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Le mot du 22 décembre 2014

bouée

            Les récents accidents à répétition concernant  notamment des ferrys ont fait apparaître le mot bouée parmi les termes récurrents des informations…

            Bouée est un mot courant à l’acception connue ; cependant, son origine est plutôt incertaine. L’hypothèse la plus plausible est de rattacher ce vocable au néerlandais boeye, qui signifie « flotteur », « balise ».

            Apparu sous la forme boue, puis devenu bouée, le mot a tout d’abord été employé  (XIVe siècle) pour désigner un morceau de bois ou de liège qui flotte au-dessus d’une ancre, pour indiquer l’endroit où celle-ci est mouillée. Sans bouée, relever l’ancre serait la bouteille à l’… encre : un problème insoluble !

            Ensuite, bouée fut utilisé pour dénommer un morceau de liège, de bois, toujours, qui signale un récif, un écueil, une épave qui affleure, ou tout autre danger (XVIIe siècle) : bouée de corps-mort, bouée lumineuse…

            Enfin, le mot est employé pour désigner un anneau de caoutchouc, de plastique, de liège, etc., permettant à une personne en difficulté (ou apprenant à nager) de se maintenir à la surface de l’eau. En quelque sorte, c’est une « roue de secours ». Cette bouée peut revêtir des aspects plus ludiques, des formes variées, notamment celles destinées aux enfants.

            Au sens figuré, « bouée de sauvetage » se dit pour qualifier un secours de dernière minute, une « planche de salut », voire une personne providentielle qui va rétablir une situation compromise, redorer le blason d’un dirigeant politique au plus bas dans les sondages.

            Le langage populaire a repris l’expression pour parler avec humour des bourrelets, en particulier au ventre, à l’estomac, dont se désolent ou se réjouissent – cela dépend des individus – un certain nombre de personnes : « Le bateau peut bien sombrer : toi, tu as toujours avec toi ta bouée de sauvetage ! ».

            Ce n’est pas du tout cette bouée que l’on retrouve dans maints chants de marins. Si la prononciation est identique, c’est boués qu’il faut écrire (= nom masculin pluriel), car il s’agit certainement de la déformation de l’anglais boys (« garçons, camarades, copains, potes, gars… »). Citons deux chansons bien connues de ceux qui s’intéressent au répertoire des gens de mer :

                        Aux mille mers j’ai navigué, oh ! mes boués !

                        Hou la !  Hou la la la !

                                                                (Pique la baleine.)

 

C’est Jean-Françoué de Nantes…

                        Oué ! Oué ! Oué !

                        Gabier de la Fringante, oh ! mes boués !

 

                                                                 (Jean-François de Nantes.)

 

 

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Le mot du 20 novembre 2014

bourreau 

            La sinistre actualité met au premier plan des termes récurrents le mot bourreau. La définition de celui-ci ne peut être que la suivante : « Personne exerçant des tortures physiques sur d’autres personnes, généralement sans défense ; personne tuant avec cruauté des êtres sans défense ».

            En dehors des causes et des explications sempiternellement rabâchées ces jours-ci, de vrais responsables politiques, voire les citoyens en général, devraient s’interroger sur la banalisation – pour ne pas dire la valorisation – de la violence, de la cruauté, des atrocités, de la sauvagerie, de la bestialité, de la barbarie, des crimes, via des films, des téléfilms, des jeux vidéo… Et que l’on ne vienne pas défendre ces derniers sous de fallacieuses références à la liberté d’expression !

            Seules les personnes ingénues, et qui n’auraient pas participé à des conflits, à des guerres, qui n’auraient jamais eu connaissance des mots d’ordre donnés à des combattants, peuvent s’étonner, s’émouvoir, que des extrémistes s’en prennent à des « humanitaires ». Bien au contraire, cela est « logique » : ceux qui se dévouent auprès de peuples déshérités, de populations dans la souffrance, sont une grande gêne pour des fanatiques primaires qui, voulant éliminer toute civilisation, prétendent que tous les « autres » sont des colonisateurs, des exploiteurs… ou, à leurs yeux d’illuminés, des « mécréants ».

