Archives de Tag: ségolène Royal

Le mot du 24 octobre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour

samedi 24 octobre 2015

 

La question du jour

            « « Nous vous rappelons rapport à notre affaire » : cette tournure de phrase est bien admise ? »

            Hum…  Ce n’est pas du français de bon aloi, dirait  le fameux « Maître Capello » (Jacques Capelovici… avec un seul l, mais dans le surnom du célèbre linguiste et homme de télévision [1922-2011] on mettait quasiment tout le temps deux l).

            Il n’est pas correct d’employer cette tournure comme synonyme de « au sujet de », « à propos de », « relativement à », « en ce qui concerne »… Cela relève de la langue populaire parlée. La locution prépositive par rapport à doit être cantonnée au sens de « par comparaison avec », « en proportion de » : Par rapport aux Méridionaux, les Normands sont des taiseux !

 

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L’articulet « dico » du jour

rectudinaire  adj.

            Cet adjectif a été forgé par le philosophe libertaire, romancier  et linguiste Julien Teppe (1910-1975), notamment auteur d’excellents Caprices du langage.  Teppe justifiait cette création par le fait qu’il n’y avait pas d’autre terme qui pût exprimer la nuance qu’il désirait refléter, « hormis le désuet droiturier, cher à Montaigne mais insuffisant dans la mesure où la rectitude se différencie de la droiture ».

            Mme Ségolène Royal ne s’est-elle pas posée en adepte de Julien Teppe en adoptant un jour, en Chine, le mot-valise bravitude ( = « attitude de bravoure »), qui se différenciait de bravoure !? ☺

 

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La citation du jour

            « Définir, c’est savoir. Aussi la définition juste est-elle la plus rare des denrées. »  (Auguste Blanqui.)

 

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Les résultats du concours de septembre seront publiés dimanche 25 octobre. Les questions du concours d’octobre le seront lundi 26.

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Le mot du 18 juin 2015

rétropédalage

 

            Les commentateurs font ces jours-ci de Mme Ségolène Royal la reine du rétropédalage… Puisque le terme appartient, en premier, au domaine du cyclisme, on pourrait dire de la ministre de l’Écologie qu’elle en est la « petite reine » ! Je précise, pour les Béotiens en cyclisme, que « petite reine » désigne depuis plusieurs décennies la bicyclette des coureurs, en raison du succès énorme remporté par les courses cyclistes, l’essor des grandes classiques et des compétitions par étapes au XXe siècle.

            Mme Royal, face aux vives réactions suscitées en Italie par ce que certains appellent sa « Nutellaphobie » (la ministre a accusé le Nutella, produit de la marque italienne Ferrero, de contribuer gravement à la déforestation en raison de son recours massif à l’huile de palme), et alors que les relations entre Rome et Paris sont déjà tendues à cause du problème des migrants bloqués entre Vintimille et Menton, a décidé de faire un pas en arrière, de pratiquer le rétropédalage en présentant ses excuses…

         Pour autant, il semble injuste de faire de Mme Royal la personnification de l’amateurisme en politique, la princesse de l’abandon, l’impératrice de la pirouette, la Palme d’or de la reculade. Depuis des lustres, un grand nombre de politiciens, toutes opinions confondues,  ont pour  démarche « un pas en avant, deux pas en arrière ». Soit parce qu’ils avaient soutenu des dossiers mal préparés, soit parce qu’ils avaient volontairement avancé de pseudo-propositions afin de tester l’opinion publique et de se calquer ensuite sur le sentiment de la majorité. Les reculades découlent aussi, et le plus souvent, de la peur devant les réactions des innombrables groupes de pression et groupes d’intérêt alors que les politiciens sont, dans ce pays, quasiment tout le temps dépendants des multiples campagnes électorales.

        Au sens propre, le rétropédalage (en un seul mot, sans trait d’union) est un système de  freinage sur vélo inventé par l’Allemand Ernst Sachs en 1903 : l’année de la création du Tour de France !  C’est, plus simplement, le fait de pédaler dans le sens contraire au sens normal…

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La question du jour :

« Faut-il dire : « infesté de… » ou « infesté par… » ?

            Les deux constructions sont licites. On dit : « La capitale de ce pays est infestée d’espions… » et aussi : « Cet immeuble est infesté par les cafards ».

La citation du jour :

            « La bravoure procède du sang, le courage vient de la pensée. » (Napoléon Bonaparte.)

 

 

 

 

 

 

R

« Rectitudinaire » : barbarisme ?

Un internaute s’étonne d’avoir trouvé le mot « rectitudinaire« , qu’il compare à « bravitude » (dont on a beaucoup parlé !), et voit dans ces deux mots des barbarismes à condamner…

A notre connaissance, l’adjectif « rectitudinaire » a été forgé par le linguiste Julien Teppe, auteur de « Caprices du langage », un ouvrage très intéressant.

C’est d’ailleurs dans ce livre qu’il se justifie d’avoir créé et introduit ce mot dans un de ses romans par le fait qu’il n’en existait pas d’autre qui pût exprimer la nuance désirée, « hormis le désuet « droiturier », cher à Montaigne mais insuffisant dans la mesure où la rectitude se différencie de la droiture ».

Le terme n’a pas fait florès, et il est même étonnant qu’on puisse le trouver dans un texte… Quant à « bravitude » exprimant une autre notion (« attitude marquant la bravoure », par exemple) que « bravoure », cela peut éventuellement s’admettre, dès lors que ce mot est employé sciemment, à bon escient…

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Partisans de Ségolène Royal : « royalistes » ou « Royalistes » ?

Une charmante jeune consoeur journaliste se demande si, afin d’éviter des confusions, il ne faudrait pas mettre une majuscule à « Royalistes » quand il s’agit des partisans de Ségolène Royal…

Non, le contexte, en principe, éclaire suffisamment les lecteurs pour que ceux-ci ne prennent pas les supporte(u)rs socialistes de Ségolène Royal pour des adeptes de la monarchie !  De plus, cela romprait l’uniformité qui règne pour « jospiniens » ou « jospinistes », « fabiusiens », « strauss-kahniens », « delanoïstes », « mitterrandiens », etc.

On devrait voir réapparaître « aubryistes » (plutôt que « martinistes »), aussi.

« Ségolistes » est parfois employé, voire « ségolénistes », mais cet usage est très minoritaire. Le… « courant »  (A, B, C, ou Z !!) ne passe pas entre ce terme et les médias.