Archives de Tag: Loire-Atlantique

Le mot du 30 juillet 2015

Information du 30 juillet 2015 

2e « Dictée à la plage » de Port-Leucate (Aude), mercredi 29 : salle de la médiathèque archicomble, et les correcteurs n’ont pas chômé pour relire dans les meilleurs délais les très nombreuses copies ! Parmi les participants : beaucoup de « cadets » (= moins de 14 ans) !

Les 3 lauréats de chacune des catégories ont été couverts de cadeaux par les organisateurs, et chaque participant est reparti avec un souvenir. Des exemplaires de la revue Défense de la langue française ont été distribués à tout le monde.

 

Il reste à souhaiter qu’à la « rentrée » d’après août l’affluence soit la même pour la 2e dictée du Salon du livre du Croisic (le samedi 19 septembre), en Loire-Atlantique, et pour l’édition 2015 de la dictée de Bonsecours, en Seine-Maritime, le samedi 26 septembre !

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Le mot du 5 novembre 2014

politicien

            Le Canard enchaîné du 5 novembre 2014 reprend les propos tenus par M. Alain de Greef, ancien directeur des programmes de Canal+, dans une interview accordée au Monde daté du 2 novembre : « Quand je regarde les programmes en clair, je suis atterré par la surreprésentation des politicards de tous bords, avec leur propagande nauséabonde et leurs parasites habituels, les éditorialistes, le mot ne voulant plus nécessairement dire quelqu’un qui écrit un éditorial, mais quelqu’un qui ramène son opinion sur le maximum de médias, quitte à la faire fructifier en publiant des livres sans intérêt mais promus sur toutes les antennes ».

            La signification de politicard (d’abord adjectif, puis substantif, la graphie politiquard est inusitée aujourd’hui), avec son suffixe dépréciatif en -ard, est claire pour tout le monde : il s’agit des femmes et des hommes pratiquant la politique sous un angle considéré comme déprécié ou méprisable. En revanche, un certain nombre de personnes ne prennent pas garde à l’acception nettement défavorable attachée à politicien(ne) : ce terme n’est pas neutre, n’est pas un synonyme anodin de « femme (homme) politique », de « personne qui s’occupe de politique »…

            Politicien, quoique moins « popu » que politicard, est tout autant chargé de valeur péjorative. Les dictionnaires contemporains les plus complets définissent ainsi le politicien et la politicienne : « Homme (ou femme) qui fait de la politique son métier, qui en connaît et en utilise toutes les intrigues ; qui mène une politique intéressée, souvent limitée à des considérations de stratégie électorale ou d’intérêts partisans ». Les intérêts « partisans » comprenant bien entendu les intérêts personnels. Le Trésor de la langue française (CNRS) indique d’ailleurs que politicien(ne) est souvent associé à un qualificatif renforçant la nuance péjorative : retors, avide…

 

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            Merci à toutes les personnes qui sont venues concourir, dans l’auditorium – rempli ! – du conseil général de Loire-Atlantique, à la 10e dictée Jules-Verne. Une fois encore, ce fut un après-midi joyeux, convivial ! Cela, en dépit du fait que des manifestations d’agriculteurs, entraînant des barrages de forces de l’ordre, gênaient la circulation dans Nantes. (Cette dernière remarque étant complètement neutre, bien évidemment.)

Le mot du 2 novembre 2014

Côte d’Ivoire

            L’arrivée en Côte d’Ivoire de l’ex-président burkinabé Blaise Compaoré a divisé l’opinion publique ivoirienne, semble-t-il. Il faut dire que, d’une part, la Côte d’Ivoire abrite quelque 4 millions de Burkinabés se partageant entre pro- et anti-Compaoré, et que, d’autre part, le Burkina du chef d’État déchu a servi, depuis plusieurs années, de base arrière à des opposants ivoiriens.

            … Chacun peut sans doute imaginer – à raison – que le nom de la Côte d’Ivoire vient de l’ivoire des défenses d’éléphant, dont les Portugais firent le commerce. Mais l’on connaît moins une dénomination antérieure, due, elle, aux navigateurs et commerçants dieppois : la « Côte des Dents », laquelle faisait déjà référence aux pachydermes, puisque dent signifiait « défense d’éléphant ». Ivoire vient du latin eboreum, même signification. Auparavant, le latin ebur, eboris, désignait l’ivoire, puis tout objet en ivoire, et aussi l’éléphant. En grec, elephas était employé tant au sens d’ « ivoire » qu’au sens d’ « éléphant ».

