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Le mot du 17 novembre 2014

confident

         M. Jouyet, incontournable membre, semble-t-il bien,   de  l’oligarchie des « 2 000 familles », intrigue par ses amitiés multicartes, multipartis,  un jour ministre de M. Sarkozy, un autre jour secrétaire général de l’Élysée, et confident depuis de nombreuses années de M. Hollande. (Seulement  de M. Hollande ?…) L’ « affaire » du déjeuner avec M. Fillon ne devrait pas cesser d’intéresser les journalistes d’investigation… et les citoyens avides de clarté et d’honnêteté.

            Des romanciers en panne d’inspiration, en proie à la peur, à l’angoisse de la page blanche – la leucosélophobie  –,  ne devraient pas être en peine d’aller  à la « pêche à la ligne » à partir des multiples pistes, hypothèses, suppositions qui imposent évidemment à l’esprit des termes extrêmement variés : duplicité, camaraderie complice, convivialité excessive, caquet inconséquent, double jeu, « billard à deux, trois bandes », clan d’anciens de l’ENA, tactique politicienne, roueries implicites, manipulations tous azimuts… Reste à en tirer, si possible, LA vérité.

            La confidentialité consiste à maintenir le secret sur des informations, sur des intentions, sur des sentiments… Le terme est évidemment de la famille de  confidence – terme emprunté au latin confidentia, « confiance, assurance ».

            Confidence a donc eu l’acception, au sens classique, de confiance entre amis proches, avant de prendre la signification de communication d’une chose sous réserve du respect du secret (mettre dans la confidence).

            Au théâtre, confident(e) désigne, certes, celui ou celle à qui l’on confie un secret, mais, en fait, ce personnage secondaire évite au personnage principal, le protagoniste1, de multiplier les apartés, les discours à la cantonade, les apostrophes à l’adresse du public. Le spectateur est mis dans la confidence, est amené à partager les sentiments les plus intimes des différents personnages. Éventuellement, le procédé des confidences permet de rappeler au public distrait ou peu perspicace le résumé de l’action écoulée, les motivations de chacun, etc.

            Si, dans l’Histoire, des confidents ont joué – ou jouent – un rôle non négligeable (le père Joseph du Tremblay, « éminence grise » de Richelieu ; saint Éloi pour Dagobert Ier ; Olivier Le Daim, ou le Daim, pour Louis XI…), au théâtre ils ne jouent que les « seconds couteaux » : leur rôle n’est pas… tranchant ! En effet, indispensables auprès des héros des pièces de théâtre, à seule fin de renseigner le spectateur sur les faits et gestes de chacun, y compris sur les desseins les plus obscurs des personnages principaux, ils se risquent rarement à donner avec fermeté et autorité des conseils enjoignant au protagoniste de modifier son comportement ou de prendre de nouvelles décisions.

          Ce manque d’énergie interdit de voir dans ces confidents ou confidentes du théâtre d’authentiques amis, puisque les véritables amis, dit-on, sont ceux qui parlent avec la plus grande franchise, sans ménager, éventuellement, leurs proches.

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1.À l’origine, protagoniste était figé au singulier au sein d’une histoire, d’un conte, d’une pièce de théâtre, etc., parce que dans le théâtre grec antique il y avait UN acteur principal, en grec « le premier acteur » (de prôtos, « premier », et agônizesthai, « concourir »), face au chœur. On  ne  pouvait  pas  parler de(s) « protagonistes » d’une affaire. Aujourd’hui, le pluriel est licite et très employé.

 

 

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