Archives de Tag: Manuel Valls

Le mot du 5 novembre 2015

schlague

 

            Alors qu’il a souvent multiplié les coups de menton à la Mussolini lors de ses interventions à l’Assemblée nationale ou au cours de conférences de presse, M. Manuel Valls  atténue cette attitude, ou cette image, d’homme trop autoritaire, en soutenant tout récemment qu’on ne peut pas gouverner « à la schlague ».

            Schlag est un mot allemand qui signifie « coup ». Schlaguer, schlague, schlagueur (caporal schlagueur, préposé aux punitions)  sont apparus dans des textes français entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe. Ce que l’on appelle la schlague était un châtiment disciplinaire en usage dans les armées prussienne, allemande et autrichienne, et consistant en coups de baguette (cinglante), en coups de bâton ou en coups de plat de sabre.

            « Gouverner à la schlague », c’est donc conduire les affaires de manière autoritaire et brutale, dure, implacable.

            Les politiciens aimant bien recourir aux termes de marine, ils pourraient aussi employer « gouverner à la garcette » : la garcette (peut-être de l’espagnol garceta, « cheveux de la tempe tombant sur les joues et qu’on porte tressés ») était une petite tresse faite de vieux cordages, et avec laquelle on frappait les matelots punis.

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La bourde du jour

    Grosse boulette sur Radio Classique jeudi 5 novembre au matin… Une journaliste commente rapidement l’actualité : le footballeur Karim Benzema est en garde en vue dans l’affaire de la sextape [vidéo de sexe] « qui vise aussi […] Mathieu Valbuena ». Non !  Le premier est interrogé sur son rôle éventuel, volontaire ou involontaire  –  aucune inculpation ne le… vise au moment où ces lignes sont rédigées, il est seulement entendu comme témoin – dans cette affaire de chantage présumé dont aurait été victime le second.

      Dans cette rocambolesque affaire dont Télé-Loisirs, sur son site, dit qu’on nous « rabat (autre bourde de français !) les oreilles », M. Valbuena est seulement coupable… d’avoir filmé ses ébats avec une jeune femme, et d’avoir sans doute commis des imprudences qui auraient permis à d’aucuns d’en prendre connaissance (de quelle façon ?… je l’ignore). De là la tentative d’exercer un racket sur le cinéaste amateur…

        M. Valbuena a jugé bon de filmer des activités qui relèvent de l’intime, cela le regarde (aussi sa partenaire). Cette vidéo est parvenue, dans des conditions que les enquêteurs et la justice devront éclaircir (ou qui ont déjà été plus ou moins éclaircies ?), dans les mains de personnes qui auraient tenté de faire chanter le joueur de l’Olympique lyonnais. Ce dernier n’est pas « visé aussi » dans cette affaire, c’est-à-dire suspecté : il est le plaignant.

             

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Le mot du 3 octobre 2015

gribouille

 

            La démarche du gouvernement actuel en matière de sécurité routière relève-t-elle de l’hypocrisie, de la duplicité, du cynisme… ? C’est à chacun d’y répondre, en son âme et conscience, et en toute objectivité. Naturellement, la question se poserait quelle que soit la couleur politique dudit gouvernement.

            À tout le moins, c’est l’expression « politique de gribouille(s) » qui s’impose forcément à l’esprit… D’un côté, on a en effet une garde des Sceaux qui avance des propositions très laxistes à l’égard de ceux qui conduisent sans permis. Or les accidents meurtriers, qui se produisent notamment les samedis soir, les dimanches à l’aube et les dimanches soir, au terme de soirées ou de nuits très imbibées, impliquent très souvent des conducteurs n’ayant pas le permis. Tant pis, alors, pour les occupants des véhicules qui se retrouvent face à des conducteurs éméchés ou « shootés » et de plus en plus non détenteurs du permis.