            Fondée en 1903, Abidjan, la ville la plus peuplée du pays, fut la capitale de la Côte d’Ivoire. Mais depuis 1983 c’est Yamoussoukro, ville natale de l’ex-président Houphouët-Boigny, qui est devenue la capitale politique.

            Abidjan doit son nom… à une méprise : quand des colons arrivèrent dans le pays, ils demandèrent à des femmes comment s’appelait l’endroit. Les Africaines répondirent : « T’chan m’bi djan » (« couper des feuilles »), car elles avaient compris qu’on leur demandait ce qu’elles faisaient. Ces femmes de l’ethnie ébriée (= du sud de la Côte d’Ivoire) ne pratiquaient peut-être ni le baoulé ni le diaoula, les deux langues « commerciales » servant aux échanges entre les quelque soixante ethnies. Ou bien était-ce les Européens qui avaient un accent à couper au couteau rendant incompréhensibles leurs propos…

            Quant à Yamoussoukro, son nom a été forgé à partir de Yamassou, nom de personne – celui du fondateur du village devenu ville –, et de kro, « maison, village », en baoulé.

            Le drapeau ivoirien (le gentilé ou ethnonyme a été formé sur le seul mot Ivoire, et non sur les deux termes, comme c’est le cas avec costarmoricain(e), ethnonyme pour Côtes-d’Armor) a été adopté en 1959. Il est composé de trois bandes verticales orange, blanche et verte… soit le même drapeau que l’Irlande, mais l’ordre des bandes est inversé. L’orange représente le progrès… et les savanes ; le blanc, l’unité du pays ; le vert, l’espoir… et les forêts du pays. La devise nationale est : Union, Discipline, Travail.

            Conformément à l’usage français, le nom de la Côte-d’Ivoire s’est écrit avec un trait d’union, puisqu’il s’agit d’une entité politique, géographique et administrative : cf. la Côte-d’Or, les Côtes-d’Armor, et non exclusivement géographiqueLes dirigeants du pays, depuis, ont vivement souhaité la disparition du trait d’union. Il est difficile de déterminer ce qui, dans ce souhait, a été dû à la volonté de rompre avec une graphie liée à l’ancienne métropole et ce qui a découlé d’une appréciation « esthétique » de ladite graphie.

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            La dictée de mercredi 5 au conseil général de Loire-Atlantique, à Nantes, semble faire le plein de l’auditorium. Il ne reste plus que de rares places à prendre. La communication faite par le conseil général, par l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, et via la publication dans Presse-Océan des questions-jeux quotidiennes, a été très efficace.

            La dictée sera retransmise en direct sur le site du conseil général.

Le mot du 16 octobre 2014

philanthrope

            Le Conseil économique, social et environnemental sera bientôt l’hôte – « sous le haut patronage du président de la République », selon une formule consacrée – des premières Rencontres de la philanthropie. Cette manifestation organisée à l’initiative de la revue le Monde des fondations aura pour thème « la place des fondations et des mécènes dans la société française ».

            Auparavant, Mme Melinda Gates, épouse de Bill Gates, fondateur de Microsoft, viendra en France, au titre de coprésidente – avec son mari – de la plus riche fondation philanthropique privée du monde (40 milliards de dollars). Chaque année, cette fondation verse 3,6 milliards de dollars au bénéfice de la lutte contre Ebola, contre le sida, contre la mortalité infantile, pour la protection des femmes, en faveur des campagnes de vaccination contre le paludisme, etc.

