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Le mot du 25 avril 2018 (2)

Le point d’orthotypographie du jour

Les noms de vins

Les noms de vins (et des spiritueux) issus par antonomase du nom de régions géographiques sont des noms communs, se mettent en romain dans le romain, et ne prennent aucune majuscule. Les termes généraux de vins et de cépages peuvent prendre la marque du pluriel (voir plus loin) :

Le beaujolais nouveau est arrivé !

Préférer le bordeaux aux bourgognes

« Donnez-moi un verre de côtes-du-rhône, s’il vous plaît… »

« Servez-nous un côtes-du-rhône chambré ! »

« Je prendrai une petite côtes-du-rhône avec l’assiette anglaise… » [étonnant, certes, mais c’est la graphie qui s’impose, rigoureusement]

Parmi tous les gewurztraminers, c’est celui-ci que je préfère !

du saint-amour

un gros(-)plant

du vouvray

de l’asti

du beaumes-de-venise

un lacryma-christi

du beaujolais-villages

du brouilly

des bourgognes aligotés

un châteauneuf-du-pape

des bergeracs

un saint-émilion

du saint-estèphe

un porto

du xérès

des champagnes rosés

un sauternes

des sancerres

des alsaces

Lorsque le nom du site producteur garde un caractère de nom propre, la majuscule, évidemment, s’impose :

des vins d’Anjou

une bouteille de vin de Bordeaux

un cru des coteaux de Champagne

les vins d’Alsace

un vin de Porto

des vins de Moselle

N. B. : En dépit de ce que peut écrire un dictionnaire usuel, la cohérence doit conduire à écrire un gros-rhin pour désigner un sylvaner, et non « un gros Rhin ».

La question du pluriel :

La plupart des dictionnaires esquivent la question du pluriel, mentionnant certes des alsaces, des anjous, des bourgognes, cas qui… ne posent pas de problème, sans consacrer une seule ligne aux cas plus épineux. Les dictionnaires les plus courants optent d’ailleurs pour des démarches complètement opposées lorsqu’il s’agit de noms composés à deux éléments (ou plus) tels que saumur-champigny, pouilly-fuissé, saint-amour, saint-émilion…

Faut-il écrire « des romanées-saints-vivants », des « romanées-saint-vivants », des « pouillys-fuissés », des « pouilly-fuissés », « des saints-amours », « des saint-amours », etc., ou bien considérer que, dans les noms composés, l’invariabilité est de règle ? Ou doit-on conseiller de contourner l’obstacle en évitant l’emploi du pluriel et en disant : « le romanée-saint-vivant 1949 et celui de 1953 », plutôt que : « les romanées-saint-vivants de 1949 et de 1953 » ?

La complexité de nombreux noms composés désignant des crus – noms parfois constitués de quatre éléments –invite fortement à opter pour l’invariabilité (d’autant plus qu’il est impossible d’admettre des pluriels tels que « des châteauneufs-du-papes » ou « des châteauneuf-du-papes ») lorsqu’il ne s’agit pas de termes généraux simples comme : des touraines, des champagnes, des bourgognes… On sera donc bien avisé de préférer :

des vosne-romanée

des pouilly-fuissé

des lacryma-christi

des beaumes-de-venise

des saint-estèphe

des châteauneuf-du-pape

N.B. : On écrit bien des bourgogne aligotés (aligotés est un adjectif épithète).

Les noms de clos, de domaines, de propriétés, prennent des majuscules, et sont invariables, car ils équivalent à des marques commerciales :

un Clos-Saint-Vincent

des Château-Mouton-Rothschild

du Château-Cheval-Blanc

Le Haut-Marbuzet est un excellent saint-estèphe.

un Veuve Clicquot 1995

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