’autoproclamant, le 20 octobre 1604 : « King of Great Britain and Ireland ». La « Grande-Bretagne », au sens politique et administratif – d’où le trait d’union en français –, commençait à faire parler d’elle, et ce titre nouveau fut repris par certains des successeurs du roi. En 1707, par l’Acte d’union, les deux royaumes s’unissaient officiellement cette fois, devenant le « Royaume-Uni1 de Grande-Bretagne », et les deux Parlements fusionnaient.

            Si le référendum du jeudi 18 septembre sur l’indépendance de l’Écosse donnait la victoire au « oui », le maintien de l’emploi de Grande-Bretagne deviendrait, rigoureusement, impossible, même si Londres avançait que ce mot composé allait alors désigner l’association de l’Angleterre et du pays de Galles ! (D’ailleurs, les Gallois n’envisageraient-ils pas, à leur tour, de demander un référendum !?…) La dénomination de Royaume-Uni n’échapperait pas non plus à une remise en question : n’est-ce pas une abréviation pour « Royaume-Uni1 de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord » ?

            Le rejet du « oui » éviterait bien des soucis à énormément de personnes, notamment à celles qui s’occupent d’onomastique, de relations internationales, de politique… !

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1. Le trait d’union conventionnel à Royaume-Uni tout court devient contestable, de même que la majuscule à Uni, lorsque l’on dit « Royaume-Uni de… », mais, le mieux étant l’ennemi du bien, notre longue pratique de l’orthotypographie nous incite à déconseiller d’entrer dans des subtilités excessives, dans le byzantinisme mâtiné de chinoiseries certainement superflues aux yeux de la plupart des usagers du français…

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               Pour accompagner ma dictée du 20 septembre après-midi à la mairie du Croisic (Loire-Atlantique), dans le cadre du Salon du livre « Plumes d’équinoxe », le quotidien Presse-Océan publiera toute la semaine des questions-jeux de langue française que j’ai rédigées pour ses lecteurs.

Le mot du 5 août 2014

démenti

           Alors que le Canard enchaîné, l’hebdomadaire satirique du mercredi, n’était pas encore en vente, le ministère des Finances a démenti mardi 5 une information qui sera sous les yeux des lecteurs à partir du lendemain…

            C’est en effet en ce 5 août que Bercy « dément formellement » auprès de l’Agence France-Presse les propos attribués par l’hebdomadaire daté du 6 août à Michel Sapin, ministre des Finances, au sujet des prévisions de croissance. Selon le Canard, le ministre aurait déclaré lors d’un séminaire du gouvernement, vendredi dernier, que « si l’on était au-dessus de 0,5 % de croissance à la fin de l’année ce serait très bien ». Prévision pessimiste à l’excès, ou réaliste et sincère, qui démentirait elle-même la prévision officielle jusqu’ici annoncée à 1 %. Les chiffres officiels portant sur l’estimation de la croissance (?) au deuxième trimestre ne seront connus que vers la mi-août.

            Selon la façon de tourner les phrases, et journalistes comme politiques y veillent, les uns pour transmettre avec fiabilité l’information, les autres peut-être pour jouer sur les mots en noyant le poisson, démenti n’aura pas la même acception. Ou bien cela signifiera que l’on dément que le ministre ait parlé devant tous ses collègues (que la prévision calamiteuse apparaisse, ou non, dans ses dossiers), ou bien l’on dément que M. Sapin, qui a bien pris la parole, ait tenu les propos pessimistes qu’on lui prête… La formulation du démenti ministériel du 5 août s’inscrit dans la dernière hypothèse.

            Au sens de « déclaration », démenti est du registre « sérieux », souvent du niveau solennel, officiel : on soutient qu’une affirmation est fausse. Par ailleurs, et par analogie, on parlera d’un désaveu apporté par la vie : « Les semaines à venir allaient infliger un terrible démenti à ses espérances… ». Le terme, employé par les commentateurs, sera neutre, du domaine du constat.

          Avec dénégation, le plus souvent employé au pluriel, la connotation devient nettement fâcheuse dans le ressenti des usagers du français : des dénégations sont considérées comme des protestations contestables, sont comprises comme des refus de reconnaître la vérité. Il faut donc être extrêmement prudent dans l’utilisation de ce vocable, pour éviter de confirmer ce glissement de sens qui n’a pas lieu d’être !

          L’infirmation n’est autre que l’action d’infirmer (un diagnostic, un raisonnement, formulés par autrui), et, en droit, l’annulation d’une décision, d’un jugement. Les propos d’un ministre peuvent être infirmés publiquement par un Premier ministre, par un chef d’État… mais ça fait désordre ! Quant à déni, c’est aujourd’hui un terme très en vogue utilisé pour désigner le refus de telle ou telle réalité ressentie comme pénible, douloureuse, dramatique, traumatisante…

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Certains lecteurs de ce site n’ayant pas encore pris l’habitude de consulter la rubrique « Agenda » (des dictées et autres événements), nous résumons ci-dessous cette actualité, en les priant, pour disposer de plus de détails complémentaires, de se reporter à ladite chronique.

Manifestement, d’après certaines réactions, il est nécessaire de répéter qu’en s’inscrivant comme ami du site (il suffit de donner son adresse électronique, en la tapant dans un des cadres prévus) chacun peut recevoir GRATUITEMENT, IMMÉDIATEMENT et SYSTÉMATIQUEMENT tout nouveau texte mis en ligne.

Il est utile également de rappeler, semble-t-il, que toute question de langue française posée est anonyme, et ne sera lue que par nous-même. J’enverrai la réponse sous 24 à 48 heures, en moyenne, à la personne qui l’aura posée.

 

L’actualité de l’agenda :

  • Participation importante, dont de nombreux « cadets », à la première dictée de Port-Leucate (Leucate, dans l’Aude), le 30 juillet, en hommage à l’écrivain et aventurier Henry de Monfreid. Devant ce résultat très positif, les responsables (mairie, médiathèque) envisagent immédiatement une édition 2015.
  • Dimanche 3 août, présidence d’honneur du très sympathique Salon du livre de Kercabellec (à Mesquer, en Loire-Atlantique), sous un chapiteau installé près des parcs ostréicoles.
  • Prochaines dictées : en la mairie du Croisic (Loire-Atlantique), le samedi 20 septembre après-midi, dans le cadre du Salon du livre « Plumes d’équinoxe » ; ce sera une première dans cette commune. À Bernay (Eure), le samedi 4 octobre : ce sera également une première. Puis, retour en Loire-Atlantique : 7e dictée de Piriac-sur-Mer, le samedi après-midi 18 octobre.