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Le mot du 6 juin 2014

Parachutiste

            En ce jour du Débarquement (avec un D majuscule, puisqu’il s’agit du nom, employé au sens absolu, d’un événement marquant de l’Histoire1) ont été célébrés, à juste titre, tous les combattants de la Liberté engagés dans cette gigantesque opération.

               Pour autant, il ne faut pas oublier, entre autres, les quelques dizaines de parachutistes du « Manchot », le colonel Bourgoin, qui sautèrent sur la Bretagne à partir du 5 juin, pour encadrer et renforcer les maquis bretons, en premier celui, très important, de Saint-Marcel (Morbihan). On estime que leur combat empêcha les Allemands d’acheminer sur-le-champ un renfort de quelque 85 000 hommes en Normandie afin de s’opposer au débarquement.

             Joseph Kessel a retracé l’épopée des hommes du 2e régiment de chasseurs parachutistes SAS dans le Bataillon du ciel, porté au cinéma en 1947, en deux épisodes, par le réalisateur Alexandre Esway, avec Pierre Blanchar, Henri Nassiet, Pierre(-)Louis, Mouloudji, René Lefèvre, Jean Wall, Raymond Bussières…

            Un épisode du 6 juin qui a frappé les esprits est évidemment l’aventure du parachutiste américain John Steele (1912-1969), du 505e régiment de parachutistes, qui, dans la nuit du 5 au 6 juin, fut largué, avec une poignée de ses camarades, non, comme prévu, aux abords du bourg de Sainte-Mère-Église (et non « Sainte-Mère-l’Église »), mais carrément au-dessus du village. Le récit de Steele est sujet à caution, pour certains de ceux qui ont participé au largage comme pour certains historiens, tel Gilles Perrault, qui, dans son témoignage Gens d’ici, utilise le conditionnel pour relater ce fait, anecdotique au regard de l’Histoire.

             Steele va donc se retrouver ˗ ou se serait retrouvé ˗ accroché au clocher de l’église, dans l’impossibilité de se sortir de cette situation. Il choisit alors de faire le mort, afin qu’aucun Allemand ne le prenne pour cible. Au bout de deux heures… seulement ( !) un soldat ennemi, du nom de Rudolf May, serait venu le décrocher…

            Quoi qu’il en soit, l’histoire est inscrite durablement dans les mémoires des Sainte-Mère-Églisais comme de tout un chacun par la présence d’un mannequin accroché à l’église…

        Le Français André-Jacques Garnerin (1769-1823) est le premier parachutiste de l’Histoire, par son saut effectué le 22 octobre 1797 au-dessus du parc Monceau, à Paris, depuis un ballon. D’une hauteur d’environ 900 mètres. Son élève et future épouse, Jeanne Geneviève Labrosse, est la première femme à sauter en parachute, le 12 octobre 1799.

            Le mot parachute a été relevé pour la première fois en 1784, dans une lettre de Joseph [de] Montgolfier, le fameux industriel, inventeur, avec son frère Jacques-Étienne, de la montgolfière, au sens d’ « appareil permettant de ralentir la chute d’une personne ou d’un objet qui tombe d’un aérostat ». La formation du mot coule de source : para-, « protection contre » (cf. parapluie, paratonnerre, parasoleil… et paracrotte) et chute.

1. En revanche, il ne faut pas mettre de majuscule quand on écrit : le débarquement du 6 juin 1944.  Cf. : la Révolution, mais : la révolution de 1789.