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Le mot du 22 juin 2016 (2)

La question du jour

 

            « Faut-il accorder monstre quand ce mot est employé comme adjectif au sens de « considérable, très important »… ? »

 

Tous les dictionnaires ne se prononcent pas sur ce point, certains éludant le problème en ne donnant que des exemples au singulier…  Cet emploi de monstre est souvent considéré comme du registre familier, mais cette appréciation disparaîtra sans doute assez rapidement compte tenu de la fréquence d’utilisation dans les médias au sujet de manifestations, d’embouteillages,  de défilés et de parades, de soldes dans les commerces, etc.

Il faut entériner le mot en tant qu’adjectif VARIABLE, et accorder : des manifestations monstres contre des lois antisociales, la grève générale des transports en commun a entraîné des embouteillages monstres…

 

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Le mot du 5 novembre 2014

politicien

            Le Canard enchaîné du 5 novembre 2014 reprend les propos tenus par M. Alain de Greef, ancien directeur des programmes de Canal+, dans une interview accordée au Monde daté du 2 novembre : « Quand je regarde les programmes en clair, je suis atterré par la surreprésentation des politicards de tous bords, avec leur propagande nauséabonde et leurs parasites habituels, les éditorialistes, le mot ne voulant plus nécessairement dire quelqu’un qui écrit un éditorial, mais quelqu’un qui ramène son opinion sur le maximum de médias, quitte à la faire fructifier en publiant des livres sans intérêt mais promus sur toutes les antennes ».

            La signification de politicard (d’abord adjectif, puis substantif, la graphie politiquard est inusitée aujourd’hui), avec son suffixe dépréciatif en -ard, est claire pour tout le monde : il s’agit des femmes et des hommes pratiquant la politique sous un angle considéré comme déprécié ou méprisable. En revanche, un certain nombre de personnes ne prennent pas garde à l’acception nettement défavorable attachée à politicien(ne) : ce terme n’est pas neutre, n’est pas un synonyme anodin de « femme (homme) politique », de « personne qui s’occupe de politique »…

            Politicien, quoique moins « popu » que politicard, est tout autant chargé de valeur péjorative. Les dictionnaires contemporains les plus complets définissent ainsi le politicien et la politicienne : « Homme (ou femme) qui fait de la politique son métier, qui en connaît et en utilise toutes les intrigues ; qui mène une politique intéressée, souvent limitée à des considérations de stratégie électorale ou d’intérêts partisans ». Les intérêts « partisans » comprenant bien entendu les intérêts personnels. Le Trésor de la langue française (CNRS) indique d’ailleurs que politicien(ne) est souvent associé à un qualificatif renforçant la nuance péjorative : retors, avide…

 

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            Merci à toutes les personnes qui sont venues concourir, dans l’auditorium – rempli ! – du conseil général de Loire-Atlantique, à la 10e dictée Jules-Verne. Une fois encore, ce fut un après-midi joyeux, convivial ! Cela, en dépit du fait que des manifestations d’agriculteurs, entraînant des barrages de forces de l’ordre, gênaient la circulation dans Nantes. (Cette dernière remarque étant complètement neutre, bien évidemment.)

Le mot du 21 juillet 2014

machette

            Un des « outils » préférés des tueurs sévissant notamment en Afrique lors de guerres ethniques et tribales est de plus en plus souvent utilisé en France. En effet, il est maintenant fréquent de noter, lors de manifestations, l’utilisation de la machette par des individus venus non pour apporter leur soutien à telle ou à telle cause, mais pour casser, détruire, piller, et agresser les commerçants ou les passants.

            Un fait-divers vient renforcer notre propos : des rugbymen en stage ont été attaqués par des « locaux » armés « de sabres et de machettes », selon les médias. Comme ces sportifs ne sont pas des demi-portions, des mauviettes, et qu’ils étaient à peu près l’effectif d’une équipe, quoique désarmés ils ont pu mettre en fuite le groupe d’assaillants. Néanmoins, certains d’entre eux ont été blessés, dont un sérieusement. On imagine quelle boucherie aurait pu en découler si les agresseurs s’étaient attaqués à deux ou trois personnes d’âge mûr ou peu athlétiques…

            Nous ne nous attarderons pas sur les circonstances puisque l’enquête est en cours. Les médias avancent la version d’une vengeance exercée contre un ou plusieurs des sportifs, qui, dans la soirée, auraient protégé une femme contre l’agressivité d’un quidam. Ce dernier aurait alors préparé le guet-apens armé…

            Machette vient de l’espagnol machete, dérivé de macho, « enclume, massue ». Cet objet coupant et tranchant serait donc issu d’un terme s’appliquant à des objets… contondants, comme on dit dans les rapports de police et dans les polars, c’est-à-dire qui peuvent blesser ou tuer en assommant, mais pas en coupant ni en piquant ! (En revanche, le rapport entre macho et « machos », des hommes pas particulièrement fins et légers mais au comportement pesant, est plus logique !)

            La distinction entre machettes et sabres n’est pas forcément très nette : par machette, on désigne un coupe-coupe (N. B. : mot invariable), un grand couteau, un grand coutelas, à lame droite ou recourbée, pouvant être une arme d’estoc quand elle est pointue, qui sert à la fois d’arme et d’outil. Dans le Dictionnaire de Trévoux (1704), et sous la graphie maschette, il est dit que c’est un couteau utilisé par les boucaniers de Saint-Domingue pour abattre les cochons et les bœufs sauvages. Par extension, et en parlant des régions tropicales d’Afrique et du Nouveau Continent, l’acception généralement retenue est celle de « grand coutelas dont on se sert pour divers usages, notamment pour s’ouvrir des passages dans la brousse, dans les forêts, pour couper la canne à sucre, pour ouvrir les noix de coco… ». Selon les pays, la machette est indifféremment appelée, aussi, « sabre à canne », « sabre d’abattis » ou « sabre » tout court.

            Qui dit boucaniers dit souvent marins déserteurs, pirates, flibustiers ayant mis sac à terre. Ces hommes avaient l’habitude de manier le lourd sabre d’abordage, à la fois arme et outil (pour couper les cordages, entre autres). Entre les types de sabres d’abordage et les variétés de machettes, la différence dut parfois avoir l’épaisseur d’une… lame de rasoir !