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Le mot du 11 novembre 2015

La question du jour + l’articulet « dico » du jour

Mardi 11 novembre 2015

La question du jour

            « Est-il correct de dire : « Vous êtes éligible à un abonnement réduit (ou à telle ou telle prestation) » ? »

            Cet emploi d’éligible  est de plus en plus répandu au sein de propositions commerciales diverses… Mais, s’il faut se montrer ouvert à l’évolution du langage et ne pas se conduire en puriste rétrograde, je ne pense pas qu’il soit bon d’étendre – abusivement, je trouve –  l’acception d’éligible. Ce dernier mot doit être cantonné à la signification de : « qui présente toutes les conditions exigées pour être candidat à une élection », ou : « qui est en position de pouvoir être élu à une fonction (maire, conseiller départemental, député, sénateur, etc.) ».

            Dans les autres cas, on a le choix entre :  Votre ancienneté en tant que client(e) vous donne le droit de participer au concours ; Vous êtes en droit d’obtenir des points supplémentaires ; Vous avez droit à cette prestation supplémentaire… ; Votre carrière vous donne droit à… ; Vous remplissez les conditions requises pour être parmi nos clients privilégiés…

 

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L’articulet « dico » du jour

vendéen(ne)  adj., n.,  Vendéen(ne)  n. pr.

            Comme tous les gentilés, ou ethnonymes, ce mot peut être un nom propre (des Vendéennes) ou un adjectif (Il est vendéen par sa mère ; les collines vendéennes).

            Tous les Vendéens n’ont pas combattu les armées de la République, même si presque tous l’ont fait. Mais il y a eu aussi, parmi eux, des « contre-chouans » acquis aux idées révolutionnaires…  Alors, pour bien marquer la différence d’acception,  on écrit vendéen(s) avec une minuscule quand ce mot est synonyme de « chouan(s) », de « royaliste(s) », de « blanc(s) »…

 

Le mot du 26 septembre 2014

Quatre-vingts

            Brigitte Bardot n’est plus un bébé, même si elle demeure pour tout le monde : « B.B. ». Celle qui prêta ses traits au buste de la Marianne de la République en 1968-1969 via le sculpteur Alain Aslan est sur le point de fêter ses quatre-vingts ans. « On n’a pas tous les jours vingt ans… », chanta une des reines françaises du music-hall des années 1925-1940 : Berthe Sylva (1885-1941), qui triompha avec des chansons comme les Roses blanches, Un soir à La Havane, Le Raccommodeur de faïence, Mon vieux Pataud, le Petit Boscot…, soit un répertoire où sont très souvent dénoncés les malheurs, les injustices, la misère.

            Pas plus que cinq, sept, neuf ou onze, etc., vingt ne prend de s final. En revanche, dans l’adjectif numéral cardinal quatre-vingts, où il faut comprendre « quatre vingtaines », l’accord en nombre s’impose : quatre-vingts ans, quatre-vingts euros, la guerre de Quatre-Vingts Ans (ou « révolte des gueux », ou « révolte des Pays-Bas », menée de 1568 à 1648 contre l’occupant espagnol). Mais quand il s’agit de l’adjectif numéral ORDINAL (= qui donne un classement, un ordre) le s disparaît : les années mille neuf cent quatre-vingt, arrêter sa lecture à la page quatre-vingt…, parce que la signification n’est plus celle d’un total (soixante-dix-neuf choses plus une), mais : « la quatre-vingtième année du siècle », « la quatre-vingtième page ».

            L’hôpital parisien des Quinze-Vingts, spécialisé en ophtalmologie, porte ce nom pour signifier qu’à l’origine il disposait de trois cents lits (c’est-à-dire « quinze vingtaines », d’où l’orthographe).

            Dernière précision : lorsque l’adjectif numéral quatre-vingts comporte un autre adjectif numéral venant derrière, le s disparaît : quatre-vingt-sept votants, quatre-vingt-treize convives…