Archives de Tag: le Robert

Le mot du 21 avril 2015

gag

         M. François Hollande, après avoir été très souvent – trop souvent, disent certains – dans la compassion, avec de nombreux déplacements  –   trop nombreux, jugent d’aucuns, qui y voient un « truc » destiné à remonter dans les sondages –,  intervient fréquemment (excessivement, aux yeux d’une partie des commentateurs), depuis quelques jours, dans des émissions de radio ou de télévision. Cette fois,  ses contempteurs lui reprochent de redevenir l’homme des « petites phrases », des blagues, des jeux de mots, qui élude les questions sérieuses et cherche à  s’attirer la sympathie des jeunes, des « bobos »…

            Naturellement, selon les convictions des uns et des autres, les avis sont très partagés. Et ce qui déplaît souverainement aux uns a l’assentiment des autres.

            Ce qui est indubitable, c’est que le chef de l’État a de l’humour, sans doute de l’esprit, et qu’il aime les calembours…  Nombre de ses propos, depuis des années, l’ont montré, et on peut l’imaginer en « usine à gags ».

            Gag est un mot qui a la particularité d’être un palindrome (terme se lisant de gauche à droite comme de droite à gauche : radar, ressasser, elle, kayak, Laval, Noyon, tôt, serres…). C’est un mot anglais remontant au XVIe  siècle, qui a pris au XIXe la signification d’ « histoire drôle », puis, comme le mentionne Alain Rey dans son passionnant Dictionnaire historique de la langue française (Le Robert), celles de « partie d’un dialogue improvisée par un acteur » et, en anglo-américain, d’ « objet de moquerie ».

            Au cinéma, gag a pris aux États-Unis, dans les années 1920, l’acception spécialisée de « réplique drôle », puis d’ « effet comique créant une situation cocasse » qui doit provoquer la surprise et faire éclater de rire les spectateurs. Un gag ne doit donc pas être « téléphoné » !

            Il appartient aux scénaristes, aux dialoguistes, de concevoir les gags pour donner du piment à une histoire risquant d’être trop fade, à un scénario manquant de vivacité… Mais de plus en plus, notamment aux États-Unis, on fait appel à des gagmen (singulier : gagman), royalement rémunérés.

            Les gagmen ou « hommes à gags »  –  on n’ira pas jusqu’à « tueurs à gags », même s’ils font… mourir de rire  –  sont d’authentiques professionnels, dont le travail consiste à inventer ou à adapter des effets comiques, uniquement visuels parfois.

           Des ponts d’or sont consentis de nos jours, répétons-le, aux gagmen les plus en vue, les plus inventifs, qui concoctent des gags d’une grande drôlerie, des gags tordants, c’est-à-dire… impayables !

 

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La citation du jour :

 

            « Il y a des gens qui parlent, qui parlent…jusqu’à ce qu’ils aient quelque chose à dire » (Sacha Guitry).

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Le mot du 20 avril 2015

avunculaire

     Si je me refuse, dans les dictées que je rédige, à accumuler des mots compliqués et –  ou –  rares, ce qui serait une manière bien facile de « pondre » des textes mettant en difficulté la plupart des concurrents, je tiens, en revanche, à y glisser deux ou trois mots peu usités… Cela fait partie des procédés mettant un peu plus de sel, ou de piment, de saveur donc, à la petite histoire dictée. Et mes confrères journalistes peuvent en tirer, dans leurs comptes-rendus, quelques lignes instructives et plaisantes…

            Ma 11e dictée de Tours, samedi 18 avril, comportait donc l’adjectif épicène (= des deux genres) avunculaire, que l’on doit prononcer : « avonculaire ». Apparu vers la fin du XVIIIe siècle, selon le Robert et le Trésor de la langue française, ce terme peu usuel vient du latin avunculus, « oncle » (plus précisément, à l’origine, en latin classique ou tardif, « oncle maternel » seulement, puisque patruus désignait un « oncle paternel »), et a pour acception « qui a rapport à un oncle ou à une tante ».

            Un héritage avunculaire est par conséquent un héritage reçu d’un oncle ou d’une tante. Des privilèges avunculaires, dans une ethnie, une tribu, un peuple, sont des avantages particuliers propres à des oncles et –  ou  –  à des tantes.

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Citation du jour :

            « L’âge d’or était l’âge où l’or ne régnait pas » (Claude-François de Lezay-Marnézia [1735-1800], Épître à mon curé.