Archives de Tag: Napoléon

Le mot du 13 août 2015

bévue du jour, articulet « dico » du jour, citation du jour

mercredi 13 août 2015

La bévue du jour

            L’erreur du jour, notamment entendue ce jour sur une chaîne publique, est du domaine de l’impropriété, de la méconnaissance du vocabulaire. Parlant du train de vie fastueux, luxueux, princier, opulent d’un couple de politiciens, la journaliste a employé l’expression « train de vie somptuaire », qui signifie littéralement « train de vie relatif aux dépenses ».

            La bourde consiste donc en la confusion entre les paronymes somptueux et somptuaire, qui ne sont pas du tout des synonymes. Le terme qui aurait dû être utilisé est évidemment somptueux, « luxueux ». Somptuaire  est un terme de droit qui ne peut quasiment être employé, en français correct, qu’à propos de lois somptuaires : lois qui définissent, qui encadrent, qui réglementent les dépenses de l’État, qui en fixent le plafond.

            «  Dépense(s)   somptuaire(s)  »,   tout   comme   «  secousse  sismique  »    (= « secousse qui secoue »), est un pléonasme parfait (…si l’on peut dire), à bannir sans réserve, puisque cela équivaut à « dépense relative à la dépense ». La critique formulée ici ne saurait donc relever d’un purisme excessif…

*****

 

L’articulet « dico » du jour

subsaharien(ne)  adj.

            L’adjectif sud-saharien(ne), avec un trait d’union, a pour acception : « qui habite ou se trouve dans la partie méridionale du Sahara ». Son paronyme subsaharien(ne), sans trait d’union, agglutiné, signifie : « qui habite ou se trouve plus au sud que le Sahara », au-dessous (sub) de lui sur la carte.

            Ne pas confondre, donc !  Abidjan est une ville subsaharienne ; Tamanrasset, UNE oasis sud-saharienne.

            On ne voit pas pourquoi des dictionnaires usuels n’acceptent pas la substantivation des deux mots, alors que l’on dit bien : « des Sahariens »…

 

*****

 

La citation du jour

            « La bravoure procède du sang, le courage vient de la pensée. » (Napoléon.)

 

 

 

Publicités

Le mot du 12 août 2015

bévue du jour, articulet « dico » du jour, citation du jour

mardi 12 août 2015

 

La bévue du jour

            Une bévue « du jour », certes (commise hier sur France 3 Bourgogne),  mais récurrente, d’où l’intérêt de la signaler…  On ne fait pas de randonnées « en vélo », mais « à vélo » !

            Bien évidemment, on ne peut pas être « en  (= « dans ») moto, en trottinette, en cheval, en bicyclette, etc. », puisque l’on n’est pas à l’intérieur d’un véhicule, à l’intérieur d’un moyen de transport…  En revanche, parce que, là, on est un passager à l’intérieur de quelque chose (même s’il n’y a pas de toit) :   aller en train, circuler en voiture, être en avion, être transporté en bateau, se rendre au rendez-vous en métro, suivre la côte en Zodiac…

            On doit utiliser à uniquement quand on chevauche, quand on enfourche quelque chose : aller à vélo, partir à moto pour Versailles, être à cheval…

 

*****

L’articulet « dico » du jour

 

maudire  v.  tr. dir.

            Ce verbe en –ire, donc du 3e groupe, se conjugue comme un verbe du 2e groupe… sauf au participe passé.

            Contrairement à dire, contredire, dédire, interdire, médire, prédire et redire, maudire se conjugue comme finir : nous maudissons, vous maudissez, ils ou elles maudissent (=//=  nous disons, vous dites, ils ou elles disent) ;  je maudissais, nous maudissions (=//= je disais, nous disions) maudissons !, maudissez ! (=//= disons !, dites !) ;  maudissant.  Mais, au participe passé : maudit, comme dit, interdit, prédit…, et non comme fini.

 

*****

La citation du jour

            « Qui sait flatter sait aussi calomnier. »  (Napoléon.)

Le mot du 11 juillet 2015

barbelé

            Un important vol de détonateurs, de grenades et de pains de plastic (la Grande Muette a-t-elle donné les vrais chiffres et le détail exact des matériels dérobés ?…) a été commis dans un dépôt de munitions de l’armée de terre, à Miramas (Bouches-du-Rhône)… Lorsque l’on regarde les reportages diffusés sur la configuration de ce camp, on ne peut que constater la protection dérisoire assurée (sic) par un simple grillage, du type de ceux qu’on utilise pour séparer le potager du verger…

            Cette absence d’enceinte sérieuse, de haute clôture doublée, renforcée de ronces métalliques, de barbelé, ce manque de mur épais et élevé,  auraient dû être compensés par une surveillance vidéo générale, par la présence continue de sentinelles et le passage de patrouilles jour et nuit à des heures variées. Y compris dans les nuits du samedi au dimanche et du dimanche au lundi : aucun relâchement n’est admissible sur des sites à risques. Naturellement, la sécurité ne peut être garantie qu’en y mettant les moyens, en hommes et en matériels.