            Suscitant la colère des associations de parents de victimes, et celle des gendarmes, entre autres, Mme Taubira a en effet proposé de déclasser le délit de conduite sans permis, qui ne serait passible que d’une simple amende. Quasiment l’impunité et l’encouragement à continuer…

                   Devant le tollé, Mme Taubira semble avoir fait du rétropédalage…

       Dans le même temps, ou presque, le Premier ministre déplore l’accroissement notable du nombre des morts et des blessés sur les routes en 2014, après douze ans de baisse… Manuel Valls vient donc de donner pour objectif de cantonner à 2 000 le nombre des morts sur la route à « l’horizon 2020 »… Une limitation de l’alcoolémie (et non du « taux d’alcoolémie », comme disent des médias qui méconnaissent les pléonasmes)  serait adoptée : 0,2 g par litre de sang, uniquement pour les « nouveaux conducteurs ».

            Ces démarches contradictoires, incohérentes, discordantes correspondent à ce que l’on appelle, en étendant et en modifiant le sens premier, une « politique de gribouille(s) » (« … notre gouvernement de gribouilles a jugé tout simple de faire une justice obscure », Georges Clemenceau).

            Au sens premier, un gribouille (de gribouiller) est une personne sotte et désordonnée qui, pour échapper à une difficulté, se précipite tête la première dans des ennuis plus grands. D’où le proverbe : « Être fin comme Gribouille, qui se jette à l’eau pour éviter la pluie ». La majuscule est souvent adoptée, par référence au nom propre attribué, en tant que type de personnage (cf. jeannot [ou Jeannot],  jeanjean [ou Jean-Jean, ou jean-jean, ou Jean Jean]…, également au XIXe  siècle), aux sots, aux idiots, aux imbéciles : « … autant de Gribouilles impatients de se jeter à l’eau de peur d’être mouillés » (Bainville, Histoire de France).

Le mot du 14 juin 2015

prétexte

            L’actualité, en France, a été dominée, ces derniers jours, par l’aller-retour éclair, en avion gouvernemental, de M. Valls à Berlin, l’autre samedi, pour rencontrer M. Platini, afin de parler de l’UEFA et de l’Euro 2016 en France. Profitant de ce déplacement dit « professionnel » (qui, rapporte la presse, n’était pas noté dans l’agenda officiel du Premier ministre), M. Valls a pu assister ainsi, avec deux de ses enfants, à la finale de la  Ligue des champions entre la Juventus de Turin et le FC Barcelone, cher au cœur du Premier ministre français. Effectivement, M. Valls et M. Platini se sont donc vus, au moins au stade.

            Depuis, M. Valls a reconnu une « erreur de communication » : « Si c’était à refaire, je ne le referais plus », et a promis de rembourser l’équivalent des deux allers-retours de ses fils pour cette virée footballistique, soit, dit-on, 2 500 euros.

            Près de 70 % des Français, d’après les derniers sondages, ne se satisfont pas de ces excuses, peu convaincus par la justification officielle de ce déplacement express en Falcon gouvernemental. La rencontre au sujet de l’Euro 2016 était-elle d’une si considérable importance et d’une urgence si aiguë qu’elle justifiait un aller-retour ultrarapide (tout en prenant le temps d’emmener les deux fils), pour un coût équivalant au salaire annuel de beaucoup de Français : selon la presse, entre 18 000 et 25 000 euros (il est manifestement impossible d’accéder à la vérité, s’agissant de ce type de dépenses, le Premier ministre devant être accompagné d’agents des services de sécurité, d’un médecin, d’un spécialiste des télécoms)… ?

            Peu importe la couleur politique des dirigeants qui se conduisent ainsi.  Mais la petite histoire ne doit pas cacher les questions de fond : un déplacement, même vraiment « professionnel », de ce genre ne peut-il pas être tout bonnement remplacé par un entretien téléphonique, même long ?  Si de tels voyages de ministres, de secrétaires d’État, de hauts fonctionnaires, sans doute ou peut-être inutiles car facilement remplaçables par d’autres moyens modernes de communication, sont multipliés par cent, par mille, etc., à longueur d’année, on peut voir quel gouffre financier supportent là encore les citoyens de la République.

