Archives de Tag: Paul Valéry

Le mot du 25 mai 2016 (2)

La citation du jour  +  le proverbe du jour

 

La citation du jour

            « Ce qui nous force à mentir est fréquemment le sentiment que nous avons de l’impossibilité chez les autres qu’ils comprennent entièrement notre action. Ils n’arriveront jamais à en concevoir la nécessité (qui, à nous-mêmes, s’impose sans s’éclaircir).

  • Je te dirai ce que tu peux comprendre. Tu ne peux comprendre le vrai. Je ne puis même essayer de te l’expliquer. Je te dirai donc le faux.
  • C’est là le mensonge de celui qui désespère de l’esprit d’autrui, et qui lui ment parce que le faux est plus simple que le vrai. Même le mensonge le plus compliqué est plus simple que le vrai. La parole ne peut prétendre à développer tout le complexe de l’individu. »

(Paul Valéry.)

 

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Le proverbe du jour

 

« Le monde est à la volonté bien plus qu’à la sagesse. »

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Le mot du 12 juillet 2015

compromis

          Les discussions interminables entre Grecs et dirigeants de la zone euro laisseraient entrevoir pour lundi 13 juillet un « projet de compromis », ce qui est tout de même mieux, semble-t-il, que l’ « esquisse du début de l’amorce  de l’ébauche d’un accord »…  Et sans doute mieux, pour les Grecs, qu’une éviction de la zone euro : c’est l’opinion manifestement majoritaire en Grèce. Mais chacun a, bien entendu, son avis.

            Du côté d’Athènes, il n’y a évidemment pas d’adhésion enthousiaste, unanime, à  un accommodement forcé. « Avec un pistolet sur la tempe, n’importe qui serait contraint de faire des concessions », aurait-on entendu dans les milieux gouvernementaux.

            Un mauvais accord est préférable à une guerre : cela a été dit en d’autres temps et en des circonstances bien différentes. Mais l’Histoire semble bien avoir souvent démenti ce principe trop optimiste, ingénu, naïf. Toutes proportions gardées, un compromis doit être le plus près possible d’un accord franc et sincère obtenu par des concessions mutuelles. S’il s’agit d’une solution conclue à contrecœur,  nourrie d’arrière-pensées et de suspicion, et obtenue excessivement aux dépens d’un ou de plusieurs peuples, cela risque de n’être qu’un cautère sur une jambe de bois.

            Les peuples concernés,  pour des raisons différentes, pourraient faire le rapprochement entre compromis et… compromissions (c’est-à-dire manigances, lâchetés, complaisances, reculades). Et le faire payer à leurs dirigeants respectifs.

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La question du jour :

          « « Quelle idée a eue là la firme japonaise ! » : j’ai bien raison de contester l’accord, et de vouloir écrire eu plutôt que « eue »   ? »

          Eh non !…  Ici, eue s’accorde, car le verbe avoir n’y est pas employé comme auxiliaire ; il y déploie au contraire son plein sens actif et indépendant (= posséder, concevoir, détenir, etc.).  Cf. : Les sommes qu’il a eues en main ; les grandes idées qu’il a eues jadis ; les ancêtres qu’il a eus ont bien servi sa famille.

 

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La citation du jour :

            « Il faut toujours s’excuser de bien faire : rien ne blesse plus ! » (Paul Valéry.)

Le mot du 23 avril 2015

guilleret

            À l’approche d’élections, voire bien avant le déroulement de celles-ci, les politiques, hommes et femmes, s’efforcent d’arborer en toutes circonstances (ou  en toute circonstance) un air guilleret. Pour montrer combien ils sont optimistes pour l’avenir, et pour affirmer qu’ils sont en pleine forme, toniques, toujours jeunes, pleins d’alacrité et d’allant… Il est évident que montrer un visage à la Droopy (= le chien de dessin animé, très généralement lent et triste, du génial Tex Avery) n’est pas valorisant, n’est pas du tout attractif, même au nom du sérieux.

            Guilleret/guillerette qualifie, depuis le XVIe siècle, ceux « qui manifestent une vive gaieté ». Cette signification sympathique de guilleret, qui, semble-t-il, avait été précédé par le féminin guillerette au sens de « séduisante, pimpante », apparaît comme étonnante. En effet, les linguistes font de notre adjectif un dérivé du vieux verbe français guil(l)er : « tromper », d’après guile, « ruse, tromperie ». Certes, les escrocs présentent toujours un visage avenant, souriant afin de mieux captiver et capturer (voir l’adjectif captieux (-se) ) : « qui tend, sous des apparences de vérité, à duper, à induire en erreur ») les gogos, les crédules, les jobards…

            De son côté, l’adverbe guillerettement, en dépit de son allègre acception, est quasiment sorti de l’usage. C’est dommage !

            En France, même si l’on oublie de plus en plus le fonds ancien des chansons populaires, l’air et les paroles de Compère Guilleri (ou : le Compère Guilleri) demeurent assez connus… Le nom commun masculin guilleri a désigné le chant des moineaux et, par métonymie, le moineau lui-même. Ce nom viendrait lui aussi de guil(l)er : « tromper ». Il faudrait y voir la méfiance envers les « beaux parleurs »  –  les beaux siffleurs… Cette chanson est fort ancienne, et diverses origines ont été avancées.

            Comme cette chanson est probablement originaire de Bretagne, certains ont cru y voir une allusion aux trois frères Guilleri, qui, après avoir bien combattu pour la Ligue (catholique) sous le duc de Mercœur, seraient devenus de vulgaires brigands, mais commandant plusieurs centaines de hors-la-loi. Cela se termina très mal pour eux… On pense plutôt que cette chanson plaisante a été composée par un « poète » local à partir d’un fait-divers, l’accident survenu à un chasseur nommé ou surnommé « Guilleri » :

                        Il était un p’tit homme,

Qui s’pp’lait Guilleri,

Carabi,

Il s’en fut à la chasse,

À la chasse aux perdrix,

Carabi,

Toto Carabo,

Marchand d’Carabas,

Compère Guilleri,

Te lairas-tu mourir […].

 

Au jeu de cartes nommé « la Mouche », on appelle Guilleri la carte qui est l’atout, le valet de trèfle.

            Guillery, avec un y, fut employé, au féminin (la guillery), pour désigner le pénis (notamment dans le journal d’Héroard, médecin de Louis XIII), y compris chez de jeunes enfants. A priori, on aurait pu penser que ce terme n’aurait été utilisé que pour un phallus, pour souligner, en quelque sorte, l’aspect faraud et fier d’un sexe en érection, et le visage satisfait et… guilleret de son propriétaire !

            Mais, si son origine se trouve dans « tromper, duper », guillery n’aurait-il désigné qu’un sexe qui n’était pas (encore) en mesure de tenir ses promesses ? Une virgule plutôt qu’un… trait d’union ?   ☺

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Rappel :  

            À Liré (Maine-et-Loire), jeudi 30 avril, à 18 heures, au musée Joachim Du Bellay, conférence gratuite sur « l’argot des Poilus ». Entrée libre dans la limite des places disponibles. Avec le plaisir de rencontrer les amis liréens… et les autres !

 

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Citation du jour :

            « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. »  (Paul Valéry.)