            De hauts grillages doubles en vrai fil de fer barbelé auraient donné, déjà, un peu plus de… fil à retordre aux auteurs du vol. « Pour empêcher ou pour, tout au moins, ralentir l’avancée de troupes ennemies, on a décidé – notamment en 1914-1918 – d’installer devant les tranchées des lignes de fil de fer garni de pointes, appelé, pour cette raison, « fil de fer barbelé ». En abrégé : du barbelé. L’ensemble des lignes parallèles de fil barbelé fixé sur des montants de bois est dénommé « réseau ». Au sens absolu, sans complément de nom, réseau fut couramment utilisé pour « réseau de fil de fer barbelé », à partir de 1915. » (Jean-Pierre Colignon, Petit abécédaire de la Grande Guerre, Le Courrier du livre, 2014.)

            « Toujours en 1914-1918, on a appelé « réseau Brun » un rouleau de fil de fer LISSE prêt à l’emploi, qui avait donc l’avantage de pouvoir être employé et installé rapidement. Ce réseau présentait un enchevêtrement de fil de fer tel que, paraît-il, on s’y prenait comme un lapin au collet. » (Idem.)

 

*****

 

La question du jour :

« Faut-il écrire : l’armoire au fourbi ou l’armoire aux fourbis, l’armoire à fourbi ou l’armoire à fourbis ? »

 

            Les linguistes, les grammairiens, les lexicologues, les lexicographes figent fourbi en tant que « collectif singulier ».  « C’est tout un fourbi ! », cf. tout un bazar, tout le saint-frusquin…  Il n’est donc pas permis d’employer le pluriel, en faisant de « fourbis » un équivalent de « petits riens », « petites cochonneries », babioles », « bricoles »

*****

 

La citation du jour :

            « L’homme n’a pas d’amis. C’est son bonheur qui en a. » (Napoléon Bonaparte.)

Le mot du 14 juin 2015

prétexte

            L’actualité, en France, a été dominée, ces derniers jours, par l’aller-retour éclair, en avion gouvernemental, de M. Valls à Berlin, l’autre samedi, pour rencontrer M. Platini, afin de parler de l’UEFA et de l’Euro 2016 en France. Profitant de ce déplacement dit « professionnel » (qui, rapporte la presse, n’était pas noté dans l’agenda officiel du Premier ministre), M. Valls a pu assister ainsi, avec deux de ses enfants, à la finale de la  Ligue des champions entre la Juventus de Turin et le FC Barcelone, cher au cœur du Premier ministre français. Effectivement, M. Valls et M. Platini se sont donc vus, au moins au stade.

            Depuis, M. Valls a reconnu une « erreur de communication » : « Si c’était à refaire, je ne le referais plus », et a promis de rembourser l’équivalent des deux allers-retours de ses fils pour cette virée footballistique, soit, dit-on, 2 500 euros.

            Près de 70 % des Français, d’après les derniers sondages, ne se satisfont pas de ces excuses, peu convaincus par la justification officielle de ce déplacement express en Falcon gouvernemental. La rencontre au sujet de l’Euro 2016 était-elle d’une si considérable importance et d’une urgence si aiguë qu’elle justifiait un aller-retour ultrarapide (tout en prenant le temps d’emmener les deux fils), pour un coût équivalant au salaire annuel de beaucoup de Français : selon la presse, entre 18 000 et 25 000 euros (il est manifestement impossible d’accéder à la vérité, s’agissant de ce type de dépenses, le Premier ministre devant être accompagné d’agents des services de sécurité, d’un médecin, d’un spécialiste des télécoms)… ?

            Peu importe la couleur politique des dirigeants qui se conduisent ainsi.  Mais la petite histoire ne doit pas cacher les questions de fond : un déplacement, même vraiment « professionnel », de ce genre ne peut-il pas être tout bonnement remplacé par un entretien téléphonique, même long ?  Si de tels voyages de ministres, de secrétaires d’État, de hauts fonctionnaires, sans doute ou peut-être inutiles car facilement remplaçables par d’autres moyens modernes de communication, sont multipliés par cent, par mille, etc., à longueur d’année, on peut voir quel gouffre financier supportent là encore les citoyens de la République.

            De plus, comment ce voyage « professionnel » éminemment important et urgent se justifie-t-il quand, quatre jours plus tard, M. Platini vient à Paris voir M. Hollande… pour lui parler de l’Euro 2016 !?

