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Le mot du 22 janvier 2015

confettis

         Le carnaval de Dunkerque va commencer  –  ou bien a peut-être déjà commencé : sa présentation est tellement confuse sur les sites du département du Nord, des offices de tourisme, de la ville, dans les médias, etc., qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits !  Les premiers défilés des fameuses « bandes » sont-ils inclus, ou non, dans la durée officielle dudit carnaval, parfois dénommé « carnaval festival » (et avec toutes les variantes possibles de majuscules ou minuscules) ?…  Si oui, nous sommes d’ores et déjà entrés dans cette exceptionnelle manifestation populaire, qui doit s’étaler jusqu’à… fin mars !  Voire avril, d’après certains sites qui mentionnent encore des défilés liés au carnaval au cours de ce mois où l’on ne doit pas se découvrir d’un fil, selon le dicton.

            D’innombrables reportages, depuis des années, ont montré les cavalcades pédestres, les masques, les déguisements, les cliques, les travestissements, le lancer de harengs fumés sous film protecteur (et, aussi, d’un homard en plastique, à échanger contre un vrai) depuis le balcon de la mairie, de ce veglione (oui : un peu de vocabulaire, au passage = ce mot d’origine italienne désigne un carnaval, une fête masquée) nordiste.

            L’intrigue du film Karnaval, de Thomas Vincent (1999), avec l’excellente Sylvie Testud, s’inscrit dans une ville de Dunkerque en proie à la fièvre excitée du carnaval.

            Le lancer de confettis fait partie du folklore des carnavals… Confetti (sans s final) est le pluriel italien de confetto, qui vient du latin confectus, « préparé », et signifie « bonbon, sucrerie, dragée, confiserie ». Sans doute d’après la forme et les couleurs, en italien le mot a pris l’acception de « boulette de plâtre qu’on se lance lors des carnavals ». Au XIXe siècle, des rondelles de papier coloré ont remplacé les boulettes de plâtre, ce qui est tout de même moins dommageable pour les vêtements…

            Le terme a été francisé par l’accord en nombre, au pluriel : un confetti, des confettis.   Le  maintien du pluriel italien ne saurait se justifier que si l’on disait : « J’ai lancé un confetto sur ma voisine ! »… Pour un meilleur enseignement de notre langue, il est nécessaire de faire disparaître un maximum de singularités… dont les pluriels « exotiques ». On attribue au maréchal Foch (élu à l’Académie française), exaspéré par une discussion où des intervenants soutenaient le maintien  de  pluriels   étrangers  :  «  Bon, moi, je vais aller faire pipo sur les cacti ! » (la citation n’est pas au mot près).

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