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Le mot du 28 mars 2016

Les bourdes du jour  +  le proverbe du jour

Lundi 28 mars 2016

 

Les bourdes du jour

            Le fait d’être au Maroc pour la finale du 12e Championnat de langue française et d’orthographe n’empêche pas d’avoir une oreille qui traîne du côté des médias de l’Hexagone. C’est ainsi qu’un lapsus de M.  Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a pu être noté sur iTélé dimanche 27 mars, vers 9 heures – 9 h 10 : l’homme politique a, en effet, parlé de la police qui « sécure » (verbe « sécurer », donc)…  Bah ! Un lapsus linguae peut échapper à tout le monde, et, après tout, le fameux « bravitude » de Mme Ségolène Royal pourrait peut-être se justifier, comme mot-valise, comme néologisme : la bravoure étant le fait d’être brave, de faire preuve concrètement de vaillance, de courage, alors que la « bravitude » consisterait en une attitude crâne, fière…

En revanche, il faudrait rappeler aux rédacteurs des incrustations, sur cette même chaîne, que tentacule est un mot masculin, et qu’écrire « tentacules étrangères » est une indéniable bévue !

 

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Le proverbe du jour

            « Il est si difficile d’extirper les mauvaises herbes qu’on ne doit jamais les laisser se développer. »

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Le mot du 10 mars 2015

gazelle

            Le mot gazelle revient dans l’actualité au sujet de plusieurs compétitions sportives (athlétisme, automobilisme…) disputées par des femmes, dans le Maghreb, au cours de ces premiers mois de l’année.

            Comme l’indique Mme Henriette Walter, que j’ai le plaisir de rencontrer souvent dans des réunions et activités liées à la langue française, gazelle, nom qui désigne la plus rapide et la plus agile des antilopes, vient de l’arabe classique gazal (Henriette Walter, Pierre Avenas, Bonobo, gazelle et CieL’étonnante histoire des noms d’animaux sauvages, Points – « Le goût des mots »).

            Avant d’en arriver à gazelle, le français est passé, jadis, par gacele, gasele et gazel

        Superbe mammifère à longues pattes fines et à cornes cannelées très répandu en Afrique et en Asie, la gazelle est à distinguer de l’algazelle, autre antilope, dont le nom est beaucoup moins familier. La douceur des yeux de la première a justifié l’introduction dans le langage de l’expression « des yeux de gazelle ». On connaît sans doute moins les différents noms des « familles » de gazelles : gazelle de Grant, gazelle Dorcas, gazelle de Thompson, gazelle Dama…

         Dotée d’un physique particulièrement adapté à la course – ses interminables jambes lui permettaient de parcourir des distances avec d’autant plus de légèreté que d’efficacité –, d’où son surnom de « Gazelle », Marie-José Pérec (Pérec avec un accent aigu, pas comme le patronyme du fabuleux jongleur de mots que fut Georges Perec) accumula les titres internationaux : championne du monde, médailles d’or aux Jeux olympiques…

        M. Than, qui était à cette époque le secrétaire de la commission de terminologie et de néologie du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, est le « père » de l’expression jeune pousse, qui fut ratifiée, il y a quelques années, pour supplanter l’anglicisme start up. Sa proposition fut préférée à sa concurrente gazelle, que certains avaient voulu lancer.

            Très évocateur, et porteur de connotations attirant la sympathie, gazelle a été repris par différents fabricants. C’est aussi le nom d’un hélicoptère militaire français, léger et à moteur unique, notamment utilisé pour des missions antichars.

            Dans le langage populaire, et venu par des expressions d’origine nord-africaine et africaine, le mot gazelle désigne une jolie fille, une « biche ». Si elles veulent garder leur taille fine, les « gazelles » s’abstiendront de se ruer trop souvent sur le dessert appelé « corne(s) de gazelle »*, délicieuse, mais calorique, pâtisserie d’Afrique du Nord, principalement du Maroc (kaab el ghzal), en forme de croissant, qui représente en fait une corne de gazelle.

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* Le pluriel, dans ce type de composés « nom + préposition + nom », qu’il y ait ou non  des traits d’union, est appliqué seulement au premier substantif, en principe (des cornes de gazelle).

