Archives de Tag: Port-Leucate

Le mot du 30 juillet 2015

Information du 30 juillet 2015 

2e « Dictée à la plage » de Port-Leucate (Aude), mercredi 29 : salle de la médiathèque archicomble, et les correcteurs n’ont pas chômé pour relire dans les meilleurs délais les très nombreuses copies ! Parmi les participants : beaucoup de « cadets » (= moins de 14 ans) !

Les 3 lauréats de chacune des catégories ont été couverts de cadeaux par les organisateurs, et chaque participant est reparti avec un souvenir. Des exemplaires de la revue Défense de la langue française ont été distribués à tout le monde.

 

Il reste à souhaiter qu’à la « rentrée » d’après août l’affluence soit la même pour la 2e dictée du Salon du livre du Croisic (le samedi 19 septembre), en Loire-Atlantique, et pour l’édition 2015 de la dictée de Bonsecours, en Seine-Maritime, le samedi 26 septembre !

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Le mot du 27 juillet 2015

INFORMATION – RAPPEL

 

MERCREDI 29 JUILLET à 16 HEURES

2e « Dictée à la plage » de Jean-Pierre COLIGNON

à  la médiathèque de PORT-LEUCATE  (AUDE)

Dictée ludique gratuite ouverte à tous, à partir de 10 ans. Inscription obligatoire, jusqu’à la dernière minute et dans la limite des places disponibles. Nombreux lots (classements par tranches d’âge).

Renseignements et inscriptions : médiathèque 04 68 40 25 19 ou Office du tourisme 04 68 40 91 31.

 

Le mot du 14 juin 2015

prétexte

            L’actualité, en France, a été dominée, ces derniers jours, par l’aller-retour éclair, en avion gouvernemental, de M. Valls à Berlin, l’autre samedi, pour rencontrer M. Platini, afin de parler de l’UEFA et de l’Euro 2016 en France. Profitant de ce déplacement dit « professionnel » (qui, rapporte la presse, n’était pas noté dans l’agenda officiel du Premier ministre), M. Valls a pu assister ainsi, avec deux de ses enfants, à la finale de la  Ligue des champions entre la Juventus de Turin et le FC Barcelone, cher au cœur du Premier ministre français. Effectivement, M. Valls et M. Platini se sont donc vus, au moins au stade.

            Depuis, M. Valls a reconnu une « erreur de communication » : « Si c’était à refaire, je ne le referais plus », et a promis de rembourser l’équivalent des deux allers-retours de ses fils pour cette virée footballistique, soit, dit-on, 2 500 euros.

            Près de 70 % des Français, d’après les derniers sondages, ne se satisfont pas de ces excuses, peu convaincus par la justification officielle de ce déplacement express en Falcon gouvernemental. La rencontre au sujet de l’Euro 2016 était-elle d’une si considérable importance et d’une urgence si aiguë qu’elle justifiait un aller-retour ultrarapide (tout en prenant le temps d’emmener les deux fils), pour un coût équivalant au salaire annuel de beaucoup de Français : selon la presse, entre 18 000 et 25 000 euros (il est manifestement impossible d’accéder à la vérité, s’agissant de ce type de dépenses, le Premier ministre devant être accompagné d’agents des services de sécurité, d’un médecin, d’un spécialiste des télécoms)… ?

            Peu importe la couleur politique des dirigeants qui se conduisent ainsi.  Mais la petite histoire ne doit pas cacher les questions de fond : un déplacement, même vraiment « professionnel », de ce genre ne peut-il pas être tout bonnement remplacé par un entretien téléphonique, même long ?  Si de tels voyages de ministres, de secrétaires d’État, de hauts fonctionnaires, sans doute ou peut-être inutiles car facilement remplaçables par d’autres moyens modernes de communication, sont multipliés par cent, par mille, etc., à longueur d’année, on peut voir quel gouffre financier supportent là encore les citoyens de la République.

            De plus, comment ce voyage « professionnel » éminemment important et urgent se justifie-t-il quand, quatre jours plus tard, M. Platini vient à Paris voir M. Hollande… pour lui parler de l’Euro 2016 !?