            Le couple Gates et un autre milliardaire américain bien connu, Warren Buffett, ont lancé le « Giving Pledge » (« Promesse de don »). Les milliardaires ou multimilliardaires qui adhéreront à cette initiative s’engagent à donner la moitié de leur fortune, de leur vivant ou à leur mort, à des œuvres sociales, à la société en général, plutôt que de transmettre cet argent à leurs héritiers. Estimant qu’ils ont dû leur réussite au fait d’avoir eu la chance de naître dans un pays riche, doté de toutes les infrastructures nécessaires, tous les trois considèrent comme une obligation de donner de leur énergie, de leur temps et de leur argent aux autres…

            L’étymologie de philanthrope coule de source : phil-, « qui aime », et anthrôpos, « être humain, homme ». Les philanthropes sont des femmes et des hommes altruistes, qui ont le souci des autres, qui œuvrent pour le bien de leurs semblables, avec désintéressement. Cette générosité étant souvent matérielle, consistant à améliorer les conditions de vie de déshérités, de personnes en difficulté, philanthrope désigne presque exclusivement, aujourd’hui, quelqu’un qui apporte une aide pécuniaire.

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Rappels : à part la 6e dictée de Piriac-sur-Mer, samedi 18 octobre, les prochaines dictées sont :

  • Le mercredi 5 novembre, la 10e dictée Jules-Verne, dans la salle du conseil général de Loire-Atlantique, à Nantes. Étant donné le lieu, le nombre des participants est hélas strictement limité ! L’inscription est donc obligatoire, par téléphone, au : 02 40 99 16 90. La dictée sera retransmise en direct sur le site du département : loire-atlantique.fr
  • Le samedi 8 novembre, à 14 h 30, à Honfleur (Calvados), la traditionnelle dictée annuelle « Honfleur fait sa dictée », aux Greniers à sel. Les inscriptions préalables ne sont pas obligatoires.
  • Le samedi 15 novembre, à 14 h 30, 15, place du Tertre, à Montmartre, en la brasserie-cabaret La Crémaillère 1900, la dictée annuelle « loufoco-logique » Alphonse-Allais, pour l’Association des Amis d’Alphonse Allais (AAAA). Je peux inviter quelques personnes non membres de l’AAAA : me contacter.
  • Le dimanche 23 novembre, à 14 h 30, à Sorèze (Tarn), dans le cadre du Salon du livre en l’abbaye-école, dictée annuelle. Renseignements et inscriptions au Syndicat d’initiative / Office du tourisme : 05 63 74 40 39.

 

Le mot du 5 août 2014

démenti

           Alors que le Canard enchaîné, l’hebdomadaire satirique du mercredi, n’était pas encore en vente, le ministère des Finances a démenti mardi 5 une information qui sera sous les yeux des lecteurs à partir du lendemain…

            C’est en effet en ce 5 août que Bercy « dément formellement » auprès de l’Agence France-Presse les propos attribués par l’hebdomadaire daté du 6 août à Michel Sapin, ministre des Finances, au sujet des prévisions de croissance. Selon le Canard, le ministre aurait déclaré lors d’un séminaire du gouvernement, vendredi dernier, que « si l’on était au-dessus de 0,5 % de croissance à la fin de l’année ce serait très bien ». Prévision pessimiste à l’excès, ou réaliste et sincère, qui démentirait elle-même la prévision officielle jusqu’ici annoncée à 1 %. Les chiffres officiels portant sur l’estimation de la croissance (?) au deuxième trimestre ne seront connus que vers la mi-août.

            Selon la façon de tourner les phrases, et journalistes comme politiques y veillent, les uns pour transmettre avec fiabilité l’information, les autres peut-être pour jouer sur les mots en noyant le poisson, démenti n’aura pas la même acception. Ou bien cela signifiera que l’on dément que le ministre ait parlé devant tous ses collègues (que la prévision calamiteuse apparaisse, ou non, dans ses dossiers), ou bien l’on dément que M. Sapin, qui a bien pris la parole, ait tenu les propos pessimistes qu’on lui prête… La formulation du démenti ministériel du 5 août s’inscrit dans la dernière hypothèse.

            Au sens de « déclaration », démenti est du registre « sérieux », souvent du niveau solennel, officiel : on soutient qu’une affirmation est fausse. Par ailleurs, et par analogie, on parlera d’un désaveu apporté par la vie : « Les semaines à venir allaient infliger un terrible démenti à ses espérances… ». Le terme, employé par les commentateurs, sera neutre, du domaine du constat.

          Avec dénégation, le plus souvent employé au pluriel, la connotation devient nettement fâcheuse dans le ressenti des usagers du français : des dénégations sont considérées comme des protestations contestables, sont comprises comme des refus de reconnaître la vérité. Il faut donc être extrêmement prudent dans l’utilisation de ce vocable, pour éviter de confirmer ce glissement de sens qui n’a pas lieu d’être !