            Bourreau vient de bourrer, au sens de « frapper quelqu’un ou quelque chose », puis « taper à coups répétés ». Cet emploi au sens absolu a laissé la place à « bourrer de coups », « bourrer de coups de poing », etc. : Le truand trop bavard a été bourré de coups par ses acolytes.  « Bourré de coups »  équivaut à « accablé de coups », chacun le sait. En revanche, nombre de personnes ignorent l’existence de bourrelé(e), terme pourtant correct, licite, au sens de « torturé comme par un bourreau » : Elle est bourrelée de remords.

            Le féminin bourrelle a désigné autrefois la femme du bourreau, ou bien une femme exerçant la fonction de bourreau. En principe, une bourrelle était préposée à l’exécution de certaines peines infligées à des femmes. Dans Monsieur de Lyon (on disait : « Monsieur de Paris », pour désigner l’exécuteur des hautes œuvres de la capitale), la romancière Nicole Avril dépeint un bourreau… qui pourrait bien être une bourrelle.

            La légende raconte que, chez son boulanger, le pain destiné au bourreau de Paris était retourné, afin que personne d’autre n’y touche.

            Au sens propre, bourreau a désigné l’exécuteur des arrêts de justice. Athos fait appel à celui de Béthune pour expédier ad patres la maléfique Milady de Winter, entre autres coupable d’avoir empoisonné Constance Bonacieux (Alexandre Dumas, les Trois Mousquetaires).  Le catcheur Jacques Ducrez, qui, par plaisanterie, a pris ce surnom de « Bourreau de Béthune », a fait partie des populaires professionnels qui se livraient, devant les caméras de la télévision, dans les années 1950-1960, à des matchs qui relevaient plutôt des sketchs désopilants. (Pour autant, il s’agissait de vrais pros qui, tout en évitant, si possible, de se blesser, s’affrontaient en des prises acrobatiques…)

            Le chansonnier Jean Rigaux (1909-1991), qui fut très populaire lui aussi, surnomma un jour « le bourreau de mes thunes » un ministre des Finances. N’oublions pas la fameuse réplique « Bourreau d’enfant ! Bourreau d’enfant ! » d’un des plus drolatiques sketchs de l’humoriste Fernand Raynaud.

            Bourreau figure dans un certain nombre d’expressions du passé, comme : être insolent comme le valet du bourreau, « être d’une insolence extrême, cynique » ; Se faire payer en bourreau, « se faire payer d’avance » ; Être paré comme un bourreau qui est de fête, « être bien vêtu, alors que l’on n’a pas coutume de l’être ».

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Comme chaque année, je serai présent au Salon du livre de Boulogne-Billancourt, à l’Espace Landowski, à côté de la mairie, les samedi 6 et dimanche 7 décembre, de 14 h à 19 h.

Le tout nouvel ouvrage, sorti cette semaine : Petits soldats, héros de la Grande Guerre (éditions Contre-Dire / Trédaniel), illustré par des vignettes du peintre et dessinateur nantais Jean Bruneau (†), qui fut membre de l’Académie de Bretagne, président des Amis du musée (maritime) des Salorges, fera l’objet d’une présentation par la grande librairie nantaise Coiffard, avec le soutien de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, le samedi 17 janvier, en présence des fils de l’artiste.

Le mot du 5 novembre 2014

politicien

            Le Canard enchaîné du 5 novembre 2014 reprend les propos tenus par M. Alain de Greef, ancien directeur des programmes de Canal+, dans une interview accordée au Monde daté du 2 novembre : « Quand je regarde les programmes en clair, je suis atterré par la surreprésentation des politicards de tous bords, avec leur propagande nauséabonde et leurs parasites habituels, les éditorialistes, le mot ne voulant plus nécessairement dire quelqu’un qui écrit un éditorial, mais quelqu’un qui ramène son opinion sur le maximum de médias, quitte à la faire fructifier en publiant des livres sans intérêt mais promus sur toutes les antennes ».