            Prétexte vient du latin praetextus, qui a la même signification. Dans son remarquable dictionnaire français-anglais écrit au XVIe siècle, le linguiste anglais Cotgrave définissait ainsi le terme : « motif spécieux mis en avant pour cacher le motif réel d’une action ». Le sens n’a pas varié, avec comme synonymes : faux-fuyant, excuse, allégation, couverture, échappatoire, argument…

            « Faux prétexte » est évidemment un pléonasme, à ne pas dire ni écrire !

 

La question du jour :

            « Comment faut-il accorder derrière la plupart ?… »

            La plupart (+ complément) entraîne l’accord au pluriel : La plupart ont participé aux jeux ; La plupart des congressistes avaient tombé la veste en raison de la chaleur.

 

La citation du jour :

            « La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri. » (Chamfort.)

 

Rappels :

La prochaine dictée animée sera celle de Leucate (Port-Leucate), le mercredi 29 juillet.  Entre-temps, je serai présent au Salon du livre de Honfleur (Calvados), le 4 juillet, où une fine équipe d’académiciens Alphonse Allais proposera un spectacle-animation. Avec mon illustrateur et ami Claude Turier, lui aussi membre de ladite académie, nous pourrons y dédicacer Sacré Napoléon ! (éditions Trédaniel), un recueil d’anecdotes sur l’Empereur qui paraît pour le bicentenaire de Waterloo, donc ces jours-ci.

Le mot du 10 mai 2015

En tournée à La Havane

 

            Le chef de l’État français n’est pas en visite officielle dans les Caraïbes, il n’est pas en déplacement officiel… Non, tous les journalistes, tous les médias, le disent : M. François Hollande est « en tournée ». Le propos peut sembler désinvolte, sarcastique, trop familier, mais seulement, semble-t-il, à certains diplodocus attachés aux nuances du vocabulaire,  au bon usage du français. Est-il nécessaire de dire que j’en fais alors partie ?…  ☺

            Certes, l’acception des mots peut évoluer, s’étendre ou se resserrer, cela est bien normal s’agissant d’une langue vivante. Mais il est légitime de contester des emplois qui confèrent à des vocables ou à des expressions  des significations déformant leur sens, donnant une connotation burlesque ou dépréciative.

            On le sait bien : les visites à l’étranger de responsables politiques de nombreux pays consistent principalement, en dehors des déplacements dus à la situation internationale, en des tournées commerciales de représentants de commerce. N’empêche : il est quelque peu choquant, ou risible, de voir des chefs d’État assimilés à des VRP, à des artistes donnant leur spectacle : Le cirque Badaboum est en tournée en Allemagne, Dupaillon faisait la tournée des cafés, Adalbert Duchose remonte sur les planches pour une grande tournée théâtrale, Les fameux clowns Zeffi et Zeppo entament leur tournée d’adieux

            On ne connaît pas l’origine du nom de Cuba : plusieurs hypothèses sont avancées, mais aucune ne peut être retenue de préférence aux autres. Même incertitude pour La Havane…  Le conquistador espagnol Diego Velasquez de Cuellar (1465-1524), qui fonde La Havane en 1514, sous le nom de San Cristobal de la Habana, fait allusion à Habaguanex, nom du cacique indien de la tribu qui contrôlait la région. D’autres sources disent que Habana était le prénom de la fille dudit cacique. D’autres chercheurs encore y voient, eux, un lien avec le nom commun « port » (moyen néerlandais havene,  anglais ancien haefen, vieil haut allemand hafan, etc., d’où, aussi, le nom du Havre).

 

***

Citation du jour :

            « Le travail, c’est la liberté… des autres. Pendant que vous travaillez, vous n’ennuyez personne. »  (Erik Satie.)

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Parmi les questions reçues :

            « Faut-il écrire avoir des centres d’intérêt  ou avoir des centres d’intérêts ?… »

  • Selon moi, l’orthographe correcte est : un/des centre(s) d’intérêt, parce qu’il faut comprendre « le ou les points sur lequel ou sur lesquels converge l’intérêt ».

 

***

 

Rappel : la prochaine dictée est celle d’Asnières-sur-Seine, qui aura lieu le samedi 30 mai. Tous renseignements seront donnés dans la semaine.

