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Le mot du 28 juin 2014

alizé

            La championne de tennis française Alizé Cornet a créé la sensation, à Wimbledon, en battant la très athlétique Américaine Serena Williams, numéro 1 mondiale, en trois manches (et non en « trois jeux », comme disent par erreur certaines personnes). Avec 60 kilos pour 1,73 mètre, la jeune Française se classe dans la catégorie des « poids légers », en adéquation avec son prénom aérien !

        Alizé est en effet le nom (masculin) de vents réguliers des zones intertropicales : l’alizé de l’hémisphère Nord, l’alizé de l’hémisphère Sud. Le terme est le plus souvent employé au pluriel, seul ou bien comme adjectif au sein du syntagme vents alizés.

                                    Ils allaient conquérir le fabuleux métal

       Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,

   Et les vents alizés inclinaient leurs antennes

Aux bords mystérieux du monde occidental.

           (José Maria de Heredia, les Trophées, « Le Moyen Âge et la Renaissance. – Les conquérants. »)

             L’origine du vocable est très controversée, et c’est avec la plus grande prudence que l’on mentionne, entre autres hypothèses, l’éventualité d’un lien avec les dérivés du latin lixare, « lessiver », « lisser » : d’où un temps lisse, doux, marqué par des vents eux-mêmes doux et légers…

            La graphie avec un salisé –, parfois rencontrée dans des textes de naguère, voire d’autrefois, n’est plus en usage. La proximité avec Élysée entraîne de temps à autre une bévue d’orthographe, à savoir « alizée »… graphie qu’il ne faut pas craindre de dire fautive !

            Tous les noms de vents étant des noms communs (à part les noms de vents des mythologies qui sont en même temps des dieux ou des demi-dieux), il n’y a aucune raison de mettre de majuscule ni à alizé, ni à mistral, simoun, tramontane, noroît, fœhn, sirocco, harmattan, etc.

               L’adjectif dérivé alizéen, alizéenne, est couramment employé.