Archives mensuelles : février 2017

Le mot du 28 février 2017 (2)

La baliverne du jour

Il circule sur internet bien des bêtises, des âneries, des contre-vérités, des mensonges, en tous domaines…  S’agissant de ce site, on s’attachera particulièrement à dénoncer des coquecigrues, des balivernes, des calembredaines touchant à la langue française.

Depuis des années, par exemple, se colportent de prétendues « curiosités du vocabulaire, de la langue » que reprennent sans vérifier des personnes ingénues prenant pour argent comptant ce que n’importe qui met en ligne.  Beaucoup plus grave, ces sornettes sont reprises par  de soi-disant professionnels de la rédaction et de la communication, voire de l’enseignement…

Cela va de l’affirmation péremptoire déclarant que le mot orgue est toujours du masculin au singulier, mais toujours du féminin au pluriel  –  ce qui est complètement faux  –, à l’assertion fantaisiste selon laquelle on ne doit pas mettre les accents sur les lettres capitales.  Ou bien, encore, la déclaration pleine d’assurance assénant que squelette serait le seul mot masculin de la langue française à se terminer en –ette

J’avais déjà, en janvier 2015, tordu le cou à ce « canard », à la suite d’un message de l’ami Gérard Chevalier, un ancien du Monde, qui, comme notre ami commun Bernard Laygues (qui fut un des membres du jury national des Dicos d’or de Bernard Pivot), appartient au cercle des authentiques correcteurs professionnels, ceux que, dans le milieu du livre et de la presse, on surnomme les « encyclopédies sur pattes ».  Des « encyclopédies »  qui, très lucides, savent qu’avec leur savoir ils pourraient écrire un dictionnaire, mais qu’avec ce qu’ils ignorent on constituerait une bibliothèque…  Les « vrais » correcteurs, les « vraies » correctrices, sont des personnes habituées à pratiquer l’autodérision et ne se croyant pas sorties de la cuisse de Jupiter.

Je rappelle donc l’existence des mots en –ette suivants… qui sont tous MASCULINS :

lette : langue parlée en Lettonie

transpalette (on dit aussi : un tire-palette) : petit chariot de manutention

magnétocassette : magnétophone à cassettes

exosquelette : formation squelettique externe

musette  (le)  (=  genre de musique ;  et abréviation pour « bal musette »)

quartette

quintette

Encore : porte-serviette, chauffe-assiette, fume-cigarette, bébé-éprouvette…

 

 

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Le mot du 28 février 2017 (1)

Information :

Vaste projet littéraire et musical imaginé par l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, « La Loire au coeur » est un hommage rendu aux oeuvres littéraires respectives de Michel Chaillou et d’Yves Cosson. De multiples offres culturelles, littéraires, musicales et patrimoniales sont proposées sur le territoire ligérien.

Programme et toutes informations sur :  http://laloireaucoeur.wixsite.com/nantes

 

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Le mot du 27 février 2017 (4)

L’Oscar de l’humour involontaire devrait m’être remis pour avoir incité les internautes amis de ce site à bien surveiller toutes les dates et heures des nombreuses dictées et animations à venir en mars alors qu’en même temps j’annonçais pour le 18… février la 13e dictée de Tours.  Pan sur le bec, donc, et toutes mes excuses aux amis de DLF Touraine et à tous les internautes. C’est évidemment le samedi 18 MARS que les férus de dictées, de langue française… et d’humour se retrouveront dans l’amphi du DDEC !

Le mot du 27 février 2017 (3)

RAPPEL :  Ma 13e « Dictée ludique » de Tours, organisée par la délégation tourangelle de Défense de la langue française, avec le concours de la Ville de Tours, se déroulera le :

  Samedi 18 février, à partir de 14 h 30 (validation des inscriptions/remise des copies à partir de 14 heures) dans l’amphithéâtre de la DDEC, 33, rue Blaise-Pascal, à Tours (en face des cinémas CGR; tram : arrêt « Gare »)

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2 catégories :

moins de 18 ans = gratuité

plus de 18 ans =  participation 5 euros

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Attention : le nombre des places n’est pas illimité !  L’inscription préalable est donc vivement souhaitée… et même obligatoire, avant le 16 mars !

– Par téléphone, au 06 83 24 65 33 ou au 06 85 17 75 35

– Par courriel, tourainedlf@gmail.com

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(Les organisateurs, toujours très bienveillants, pourront accepter, si la capacité de la salle le permet, des inscriptions hors délai, cela à titre EXCEPTIONNEL…)

 

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Attention ! Le mois de mars sera marqué par de nombreuses dictées et autres animations culturelles et ludiques !  Il y aura donc sur ce site de nombreux communiqués :  bien faire attention, entre autres,  aux dates et aux heures qui seront données !

 

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Le mot du 27 février (2)

Le « truc » d’orthographe du jour

 

Mot russe depuis un certain temps bien intégré dans le vocabulaire, moujik suscite néanmoins encore des hésitations à propos de sa terminaison.

Il n’y a pas de « c » entre le « i » et le « k », et pour mémoriser cela il n’est pas inutile d’avoir en tête la formulette : « Ce moujik sensé (=  sans « c ») est un cas ( =  un « k ») à part ! ».

 

(Extrait de l’Encyclopédie des petits trucs du professeur Colignon,  éditions de l’Opportun.)

 

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Le mot du 27 février 2017 (1)

Le mot du jour  :   pie(-)noir

 

Fille d’Akénaton et de Capucine, Fine* est la vedette du Salon de l’agriculture  2017. C’est une vache bretonne,  qui appartient donc à une race qui a failli disparaître dans les années 1970. Plus petite race de vache, la bretonne pie(-)noir  ne donne pas beaucoup de lait et n’est pas très intéressante non plus côté viande :  deux tares aux yeux de la majorité des éleveurs, qui se tournent vers des races plus productives.  Une réaction est heureusement  intervenue pour sauvegarder cet animal rustique sans lequel la Bretagne ne serait plus la Bretagne !

