Le mot du 13 février 2016

Le communiqué de l’Académie française au sujet de la prétendue « réforme »

 

            Comme je l’ai indiqué, l’Académie française a publié un communiqué qui reprend, qui confirme, tout ce que j’ai dit lors d’interviews et dans la chronique publiée sur le site.

           En préambule, l’Académie affirme qu’ « elle n’est pas à l’origine de ce qui est désigné sous le nom de « réforme de l’orthographe », dont la presse se fait l’écho depuis plusieurs jours et qui devrait être appliquée dans les programmes scolaires à compter de la prochaine rentrée ».

            L’Académie confirme ce que j’ai dit : le texte n’a, en 1991, été publié que dans la partie « documents administratifs » du Journal officiel. « La Compagnie a rappelé à cette occasion son attachement au principe selon lequel doivent être exclues toute réforme et même toute simplification de l’orthographe. Ce principe est conforme à sa position constante : hostile à toute réforme visant à modifier autoritairement l’usage, l’Académie n’a jamais été pour autant fermée à des ajustements appelés par les évolutions de la langue, et que les différentes éditions de son Dictionnaire se sont attachées à refléter. »

            L’Académie résume sa position, en déclarant, dans la conclusion, qu’ « elle s’est proposé, selon une procédure qu’elle a déjà suivie à plusieurs reprises, de juger à terme des graphies que l’usage, législateur suprême, aura retenues et de confirmer ou infirmer les modifications proposées ». 

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            Les Quarante affirment donc qu’ils ne sont nullement impliqués dans la reprise de suggestions de rectifications de 1990-1991 au sujet de l’accent circonflexe (et, semble-t-il, de curiosités comme nénuphar et oignon…). L’Académie rappelle qu’en France nul n’a le droit de décréter des changements d’orthographe (aucun texte fondamental de la République ne l’autorise) : elle est « hostile à toute réforme visant à modifier autoritairement l’usage ».

            De vives réactions se manifestent de toutes parts – qu’il s’agisse de M. François Bayrou, qui fut ministre de l’Éducation nationale, ou de la rédaction du Canard enchaî – contre ces propositions qu’une décision arbitraire (émanant d’on ne sait trop qui, car personne, apparemment, n’en revendique clairement la paternité !) voudrait imposer.

            Si l’on veut simplifier intelligemment l’orthographe, il faut commencer par supprimer des discordances évidentes qui compliquent inutilement la tâche des enseignants et celle des apprenants, comme on dit maintenant. Même s’il existe en certains cas des explications à l’installation de ces discordances dans la langue, il faut donner la priorité à des unifications utiles et qui sont réellement simplificatrices, et non perturbatrices : accorder chariot sur charrette et compagnie, aligner combattre et combativité, etc.

            En revanche, et en me situant sur la même position que l’Académie française, je m’en tiens pour tout le reste à l’orthographe traditionnelle, respectant l’usage suivi par l’immense majorité des francophones. Cela, tant que l’usage, « législateur suprême », n’aura pas évolué…

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INFORMATION IMPORTANTE AUX PARTICIPANTS AUX DICTéES :

S’agissant de l’organisation de mes dictées publiques, il faut absolument éviter les pagaille, cafouillis, cafouillage et discussions sans fin qu’entraînerait bien évidemment la multiplication des doubles graphies dues à des propositions qui, selon moi, compliquent plutôt les choses. Seules les graphies traditionnelles seront acceptées (y compris les variantes très implantées dans l’usage et figurant toutes en « vraies  entrées » des dictionnaires de référence). D’ailleurs, ces propositions seront peut-être abandonnées ou bien cantonnées à certains ouvrages, et rejetées par les usagers de la langue.

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