Archives de Tag: Saint-Just

Le mot du 14 octobre 2015

Question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour

Mercredi 14 octobre 2015

La question du jour

            « Est-il admis de dire : « Je suis définitivement sûr de moi » ?… »

            Bien que cet emploi de définitivement se soit répandu dans les médias ces dernières années, cela demeure une formulation critiquable, à bannir.

            La raison de cet engouement découle certainement de l’anglais definitely, que les Anglo-Saxons utilisent couramment afin de renforcer une réponse affirmative, le yes (comme le oui chez nous, d’ailleurs !) ne semblant plus assez fort, plus assez fiable, ne garantissant plus avec certitude.

            En  français,  définitivement   doit  signifier  : « de manière définitive », ou « pour en finir ». Dans la phrase que vous citez, il vaudrait mieux avoir : « Je suis complètement sûr de moi », « …absolument sûr de moi », « …vraiment sûr de moi ».

 

*****

 L’articulet « dico » du jour

sosie  n. m.

            Ce substantif est exclusivement masculin. On dit donc : « Germaine est LE sosie de Nicole ». Ce nom commun est issu par antonomase du nom propre Sosie, en l’occurrence celui d’un esclave d’Amphitryon dont Mercure emprunte les traits dans les comédies de Plaute et de Molière.

            Pluriel : des sosies.

*****

La citation du jour

            « La force n’a ni droit ni raison, mais il peut être impossible de s’en passer pour faire respecter le droit et la raison. » (Saint-Just.)

 

*****

La petite info du jour

 La Mairie de Honfleur a décidé d’appeler dorénavant la dictée annuelle :  « À vos plumes !!! Honfleur fait sa dictée avec Jean-Pierre Colignon ».

Publicités

Le mot du 16 juin 2015

CONCOURS DE JUIN :

Reprise des concours mensuels, ce mois !…

Les trois premières personnes qui donneront les réponses correctes aux trois questions ci-dessous recevront des livres + une quatrième personne tirée au sort parmi les bonnes réponses arrivées ensuite. (Ne seront prises en compte que les réponses exactes arrivées AVANT le 30 juin minuit.)

 

1°  Que signifie le dingbat (= rébus sans dessin) suivant ?…

Frédéric MICHEL CASIMIR Gabriel NARCISSE

 

2°  Anagramme : quel personnage se dissimule derrière :  « Un oiseau dès l’aurore » ?

 

3°  Vocabulaire : quel terme français, d’après un mot du vocabulaire politique américain, désigne une circonscription électorale malhonnêtement découpée en vue de favoriser un parti, un candidat ?…

La question du jour :

            « Peut-on écrire, au féminin : « la fille nouveau-née », et, comme substantif : « la nouveau-née » ? »

     L’immense majorité des dictionnaires entérinent, au féminin : nouveau-née(s), nouveau restant invariable en tant qu’adverbe signifiant « nouvellement ». Le mot composé est non seulement un adjectif, mais aussi un nom. Il est par conséquent correct d’écrire et de dire :  la nouveau-née, des nouveau-nées.

La citation du jour :

            « Un peuple n’a qu’un ennemi dangereux, c’est son gouvernement. » (Saint-Just.)

Le mot du 11 juin 2014

Triumvirat

          Le bureau politique de l’UMP a confirmé à l’unanimité, nous a-t-on dit, la désignation d’un triumvirat à la direction provisoire du mouvement jusqu’à novembre 2014, dans l’attente d’un nouveau président du parti. La nouveauté, sans doute résultat d’un compromis, est l’arrivée de M. Jean-Luc Chatel comme secrétaire général chargé d’administrer l’UMP « au nom et avec » ledit trio, composé de trois anciens Premiers ministres : MM. Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon.

          Terme remontant à l’histoire de Rome, triumvirat (du latin triumviratus, « commission de triumvirs ») a désigné la charge, la dignité, de triumvir, et aussi l’ensemble de trois triumvirs. Un triumvir (de trium, gén. de tres, « trois », et de vir, viri, « homme ») n’était pas forcément un individu tout-puissant se situant aux plus hauts échelons de Rome : c’était un magistrat inférieur au sein d’un collège composé de trois membres (probablement pour que, justement, aucun de ces trois personnages ne puisse devenir trop puissant…). En revanche, les triumvirs pouvaient être investis de pouvoirs exceptionnels pour administrer la branche qui leur était attribuée : voirie, surveillance de prisonniers, police nocturne, inventaire des domaines…

     Toujours dans l’histoire romaine, triumvirat a désigné particulièrement, cette fois, trois puissants personnages qui s’entendirent (peut-être pas tout à fait sincèrement, et provisoirement) pour se partager le pouvoir. Le premier triumvirat sortit de l’alliance de Pompée, Crassus et César… et se termina par la guerre civile après la mort de Crassus. César et Pompée, sans doute dès le début, souhaitaient chacun que le tiercé fût dans l’ordre, à leur profit. Ou, mieux, qu’il n’en restât qu’un !

            Le second triumvirat associe Octave, Antoine (ou Marc Antoine) et Lépide. Cela se terminera, pour Antoine, par la défaite d’Actium, et l’époux de Cléopâtre se suicidera. Ayant le champ libre, Octave se muera en Auguste, empereur tout-puissant.

            Dans l’histoire de la France, le terme est assez souvent utilisé pour désigner les trois hommes que l’on considère comme avoir dominé le Comité de salut public : Robespierre, Couthon et Saint-Just.

            Triumvirat sera assez souvent repris dans la langue pour désigner l’association de trois personnes détenant un pouvoir quelconque, exerçant une influence, etc. Le terme est parfois utilisé humoristiquement pour qualifier l’association de trios très divers : trois défauts, trois personnalités de milieux professionnels, trois notions, trois dirigeants syndicaux, trois chefs cuisiniers, trois sportifs… Pour cette raison, même quand le vocable est employé de façon neutre, et sérieusement, on ressent une notion qui ˗ et c’est injuste ˗ oscille entre le péjoratif et la moquerie narquoise. Ce ressenti s’applique également à troïka, mot russe qui, à l’origine, désigne un grand traîneau ou landau tiré par trois chevaux, et qui a été couramment repris pour parler d’une direction à trois (personnalités, institutions ou pays). Là encore, le terme est usité très souvent avec une intention sarcastique ou critique à l’égard de ces trios divers, à qui l’on reproche de tout décider arbitrairement et/ou de détenir trop de pouvoir(s).

            On ne peut pas, pour éviter cette connotation, utiliser, par référence à Alexandre Dumas, « les trois mousquetaires » (qui pourrait d’autant mieux aller qu’il y a ici aussi un… quatrième mousquetaire : ce secrétaire général qui est adjoint) : les trois politiciens chevronnés sont un peu plus près, étant donné leur âge, des trois « vieux de la vieille » (Noël-Noël, Jean Gabin et Pierre Fresnay) de Gilles Grangier, d’après René Fallet, que des fougueux bretteurs de M. de Tréville (ou… Troisville).

            Trio, utilisé pour désigner trois personnes, est, de même, employé très souvent avec une connotation familière, amusée, ou critique : « Ce trio de Pieds-Nickelés a complètement joué de travers et fait perdre à son équipe la demi-finale de la Coupe de France… ».