Archives de Tag: orthographe

Le mot du 5 août 2017 (3)

Le point d’orthographe du jour

 

exprès, expresse   adj.

 

L’emploi très répandu de l’adjectif anglais express (un train express, la voie express… et, substantivé : l’express de 23 h 14) au sens de « rapide », d’où, par extension, un petit-déjeuner expressun brunch express,  fait parfois perdre de vue l’existence de l’adjectif exprès, expresse.  Ce dernier a l’acception de « formel(le) »   :  une interdiction expresse, un refus exprès, un ordre exprès, un arrêté exprès…

Sorti assez largement de l’usage, figé sous la même graphie aussi bien au masculin qu’au féminin, exprès qualifie un envoi postal    –   notamment des lettres   –,   qui doit être remis sans tarder au destinataire  :  un pli exprès, une lettre exprès, des lettres exprès… (Substantivé : remettre un exprès.)  On a dit aussi par exprès (exprès étant un nom masculin désignant un messager, un porteur spécial).

L’adverbe exprès (faire exprès quelque chose) est synonyme de « volontairement, délibérément »,  et est de la même famille qu’exprès/expresse.

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Le mot du 3 juin 2017 (2)

Le point d’orthographe du jour

 

Le participe passé donné, quand il est suivi de à puis d’un infinitif, peut ou non s’accorder, selon le sens de la phrase :

Les difficultés que l’on m’a donné à résoudre, les gamines que l’on m’a donné à surveiller ; ici, donné à et l’infinitif qui suit sont liés en un seul bloc sémantique, car on ne m’a pas vraiment donné ces difficultés ni ces gamines.

Les montres que j’ai données à réparer, les poires qu’on m’a données à manger : ici, l’accord est justifié, car les montres et les poires ont été réellement données, celles-ci en toute propriété pour que je les mangeasse, celles-là en dépôt afin qu’on me les réparât (elles ont été remises à l’horloger dans cette intention).

Cette subtilité logique est de plus en plus ignorée par des auteurs que la hâte incline à la facilité.

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Le mot du 27 mai 2017 (1)

Le point d’orthographe du jour

compte-gouttes   n. m. inv.

Mot composé à trait d’union, compte-gouttes est formé d’un élément verbal du verbe compter, donc un terme invariable, et du substantif gouttes, qui est figé au pluriel par la logique de la signification : c’est un instrument destiné à compter LES GOUTTES.

En revanche, goutte-à-goutte est un mot composé (deux traits d’union) figé au singulier par la logique : cet instrument permet la perfusion d’un liquide GOUTTE après GOUTTE.

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Le mot du 23 mai 2017 (2)

Le point d’orthographe du jour

 

nota  bene   n. m. inv.  (mots latins)

Il n’y a pas eu de francisation par l’ajout d’accents aigus (malgré la prononciation « béné »), et il n’y a pas de trait d’union. Ce dernier point se retrouve dans l’abréviation très usitée N. B., qui par conséquent, très logiquement, n’a pas non plus de trait d’union.  L’origine latine entraîne la mise en italique de cette abréviation.

 

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Le mot du 21 mai 2017 (1)

Le point d’orthographe du jour

         

             « Ce richissime footballeur a acheté deux boudins et un braque… »

 

Sans doute archimillionnaire en euros, ledit footballeur peut facilement acheter deux boudins, même aux truffes, et un chien du type braque ! En revanche, il lui faudra ouvrir un peu plus son escarcelle pour devenir propriétaire de deux Boudin et d’un Braque (ellipse pour dire : « deux [tableaux de] Boudin » et « un [tableau de] Braque »).

Les majuscules sont obligatoires, et les deux noms propres restent invariables : « Ce richissime footballeur a acheté deux Boudin et un Braque ». Ne jamais écrire, donc : « des Watteaux, des Rembrandts, des Van Eycks, des Miros, des Douaniers Rousseaux… » !!  Ni « des poussins, des buffets, des coutures, des cousins… »   ☺

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Le mot du 14 mai 2017 (2)

Le point d’orthographe du jour

 

ex aequo   loc. adv.,  adj. et n. inv.

 

La locution latine  adverbiale ex aequo, employée comme adjectif ou comme nom, s’écrit sans trait d’union. Le a et le e ne sont pas collés.  On ne met plus ces mots en italique dans un texte en caractère romain.

Le scrutin a placé ex aequo Dupanloup et Machepoil ;  Vapluvite et Avoine sont arrivés ex aequo dans la troisième course, à Auteuil ; Pour départager les ex aequo, on a pris en compte leur âge !

 

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Le mot du 29 avril 2017

Le point d’orthographe du jour

 

être légion

Dans l’expression être légion, le substantif est figé au singulier, au sens de « en grand nombre »  :  « Dans ces milieux professionnels, les arrivistes sont légion ! » « Ils ne sont pas légion, les chroniqueurs objectifs, impartiaux… ».

 

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Le mot du 14 février 2017 (2)

La bourde du jour

Le temps manque pour signaler toutes les bourdes de français vues ou entendues chaque jour dans les médias.  Les conditions de travail, la « pendule », le manque d’effectifs, peuvent en partie expliquer, sinon justifier, ces erreurs.  Toutefois, on ne peut pas avoir la même indulgence avec les textes figurant dans des programmes, courts ou longs, filmés et enregistrés bien à l’avance.  Pis encore quand il s’agit, de plus, d’émissions relevant du service public… et axées sur les formations, l’enseignement, l’accès à l’emploi.