            De plus, comment ce voyage « professionnel » éminemment important et urgent se justifie-t-il quand, quatre jours plus tard, M. Platini vient à Paris voir M. Hollande… pour lui parler de l’Euro 2016 !?

            Prétexte vient du latin praetextus, qui a la même signification. Dans son remarquable dictionnaire français-anglais écrit au XVIe siècle, le linguiste anglais Cotgrave définissait ainsi le terme : « motif spécieux mis en avant pour cacher le motif réel d’une action ». Le sens n’a pas varié, avec comme synonymes : faux-fuyant, excuse, allégation, couverture, échappatoire, argument…

            « Faux prétexte » est évidemment un pléonasme, à ne pas dire ni écrire !

 

La question du jour :

            « Comment faut-il accorder derrière la plupart ?… »

            La plupart (+ complément) entraîne l’accord au pluriel : La plupart ont participé aux jeux ; La plupart des congressistes avaient tombé la veste en raison de la chaleur.

 

La citation du jour :

            « La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri. » (Chamfort.)

 

Rappels :

La prochaine dictée animée sera celle de Leucate (Port-Leucate), le mercredi 29 juillet.  Entre-temps, je serai présent au Salon du livre de Honfleur (Calvados), le 4 juillet, où une fine équipe d’académiciens Alphonse Allais proposera un spectacle-animation. Avec mon illustrateur et ami Claude Turier, lui aussi membre de ladite académie, nous pourrons y dédicacer Sacré Napoléon ! (éditions Trédaniel), un recueil d’anecdotes sur l’Empereur qui paraît pour le bicentenaire de Waterloo, donc ces jours-ci.

Le mot du 3 mars 2015

apartheid

            Regrettable faute de français – en usant d’une impropriété, ou d’une ambiguïté aboutissant à un faux sens –, ou uniquement bourde politicienne, l’emploi du mot apartheid par M. Manuel Valls a suscité nombre de commentaires…

      Si l’on met à part les critiques partiales, systématiques,  émanant sempiternellement d’adversaires politiques qui s’emparent  du moindre prétexte pour critiquer les écrits ou les propos des « concurrents », il est vrai que le message de l’actuel Premier ministre est équivoque. Le double sens a-t-il été voulu, ou s’agit-il d’une maladresse ?…

        Par apartheid, on peut comprendre « politique d’apartheid », soit une démarche antidémocratique imposant, par exemple, de façon plus ou moins claire et volontaire, des regroupements de populations émigrées dans certaines zones du territoire, dans certaines villes.  Mais apartheid peut très bien désigner aussi le comportement antidémocratique de certaines populations se refusant à respecter les lois, us et coutumes du pays qui les accueille, et qui se réfugient, en créant des espaces de non-droit, dans un communautarisme sectaire…

            Si M. Valls a commis un impair, il s’agirait donc d’une gaffe… « Manuel le gaffeur » rejoindrait alors le club des gros maladroits éventuellement déclencheurs de catastrophes, un club principalement constitué de héros de la bande dessinée ou du dessin animé. Au premier rang desquels il faut citer l’incontournable – comme on dit aujourd’hui – Gaston Lagaffe, né du génie du Belge André Franquin.

            En politique, intérieure ou internationale, les gaffeurs et les gaffeuses ont généralement le génie, eux, avec leurs « doreurs de pilule » (spin doctors) et entourage proche, d’allumer sans tarder des contre-feux qui attireront l’attention ailleurs…  Car il n’est pas certain qu’ils partagent l’opinion de l’écrivain Jules Supervielle : « Quand on est riche, toutes les gaffes sont permises ; elles sont même recommandées si l’on veut avoir le sentiment de sa puissance ».