            La signification de politicard (d’abord adjectif, puis substantif, la graphie politiquard est inusitée aujourd’hui), avec son suffixe dépréciatif en -ard, est claire pour tout le monde : il s’agit des femmes et des hommes pratiquant la politique sous un angle considéré comme déprécié ou méprisable. En revanche, un certain nombre de personnes ne prennent pas garde à l’acception nettement défavorable attachée à politicien(ne) : ce terme n’est pas neutre, n’est pas un synonyme anodin de « femme (homme) politique », de « personne qui s’occupe de politique »…

            Politicien, quoique moins « popu » que politicard, est tout autant chargé de valeur péjorative. Les dictionnaires contemporains les plus complets définissent ainsi le politicien et la politicienne : « Homme (ou femme) qui fait de la politique son métier, qui en connaît et en utilise toutes les intrigues ; qui mène une politique intéressée, souvent limitée à des considérations de stratégie électorale ou d’intérêts partisans ». Les intérêts « partisans » comprenant bien entendu les intérêts personnels. Le Trésor de la langue française (CNRS) indique d’ailleurs que politicien(ne) est souvent associé à un qualificatif renforçant la nuance péjorative : retors, avide…

 

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            Merci à toutes les personnes qui sont venues concourir, dans l’auditorium – rempli ! – du conseil général de Loire-Atlantique, à la 10e dictée Jules-Verne. Une fois encore, ce fut un après-midi joyeux, convivial ! Cela, en dépit du fait que des manifestations d’agriculteurs, entraînant des barrages de forces de l’ordre, gênaient la circulation dans Nantes. (Cette dernière remarque étant complètement neutre, bien évidemment.)

Le mot du 2 novembre 2014

Côte d’Ivoire

            L’arrivée en Côte d’Ivoire de l’ex-président burkinabé Blaise Compaoré a divisé l’opinion publique ivoirienne, semble-t-il. Il faut dire que, d’une part, la Côte d’Ivoire abrite quelque 4 millions de Burkinabés se partageant entre pro- et anti-Compaoré, et que, d’autre part, le Burkina du chef d’État déchu a servi, depuis plusieurs années, de base arrière à des opposants ivoiriens.

            … Chacun peut sans doute imaginer – à raison – que le nom de la Côte d’Ivoire vient de l’ivoire des défenses d’éléphant, dont les Portugais firent le commerce. Mais l’on connaît moins une dénomination antérieure, due, elle, aux navigateurs et commerçants dieppois : la « Côte des Dents », laquelle faisait déjà référence aux pachydermes, puisque dent signifiait « défense d’éléphant ». Ivoire vient du latin eboreum, même signification. Auparavant, le latin ebur, eboris, désignait l’ivoire, puis tout objet en ivoire, et aussi l’éléphant. En grec, elephas était employé tant au sens d’ « ivoire » qu’au sens d’ « éléphant ».

            Fondée en 1903, Abidjan, la ville la plus peuplée du pays, fut la capitale de la Côte d’Ivoire. Mais depuis 1983 c’est Yamoussoukro, ville natale de l’ex-président Houphouët-Boigny, qui est devenue la capitale politique.

            Abidjan doit son nom… à une méprise : quand des colons arrivèrent dans le pays, ils demandèrent à des femmes comment s’appelait l’endroit. Les Africaines répondirent : « T’chan m’bi djan » (« couper des feuilles »), car elles avaient compris qu’on leur demandait ce qu’elles faisaient. Ces femmes de l’ethnie ébriée (= du sud de la Côte d’Ivoire) ne pratiquaient peut-être ni le baoulé ni le diaoula, les deux langues « commerciales » servant aux échanges entre les quelque soixante ethnies. Ou bien était-ce les Européens qui avaient un accent à couper au couteau rendant incompréhensibles leurs propos…

            Quant à Yamoussoukro, son nom a été forgé à partir de Yamassou, nom de personne – celui du fondateur du village devenu ville –, et de kro, « maison, village », en baoulé.

            Le drapeau ivoirien (le gentilé ou ethnonyme a été formé sur le seul mot Ivoire, et non sur les deux termes, comme c’est le cas avec costarmoricain(e), ethnonyme pour Côtes-d’Armor) a été adopté en 1959. Il est composé de trois bandes verticales orange, blanche et verte… soit le même drapeau que l’Irlande, mais l’ordre des bandes est inversé. L’orange représente le progrès… et les savanes ; le blanc, l’unité du pays ; le vert, l’espoir… et les forêts du pays. La devise nationale est : Union, Discipline, Travail.