          L’infirmation n’est autre que l’action d’infirmer (un diagnostic, un raisonnement, formulés par autrui), et, en droit, l’annulation d’une décision, d’un jugement. Les propos d’un ministre peuvent être infirmés publiquement par un Premier ministre, par un chef d’État… mais ça fait désordre ! Quant à déni, c’est aujourd’hui un terme très en vogue utilisé pour désigner le refus de telle ou telle réalité ressentie comme pénible, douloureuse, dramatique, traumatisante…

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Certains lecteurs de ce site n’ayant pas encore pris l’habitude de consulter la rubrique « Agenda » (des dictées et autres événements), nous résumons ci-dessous cette actualité, en les priant, pour disposer de plus de détails complémentaires, de se reporter à ladite chronique.

Manifestement, d’après certaines réactions, il est nécessaire de répéter qu’en s’inscrivant comme ami du site (il suffit de donner son adresse électronique, en la tapant dans un des cadres prévus) chacun peut recevoir GRATUITEMENT, IMMÉDIATEMENT et SYSTÉMATIQUEMENT tout nouveau texte mis en ligne.

Il est utile également de rappeler, semble-t-il, que toute question de langue française posée est anonyme, et ne sera lue que par nous-même. J’enverrai la réponse sous 24 à 48 heures, en moyenne, à la personne qui l’aura posée.

 

L’actualité de l’agenda :

  • Participation importante, dont de nombreux « cadets », à la première dictée de Port-Leucate (Leucate, dans l’Aude), le 30 juillet, en hommage à l’écrivain et aventurier Henry de Monfreid. Devant ce résultat très positif, les responsables (mairie, médiathèque) envisagent immédiatement une édition 2015.
  • Dimanche 3 août, présidence d’honneur du très sympathique Salon du livre de Kercabellec (à Mesquer, en Loire-Atlantique), sous un chapiteau installé près des parcs ostréicoles.
  • Prochaines dictées : en la mairie du Croisic (Loire-Atlantique), le samedi 20 septembre après-midi, dans le cadre du Salon du livre « Plumes d’équinoxe » ; ce sera une première dans cette commune. À Bernay (Eure), le samedi 4 octobre : ce sera également une première. Puis, retour en Loire-Atlantique : 7e dictée de Piriac-sur-Mer, le samedi après-midi 18 octobre.

Le mot du 31 juillet 2014

trompe-la-mort

          Aller-retour Paris-Leucate (Aude), plus précisément Port-Leucate, une des quatre composantes de cette vaste commune du Languedoc-Roussillon : à savoir la marina édifiée il y a quelques décennies… Cela, pour une première dictée organisée dans la région, et dédiée à l’étonnant aventurier et écrivain Henry de Monfreid (1879-1974), né « Henri », avec un « i », à la Franqui, autre entité de la commune. La médiathèque de Port-Leucate rend hommage à ce trompe-la-mort qui fut surnommé, au soir de sa longue vie, le « vieux pirate » ou le « sacré vieux corsaire ».

          Des photographies prises le plus souvent par Monfreid lui-même, dont des clichés stéréoscopiques, constituent de remarquables témoignages sur la corne de l’Afrique et la mer Rouge des années 1915-1940. Par ailleurs, des tableaux montrent que notre homme, tout comme son père, avait des dons artistiques… George (sans « s ») de Monfreid (1856-1929), né à New York d’une mère française et d’un père américain, et qui adopta ensuite le prénom de George-Daniel, ne fut pas, en effet, sans talent, tant dans les portraits que dans les paysages. Collectionneur d’art, mécène grâce à la fortune familiale, le père d’Henry de Monfreid fut proche des pointillistes, puis des nabis, et devint un grand ami de Gauguin.

          Trafiquant d’armes, de perles et de hachisch, contrebandier, espion, le fluet Henry de Monfreid ne supportait pas le cocon petit-bourgeois que la fortune familiale eût pu lui assurer. Il l’explique ainsi dans une lettre à sa femme, en 1914 : « [C’est] évidemment émaillé de vagues risques, mais c’est diablement passionnant et cette existence d’imprévus est absolument indispensable à ma raison de vivre ». Les « vagues risques » sont, il va de soi, une belle litote !

