Archives mensuelles : juillet 2017

Le mot du 31 juillet 2017 (1)

La bourde du jour

 

            Non, il n’est pas « huit heures justes », comme on peut le lire  dans un roman paru récemment…  Il est : huit heures JUSTE Juste est ici un adverbe, un mot invariable, et le propos équivaut à : « il est tout juste huit heures ».

En revanche, il faut bien accorder l’adjectif dans : il est huit heures PRÉCISES.

 

 

            Quand on est un journaliste professionnel, on doit toujours avoir une solide culture générale, avoir le plus de connaissances possible, tout en étant bien convaincu que l’omniscience est hors d’atteinte, et que la paille décelée dans l’œil d’autrui n’est que broutille à côté de la poutre qui obscurcit notre propre vue.

Juste avant la rencontre France-Angleterre de football féminin, un journaliste sportif a avancé sur une chaîne télé que Napoléon serait l’auteur du fameux mot historique   « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! »…  Cette phrase, assurément une des plus connues du grand public, a été prononcée… avant la naissance de l’Empereur, c’est-à-dire en 1745, à la bataille de Fontenoy, qui devait voir la victoire des Français du maréchal de Saxe sur les « habits rouges ».  Elle est attribuée, sous cette forme que l’Histoire a retenue, à un des officiers français, le comte d’Anterroches. L’épisode est relaté avec quelques variantes quant au déroulement de ce fait historique. (En jonglant avec la ponctuation, on peut même transformer l’ordre des événements : je l’ai montré dans un de mes livres.)

 

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Le mot du 30 juillet 2017 (2)

Le point d’orthographe du jour

 

dépens  n. m. plur.

 

Nom commun masculin figé au pluriel, dépens, qui est de la famille du verbe dépenser, se termine en –ens, et non en « -ends », comme s’il était apparenté à dépendre.

Donc : il a été condamné aux dépens [= aux frais] ce « Tanguy* » de vingt-neuf  ans vit toujours aux dépens [= aux frais]  de ses parents, chez eux !

 

*Cf. le film d’Étienne Chatilliez   :o))  .

 

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Le mot du 30 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

            « On m’a donné à corriger une pièce en alexandrins, une sorte de pastiche satirique du monde politique. Or, à diverses reprises, des vers sont à cheval sur plusieurs personnages…  Comment faut-il présenter le texte ? »

 

Vous avez là un cas classique, très fréquent au théâtre, de vers répartis sur plusieurs personnages (voir Racine, Corneille, Hugo…). La présentation orthodoxe, rigoureuse, consiste en une composition « en escalier » : le premier segment est « au fer » à gauche, puis on renfonce chaque morceau de la valeur exacte du précédent, augmentée d’une espace. Hugo en use et en abuse dans Mangeront-ils ?, une fantaisie de 1867 :

 

LE ROI, à part, regardant Aïrolo.

L’œil d’un gredin. Buvons l’horreur d’être clément

Jusqu’à la lie.

 

AÏROLO, à part.

 

Il est bête, et d’un fort calibre.

 

LE ROI, souriant à Aïrolo.

 

Te voilà vivant.

 

AÏROLO

 

Soit.

 

LE ROI

 

Et libre.

 

AÏROLO

 

Suis-je libre ?

J’y consens.

 

LE ROI

 

Te voilà gentilhomme.

 

AÏROLO, tâtant la plume à son bonnet.

 

                                                                   Huppé !

 

LE ROI, à part.

 

Je suis l’ânier poussif de cet âne échappé !

On dirait que c’est lui qui fait grâce. J’écume !

 

Etc.

 

 

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Le mot du 29 juillet 2017 (2)

Le proverbe du jour

 

            « Quand les bougies sont éteintes, tous les chats sont gris. »

 

Dans la nuit, dans l’obscurité, on ne distingue plus les chats, qui sont peut-être alors plus noirs que gris à nos yeux  à la vision limitée… sauf pour d’éventuels nyctalopes (et encore : quand on est un bipède supposé nyctalope, distingue-t-on,  outre les formes, les couleurs ?!).

Frédéric Vitoux (Dictionnaire amoureux des chats) rapporte que dans de très vieux ouvrages juridiques  –  d’avant le Xe siècle, et notamment en Irlande  –  où la question des animaux domestiques (De bestiis mitibus)  est traitée, il est par exemple précisé que les « méfaits » commis par un chat domestique ne donneront pas lieu à compensation ni à indemnités… si ces délits sont commis dans la nuit.  Parce qu’il sera impossible de déterminer quel patte-pelu est le coupable !

