Archives de Tag: Robespierre

Le mot du 21 mai 2016(1)

La question du jour  +   la citation du jour

 

La question du jour

« Pourquoi faudrait-il une majuscule à  Parc dans Parc des Princes ? »

 

Non, il ne « faudrait » pas : il FAUT une majuscule.  Ici, parc n’est pas un terme banal, générique, désignant une étendue de terrain boisée ou un espace aménagé pour le public…  Au XVIIIe siècle,  il s’agissait d’un lieu de chasse et de promenade très apprécié  par la famille royale, d’où l’appellation familière de « parc des princes », qui est associé à « route des princes », « porte des princes », et qui deviendra un surnom, puis, sous Napoléon III, plus officiellement, un nom propre de quartier : le Parc des Princes (aujourd’hui : à cheval sur Boulogne-Billancourt et sur Paris-XVIe).

Le stade-vélodrome construit en ce lieu en 1897 fut rapidement appelé, par ellipse, « le Parc des Princes » (pour « stade-vélodrome du Parc des Princes »). Pendant de nombreuses années (jusqu’en 1967, bien après la construction du second Parc des Princes en 1932), le cyclisme sur piste fut le sport vedette du stade-vélodrome, qui accueillit les arrivées du Tour de France, de Bordeaux-Paris,  etc.

Le Parc des Princes actuel, qui est uniquement un stade utilisé pour le football (Paris Saint-Germain)   – le XV du Stade français doit jouer à Jean-Bouin –, a été construit en 1972, et a subi plusieurs phases de rénovation.  Notamment, ces dernières années, en vue des matchs de l’Euro 2016…

 

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La citation du jour

 

« Peuple, souviens-toi que si, dans la République, la justice ne règne pas avec un empire absolu […], la liberté n’est qu’un vain nom. »

                                                                                                                                                (Robespierre.)

 

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Le mot du 11 juin 2014

Triumvirat

          Le bureau politique de l’UMP a confirmé à l’unanimité, nous a-t-on dit, la désignation d’un triumvirat à la direction provisoire du mouvement jusqu’à novembre 2014, dans l’attente d’un nouveau président du parti. La nouveauté, sans doute résultat d’un compromis, est l’arrivée de M. Jean-Luc Chatel comme secrétaire général chargé d’administrer l’UMP « au nom et avec » ledit trio, composé de trois anciens Premiers ministres : MM. Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon.

          Terme remontant à l’histoire de Rome, triumvirat (du latin triumviratus, « commission de triumvirs ») a désigné la charge, la dignité, de triumvir, et aussi l’ensemble de trois triumvirs. Un triumvir (de trium, gén. de tres, « trois », et de vir, viri, « homme ») n’était pas forcément un individu tout-puissant se situant aux plus hauts échelons de Rome : c’était un magistrat inférieur au sein d’un collège composé de trois membres (probablement pour que, justement, aucun de ces trois personnages ne puisse devenir trop puissant…). En revanche, les triumvirs pouvaient être investis de pouvoirs exceptionnels pour administrer la branche qui leur était attribuée : voirie, surveillance de prisonniers, police nocturne, inventaire des domaines…

     Toujours dans l’histoire romaine, triumvirat a désigné particulièrement, cette fois, trois puissants personnages qui s’entendirent (peut-être pas tout à fait sincèrement, et provisoirement) pour se partager le pouvoir. Le premier triumvirat sortit de l’alliance de Pompée, Crassus et César… et se termina par la guerre civile après la mort de Crassus. César et Pompée, sans doute dès le début, souhaitaient chacun que le tiercé fût dans l’ordre, à leur profit. Ou, mieux, qu’il n’en restât qu’un !

            Le second triumvirat associe Octave, Antoine (ou Marc Antoine) et Lépide. Cela se terminera, pour Antoine, par la défaite d’Actium, et l’époux de Cléopâtre se suicidera. Ayant le champ libre, Octave se muera en Auguste, empereur tout-puissant.

            Dans l’histoire de la France, le terme est assez souvent utilisé pour désigner les trois hommes que l’on considère comme avoir dominé le Comité de salut public : Robespierre, Couthon et Saint-Just.

            Triumvirat sera assez souvent repris dans la langue pour désigner l’association de trois personnes détenant un pouvoir quelconque, exerçant une influence, etc. Le terme est parfois utilisé humoristiquement pour qualifier l’association de trios très divers : trois défauts, trois personnalités de milieux professionnels, trois notions, trois dirigeants syndicaux, trois chefs cuisiniers, trois sportifs… Pour cette raison, même quand le vocable est employé de façon neutre, et sérieusement, on ressent une notion qui ˗ et c’est injuste ˗ oscille entre le péjoratif et la moquerie narquoise. Ce ressenti s’applique également à troïka, mot russe qui, à l’origine, désigne un grand traîneau ou landau tiré par trois chevaux, et qui a été couramment repris pour parler d’une direction à trois (personnalités, institutions ou pays). Là encore, le terme est usité très souvent avec une intention sarcastique ou critique à l’égard de ces trios divers, à qui l’on reproche de tout décider arbitrairement et/ou de détenir trop de pouvoir(s).

            On ne peut pas, pour éviter cette connotation, utiliser, par référence à Alexandre Dumas, « les trois mousquetaires » (qui pourrait d’autant mieux aller qu’il y a ici aussi un… quatrième mousquetaire : ce secrétaire général qui est adjoint) : les trois politiciens chevronnés sont un peu plus près, étant donné leur âge, des trois « vieux de la vieille » (Noël-Noël, Jean Gabin et Pierre Fresnay) de Gilles Grangier, d’après René Fallet, que des fougueux bretteurs de M. de Tréville (ou… Troisville).

            Trio, utilisé pour désigner trois personnes, est, de même, employé très souvent avec une connotation familière, amusée, ou critique : « Ce trio de Pieds-Nickelés a complètement joué de travers et fait perdre à son équipe la demi-finale de la Coupe de France… ».