Informations : la seconde dictée de Leucate (Port-Leucate), dans l’Aude, se déroulera le 29 juillet. La seconde dictée du Croisic (Loire-Atlantique) aura lieu le samedi 29 septembre. La dictée annuelle de Nantes, le mercredi 28 octobre.

 

Le mot du 5 août 2014

démenti

           Alors que le Canard enchaîné, l’hebdomadaire satirique du mercredi, n’était pas encore en vente, le ministère des Finances a démenti mardi 5 une information qui sera sous les yeux des lecteurs à partir du lendemain…

            C’est en effet en ce 5 août que Bercy « dément formellement » auprès de l’Agence France-Presse les propos attribués par l’hebdomadaire daté du 6 août à Michel Sapin, ministre des Finances, au sujet des prévisions de croissance. Selon le Canard, le ministre aurait déclaré lors d’un séminaire du gouvernement, vendredi dernier, que « si l’on était au-dessus de 0,5 % de croissance à la fin de l’année ce serait très bien ». Prévision pessimiste à l’excès, ou réaliste et sincère, qui démentirait elle-même la prévision officielle jusqu’ici annoncée à 1 %. Les chiffres officiels portant sur l’estimation de la croissance (?) au deuxième trimestre ne seront connus que vers la mi-août.

            Selon la façon de tourner les phrases, et journalistes comme politiques y veillent, les uns pour transmettre avec fiabilité l’information, les autres peut-être pour jouer sur les mots en noyant le poisson, démenti n’aura pas la même acception. Ou bien cela signifiera que l’on dément que le ministre ait parlé devant tous ses collègues (que la prévision calamiteuse apparaisse, ou non, dans ses dossiers), ou bien l’on dément que M. Sapin, qui a bien pris la parole, ait tenu les propos pessimistes qu’on lui prête… La formulation du démenti ministériel du 5 août s’inscrit dans la dernière hypothèse.

            Au sens de « déclaration », démenti est du registre « sérieux », souvent du niveau solennel, officiel : on soutient qu’une affirmation est fausse. Par ailleurs, et par analogie, on parlera d’un désaveu apporté par la vie : « Les semaines à venir allaient infliger un terrible démenti à ses espérances… ». Le terme, employé par les commentateurs, sera neutre, du domaine du constat.

          Avec dénégation, le plus souvent employé au pluriel, la connotation devient nettement fâcheuse dans le ressenti des usagers du français : des dénégations sont considérées comme des protestations contestables, sont comprises comme des refus de reconnaître la vérité. Il faut donc être extrêmement prudent dans l’utilisation de ce vocable, pour éviter de confirmer ce glissement de sens qui n’a pas lieu d’être !

          L’infirmation n’est autre que l’action d’infirmer (un diagnostic, un raisonnement, formulés par autrui), et, en droit, l’annulation d’une décision, d’un jugement. Les propos d’un ministre peuvent être infirmés publiquement par un Premier ministre, par un chef d’État… mais ça fait désordre ! Quant à déni, c’est aujourd’hui un terme très en vogue utilisé pour désigner le refus de telle ou telle réalité ressentie comme pénible, douloureuse, dramatique, traumatisante…

***

Certains lecteurs de ce site n’ayant pas encore pris l’habitude de consulter la rubrique « Agenda » (des dictées et autres événements), nous résumons ci-dessous cette actualité, en les priant, pour disposer de plus de détails complémentaires, de se reporter à ladite chronique.

Manifestement, d’après certaines réactions, il est nécessaire de répéter qu’en s’inscrivant comme ami du site (il suffit de donner son adresse électronique, en la tapant dans un des cadres prévus) chacun peut recevoir GRATUITEMENT, IMMÉDIATEMENT et SYSTÉMATIQUEMENT tout nouveau texte mis en ligne.

Il est utile également de rappeler, semble-t-il, que toute question de langue française posée est anonyme, et ne sera lue que par nous-même. J’enverrai la réponse sous 24 à 48 heures, en moyenne, à la personne qui l’aura posée.

