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Le mot du 7 décembre 2015

La question du jour  +  l’articulet « dico » du jour + la citation du jour  +  le proverbe du jour

Lundi 7 décembre 2015

 

La question du jour

            « Peut-on utiliser un féminin de jockey ?… »

            Des familiers de Longchamp, Deauville, etc., utilisent parfois « jockette », mais ce terme appartient au jargon des courses, à l’argot du turf… À mettre entre guillemets, et à ne pas utiliser dans des textes où seule la langue classique serait admise.

 

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L’articulet « dico » du jour

jordonner   v. intr.

            Ce verbe d’emploi rare (Victor Hugo, dans les Misérables : « La femme […] rédige les baux, dicte les contrats, se sent souveraine, vend, achète, règle, jordonne, promet et compromet, […] » signifie : « commander à son entourage, à sa famille », « vouloir tout contrôler »…

            Il s’écrit en un seul mot, bien que dérivant d’un nom propre / surnom en deux mots : « C’est une Madame J’ordonne ! », « le chef de la maisonnée était un Monsieur J’ordonne petit-bourgeois »… (pas de majuscule à ordonne).

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La citation du jour

            « Il en est des défauts comme des phares d’une automobile : seuls ceux des autres nous aveuglent. »  (Maurice Druon.)

 

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Le proverbe du jour

            « Un menteur est toujours prodigue de serments. »

Le mot du 19 mars 2015

épelure

               Le mot maire, épelé, donne, à l’oreille, à peu près : « Aime à y errer »… Alors, il y a quelques décennies, M. Pierre Ziegelmeyer inventa le mot épelure pour désigner les locutions, expressions, voire des phrases entières, plus ou moins drôles, plus ou moins subtiles, plus ou moins sensées, résultant ainsi de l’épellation.

            Avec maire, on peut imaginer un ancien édile qui, battu aux municipales, hante les couloirs de la mairie, car il « aime à y errer » !…

            L’épelure la plus intéressante est sans doute celle que l’on peut faire avec le prénom Mahaut, un prénom qui fut, notamment, celui d’une comtesse d’Artois magnifiquement dépeinte par Maurice Druon dans ses Rois maudits. L’actrice Hélène… Duc (!) y étincela dans la superbe série télévisée que filma, dans les années 1970, Claude Barma sur une adaptation brillante de Marcel Jullian. Variante de Mathilde, Mahaut donne, « en épellation contrôlée » : « Aima à chahuter ».

        Mais cette épelure est surpassée si l’on prend le nom du poète et compositeur Guillaume de Machaut, car on obtient alors un développement plus long… mais plus restrictif néanmoins : « Aime ASSEZ à chahuter » !

            Parmi les épelures possibles, citons : « Aima et rit » pour mari, « S’est hérissé » pour cric, « Ému était » pour muet, « obéi » pour obi, « À chaud, aime, émeut » pour homme. Voire un « Était athée » pour État  (ce qui va conforter les adversaires de la laïcité…) !

            L’épelure est donc le contraire du « condensé » style NRJ pour énergie, FMR  pour  éphémère,  RIC  pour hérissé/hérisser,  etc.  Ce  que  l’on   appelle  le « langage texto », mais qui existait bien des lustres avant l’arrivée des SMS, qui n’ont rien inventé !

            Dans les deux démarches, chacun peut voir à quel point l’on peut jongler avec les mots, car un très grand nombre de ceux-ci présentent des particularités, des singularités inattendues et amusantes. C’est pourquoi maîtriser le français est une nécessité et un plaisir.

La citation du jour :

            « Lynx envers nos pareils et taupes envers nous,

                Nous nous pardonnons tout et rien aux autres hommes. »

La Fontaine, la Besace.