Archives mensuelles : mai 2017

Le mot du 28 mai 2017

La question du jour (et la réponse)

 

          « Bonjour.  On écrit bien, sans trait d’union : « le Moyen Âge » ? »

 

Oui, dans cette dénomination historique l’adjectif précède le substantif, d’où les deux majuscules, ce qui respecte la norme en français (en revanche, quand l’adjectif suit le nom, seul ce dernier prend une majuscule : les Temps modernes).  Il n’y a pas de trait d’union dans cette graphie imposée par l’usage…

Ne pas oublier que dans un texte imprimé tous les accents doivent être mis sur les capitales. Donc :   à Âge.

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Le mot du 27 mai 2017 (2)

La question du jour (et la réponse

 

            « Dans la phrase suivante, relevée dans un quotidien, l’accord de recueillie est-il correct ?  Ne faudrait-il pas recueillis ?…  Ou les deux accords sont-ils possibles ? 

            « Une septuagénaire a été attaquée et gravement mordue par une quinzaine de chiens qu’elle avait recueillie dans son pavillon… »  »

 

Tout d’abord, avant de se précipiter pour condamner les chiens, il faudrait voir quelles étaient leurs conditions de vie : n’étaient-ils pas trop nombreux dans une surface restreinte, donc surexcités ?  Étaient-ils suffisamment nourris par cette dame, avait-elle vraiment les moyens de leur assurer le minimum ? Des chiens affamés peuvent se rebeller, même contre une personne qui ne leur veut que du bien… Enfin, cela nous éloigne de la question !!…

L’accord sur le substantif féminin singulier quinzaine est à condamner. D’abord, parce qu’on ne recueille pas une quinzaine ; en effet, ce mot n’exprime rien d’autre qu’un nombre ; c’est seulement quand il n’a pas de complément, celui-ci étant sous-entendu, qu’il peut gouverner un accord (exemple : la quinzaine [de jours] s’est déroulée sans incident). Ensuite, il est plus que probable que la victime de cette agression canine n’avait pas recueilli cette « quinzaine de chiens » en une seule meute déjà constituée, mais qu’elle les avait hébergés un  à un, à mesure qu’elle les avait trouvés errants (« errant » est admissible : « elle les avait trouvés vagabondant »).

Il s’agit donc de chiens lui appartenant, et non d’une troupe de chiens courants qu’un chenil lui aurait confiée pour un certain temps (ici, on peut évidemment accorder confié(e) au féminin singulier, pour bien marquer qu’il s’agit d’une meute…   ).

L’accord doit se faire comme s’il y avait « par les quinze chiens » :  « […] mordue par une quinzaine de chiens qu’elle avait recueillis… ».

            N. B. : Même si, en l’occurrence, l’erreur d’accord n’entraîne pas ici, comme cela peut être le cas assez souvent, de contresens ou de faux sens, on est en présence d’un problème de logique et de nuances. Ces nuances que veulent faire disparaître ceux qui souhaiteraient nous imposer la généralisation de l’invariabilité du participe passé.

 

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Le mot du 27 mai 2017 (1)

Le point d’orthographe du jour

compte-gouttes   n. m. inv.

Mot composé à trait d’union, compte-gouttes est formé d’un élément verbal du verbe compter, donc un terme invariable, et du substantif gouttes, qui est figé au pluriel par la logique de la signification : c’est un instrument destiné à compter LES GOUTTES.

En revanche, goutte-à-goutte est un mot composé (deux traits d’union) figé au singulier par la logique : cet instrument permet la perfusion d’un liquide GOUTTE après GOUTTE.

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Le mot du 26 mai 2017 (2)

AGENDA :

Précision : La dictée 2017 de Leucate (Aude) se déroulera à la Maison des Associations, à Port Leucate, le jeudi 27 juillet, à 16 h 30.

(Date et lieu seront rappelés au fil des semaines.)

Le mot du 26 mai 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

          « Bonjour,

          Je viens vers vous avec une question de typo : dans les chapôs, ne vaut-il pas mieux encadrer les titres d’œuvres de guillemets français et les laisser dans la graisse choisie (ital. ou rom. : d’ailleurs, y a-t-il une préférence à choisir l’un plutôt que l’autre ?). La raison en est esthétique, il me semble ?

          Je travaille pour un périodique, et la direction de la publication me demande de justifier le choix !