Rappels pour les prochaines semaines :

Samedi 21 avril, à Tourcoing : dictée à la médiathèque André-Malraux. Le nombre de places est malheureusement limité par la capacité de la salle ; alors, ne pas attendre le dernier moment pour s’inscrire…

Samedi 11 avril, au lycée La Rochefoucauld (Paris-7e: premier concours de culture générale de Paris (deux catégories : juniors et seniors).

Le mot du 20 février 2015

keirin

          Du 18 au 22 février, à Montigny-le-Bretonneux, sur le vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines (ouvert en janvier 2014), se déroulent les championnats du monde de cyclisme sur piste. Un sport ne bénéficiant pas d’une grande attention de la part des radios et des télés… sauf à l’occasion de championnats nationaux ou mondiaux. Surtout, quand même, quand ces compétitions se disputent dans l’Hexagone. Le peu d’intérêt des grands médias, même publics, explique peut-être qu’une présentatrice d’un grand journal d’une chaîne nationale annonce cela comme étant du « cyclisme sur route », sans se corriger ensuite.

            Grande nation cycliste, la France a toujours eu d’excellents champions pistards, notamment en vitesse individuelle et par équipe, et en… keirin. Il s’agit souvent des mêmes athlètes, naturellement, puisque la spécialité d’origine japonaise appelée keirin (on prononce « kêrin’ ») relève du sport de vitesse.

            Description succincte de cette épreuve particulière apparue au Japon dans les années 1950, mais qui a mis plusieurs lustres avant de devenir populaire en Europe  :  plusieurs sprinters (ou sprinteurs), dont les positions de départ ont été tirées au sort, sont aspirés pendant plusieurs tours de piste par un entraîneur à vélomoteur appelé « lièvre ». Celui-ci va accélérer progressivement, passant de quelque 25 km/heure à 50 km/h à deux tours de la fin. Il s’écarte alors, et laisse les coureurs disputer à très vive allure le long sprint final…

        Des commentateurs peu rigoureux désignent par « moto » l’engin chevauché par le meneur, par le « lièvre ». Il se peut que, parfois, les cyclistes soient tirés par une… petite moto, mais dans la quasi-totalité des cas l’engin traditionnellement utilisé a été le derny (nom propre déposé, d’après le patronyme du constructeur, le Français Roger Derny, mais devenu nom commun sans majuscule). Le derny, ou « derny d’entraînement », était un vélo motorisé, ou vélomoteur si l’on préfère, qui fut très employé pour l’entraînement des cyclistes, et utilisé lors de compétitions derrière entraîneur, sur piste ou sur route, comme le mythique Bordeaux-Paris ou le Grand Prix des nations.

            Les familiers du cyclisme continuent à employer le mot derny, même si la marque a disparu, concurremment avec le mot burdin, qui désigne sensiblement le même vélomoteur (d’après le nom éponyme de la marque française d’André Burdin, selon ce fabricant).

            D’autres commentateurs peu fiables parlent de courses « derrière derny » à propos du demi-fond. Il n’en est rien : le demi-fond, qui se court sur piste, et sur de longues distances, fait appel à de grosses motos aspirant littéralement les stayers qu’elles tirent. Cette discipline très dangereuse est réservée à des pistards aguerris, à des trompe-la-mort pouvant atteindre plus de 100 km/h, tel l’extraordinaire Espagnol Guillermo Timoner, couvert de titres de champion du monde et de médailles, qui, sauf erreur, vit dans son île de Majorque, quasi nonagénaire, après avoir remporté pour la dernière fois le titre de champion d’Espagne de demi-fond à… 58 ans !

 

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11e Championnat du Maroc de langue française et d’orthographe : les correcteurs du plus grand des 17 sites accueillant les demi-finales (samedi 14 février), à savoir Casablanca, ont été particulièrement victimes du succès croissant de l’épreuve… Ils n’ont pu terminer que jeudi soir la correction des…   + 2 200 copies !