            Emprunté à l’ancien provençal, gaffe, nom féminin, désigne une perche munie d’un ou de deux crocs, qui sert à manœuvrer une embarcation tout comme à accrocher un poisson difficile à remonter à bord. Certains lexicologues avancent que, la perche servant, entre autres, à franchir un gué, on aurait alors nommé « gaffe » la maladresse du piéton englué dans un gué boueux…

             On  pourrait  dire  aussi,  sans doute,  que,   à   l’image  du  poisson   gaffé,   « accroché, empêtré », qui ne sait comment échapper au pêcheur, le gaffeur est ainsi nommé parce qu’il se retrouve englué, piégé, par ses boulettes, ses bourdes, ses bévues, ses impairs.

      Au sens de « surveiller, veiller », gaffer découle certainement d’une métaphore, via « accrocher du regard ».  L’emploi, de niveau populaire, de ce gaffer se retrouve dans l’argotique gaffe au sens de « gardien », de « surveillant de prison », ainsi que dans la très usuelle expression « Fais gaffe ! » (= « Fais attention ! »), beaucoup plus employée que l’infinitif gaffer (= faire attention).

            Celui qui « fait gaffe » – qui surveille les autres… et lui-même – ne peut pas être celui « qui fait des gaffes » !

            On   souhaitera  à   M.   Manuel  Valls,  en  adoptant  le langage des marins, d’ « avaler sa gaffe »  (mourir)  le plus tard possible, en lui recommandant de se « tenir à longueur de gaffe » (= à bonne distance) des fâcheuses gaffes.

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 Rappels de rendez-vous conviviaux :

 

Samedi 21 mars,  dictée de TOURCOING, à la médiathèque André-Malraux, 26, rue Famelart, à 14 heures. Le nombre des places étant limité par la capacité de la salle, l’inscription est obligatoire. 

Tous renseignements et inscriptions : 03 59 63 42 50,   et http://www.tourcoing.fr/mediatheque

 

Samedi 11 avril : création du  concours de culture générale de Paris-7e, au lycée La Rochefoucauld, à 14 heures.

Renseignements et inscriptions : 01 45 55  28 05, et contact.uciap7.com

 

Samedi 18 avril : dictée de TOURS, dans l’amphithéâtre de la D.D.E.C.,  33, rue Blaise-Pascal (tram : arrêt « Gare »), à 14 h 30.  Le nombre de places étant limité par la capacité de la salle, il est recommandé de s’inscrire.

Renseignements et inscriptions : 06 83 24 65 33, et communication.dlf.tours@orange.fr

Le mot du 16 septembre 2014

étriqué

           M. Manuel Valls n’a obtenu qu’une majorité relative, en ce mardi 16 septembre, à l’issue de son discours de politique générale : 269 voix (contre 306 en avril). Les « frondeurs » du PS se sont comptés au nombre de 31 (même 32, avec cette députée qui a voté pour, mais qui affirme s’être trompée), soit trois fois plus que lors du vote précédent.

            Les adjectifs les plus employés par les commentateurs pour qualifier cette majorité sont alors : courte, rétrécie, exiguë, restreinte et étriquée.

            Étriqué, adjectif, est à l’origine le participe passé d’un verbe bien oublié : étriquer, dont la signification peut sembler contradictoire avec l’acception de l’adjectif, puisque ce vieux verbe transitif voulait dire : « étendre, allonger ». Comment ce qui serait allongé pourrait-il être… raccourci ? En fait, il faut aller plus loin dans l’exposé de la signification d’étriquer… La notion première d’ « allonger » s’est associée à celle de « rétrécir », d’ « amincir », pour laisser place à l’acception de « rétrécir », de « rendre étroit », de « priver d’ampleur » : étriquer un habit, étriquer une pièce de théâtre, des fronces qui étriquent une robe. L’emploi pronominal, appliqué à des personnes, a été noté : ce ministre a vieilli, s’est engrisaillé, s’est étriqué…, et peut correspondre à un emploi propre (au physique) comme à un emploi figuré (au moral).

            L’étymon serait le moyen néerlandais striken, « étendre, s’étendre ».

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            Rappel prochaine dictée : samedi 20 et dimanche 21, Salon du livre « Plumes d’équinoxe » au Croisic (Loire-Atlantique). Thème : les deux conflits mondiaux.