 

L’actualité de l’agenda :

  • Participation importante, dont de nombreux « cadets », à la première dictée de Port-Leucate (Leucate, dans l’Aude), le 30 juillet, en hommage à l’écrivain et aventurier Henry de Monfreid. Devant ce résultat très positif, les responsables (mairie, médiathèque) envisagent immédiatement une édition 2015.
  • Dimanche 3 août, présidence d’honneur du très sympathique Salon du livre de Kercabellec (à Mesquer, en Loire-Atlantique), sous un chapiteau installé près des parcs ostréicoles.
  • Prochaines dictées : en la mairie du Croisic (Loire-Atlantique), le samedi 20 septembre après-midi, dans le cadre du Salon du livre « Plumes d’équinoxe » ; ce sera une première dans cette commune. À Bernay (Eure), le samedi 4 octobre : ce sera également une première. Puis, retour en Loire-Atlantique : 7e dictée de Piriac-sur-Mer, le samedi après-midi 18 octobre.

Le mot du 31 juillet 2014

trompe-la-mort

          Aller-retour Paris-Leucate (Aude), plus précisément Port-Leucate, une des quatre composantes de cette vaste commune du Languedoc-Roussillon : à savoir la marina édifiée il y a quelques décennies… Cela, pour une première dictée organisée dans la région, et dédiée à l’étonnant aventurier et écrivain Henry de Monfreid (1879-1974), né « Henri », avec un « i », à la Franqui, autre entité de la commune. La médiathèque de Port-Leucate rend hommage à ce trompe-la-mort qui fut surnommé, au soir de sa longue vie, le « vieux pirate » ou le « sacré vieux corsaire ».

          Des photographies prises le plus souvent par Monfreid lui-même, dont des clichés stéréoscopiques, constituent de remarquables témoignages sur la corne de l’Afrique et la mer Rouge des années 1915-1940. Par ailleurs, des tableaux montrent que notre homme, tout comme son père, avait des dons artistiques… George (sans « s ») de Monfreid (1856-1929), né à New York d’une mère française et d’un père américain, et qui adopta ensuite le prénom de George-Daniel, ne fut pas, en effet, sans talent, tant dans les portraits que dans les paysages. Collectionneur d’art, mécène grâce à la fortune familiale, le père d’Henry de Monfreid fut proche des pointillistes, puis des nabis, et devint un grand ami de Gauguin.

          Trafiquant d’armes, de perles et de hachisch, contrebandier, espion, le fluet Henry de Monfreid ne supportait pas le cocon petit-bourgeois que la fortune familiale eût pu lui assurer. Il l’explique ainsi dans une lettre à sa femme, en 1914 : « [C’est] évidemment émaillé de vagues risques, mais c’est diablement passionnant et cette existence d’imprévus est absolument indispensable à ma raison de vivre ». Les « vagues risques » sont, il va de soi, une belle litote !

      Il est proprement ahurissant, « bouleversifiant », comme aurait dit le producteur de cinéma Daniel Toscan du Plantier, que cet aventurier sans armée, certes très musclé mais à la carrure bien peu imposante, ait pu vivre quasiment un siècle alors que tous les jours, pendant des décennies, il risqua sa vie, face au vent mauvais, face à une mer peu amicale, face à de nombreux concurrents ou ennemis… La lecture de ses très nombreux et passionnants ouvrages montre à combien de dangers mortels Monfreid échappa. Le terme de trompe-la-mort (mot composé invariable, puisqu’il est issu d’une phrase : « qui trompe la mort » ; donc : des trompe-la-mort) lui est par conséquent tout à fait adapté !

          Le mot s’applique à une personne très âgée, que la mort semble oublier ; ou bien à une personne qui échappe à de multiples grands dangers ou qui réchappe d’une grave maladie. Le terme est assez souvent employé avec une connotation plaisante, humoristique ! Alphonse Daudet est l’un des premiers écrivains à l’avoir employé, dans le Petit Chose.

          … Nouveau déplacement, les 2-3 août, pour répondre à l’aimable invitation des organisateurs du très vivant Salon du livre de Kercabellec (Mesquer-Quimiac), en presqu’île guérandaise (Loire-Atlantique), qui nous ont fait l’honneur de nous demander de présider l’édition 2014.