            Conformément à l’usage français, le nom de la Côte-d’Ivoire s’est écrit avec un trait d’union, puisqu’il s’agit d’une entité politique, géographique et administrative : cf. la Côte-d’Or, les Côtes-d’Armor, et non exclusivement géographiqueLes dirigeants du pays, depuis, ont vivement souhaité la disparition du trait d’union. Il est difficile de déterminer ce qui, dans ce souhait, a été dû à la volonté de rompre avec une graphie liée à l’ancienne métropole et ce qui a découlé d’une appréciation « esthétique » de ladite graphie.

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            La dictée de mercredi 5 au conseil général de Loire-Atlantique, à Nantes, semble faire le plein de l’auditorium. Il ne reste plus que de rares places à prendre. La communication faite par le conseil général, par l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, et via la publication dans Presse-Océan des questions-jeux quotidiennes, a été très efficace.

            La dictée sera retransmise en direct sur le site du conseil général.

Le mot du 27 octobre 2014

euphémisme

           Le « mot du jour » chipoterie m’avait permis, ces derniers jours, d’aborder la notion d’euphémisme et de litote. Je reviens aujourd’hui sur le premier de ces deux mots…

          L’euphémisme (du grec eu, « bien », et phêmê, parole) ne date certes pas d’aujourd’hui… mais il est de plus en plus utilisé. En particulier par les hommes et femmes politiques au pouvoir (quelle que soit la couleur politique), pour masquer, pour atténuer, pour voiler des échecs. Comme chacun sait, il s’agit d’une formulation qui permet d’éviter d’employer une expression trop pénible, trop brutale, trop franche, car en appelant un chat un chat on peut choquer, blesser, démoraliser, peiner… L’euphémisme ne reflète donc pas toujours la couardise, la lâcheté, la veulerie, mais, et à bon escient, la pudeur, la réserve, la finesse d’esprit, l’attention aux autres.

         Mais à force de recourir, aussi, à des expressions banalisées, à un langage convenu sinon châtré, à des formules non compromettantes, la généralisation de l’euphémisme aboutit à la langue dite « de bois », à une « langue unique ». Comment s’étonner, alors, que des philosophes ou des journalistes qui ne font que dire des vérités soient traités indûment de polémistes sectaires ou de pamphlétaires extrémistes !

     Dès l’Antiquité, les êtres humains recouraient à de précautionneuses périphrases : les terribles Furies étaient également nommées « les Euménides », c’est-à-dire « les Bienveillantes », histoire de les amadouer. Le Pont-Euxin, autrement dit la mer Noire aux dangereuses tempêtes, pour les Anciens, se voyait appelé « la Mer hospitalière » par les navigateurs grecs désireux d’être épargnés par les flots.

            Les Grecs, au contraire des Étrusques, pensaient que la gauche portait malheur, car, pour eux, qui « avaient le nord devant eux », elle représentait donc le côté où… disparaissait le soleil. De ce fait, au lieu de dire « la main gauche », ils se prémunissaient des malheurs en optant pour « la bien nommée » [des deux mains].

            Depuis plusieurs années, le cancer devient systématiquement « une longue et douloureuse maladie », les chômeurs des « demandeurs d’emploi », les aveugles des « non-voyants », et les sourds des « mal-entendants ». Dans ce dernier cas comme dans d’autres, l’euphémisme entraîne une disparition des nuances, des degrés : en toute rigueur, un « mal-entendant » n’est pas un « non-entendant ».

         « Économiquement faibles », naguère, fut inventé pour parler de personnes qui vivaient dans la gêne. L’appauvrissement croissant de couches entières de la population française, alors qu’une minorité vit de plus en plus dans l’opulence, très souvent indécente et provocante (salaires de sportifs, retraites « chapeau » de grands patrons, etc.), a entraîné la multiplication des euphémismes, évidemment en particulier de la part des hommes et des femmes politiques : le sigle « SDF » s’efforce de cacher l’inacceptable condition de ceux qui n’ont pas le moindre toit ; « dégraisser » veut occulter un « licencier massivement » trop cru ; « petit boulot » veut être un ersatz euphorique de « travail partiel très peu payé », etc.