Une méprise entraîne certaines personnes à écrire « vache pis noirs »…  Mais les pis du bovin n’ont rien à faire ici !  Le nom est dû à une comparaison avec le plumage bicolore de la pie : si ce plumage fait apparaître deux couleurs, en l’occurrence le blanc et le noir, il en est de même pour la robe de la vache bretonne. La dénomination indique donc que ladite robe comporte deux couleurs : le blanc, qui est sous-entendu, et LE noir, tandis que chez les vaches dites « pie(-)rouge »  la robe est blanche avec des taches de roux, de brun-roux, de brun-rouge…

Le mot pie reste invariable, comme dans les voitures pie  (= qui sont de deux couleurs) de la gendarmeriedes étalons pie  (= dont la robe comporte deux couleurs), etc.  Le tout est donc invariable, avec ou sans trait d’union  –  mais l’usage tourne à l’avantage du trait d’union :  des génisses pie-noir, un troupeau de pie-noir… (idem pour pie-rouge, naturellement).

 

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*En principe, les noms donnés à des animaux restent dans le caractère  d’un texte : en romain dans un texte en romain, en italique dans un texte en italique, en gras dans un texte en gras, etc.  Ils ne sont pas mis entre guillemets.  Il peut y avoir des exceptions, compte tenu des circonstances, du contexte…

 

Le mot du 26 février 2017 (4)

Le nom de collectionneur(-euse) du jour

 

Les buticulamicrophilistes sont passionné(e)s par les mignonnettes de boissons !

 

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Le mot du 26 février 2017 (3)

La faute du jour

            Parmi les fautes les plus récurrentes figure, comme je l’ai indiqué samedi 25 février lors de la conférence-débat donnée à Paris pour la Société française des traducteurs, l’emploi erroné de mille au pluriel quand ce mot est un adjectif numéral. Il s’agit bien d’une FAUTE, et non d’une banale bévue !

Les journalistes et animateurs des chaînes de radio et de télévision se sont d’ailleurs donné le mot, ces derniers jours, pour justifier mon propos, en insistant pesamment sur les liaisons, pour bien montrer qu’ils ont… mal compris ce que leurs instituteurs ou professeurs des écoles ont dû leur apprendre et leur répéter.  On a donc entendu à de multiples reprises, sur diverses chaînes des choses comme : « Le Salon de l’agriculture présente quelque trois mille[s] Z’animaux », « Cette rencontre a attiré plus de trente mille[s] Z’amateurs du ballon rond », etc.  (Si ce n’était pas fautif, car pléonastique, je serais tenté d’ajouter « etc., etc., etc. », tellement cette faute grossière est commise.)

Essayons, une fois encore, de « remonter le tas de sable », selon l’expression familière,  en rappelant que mille est un mot INVARIABLE quand il s’agit de l’adjectif numéral :  deux mille euros,  Cela a rapporté un bon paquet de mille !, quatre mille huit cents dollars, Les dix mille autres euros seront affectés aux travaux de rénovation…

 

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Le mot du 26 février 2017 (2)

Le mot du jour :  zizanie

 

Zizanie : voilà un mot rigolo, amusant à prononcer !  Et qui peut contribuer à construire des phrases cocasses du genre : « Avec son parler direct, la Zazie zozotante de Queneau sème la zizanie ! »…

            « Semer la zizanie », ce fut d’abord, au sens propre, l’action de vraiment semer des graminées, dont certaines étaient comestibles, comme la folle avoine.  Mais zizanie a désigné aussi une mauvaise herbe ressemblant au blé : l’ivraie (du latin vulgaire ebriaca herba), qui contaminait les céréales et provoquait une sorte d’ivresse, d’état d’ébriété. Au sens premier, il a donc fallu séparer le bon grain de l’ivraie.

Par ailleurs, il semblerait que, pour nuire à des voisins, à des rivaux, des individus malintentionnés, des personnes malveillantes, auraient semé volontairement de l’ivraie dans les champs de blé d’autrui : ils semaient la zizanie !  Dans la Rome antique, cette mauvaise plaisanterie fut considérée comme un délit passible de sanctions… D’où l’acception figurée de « semer [mettre, jeter] la discorde », notée en français dès le XIVe siècle.

Zizanie est un synonyme de « désordre, désunion, dissentiment, dispute, brouille… ». Les motifs de chicane, de fâcherie, de bouderie, de bisbille, de chamaillerie plus ou moins graves étant légion,   les zizanies ne sont pas rares, en tous domaines.

César  –  appliquant la bonne vieille tactique de « diviser pour régner »  –    parviendra même à semer quelque temps la zizanie (d’où le titre du quinzième album d’Astérix du tandem Goscinny-Uderzo) au sein des Gaulois, chez qui le rusé Tullius Détritus va déployer tout son talent de semeur de discorde !

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Le mot du 26 février 2017 (1)

Le « truc » d’orthographe du jour

 

            « Le chapeau du psychiatre a roulé dans l’âtre. »

 

Si âtre* comporte bien un accent circonflexe, un « chapeau », ce n’est pas le cas pour psychiatre (ni pour tous les termes du domaine de la médecine, au sens large, se terminant par le suffixe  –iatre, ou -iatrie : pédiatre, hippiatre…).

* Partie de la cheminée où l’on fait le feu.

 

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            (Extrait de l’Encyclopédie des petits trucs du professeur Colignon, édit. de l’Opportun.)