Vantant « la richesse et la diversité des métiers de l’artisanat », et titré « La famille Millevoies, à chacun son métier »    (mais orthographié souvent« La famille Millevoie… » dans les messages de francetv annonçant le replay),  un court module, diffusé quotidiennement, semble-t-il, sur France 3 et France 4,   portait, mardi 14 février, sur le métier de « ferronier »… Avec un seul « n », paraît-il…

 

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Le mot du 14 février 2017 (1)

Le « truc » d’orthographe du jour

 

            Pour mémoriser l’orthographe du nom de la savoureuse prune nommée quetsche,  qui présente la singularité de comporter les quatre consonnes successives TSCH, on peut l’associer à quelques mots qui partagent cette particularité : « Au soir du puTSCH, les puTSCHistes portés sur le kiTSCH se sont régalés de queTSCHes ! ».  On peut aussi retenir l’orthographe de putsch en ayant d’abord mémorisé celle de quetsche ! 

 

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Le mot du 20 février 2015

keirin

          Du 18 au 22 février, à Montigny-le-Bretonneux, sur le vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines (ouvert en janvier 2014), se déroulent les championnats du monde de cyclisme sur piste. Un sport ne bénéficiant pas d’une grande attention de la part des radios et des télés… sauf à l’occasion de championnats nationaux ou mondiaux. Surtout, quand même, quand ces compétitions se disputent dans l’Hexagone. Le peu d’intérêt des grands médias, même publics, explique peut-être qu’une présentatrice d’un grand journal d’une chaîne nationale annonce cela comme étant du « cyclisme sur route », sans se corriger ensuite.

            Grande nation cycliste, la France a toujours eu d’excellents champions pistards, notamment en vitesse individuelle et par équipe, et en… keirin. Il s’agit souvent des mêmes athlètes, naturellement, puisque la spécialité d’origine japonaise appelée keirin (on prononce « kêrin’ ») relève du sport de vitesse.

            Description succincte de cette épreuve particulière apparue au Japon dans les années 1950, mais qui a mis plusieurs lustres avant de devenir populaire en Europe  :  plusieurs sprinters (ou sprinteurs), dont les positions de départ ont été tirées au sort, sont aspirés pendant plusieurs tours de piste par un entraîneur à vélomoteur appelé « lièvre ». Celui-ci va accélérer progressivement, passant de quelque 25 km/heure à 50 km/h à deux tours de la fin. Il s’écarte alors, et laisse les coureurs disputer à très vive allure le long sprint final…

        Des commentateurs peu rigoureux désignent par « moto » l’engin chevauché par le meneur, par le « lièvre ». Il se peut que, parfois, les cyclistes soient tirés par une… petite moto, mais dans la quasi-totalité des cas l’engin traditionnellement utilisé a été le derny (nom propre déposé, d’après le patronyme du constructeur, le Français Roger Derny, mais devenu nom commun sans majuscule). Le derny, ou « derny d’entraînement », était un vélo motorisé, ou vélomoteur si l’on préfère, qui fut très employé pour l’entraînement des cyclistes, et utilisé lors de compétitions derrière entraîneur, sur piste ou sur route, comme le mythique Bordeaux-Paris ou le Grand Prix des nations.

            Les familiers du cyclisme continuent à employer le mot derny, même si la marque a disparu, concurremment avec le mot burdin, qui désigne sensiblement le même vélomoteur (d’après le nom éponyme de la marque française d’André Burdin, selon ce fabricant).

            D’autres commentateurs peu fiables parlent de courses « derrière derny » à propos du demi-fond. Il n’en est rien : le demi-fond, qui se court sur piste, et sur de longues distances, fait appel à de grosses motos aspirant littéralement les stayers qu’elles tirent. Cette discipline très dangereuse est réservée à des pistards aguerris, à des trompe-la-mort pouvant atteindre plus de 100 km/h, tel l’extraordinaire Espagnol Guillermo Timoner, couvert de titres de champion du monde et de médailles, qui, sauf erreur, vit dans son île de Majorque, quasi nonagénaire, après avoir remporté pour la dernière fois le titre de champion d’Espagne de demi-fond à… 58 ans !

 

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11e Championnat du Maroc de langue française et d’orthographe : les correcteurs du plus grand des 17 sites accueillant les demi-finales (samedi 14 février), à savoir Casablanca, ont été particulièrement victimes du succès croissant de l’épreuve… Ils n’ont pu terminer que jeudi soir la correction des…   + 2 200 copies !

Rappel prochaines dictées :

7 mars : à Sèvres (Hauts-de-Seine), au Centre international d’études pédagogiques, à 14 heures. Renseignements et inscriptions : 06 07 59 17 08 ou jp.colignon@orange.fr

21 mars : première dictée de Tourcoing (Nord), à la médiathèque André-Malraux, 26, rue Famelart, à 14 heures. Inscriptions obligatoires, le nombre de places étant limité par la capacité de la salle. Renseignements et inscriptions : 03 59 63 42 50 et www.tourcoing.fr/mediatheque

(La finale du Championnat du Maroc se déroulera ce même 21 mars.)