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         Presse-Océan passera à compter de mercredi 29, et ce jusqu’au 5 novembre, les questions-jeux que je rédige traditionnellement pour accompagner la dictée Jules-Verne au conseil général, à Nantes. (À ce jour, quasiment toutes les places disponibles pour les concurrents dans la salle dudit conseil général sont prises. Que les retardataires se dépêchent de s’inscrire !)

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Concours mensuel d’octobre (réponses à envoyer avant le 10 novembre minuit)

Les trois premières réponses complètes reçues seront récompensées par des prix. Plus une réponse tirée au sort parmi les autres bonnes réponses complètes.

            Ce concours est constitué de trois questions :

1° Quel auteur se dissimule derrière : jocrisse, abandon, ratafia, céleri, navire   ?

2° Quel mot est un intrus dans la liste suivante, et pourquoi ?

            bijoux – agir – clou – îlot – films – crapaud – défis – afflux – effort – accent

 

3° Compléter par une lettre la suite logique suivante, en expliquant votre réponse :

            A   E   F   H   I   K…

Le mot du 24 octobre 2014

dernier

       Woody Allen – auteur de quarante-huit films ! – est en tournée de promotion pour son dernier long-métrage… qui ne sera peut-être pas le dernier. L’ambiguïté contenue dans l’emploi du mot dernier permet des répliques amusantes du genre : « Avez-vous lu le dernier roman de Duschnock ?… – Son dernier ? Ah !… Ouf ! Parfait !… ».

            Dernier peut en effet signifier « ultime » comme « tout récent et dernier pour l’instant », et chacun doit avoir cela en tête en écrivant, notamment les journalistes. Mettre en titre dans un journal, ou annoncer à la radio ou à la télévision : « Le dernier film de Woody Allen » peut signifier que le célèbre cinéaste new-yorkais, après Magic in the Moonlight, a décidé de mettre fin à sa carrière.

            Apparemment, si l’on se fie à ses… dernières déclarations, il n’en est rien, et les cinéphiles s’en féliciteront sans nul doute.

            « Aux derniers les bons » : ce proverbe est-il encore connu de quelques usagers de la langue française ?… Si oui, il s’agit probablement des… derniers à savoir qu’il s’agit d’un dicton ayant pour acception : « ce qui reste de quelque chose après que les autres ont choisi est souvent le meilleur ».

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           Vient de paraître, au Courrier du livre, le Petit Abécédaire de la Grande Guerre – Ces mots qui racontent l’Histoire.

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Rappels :

Mercredi 5 novembre, au conseil général de Loire-Atlantique : la 10e dictée Jules-Verne.

Samedi 8 novembre, aux Greniers à sel, à Honfleur, « Honfleur fait sa dictée ».

Samedi 15 novembre, au restaurant-cabaret la Crémaillère 1900, place du Tertre, à Paris, la « dictée loufoco-logique » Alphonse-Allais.

Le mot du 16 octobre 2014

philanthrope

            Le Conseil économique, social et environnemental sera bientôt l’hôte – « sous le haut patronage du président de la République », selon une formule consacrée – des premières Rencontres de la philanthropie. Cette manifestation organisée à l’initiative de la revue le Monde des fondations aura pour thème « la place des fondations et des mécènes dans la société française ».

            Auparavant, Mme Melinda Gates, épouse de Bill Gates, fondateur de Microsoft, viendra en France, au titre de coprésidente – avec son mari – de la plus riche fondation philanthropique privée du monde (40 milliards de dollars). Chaque année, cette fondation verse 3,6 milliards de dollars au bénéfice de la lutte contre Ebola, contre le sida, contre la mortalité infantile, pour la protection des femmes, en faveur des campagnes de vaccination contre le paludisme, etc.