Rappel prochaines dictées :

7 mars : à Sèvres (Hauts-de-Seine), au Centre international d’études pédagogiques, à 14 heures. Renseignements et inscriptions : 06 07 59 17 08 ou jp.colignon@orange.fr

21 mars : première dictée de Tourcoing (Nord), à la médiathèque André-Malraux, 26, rue Famelart, à 14 heures. Inscriptions obligatoires, le nombre de places étant limité par la capacité de la salle. Renseignements et inscriptions : 03 59 63 42 50 et www.tourcoing.fr/mediatheque

(La finale du Championnat du Maroc se déroulera ce même 21 mars.)

Le mot du 21 janvier 2015

austéritaire

            Un de nos fidèles correspondants s’insurge contre l’adjectif austéritaire, qu’il juge « abracadabrantesque »… Mais tous les néologismes, ou presque, peuvent, à leur apparition, sembler être des barbarismes,  insolites, bizarres, farfelus, saugrenus, baroques… Il faut donc surmonter ce premier sentiment d’étonnement offusqué, peut-être justifié, peut-être illégitime, et considérer deux choses : a) le mot est-il bien formé ? ; b) vient-il enrichir à bon droit le vocabulaire, en comblant une lacune du lexique ?…

            Autorité a donné autoritaire, sécurité a entraîné sécuritaire… Qu’austérité accouche d’austéritaire ne saurait être condamnable. Le nouvel adjectif pallie-t-il un manque, apporte-t-il une acception nouvelle au sein du français contemporain ?…

            Des Suisses réclament la paternité du terme, à partir d’un texte issu du… Syndicat des douaniers suisses : « Le 6e Congrès ordinaire de GaraNto s’indigne de la multiplication des tracasseries qui entravent le travail quotidien de la Douane et du Corps des gardes-frontière. Les délégués présents au congrès invitent la Confédération à mettre fin à son obsession austéritaire et, en lieu et place, à investir durablement dans le personnel. » (Communiqué de presse du Syndicat du personnel de la douane et du corps des gardes-frontière, Thourne-Berne, 14 juin 2012.) On voit donc qu’il s’agit ici d’une protestation contre des restrictions budgétaires et contre une diminution des personnels et des moyens.

       Mais, amis suisses, le mot semble bien avoir commencé à se propager à compter des années 1990… Bah, la datation précise ne présente pas un intérêt des plus exceptionnels, puisque non lié à une anecdote extraordinaire, à un fait historique notable, etc. Le qualificatif a fait florès, ces derniers temps, pour fustiger une politique d’austérité exagérée, outrancière, qui, aux yeux des contestataires, finit par en devenir irresponsable, insensée, au point de tuer le malade que l’on prétend guérir.

          Austéritaire, de plus, apparaît comme un mot-valise forgé sur austérité et sur autoritaire, ce qui s’adapte bien à l’acception précise et nouvelle  –  donc utile – de : « qui impose l’austérité de manière autoritaire » : des mesures austéritaires.

Rappels concernant le premier trimestre (premiers événements dont les dates sont fixées) :

  • Mercredi  11  février,  à la mairie du 7e arrondissement : premier « Salon du livre du 7e», avec une dictée, une séance de dictionnaire humoristique des académiciens de l’Association des Amis d’Alphonse Allais, des animations ludiques pour les juniors, etc.
  • Samedi 14 février : demi-finales du Championnat du Maroc de langue française et d’orthographe, organisé dans tout le pays avec l’Union centrale des parents d’élèves.
  • Samedi 14 mars : dictée de Tours (Indre-et-Loire).
  • Samedi 21 mars : première dictée de Tourcoing (Nord).

L’Union des conseils de parents d’élèves (UCPE) du Maroc

Président national : M. Rachid Sadqui – Secrétaire nationale : Mme Nadira Slaoui

L’UCPE s’est constituée, en 1984, en tant qu’association nationale au Maroc, puis c’est en association indépendante qu’elle a cherché une affiliation à une fédération française. La démarche de l’UCPE et son attachement à une école de service public et aux idéaux laïques ont débouché en toute logique sur une affiliation avec la FCPE, première fédération de parents d’élèves en France. Ainsi, l’UCPE partie d’un grand mouvement de parents d’élèves français qui occupe une place prépondérante dans le mouvement européen des parents d’élèves et a accès à une information continue sur tous les problèmes de l’éducation nationale en France, en étant en relation avec tous les départements français.