      Il est proprement ahurissant, « bouleversifiant », comme aurait dit le producteur de cinéma Daniel Toscan du Plantier, que cet aventurier sans armée, certes très musclé mais à la carrure bien peu imposante, ait pu vivre quasiment un siècle alors que tous les jours, pendant des décennies, il risqua sa vie, face au vent mauvais, face à une mer peu amicale, face à de nombreux concurrents ou ennemis… La lecture de ses très nombreux et passionnants ouvrages montre à combien de dangers mortels Monfreid échappa. Le terme de trompe-la-mort (mot composé invariable, puisqu’il est issu d’une phrase : « qui trompe la mort » ; donc : des trompe-la-mort) lui est par conséquent tout à fait adapté !

          Le mot s’applique à une personne très âgée, que la mort semble oublier ; ou bien à une personne qui échappe à de multiples grands dangers ou qui réchappe d’une grave maladie. Le terme est assez souvent employé avec une connotation plaisante, humoristique ! Alphonse Daudet est l’un des premiers écrivains à l’avoir employé, dans le Petit Chose.

          … Nouveau déplacement, les 2-3 août, pour répondre à l’aimable invitation des organisateurs du très vivant Salon du livre de Kercabellec (Mesquer-Quimiac), en presqu’île guérandaise (Loire-Atlantique), qui nous ont fait l’honneur de nous demander de présider l’édition 2014.

Le mot du 26 juillet 2014

sauvagerie

            Les familiers de ce site l’ont compris : la rubrique nommée « Le mot du jour » ne signifie pas qu’il s’agit d’une chronique quotidienne, rédigée 365 jours sur 365… Du moins, pour l’instant. Ainsi, l’enchaînement de l’organisation d’une première dictée à Leucate (Aude) mercredi 30 juillet, en hommage à l’écrivain et aventurier Henry de Monfreid, et de la présidence d’honneur du Salon du livre de Kercabellec (Mesquer), en Loire-Atlantique, dimanche 3 août, va « manger » du temps.

            Mais certains « mots du jour » peuvent servir plusieurs fois ! Prenez machette, tout récemment traité : un nouveau  fait-divers survenu à Roquemaure ce samedi 26 juillet, montre la banalisation de l’emploi de ce sympathique instrument, non pour couper la canne à sucre, mais pour blesser ou peut-être tuer autrui. Des « bandes » se sont affrontées dans cette commune du Gard où naquit… Placide (!) Cappeau, auteur du texte de Minuit, chrétiens, cantique mis en musique par Adolphe Adam. Disposant de tout un arsenal de haches, de battes de base-ball, de marteaux, de barres de fer, peut-être même d’armes à feu selon des témoignages, les frustes belligérants s’en sont pris aussi, comme toujours, aux voitures, aux poubelles…

            La brutalité, la violence, la bestialité – employons les mots justes ! – déployées par ces individus sont à des années-lumière de la France des… Lumières et des idéaux démocratiques. Sauvagerie est également un terme approprié, non pas au sens de « comportement d’une personne qui fuit les contacts et recherche la solitude », mais avec l’acception de « caractère inhumain, barbare, d’une personne ». Victor Hugo semble avoir été le seul utilisateur-créateur (dans sa correspondance) du synonyme sauvagisme…

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            Un de nos fidèles correspondants s’interroge sur le trait d’union dans fait-divers, mentionné dans un récent « Mot du jour ». Je maintiens cette graphie, parce que, selon moi, ce syntagme est devenu le plus souvent un nom composé spécialement employé au sens journalistique. Ce n’est plus un simple fait banal, varié, divers, mais un événement entrant dans la rubrique des faits-divers. De plus, le trait d’union à fait-divers permet d’unifier avec le nom composé à trait d’union obligatoire faits-diversier(s), terme de journalisme avéré. Faits-divers étant un mot au pluriel quand il s’agit de dénommer la rubrique spécialisée consacrée aux accidents, aux crimes, etc., le journaliste affecté à cette rubrique doit donc traiter LES faitsdivers. Cela entraîne forcément et logiquement le maintien du pluriel à faits dans un faits-diversier, des faits-diversiers.