Plus généralement, le proverbe, surtout connu sous sa version « La nuit, tous les chats sont gris », est utilisé pour signifier que, la nuit, toutes les choses se ressemblent et qu’il est bien difficile de les distinguer. Par extension, on l’emploie à propos d’une situation très confuse, obscure, qui ne permet pas de porter un jugement, de formuler un avis…

 

(Extrait de « Donner sa langue au chat » et autres expressions félines, Jean-Pierre Colignon, First éditions.)

 

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Le mot du 29 juillet 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

« Faut-il bien accorder le participe dans : « Elles se sont permises bien des écarts de conduite » ? »

 

Non ! Permettre est un verbe transitif direct et indirect  (  = a) permettre un achat ; b) permettre à des enfants de rentrer tard).  Ici,  c’est l’emploi pronominal du verbe transitif direct, qui équivaut à : « Elles ont permis à se, complément d’objet indirect,  mis pour elles-mêmes,  des écarts, complément d’objet direct placé derrière le verbe, alors le participe passé reste invariable : Elles se sont permis bien des écarts de conduite.

 

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Le mot du 28 juillet 2017

Merci aux nombreux participants de la « 4e dictée à la plage avec Jean-Pierre Colignon » de Port Leucate (Leucate), notamment aux quelque vingt-cinq cadets et juniors. Ambiance conviviale dans le cadre d’une manifestation très bien organisée par Mme Braud et son équipe de la médiathèque.

En seniors, le podium a été composé de figures bien connues des dictées : Jacques Lagarrigue, Karen-Anne Tourtebatte et Daniel Tourtebatte. Chez les juniors, victoire de la brillante Rosalie Adloff. La dictée était accompagnée de questions-jeux autour des mots…

Christian Goutorbe en a assuré un compte-rendu fidèle dans Le Parisien Aujourd’hui du 28.

 

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Le mot du 26 juillet 2017 (1)

La bourde du jour

 

            L’erreur de vocabulaire du jour est à mettre au compte du journaliste de France Inter qui, ce matin, a évoqué la possible « disqualification » de l’équipe féminine de football si cette dernière était battue par les Suissesses (notez, curiosité : six « s » !). Bien entendu, le mot « juste » était : élimination.

Certes, on pourrait dire que les Bleues, dans leurs deux premiers matchs, se sont disqualifiées, au sens de « se déclasser », « se discréditer », en n’étant pas fichues d’assurer le b.a. – ba, c’est-à-dire de se faire des passes correctes (ce que la consultante-commentatrice, ex-footballeuse, Marinette Pichon appelle les « déchets techniques »). En ce début de compétition, les Bleues semblent ne pas appartenir à la même classe que les Anglaises (oui : ici, Anglaises, et non « Britanniques ») ou les Néerlandaises, remarquables.

En revanche, pour être disqualifiées au sens d’ « être pénalisées, exclues », il faudrait que les Françaises commettent des fautes graves contre le règlement, se rendent toutes coupables de fautes lourdes à répétition en cours de match…

 

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Le mot du 25 juillet 2017 (2)

La bévue du jour

 

            Rédaction négligée, dans l’Officiel des spectacles n° 3682, à propos de la sortie du film Barrage : « Le casting réunit Lolita Chammah et Isabelle Huppert, mère et fille à l’écran et dans la vie ».

            Intrinsèquement, Isabelle Huppert et Lolita Chammah sont bien mère et fille dans la vie, et dans le film Barrage. Mais l’ODS commet un beau contresens, qui trompera les personnes non familières du cinéma  : à trente-trois ans, Lolita est la fille d’Isabelle. Le rédacteur eût été bien avisé d’écrire : « Le casting réunit Isabelle Huppert et Lolita Chammah, mère et fille à l’écran et dans la vie »…

 

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Le mot du 25 juillet 2017 (1 bis)

Précisions renouvelées pour la « 4e dictée à la plage avec Jean-Pierre Colignon » de Port Leucate (Leucate, Aude) :

  Renseignements et inscriptions :

  médiathèque  04 68 40 20 19

  office de tourisme  04 68 40 91 31

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Le mot du 25 juillet 2017 (1)

AGENDA

Ultime rappel : la « 4e dictée à la plage avec Jean-Pierre Colignon » de Port Leucate (Leucate, Aude) se déroulera le jeudi 27 juillet, à 16 h 30, à la Maison des associations.  Participation gratuite, à partir de 10 ans. Avec des jeux autour des mots…  Corrigé commenté, proclamation du palmarès, remise des prix, et dédicaces de livres, à la médiathèque Espace Henry-de-Monfreid.

Renseignements et inscriptions vivement souhaitées, voire obligatoires (afin de préparer au mieux la salle) :

médiathèque  et  office de tourisme de Leucate.

 

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