            Dictée à 14 heures, à la mairie (salle du Soleil-Royal). Inscriptions de préférence sur le site de la ville, ou sur place le jour même (en fonction des places disponibles). Mairie du Croisic : 02 28 56 78 50.

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            En vous priant d’excuser le retard : la question-jeu-concours du mois sera mise sur le site en fin de journée.

Le mot du 11 septembre 2014

anathème

 

            Plusieurs confrères des médias estiment que M. Manuel Valls lance des anathèmes contre les « frondeurs » (voir « mot du jour » précédent) qui, même seulement en s’abstenant, se mettraient, selon lui, en dehors de la solidarité due au Parti socialiste, au président de la République et au Premier ministre… Lesdits « frondeurs », du moins les plus critiques d’entre eux, parlent, eux, de « trahison » des électeurs et des idéaux socialistes par MM. Hollande et Valls.

            Tout en multipliant les mises en garde, le locataire de Matignon se défend d’être « dans la menace » ou « dans le caporalisme ». Le ton est tout de même très ferme, du type semonce, réprimande, remontrance, condamnation… D’où l’emploi d’anathème (du latin chrétien anathema) par des journalistes et commentateurs.

          Quoique aujourd’hui synonyme, par extension, dans le vocabulaire général, de « réprobation énergique », anathème reste marqué par son appartenance au lexique religieux. Les acceptions d’autrefois se rattachant à l’Antiquité et à ses croyances sont bien oubliées : « offrande faite à une divinité » et « objet détruit, ou victime immolée, offerts en expiation à une divinité ». En revanche, la signification en usage dans la religion catholique – « sentence de malédiction à l’encontre d’une doctrine ou d’une personne jugée hérétique », « peine ecclésiastique consistant à excommunier publiquement quelqu’un en le maudissant » – n’est pas ignorée des usagers de la langue française…

            Frapper quelqu’un d’anathème, lancer l’anathème contre quelqu’un, sont donc des expressions fortes se rapportant à des mercuriales, à des admonestations sévères. Les derniers propos de M. Manuel Valls sont-ils bien dans ce registre, et annoncent-ils, en cas d’ « accident(s) » lors du vote de confiance du 16, des « retombées » sévères ?…

Le mot du 3 juin 2014

 Virulence

            De nombreux médias soulignent la virulence du Premier ministre français Manuel Valls dans la plupart de ses interventions. Cette intensité dans la fougue oratoire détonne (« sort du ton habituel »), et même… détone (avec un seul « n » : explose !), par comparaison avec la placidité, ou, plutôt, la modération qu’affichait M. Jean-Marc Ayrault. Ce dernier se forçait peut-être, en un certain nombre d’occasions, au sang-froid et à l’égalité d’humeur…

            Cette vivacité généralement peu allègre, mais le plus souvent caustique, est en adéquation avec le visage le plus souvent fermé, maussade, malgracieux, presque haineux, qu’arbore M. Valls, assis à son banc, lorsqu’il écoute les parlementaires de l’opposition lors des séances des « Questions au gouvernement » filmées par les caméras de France 3. Loin de s’astreindre à l’imperturbabilité et à l’impassibilité, le Premier ministre exprime, sans doute excessivement, par ses expressions et par son regard furieux (« Opposition, souviens-toi qu’un œil noir te regarde ! », cf. Carmen de Bizet ! J ) son engagement entier. Ses partisans y voient certainement la franchise, la sincérité de ses options, la conviction de ses opinions…

            Cependant, virulence (du bas latin et latin chrétien virulentia, « mauvaise odeur, infection » ; au figuré : « poison [d’une hérésie] » )n’est pas un terme à connotation positive, sympathique. En médecine, autrefois, le mot désignait le caractère de ce qui est « nocif pour l’organisme humain ». Plus près de nous, en biologie, on y voit la « capacité d’un germe infectieux de se multiplier dans l’organisme et d’y provoquer un état pathologique ». Et, si l’on y voit certes du mordant, de la vigueur, de la vivacité, le vocable a une forte et indéniable charge de nocivité, d’agressivité…