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N

« Ni l’un(e) ni l’autre » (accord du verbe avec)

« Doit-on mettre le verbe au singulier ou bien au pluriel quand le sujet est « ni l’un(e) ni l’autre » ? », s’interroge un jeune secrétaire de rédaction de la PQR (presse quotidienne régionale).

Eh bien [noter l’interjection « eh », souvent transformée erronément en « et »], c’est ad libitum, généralement : « Ni l’un ni l’autre ne viendra » ou « Ni l’un ni l’autre ne viendront »; »Ni l’une ni l’autre ne sait chanter » ou « Ni l’une ni l’autre ne savent chanter ». Fort évidemment, le singulier s’impose si l’un des sujets exclut nécessairement l’autre, s’ils ne peuvent prétendre tous deux être ou faire ce qu’exprime la phrase : « Ni l’une ni l’autre n’est sa mère ». Le pluriel est absolument obligatoire si le verbe est placé devant, avec un pronom personnel :

  » Elles ne dansent la valse ni l’une ni l’autre« .

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« Nous majestique » (le)

« Ce spectacle nous a laissés froid » : tel est le texte relevé dans un journal belge par un lecteur attentif, qui s’interroge sur la discordance entre « laissés » et « froid », et qui nous demande s’il n’aurait pas fallu mettre tout au singulier (le « nous majestique »), puisque c’est un critique théâtral qui s’exprime…

Passons rapidement sur la « coquille » qui a abouti au monstre « laissés froid », évidemment erroné…

Tout comme il y a le « nous de majesté » (en France, on ne dit pas « nous majestique ») employé par un monarque, un prince, un empereur…  (« Nous, Isidore II, sommes attristé par la situation de nos sujets résidant en… »), il existe, pour les écrivains mais surtout pour les journalistes, le « nous de modestie », censé exprimer la distance prise par un observateur face à une situation, un acte, etc.  « Nous nous sommes rendu dans la capitale dévastée par les émeutiers… ». Le « je » est en principe haïssable, car peu modeste…, quand un journaliste parle ou écrit…

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 « nouvelle vague (la)« 

« Quel traitement orthotypographique doit-on adopter pour le groupe de cinéastes français que l’on désigne par « nouvelle vague » : Truffaut, Godard, Chabrol, Demy…? », nous demande une amie éditrice.

La question porte donc sur le choix entre des minuscules ou des majuscules, le recours à l’italique, la mise entre guillemets, etc., pour cette dénomination bien connue. La perplexité de notre correspondante est bien légitime : le Petit Larousse illustré n’a-t-il pas une entrée intitulée nouvelle vague, en caractère gras, avec deux minuscules et sans guillemets, alors qu’à l’article « Truffaut » ce même dictionnaire écrit « nouvelle vague«  avec deux minuscules ET des guillemets.

– La mise en italique  ne serait pas orthodoxe; de plus, l’italique sert déjà pour beaucoup de choses. Nous écartons cette option.

– L’adjectif précédant le nom dans cette dénomination, deux majuscules peuvent être indiquées dès lors que l’on voit ici un surnom, donc un nom propre, d’école, de cercle, de chapelle du cinéma. D’où :

       Godard, Chabrol et Truffaut demeurent les têtes de proue de la Nouvelle Vague

– La variante « Nouvelle vague » est à exclure : derrière l’adjectif en majuscule on ne saurait avoir un substantif avec une minuscule. L’autre variante « nouvelle Vague » est à rejeter : ce n’est pas le troisième ou quatrième  avatar d’un mouvement s’appelant « Vague ».

– La version avec deux minuscules sans guillemets n’est pas satisfaisante : l’expression est alors complètement banalisée, ne désigne pas précisément ce petit groupe de cinéastes; elle peut s’appliquer à n’importe quelle mouvance censée apporter du nouveau… Mais le contexte l’explicite !, nous objectera-t-on. Cela n’est pas certain, et dépendra de la formulation des phrases…

– Reste une variante très acceptable : la mise entre guillemets, en laissant deux minuscules… Deux minuscules si l’on se dit que ce n’est pas vraiment une dénomination officielle, mais un surnom donné à ce groupe par des journalistes. Les guillemets précisent alors de qui il s’agit, ce ne peut plus être une… vague dénomination.

Personne n’y verra des guillemets-« pincettes » signifiant qu’il ne s’agit nullement d’une « nouvelle » vague…

–  Le cumul deux majuscules plus guillemets est excessif, et ne peut être retenu.

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