            Le couple Gates et un autre milliardaire américain bien connu, Warren Buffett, ont lancé le « Giving Pledge » (« Promesse de don »). Les milliardaires ou multimilliardaires qui adhéreront à cette initiative s’engagent à donner la moitié de leur fortune, de leur vivant ou à leur mort, à des œuvres sociales, à la société en général, plutôt que de transmettre cet argent à leurs héritiers. Estimant qu’ils ont dû leur réussite au fait d’avoir eu la chance de naître dans un pays riche, doté de toutes les infrastructures nécessaires, tous les trois considèrent comme une obligation de donner de leur énergie, de leur temps et de leur argent aux autres…

            L’étymologie de philanthrope coule de source : phil-, « qui aime », et anthrôpos, « être humain, homme ». Les philanthropes sont des femmes et des hommes altruistes, qui ont le souci des autres, qui œuvrent pour le bien de leurs semblables, avec désintéressement. Cette générosité étant souvent matérielle, consistant à améliorer les conditions de vie de déshérités, de personnes en difficulté, philanthrope désigne presque exclusivement, aujourd’hui, quelqu’un qui apporte une aide pécuniaire.

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Rappels : à part la 6e dictée de Piriac-sur-Mer, samedi 18 octobre, les prochaines dictées sont :

  • Le mercredi 5 novembre, la 10e dictée Jules-Verne, dans la salle du conseil général de Loire-Atlantique, à Nantes. Étant donné le lieu, le nombre des participants est hélas strictement limité ! L’inscription est donc obligatoire, par téléphone, au : 02 40 99 16 90. La dictée sera retransmise en direct sur le site du département : loire-atlantique.fr
  • Le samedi 8 novembre, à 14 h 30, à Honfleur (Calvados), la traditionnelle dictée annuelle « Honfleur fait sa dictée », aux Greniers à sel. Les inscriptions préalables ne sont pas obligatoires.
  • Le samedi 15 novembre, à 14 h 30, 15, place du Tertre, à Montmartre, en la brasserie-cabaret La Crémaillère 1900, la dictée annuelle « loufoco-logique » Alphonse-Allais, pour l’Association des Amis d’Alphonse Allais (AAAA). Je peux inviter quelques personnes non membres de l’AAAA : me contacter.
  • Le dimanche 23 novembre, à 14 h 30, à Sorèze (Tarn), dans le cadre du Salon du livre en l’abbaye-école, dictée annuelle. Renseignements et inscriptions au Syndicat d’initiative / Office du tourisme : 05 63 74 40 39.

 

Le mot du 7 octobre 2014

cévenol

            L’expression, ou la locution, « épisode cévenol » revient quasiment tous les jours dans les journaux radiodiffusés et télévisés, et, évidemment, dans les bulletins météo… Cet emploi très fréquent suscite des interrogations : le syntagme est-il toujours proprement utilisé, ou est-ce de l’à-peu-près, par extension-généralisation ?…

            Rigoureusement, épisode cévenol désigne un type particulier de pluies intenses dues à l’accumulation de masses nuageuses venant du golfe du Lion, dans un régime de vents de sud à sud-est. Ces pluies frappent les Cévennes – d’où le nom –, puis ce que l’on appelle « le piémont cévenol » (entité géographique, qui est aussi le nom d’une communauté de communes dont le siège administratif est à Quissac, dans le Gard), entraînant de graves inondations.

            Le gentilé, ou ethnonyme, cévenol(e) – avec un seul n – semble peu usité comme substantif ; pourtant, il est licite de dire : des Cévenols, de jeunes Cévenoles. L’emploi adjectival est beaucoup plus répandu : des villages cévenols, le patois cévenol, des paysannes cévenoles.

            Compositeur quelque peu oublié, sauf des mélomanes, Vincent d’Indy (1851-1931) était issu d’une famille de la noblesse ardéchoise. C’est d’ailleurs à partir d’un air de berger ardéchois qu’il a écrit l’une de ses principales œuvres : la Symphonie sur un air montagnard , dite « Symphonie cévenole ».

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            Rappel succinct des dates des prochaines dictées publiques :

  • Samedi 18 octobre : Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique)
  • Mercredi 5 novembre : Nantes (Loire-Atlantique)
  • Samedi 8 novembre : Honfleur (Calvados)
  • Samedi 15 novembre : Montmartre (Paris)
  • Dimanche 23 novembre : Sorèze (Tarn).