         Merci de cette précision ! »

 

Quasiment toute la presse laisse, dans la titraille (et éventuellement dans les chapôs*, mais cela est peu suivi), et effectivement pour des raisons d’esthétisme, les titres d’œuvres dans la graisse du texte général, en les mettant entre guillemets…

Il est en effet peu heureux de changer de caractère quand le titre d’œuvre se situe au début ou à la fin de la titraille, sur une ligne, surtout quand l’italique de la police est du genre « romain penché » :

Désolé  :  le passage du fichier  au site détruit toute la démonstration à partir de caractères très différents !!  Je transmettrai ledit fichier par courriel aux personnes  souhaitant voir les exemples concrets…

 

Rien n’est plus moderne que les Pensées

            Rien n’est plus moderne que les Pensées

 

 

             La Règle du jeu  va être adaptée au théâtre

                     La  Règle du jeu  va  être adaptée au théâtre

 

Raboliot ou l’hommage de Maurice Genevoix à son pays natal

Raboliot ou l’hommage de Maurice Genevoix à son pays natal (= si si !  Seul le mot « Raboliot » est en italique, dans ce titre !)

 


            Lorsque le titre d’œuvre est à l’intérieur du titre, du surtitre, du sous-titre ou de l’intertitre, la  critique  tombe un peu… mais on ne peut pas s’amuser à établir une double marche spéciale, qui, de plus, ne serait pas comprise des lecteurs !

Il n’y a aucune règle impérative pour la graisse des titrailles.  Chacun fait comme il veut, heureusement  :  gras, demi-gras, ital. gras, ital., romain maigre…

 

*Orthographe traditionnellement adoptée dans la profession, pour « chapeau » (d’article), bien sûr.

 

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Le mot du 25 mai 2017 (1)

Le « truc » d’orthographe du jour

 

            « Tous les bâtiments ont un toit ! »

 

Quand on bâtit une maison, on n’oublie pas d’y mettre un toit !  Alors celui-ci est représenté, dans bâtir, bâtisseur, bâtiment, bâtisse, par l’accent circonflexe en forme de toit pointu !

 

(Extrait de l’Encyclopédie des petits trucs du professeur Colignon, éditions de l’Opportun.)

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Le mot du 24 mai 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « À la question : « De quelle nationalité êtes-vous ? », je sais qu’il convient d’écrire :   « Je suis français » (adjectif), et non  « Je suis Français » (substantif). 

           Mais n’est-ce pas bizarre, ce « français »  adjectif ? On aurait vraiment tendance à le considérer comme un substantif : « Je suis (un) Français », tout comme on dit : « Je suis (un) médecin ». »

 

Ben… non.  C’est un adjectif attribut, sans conteste :  « Il est rouquin », « elle est italienne ».  Pour moi, la distinction est évidente avec : « C’est une Italienne »…  Je le ressens comme ça, vraiment, en tout cas !

 

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Le mot du 23 mai 2017 (2)

Le point d’orthographe du jour

 

nota  bene   n. m. inv.  (mots latins)

Il n’y a pas eu de francisation par l’ajout d’accents aigus (malgré la prononciation « béné »), et il n’y a pas de trait d’union. Ce dernier point se retrouve dans l’abréviation très usitée N. B., qui par conséquent, très logiquement, n’a pas non plus de trait d’union.  L’origine latine entraîne la mise en italique de cette abréviation.

 

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Le mot du 23 mai 2017 (1)

L’expression du jour

 

            Avoir les pieds dans le dos

 

Il ne s’agit pas d’une figure libre obtenue par un(e) contorsionniste !  Avoir les pieds dans le dos,  c’est être recherché, poursuivi par la police,  être serré de près par la maréchaussée.  Par ces gendarmes de naguère, porteurs de « chaussettes à clous », disait-on, c’est-à-dire de gros godillots.

Au cours de leurs innombrables aventures, les Pieds-Nickelés (avec ou sans trait d’union : cela a varié !)  eurent plus d’une fois les pieds dans le dos  :  « Faut pas hésiter, conseilla ce dernier, si t’as les pieds dans l’dos […], cavale d’icigo dare-dare ». (« Ribouldingue se marie », in la Bande des Pieds-Nickelés.)

 

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Le mot du 21 mai 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Faut-il, ou non, mettre une virgule derrière un guillemet fermant un dialogue,  à la fin d’une réplique ? 

« Ah !  Qu’ai-je fait là ! » s’écria-t-il,  ou bien : « Ah ! Qu’ai-je fait là ! », s’écria-t-il.

Merci de votre réponse. »

 

La réponse saute aux yeux quand on considère les deux formes…  Il est plus que nécessaire, il est obligatoire, pour la clarté d’un texte, de bien séparer ce qui appartient au texte général de ce qui relève de citations, de monologues, de dialogues…

La virgule est obligatoire, quelle que soit la police de caractère adoptée pour les citations ou dialogues, quelle que soit la présentation des dialogues :

Donc :

« Entrez donc ! »,   s’exclama-t-elle, agacée.

« Entrez donc ! »,  s’exclama-t-elle, agacée.

–  Entrez donc !, s’exclama-t-elle, agacée.

 

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