Archives de Tag: liberté

Le mot du 16 février 2015

résister

            Les jours se suivent, et se ressemblent : quotidiennement, et sans doute de plus en plus souvent, il faut résister… Résister à des choses et à des événements très différents, de gravité variée, d’importance diverse, de poids relatif.

               Résister à la maladie, notamment au « crabe », qui semble se multiplier en dépit des moyens déployés et de la compétence et du dévouement des médecins et chercheurs.

               Résister à ses propres travers, défauts, faiblesses, insuffisances, de façon à atteindre l’objectif fixé par le Secours populaire, par exemple : « Hommes de demain, soyez plus heureux que nous ; plus heureux parce que meilleurs, meilleurs parce que plus heureux ».

               Résister à la tentation de céder au découragement face aux inégalités croissantes qu’impose une oligarchie ploutocratique bloquant la société à son profit.

                     Résister à l’obsession de se réfugier dans l’apathie, dans la résignation, dans le repli sur soi-même, dans une veule indifférence, en croyant –  grande illusion ! –  que cela assure la sécurité, la paix et la liberté.

                     Résister fermement à tous ceux qui veulent asservir la Terre entière, qui veulent supprimer partout la liberté d’expression et la liberté d’opinion, et imposer leur fascisme obscurantiste.

                   S’indigner ne suffit pas, c’est une attitude inadaptée, complètement insuffisante.

« Je suis né pour te connaître

  Pour te nommer

LIBERTÉ »

                                            (Paul  Eluard.)

 

            Résister est issu du latin resistere, « se tenir en faisant face », « tenir tête », « opposer une résistance ».  Grâce à la pièce de Bertolt* Brecht la Résistible Ascension d’Arturo Ui, on connaît l’adjectif résistible : « ce à quoi, ce à qui on peut résister », qui a résistable comme synonyme fort peu usité.

* Une erreur courante consiste à déformer Bertolt en « Berthold » ! Comme Brigitte Bardot, Bertolt Brecht figure souvent dans des grilles de mots-croisés sous le sigle B.B.

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            La prochaine dictée, en Île-de-France, sera celle, annuelle, de Sèvres, au Centre international d’études pédagogiques, le samedi 7 mars. (Inscriptions et renseignements :  06 07 59 17 08 ou jp.colignon@orange.fr     .)

            La suivante sera celle  – une « première » – de Tourcoing (Nord), le samedi 21 mars.

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Le mot du 10 janvier 2015

feu de paille

            Certains observateurs et commentateurs mettent en garde contre un rassemblement national qui ne serait que de façade et n’unirait que très provisoirement la quasi-totalité des Français contre la barbarie, contre l’obscurantisme, contre l’intolérance… Soit quelque chose qui dure peu, et que l’on appelle pour cette raison un feu de paille

            Ces émules de Cassandre auront peut-être raison si, notamment, la classe politique, à l’occasion de prochaines échéances électorales, se livrait à des affrontements indignes, à des « combinazione » méprisables. Soit un comportement peu propre à mobiliser continûment les citoyens en faveur de valeurs républicaines galvaudées et trahies par des politiciens professionnels, « dignes » représentants non d’une démocratie, mais d’une « démocrassouille ».

            La constance de la détermination, la persévérance de la volonté assurent à chacun la possibilité de vivre libre, dans le respect de toutes les convictions, politiques, philosophiques et religieuses. Un feu de paille – c’est-à-dire une démarche velléitaire, un comportement inconstant, versatile, fluctuant, hésitant – ne saurait apporter de telles garanties.

            En élargissant l’acception de cette vieille expression qui signifie « ménager ses biens ou sa santé », il faut « faire feu qui dure ».  

 

Le mot du 24 septembre 2014

ignoble

            Les fanatiques qui veulent imposer à la planète entière, par la violence, par la force, par le crime, leurs idéaux (si l’on peut dire…) moyenâgeux et barbares ont donc lâchement exécuté un homme, par une immonde et ignoble décapitation. Ce meurtre particulièrement « dégueulasse », à l’image des autres précédents répugnants assassinats, reflète le manque total d’humanité et la haine de la civilisation, de la culture, de la tolérance…

