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Q

ès qualités

Faut-il vraiment mettre « qualités » au pluriel dans « ès qualités« , s’étonne une consoeur journaliste d’un journal hebdomadaire de l’Ouest…

Mais oui : il n’y a pas d’exception !  Du fait que « ès » est la contraction de « en » plus « les », cette préposition doit forcément, et toujours, précéder un mot au pluriel, que ce soit dans « docteur ès sciences », « expert ès fromages » ou « agir ès qualités » !

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« Quel(le) que » (mode du verbe après)

« J’ai été étonné de lire, dans un journal : « […] et, cela, quel que sera le résultat de l’élection »… Cette construction est-elle correcte ?

Non… Nous avons ici une bévue grammaticale, la formulation est incorrecte. Quel(le) que exige le subjonctif. Pour exprimer le futur dans le subjonctif, il faut employer le verbe accidentellement auxiliaire devoir.  Ici, on corrigera la phrase en : « … quel que doive être le résultat de l’élection ».

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 « les quelque »

Lorsque l’on dit « quelque cinquante employés vont être licenciés », je suis d’accord : quelque est un adverbe, donc demeure invariable. Mais, lorsque l’on dit : « les quelque(s) cinquante employés qui vont être licenciés« , pour moi le quelque est un adjectif, donc variable, car, pour moi, on ne peut pas dire : « les environ cinquante employés… » Mais je ne suis pas sûre de mon raisonnement, et j’ai peur d’introduire une faute… Aurez-vous la gentillesse, une fois de plus, d’éclairer ma lanterne ? », nous écrit une correctrice d’édition…

Désolé de contredire une jeune « pêcheuse de perles (orthographiques) »… qui se complique inutilement la vie. Même associé à les, quelque est bien encore un adverbe, et invariable, au sens de « la cinquantaine d’employés », « les cinquante employés, environ »…

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« Quiconque » comme sujet

« Doit-on vraiment n’employer « quiconque » que comme sujet  ? », nous demande un élu de la République.

Le mot quiconque revient assez souvent dans des textes officiels, et la question est légitime… D’autant plus légitime qu’il y a deux avis !

Ce pronom indéfini, qui n’a pas de pluriel, doit  –  selon les puristes  –  être obligatoirement un sujet : « Quiconque aura enfreint la loi… ». Selon eux, toute autre construction est incorrecte, telle la phrase suivante : « Je ne me fierais jamais à quiconque en pareille circonstance ! ». Il faudrait, ici, écrire : « Je ne me fierais jamais à qui que ce soit… ».

En revanche est excellente, en toute rigueur, la formulation ci-après : « Je ne me fierais jamais à quiconque ne me donnerait pas des garanties suffisantes », car ici quiconque est sujet d’un verbe (donner).

Cette façon d’écrire est assurément toujours la plus pure, et l’on ne peut que la recommander. L’usage  –  ce grand maître qui finit par tout imposer  –  tranchera peut-être au fil des années en faveur du « ad libitum », voire en faveur de la construction aujourd’hui encore critiquée.

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