            Prétexte vient du latin praetextus, qui a la même signification. Dans son remarquable dictionnaire français-anglais écrit au XVIe siècle, le linguiste anglais Cotgrave définissait ainsi le terme : « motif spécieux mis en avant pour cacher le motif réel d’une action ». Le sens n’a pas varié, avec comme synonymes : faux-fuyant, excuse, allégation, couverture, échappatoire, argument…

            « Faux prétexte » est évidemment un pléonasme, à ne pas dire ni écrire !

 

La question du jour :

            « Comment faut-il accorder derrière la plupart ?… »

            La plupart (+ complément) entraîne l’accord au pluriel : La plupart ont participé aux jeux ; La plupart des congressistes avaient tombé la veste en raison de la chaleur.

 

La citation du jour :

            « La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri. » (Chamfort.)

 

Rappels :

La prochaine dictée animée sera celle de Leucate (Port-Leucate), le mercredi 29 juillet.  Entre-temps, je serai présent au Salon du livre de Honfleur (Calvados), le 4 juillet, où une fine équipe d’académiciens Alphonse Allais proposera un spectacle-animation. Avec mon illustrateur et ami Claude Turier, lui aussi membre de ladite académie, nous pourrons y dédicacer Sacré Napoléon ! (éditions Trédaniel), un recueil d’anecdotes sur l’Empereur qui paraît pour le bicentenaire de Waterloo, donc ces jours-ci.

Le mot du 3 juin 2015

négligence 

         L’éducation nationale a le chic pour attirer l’attention, ces derniers temps. Mais  pas  pour  ses  qualités…   Je  ne  reviendrai  pas  sur  le  jargon  grotesque,  « guignolesque »  oserai-je,   des   fonctionnaires   pédants   qui  ont  rédigé   (cf.  « Phébus », chronique du 11 mai 2015) des définitions telles que : « se déplacer de façon autonome, plus longtemps et plus vite, dans un milieu aquatique profond standardisé » pour le trop simple, sans doute, « nager en piscine »…

         J’imagine combien l’ami Alain Rey a dû s’esclaffer à la lecture de ce charabia affecté, et combien Jacques Cellard, instituteur, linguiste et romancier,  qui tint avec humour et talent la chronique « Langue française » du journal le Monde – et notamment grand spécialiste de la langue populaire, de l’argot  –  se serait étranglé de rire…

       En ce début juin, les fonctionnaires de l’éducation nationale ont dû avoir les oreilles qui sifflaient : le… buzz s’est fait autour de deux grossières fautes d’orthographe laissées l’une dans la convocation aux épreuves ES du baccalauréat de l’académie de Besançon, l’autre émanant des académies de Créteil-Paris-Versailles, au sujet du « Diplôme National du Brevet » (= majuscules pleines de bouffissure, et totalement injustifiées !).

      Dans le premier cas, on a pu lire : « Aucun numéro d’inscription ne sera communiquer », et, dans le second, « L’utilisation des téléphones portables, Smartphones ou tout autre appareil électronique est interdites ». Bien évidemment, il n’est pas question de parler de fautes dues à l’inculture, à l’ignorance.   Chacun   voit   bien qu’on ne pourrait pas dire : « ne sera transmettre »,   mais   bien : « ne sera transmis », et que le sujet est au singulier : « L’utilisation »…  d’où : « est interdite ».

       Non, il y a, en l’occurrence, du relâchement, de la désinvolture, du laisser-aller, de la négligence…  Ce qui est très regrettable, fâcheux, s’agissant de textes émanant de l’éducation nationale.

       Il ne faut pas faire toute une montagne de deux fautes d’orthographe, et vouer aux gémonies, en conséquence, toute l’éducation nationale, enseignants compris. Mais le rapprochement entre les deux faits survenus à quelques semaines de distance conduit à faire le constat suivant : d’un côté, on passe sans doute beaucoup de temps à chercher midi à quatorze heures, à couper les cheveux en quatre, pour aboutir à la rédaction de textes prétentieux, amphigouriques, pédants, cuistres, alors que, d’un autre côté, on n’assure pas le minimum des règles de base, fondamentales, essentielles.

         Si les fonctionnaires de l’éducation nationale n’ont pas le coup d’œil lors de la saisie et – ou – de la relecture de leurs textes avant publication, il est alors peut-être bon de rappeler à Mme Vallaud-Belkacem qu’il existe des correcteurs-réviseurs, de vrais professionnels rompus à la relecture rigoureuse de tous textes : livres, journaux, articles sur le Web, etc.  Il n’y a jamais de honte à faire relire ses textes par d’autres paires d’yeux, dès lors que cela assure la qualité des écrits au service des lecteurs, au service des usagers de la langue française, au service des citoyens.

        Négligence vient du latin negligentia (ou : neglegentia), « insouciance, manquement, faute, péché, oubli de ses devoirs… ».

*****

La citation du jour :

            « Le sot a un grand avantage sur l’homme d’esprit : c’est qu’il est toujours content de lui ! » (Napoléon Bonaparte.)