L’UCPE organise notamment depuis dix ans une  «  Dictée du Maroc ». Ce concours national d’orthographe en langue française, dont toutes les épreuves sont, depuis le début, rédigées par Jean-Pierre Colignon, est un évènement ludique et culturel qui plaît de plus en plus. La participation y est sans cesse accrue, mêlant passion et bonne humeur.

Notre objectif, vers lequel convergent toutes les composantes de notre association, est de partager avec tous les intervenants la passion de la langue française, s’inscrivant ainsi dans le rayonnement de la langue de Molière.

Ce concours national a contribué à la réalisation de plusieurs connexions :

  • Une connexion géographique : les candidats de nombreuses villes du royaume participent avec ardeur et émulation aux épreuves régionales.
  • Une connexion générationnelle : ce concours réunit des minimes, des cadets, des juniors et des seniors amateurs et professionnels.
  • Une connexion interculturelle : notre manifestation crée une synergie entre les élèves des établissements français au Maroc et les élèves des établissements d’enseignement public et privé.

La « Dictée du Maroc » s’intègre ainsi parfaitement à la Semaine internationale de la Francophonie, et conforte ainsi l’excellence de nos liens avec la langue et la culture françaises. C’est cet enthousiasme renouvelé et indéfectible de toutes les composantes qui en cimente la pérennité.

Au-delà des activités statutaires, l’UCPE est partie prenante, aussi bien au Maroc qu’en France, dans le débat sociétal autour de l’école et de la jeunesse. Dans ce cadre, elle participe aux colloques et journées thématiques sur les thèmes suivants :

– La notion de coéducation : la place des parents.

– L’école : sa conception, sa mission, un projet pour la société et le citoyen de demain.

–  La formation des jeunes : égalité des chances ou égalité de droit ?

–  Évaluation et orientation : le jeune doit être acteur de son orientation.

–  La formation professionnelle est-elle une voix choisie ou une orientation par défaut ?

– L’aide aux élèves en difficulté : une obligation de l’État, et non une générosité.

–  L’enseignement français à l’étranger : une continuité de service public à l’étranger. Quelle contribution de l’Etat français ?

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 « Réussir son orientation scolaire et professionnelle », tel a été le thème choisi par UCPE pour son colloque national qui a eu lieu à Marrakech à la mi-mai 2014.

M. Rachid Sadqui, le président national de l’UCPE, a ainsi souligné : « Le thème de ce colloque a été choisi pour donner aux jeunes et à leurs familles des éléments de réponse aux nombreuses questions que pose l’orientation scolaire et professionnelle, sujet d’actualité, qui se trouve plus que jamais au premier plan des préoccupations des parents. Ainsi, l’objectif de ce colloque est de nous aider à y voir plus clair dans les différents enjeux que comportent les choix d’orientation et de nous aider à construire des projets d’orientation réussie pour nos enfants tant au niveau du collège qu’en classe terminale, ou encore l’orientation professionnelle, permettant par là même à nos enfants de découvrir des voies auxquelles ils n’auraient peut-être pas pensé. »

C’est un sujet crucial pour les parents et les élèves, et une immense source de stress pour les familles.

Ainsi, l’orientation scolaire est avant tout une question de connaissance de soi, de ses envies, de ses capacités et ses aspirations. Quand on cherche à s’orienter, l’important est donc de se poser les bonnes questions afin de savoir « qui on est » et ce que l’on « veut devenir ». Tout en évitant les préjugés sur les différentes filières et les influences extérieures, et en apprenant surtout à se montrer « réaliste ».

Le colloque de l’UCPE a été rehaussé, et ses objectifs atteints, par la présence d’un grand nombre d’invités et d’experts marocains, français et américains, qui sont venus apporter leurs éclairages et répondre aux nombreuses interrogations des parents et des élèves présents.Cet événement fait partie de la vie de l’enseignement français au Maroc, qui concerne 30 000 élèves des établissements français au Maroc, tous statuts confondus.

 UCPE : 37, rue Ali Bnou Abi Taleb

               Quartier du Parc, 20000 Casablanca

               ucpenationale@yahoo.fr