Le mot du 9 septembre 2014

frondeur

            Les députés contestataires, au sein du Parti socialiste, cachent de moins en moins leur malaise, leurs réticences, leur opposition, à la politique menée en France. Ils ne sont pas dans le persiflage, dans la raillerie, dans l’impertinence, dans la moquerie… Non, la contestation est plus sérieuse, plus argumentée, et l’on ne voit pas se mettre en évidence, semble-t-il, de vulgaires hâbleurs superficiels…

            Le terme de frondeurs a été adopté pour désigner ces élus qui ne veulent pas être des « godillots » et qui contestent, au nom de leurs valeurs, une ligne politique allant, à leurs yeux, de plus en plus vers le centre, voire le centre droit. Toutefois, ces élus ne veulent pas « casser la baraque », n’entendent pas faire chuter le gouvernement, mettre à bas un parti politique auquel ils appartiennent. D’aucuns les féliciteront de ne pas trahir leur parti, les loueront de se montrer « responsables » en surmontant leurs divergences. D’autres les railleront, en les accusant d’aller jusqu’au Rubicon… pour y pêcher à la ligne, et d’oublier les motifs de leur contestation devant les risques de dissolution de l’Assemblée nationale et de la perte de leurs propres sièges.

           L’acception de frondeur est donc parfaitement confirmée par ces constats : le frondeur regimbe par moments, grogne comme les soldats de la Vieille Garde napoléonienne, rouspète, râle, bougonne, proteste parfois véhémentement, se refuse à être un béni-oui-oui. Mais le frondeur, même le plus déterminé, ne s’engage pas dans une dissidence plus marquée, ne s’insurge pas plus franchement (à l’exception historique, bien évidemment, des combattants de la Fronde [1648-1653]). Il utilise un lance-pierre(s), une fronde, pas un fusil-mitrailleur ni un crapouillot, même au sens figuré !

            Le mot frondeur – substantif, mais aussi adjectif : un esprit frondeur – est daté, officiellement, de 1648 avec le sens de « soldat armé d’une fronde ». Lorsqu’il désigne les insurgés de la Fronde parlementaire, puis de la Fronde des princes, soulevés contre la pression fiscale et – ou – l’absolutisme royal, le terme reste un nom commun, sans majuscule.

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      3e dictée du Salon de l’écriture de la Mairie du VIIe arrondissement de Paris : devant la coïncidence de date (5 novembre) avec la 10e dictée Jules-Verne de Nantes, au conseil général de Loire-Atlantique (dictée fixée depuis plusieurs mois), la Mairie du VIIe étudie la possibilité d’un changement de date…  À suivre.

Le mot du 3 septembre 2014

délétère

            Que fait un(e) journaliste à court d’idées, ou de vocabulaire, pour qualifier une ambiance, une situation, un climat, une conjoncture, qu’il ou elle a du mal à définir avec précision ?… Il ou elle se rue sur l’adjectif à la mode au point d’être une « scie » du langage : délétère !

            L’air est-il malsain, ou plutôt pestilentiel ?… Bah ! Il sera délétère. La situation politique est-elle insupportable ou dangereuse ?… Disons qu’elle est délétère. L’atmosphère au sein de cette entreprise est-elle irrespirable, tendue, pernicieuse ou nocive ?… Tout bien réfléchi (… ou pas !), elle s’affiche délétère. Cet adjectif sert donc, a priori, à qualifier quelque chose d’indéfinissable, d’insaisissable, qui échappe à l’analyse et à la description… Ses utilisateurs, par son emploi, « bottent donc en touche », se lavent les mains, laissant aux auditeurs, aux téléspectateurs et aux lecteurs le soin d’attribuer à ce terme l’acception de leur choix.

            Le recours à délétère traduit bien souvent, en fait, l’incapacité de ceux qui l’emploient à analyser une situation, à interpréter des faits et gestes, à ressentir une atmosphère, à disséquer un propos, à expliquer le dessous des cartes…

            Il est inhabituel d’employer délétère au sujet de personnes, mais il ne manque pas d’individus, hommes et femmes, que l’on associerait pourtant volontiers aux acceptions de « dangereux, nuisibles, corrupteurs, pernicieux… ».

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            La Mairie du 7e arrondissement vient de m’annoncer qu’elle avait fixé au mercredi 5 novembre son Salon de l’écriture… À mon grand regret, il ne me sera pas possible d’écrire et animer une dictée dans ce cadre, puisque depuis plusieurs mois cette date est bloquée pour ma traditionnelle dictée Jules-Verne de Nantes, au conseil général de Loire-Atlantique.