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Le mot du 19 août 2019 (1)

La bourde du jour

 

« Bouleversifiant » titre dans le Figaro.fr de ce jour au sujet de la mort d’un randonneur français en Italie : « Le corps de Simon Gautier s’apprête à être récupéré »…  Voilà donc, maintenant, des cadavres qui se préparent  (qui se font beaux ??!) en vue de leur récupération…  Certain(e)s feraient bien de rendre  leurs articles plus beaux… et intelligents. Si cela leur est possible…

Le mot du 4 novembre 2015

Le mot du jour (qui sera en même temps la bourde du jour) :  

Dans l’ oeil du cyclone 

(avec un « oe » qui devrait être collé !)

            La bourde du jour se situe, aujourd’hui, dans un article qui… fustige la boulette de quelqu’un !! « Pan sur le bec », donc, comme on dit au Canard enchaîné.

            Même si l’on ne s’intéresse pas, ou plus, au football, personne n’a pu échapper, ce 4 novembre, aux volées de bois vert que les journalistes et commentateurs divers ont assénées au gardien de but du Paris-Saint-Germain : l’Allemand Kevin Trapp. (Décidément, la fameuse « qualité allemande » en prend un sérieux coup, ces derniers temps :  contrôle lacunaire, semble-t-il, de la santé des pilotes d’avion ;  gros problèmes au sujet de certaines voitures ; soupçons quant à l’achat d’une Coupe du monde de football ; mise au point sur le montant des  salaires d’un bon nombre d’Allemands, salaires beaucoup moins mirifiques que cela est généralement proclamé…)

            Talentueux… mais fantasque ?  Déjà critiqué pour une grosse bévue lors d’un match récent, le goal du PSG porte une lourde responsabilité dans la défaite de son équipe, 1-0, face au Real de Madrid hier.  (Oui, attaché à un français correct, ce qui ne veut pas dire à une langue pédante et ultrapuriste démodée, je me refuse à adopter le charabienglish « Real Madrid, Dynamo Moscou, Spartak Prague », etc.)  Laurent Blanc, l’entraîneur de l’équipe parisienne, a commenté : « On prend un but très, très évitable. Il me semble bizarre […]. »

            Même si Kevin Trapp a par ailleurs réussi de beaux et nombreux arrêts, comme d’habitude les reportages et les commentaires portent sur sa « bévue », sans s’attarder outre mesure sur l’inefficacité des attaquants parisiens, qui ont très bien joué, mais visé les… poteaux ou échoué face au très bon gardien de but madrilène.

            Ainsi, sur le site du Figaro, on a pu lire, en titre : « Trapp, la boulette de trop ? », et, au-dessous, en « chapô » (orthographe traditionnelle, en jargon de presse, pour parler du chapeau d’un article) : « Fautif sur le but du Real Madrid, le gardien se retrouve de nouveau dans l’œil du cyclone »… Patatras !  Autre bourde !  Contre la langue française, cette fois, de la part de la rédaction !  Un beau  contresens,  car,  cible  de  violentes  critiques,  Kevin Trapp, en vérité, se « retrouve dans la tourmente », se « retrouve au cœur de la tempête »

            Explication : un cyclone est une forte perturbation atmosphérique qui s’établit autour d’une basse pression, et qui se déplace en tournoyant sur elle-même. De ce fait, la zone située en son centre – ce que l’on appelle l’ « œil du cyclone » –  n’est pas concernée par les dangers, c’est une zone calme.

            Kevin Trapp n’aurait rien à craindre si, au sens figuré, il était dans l’œil du cyclone ! Mais on peut redouter pour lui qu’il ne soit au contraire, en ce lendemain de grosse bévue, pleinement exposé aux éclairs du tonnerre des dirigeants du PSG.

Le mot du 21 août 2014

tournée

        Des rédactions de nombreux médias – presse écrite, radios, chaînes télévisées – ont employé le mot tournée à propos du déplacement du président de la République, M. Hollande, dans l’océan Indien : à la Réunion, à Mayotte… Le Figaro.fr, ainsi : « François Hollande est arrivé aujourd’hui à la Réunion, première étape d’une tournée de trois jours… ». Mais le mot n’est-il pas, lui aussi, « déplacé » ?

            Un usager de la langue française, en 2014, comprend-il toujours tournée au sens de « visite officielle », de « déplacement professionnel » : tournée du facteur, tournée d’inspection, tournée pastorale, tournée du boulanger avec sa camionnette… ? « Professionnelles », également, les tournées électorales… qui s’accompagnent localement de tournées générales dans les bistrots de la circonscription !

            Pour les générations les plus jeunes, la première acception de tournée (… avec celle d’  « ensemble de consommations offertes ») est certainement celle de « suite de déplacements d’un artiste, d’artistes, de troupes d’artistes », telles les fameuses « tournées Herbert-Karsenty » qui dominèrent le milieu des « tourneurs » pendant plusieurs décennies. Cette signification prédominante semble donc s’appliquer, de même, aux visites effectuées par des responsables politiques à l’intérieur de leur propre pays ou à l’extérieur de leurs frontières. La notion d’ « hommes (et femmes) d’État » disparaît alors au profit du dérivé dépréciatif politiciens s’associant à « comédiens ».

            Il semble donc recommandé, du fait de l’évolution de la signification et de la hiérarchie des acceptions de tournée, d’employer visite (officielle), voyage (officiel), déplacement (officiel). Le souci de varier le vocabulaire ne doit pas conduire à recourir à des termes anciens qui pourraient être ressentis comme sarcastiques et persifleurs : perambulation, par exemple, qui, au-delà des sens premiers d’ « arpentage d’un terrain » et de « visite d’une forêt », est un synonyme de « promenade » et d’ « excursion ». De plus, un voyage officiel ne saurait être une excursion, une balade, une vadrouille, une baguenauderie…