            Comme tous les zélateurs de doctrines totalitaires, fascistes, racistes, machistes, ces monstrueux individus entendent effrayer les populations, pour imposer la disparition des libertés individuelles, et celle de LA liberté, au sens absolu. Il n’y aurait rien de pire que de croire se sauver, face à des néo-nazis barbares et inhumains, par un esprit munichois, par la couardise, par la poltronnerie, par la pleutrerie…

            Littéralement, ignoble est l’antonyme, le contraire, de noble, au sens social (XIVe siècle : « qui n’est pas noble ») : est ignoble celui ou celle qui appartient au monde plébéien, au milieu roturier. Appliqué à des choses, l’adjectif qualifiait des objets utilitaires, des outils, voire des travaux propres à des personnes de condition modeste ! Aujourd’hui, le terme est devenu un synonyme d’abject, de vil, d’infâme, dans le registre moral ; cette notion de « bassesse extrême », de « vilenie », de « répugnance », se retrouve dans le domaine de l’art, du physique, de l’esthétique, pour fustiger quelque chose qui inspire le dégoût, qui est horrible…

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Rappel pour les amateurs de dictées : la dictée annuelle de Bonsecours (banlieue de Rouen) se déroulera samedi 27 septembre, au centre culturel Le Casino, avenue Numa-Servin, à 14 heures. Tous renseignements et inscriptions à la mairie, au 02 32 86 52 00 et www.bonsecours.fr

Les inscriptions sont gratuites, et TOUS les participants se partageront les nombreux lots. (Les ultimes retardataires non inscrits pourront encore s’inscrire le jour même, sur place, à 14 heures.)

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Il nous faut renouveler nos excuses au sujet du jeu-concours mensuel. Celui-ci, exceptionnellement, sera mis en ligne avec le « mot du jour » du 25 septembre. Seront alors prises en compte pour le tirage au sort (en dehors des toutes premières réponses correctes reçues, récompensées directement), toutes les réponses correctes envoyées avant le 10 octobre. Nonobstant ce qui précède, le jeu-concours d’octobre sera mis en ligne le 1er octobre.

le mot du 20 août 2014

civilisation

               Barbarie, atrocité, horreur, primitivisme, monstruosité, sauvagerie, bestialité, fanatisme, inhumanité… : l’actualité internationale est marquée par des faits et événements qui s’opposent aux notions de civilisation, de tolérance, d’humanisme, d’égalité entre les êtres humains, d’éducation, d’instruction et de culture…

            Même si elle n’échappe peut-être pas aux critiques et aux remarques, surtout vue a posteriori, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (Constitution du 24 juin 1793) – que l’on peut lire, par exemple, sur le site du Conseil constitutionnel – énonce des principes qui, eux, s’inscrivent dans la volonté d’établir et de maintenir une société civilisée, juste, éclairée, intelligente, sensée. C’est-à-dire une résolution incompatible avec la veulerie, l’avachissement et l’angélisme.

            Rappelons donc quelques-uns des articles, qui devraient pouvoir être ratifiés, et appliqués, dans le monde entier :

Article 3. – Tous les hommes sont égaux par la nature et devant la loi.

Article 6. – La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui : elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.

Article 7. – Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s’assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits.

Article 22. – L’instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens.

Article 30. – Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs.

Article 31. – Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.

          L’imperfection des êtres humains et l’organisation de la société font sans doute que le mot civilisation ne désigne pas, dans la réalité, un univers parfait, ayant trouvé le juste équilibre entre liberté et égalité, entre droits et devoirs. Mais il s’agit sans doute d’un objectif utopique, irréaliste… Assurer le plus haut degré possible dans le domaine des relations pacifiques entre peuples et individus, dans le domaine du savoir, des connaissances, de l’éducation, des idées, des arts ; contribuer sans cesse au développement social, matériel et intellectuel, dans le respect des libertés individuelles, de LA liberté, tout cela est en revanche un combat possible en faveur d’un but à perfectionner sans relâche et s’appelant civilisation.

         Alors que le Secours populaire (mais ce n’est pas la seule association caritative à organiser de telles actions) emmène des milliers d’enfants à la plage, notamment, dans le cadre de sa Journée des oubliés des vacances, c’est l’occasion de mentionner une phrase de Romain Rolland souvent reprise comme « devise – programme » par cette association. Une phrase qui s’inscrit dans le souhait d’instaurer un monde humain et civilisé : « Hommes de demain, soyez plus heureux que nous. Plus heureux parce que meilleurs ; meilleurs parce que plus heureux. ».