Archives mensuelles : février 2018

Le mot du jour du dimanche 18 février 2018 (1)

Le point d’orthographe du jour

syncrétisme  n. m.

Ce mot, qui désigne la fusion, ou du moins l’interpénétration, de deux croyances ou plus, ne prend pas de h. Donc : ne pas écrire « synchrétisme », graphie qui laisserait croire que le mot chrétien concourt à la formation du vocable. Ce dernier, en fait, vient du grec sugkrêtismos, « union des Crétois » = « union des habitants de l’île de Crète ».

 

*****

Publicités

Le mot du jour du samedi 17 février 2018 (1)

La question du jour

 

           « « Bucilogue » : masculin ou féminin ? Signification ? »

 

Je ne connais pas ce mot, et mes recherches ne donnent rien.

Vous êtes sûre qu’il ne s’agit pas de baccilogue ?…   D’emploi rare, ce terme a été parfois pris pour désigner des sourciers,  ces personnes qui cherchent, à l’aide d’une baguette, à trouver des points d’eau, des sources.  (Par une extension abusive, on utilise parfois le terme à propos de personnes cherchant, toujours avec une baguette, des mines, des matières rares…)

Bien que l’on parle toujours de sourciers, au masculin, il doit bien y avoir eu, ou il y a peut-être, ou sans doute, actuellement, des femmes qui pratiquent comme des hommes,  à temps perdu, cette activité.  Alors, même si l’on hésitera, de peur de se voir reprocher un machisme imaginaire, l’emploi de « sourcière », même bien-aimée1, parce que trop proche de sorcière,  il n’y a pas de raison de faire de baccilogue un terme exclusivement masculin. C’est un mot épicène, comme cardiologue ou démagogue.

 

  1. Avec une pensée pour la regrettée et charmante « sorcière » Elizabeth Montgomery…

 

*****

Le mot du 15 février 2018 (1)

Le point de vocabulaire du jour

Les archaïsmes

On ne doit pas user des archaïsmes, des mots vieillis ou disparus, par simple désir de singularité : ce serait encourir le risque de se voir taxer de pédanterie. Le procédé doit être réservé à des cas bien déterminés, où domine une intention particulière :

  • pour recréer l’atmosphère d’une époque révolue ;
  • quand on désire susciter une impression d’affectation ou de préciosité, notamment en style ironique ou plaisant ;
  • dans un texte de haut niveau littéraire, déjà riche en vocabulaire, où le mot rare ne semblera pas déplacé ;
  • enfin, lorsque le terme obsolète fournira une acception sans équivalent dans le lexique en usage.

En ce dernier cas, on est parfaitement fondé à employer un terme chenu, mais il convient de ne pas oublier le lecteur, à qui l’on doit apporter une explication si le mot est obscur.

Il est toujours instructif – et très utile dans un certain nombre de professions – de connaître le vocabulaire le plus étendu possible. Donc, entre autres, les archaïsmes, même si l’on ne s’en sert pas. Les uns sont tombés dans les oubliettes, comme bonnetade, « coup de chapeau (de bonnet) donné en salutation », ou jangler, « criailler » (racine germanique jangelen, « glapir »). Faut-il les épousseter de temps en temps, leur faire prendre l’air ?… Ce n’est pas interdit, mais à condition de tout prévoir et de tout mettre en œuvre pour être compris.

(à suivre)

Le mot du 13 février 2018 (1)

Les calembours du jour

Comme il n’y a pas de rabat-joie, pas de pisse-vinaigre parmi les personnes fort sympathiques (évidemment !) qui suivent ce site, voici quelques calembours sans la moindre prétention, sauf celle de vouloir distraire un peu… Dans la série « Ils auraient pu le dire » :

Néron : « Je pète le feu ! ».

Platon : « Le cas Verne m’intéresse… ».

Benjamin Franklin : « Ça marche du tonnerre ! ».

Saint Lazare : « Désolé d’arriver sans crier gare… ».

Louis XVI : « Je ne sais plus où donner de la tête ! ».

Line Renaud : « Combien le Titien dans la vitrine ? ».

Charlotte Corday : « Je ne veux plus jouer les seconds couteaux ! ».

Dubuffet : « La peinture à l’eau, ce n’est pas commode ! ».

*****

Le mot du 13 février 2018 (1)

Information : La « Dictée scolaire européenne » annuelle, en vidéodiffusion directe depuis le lycée international Jean-Pierre-Vernant de Sèvres, aura lieu le jeudi 22 mars. Réservée aux étudiants, elle précédera donc de deux jours la dictée grand public au Centre international d’études pédagogiques, également… à Sèvres !

Le mot du 12 février 2018 (2)

La question du jour (et la réponse)

« Me voici avec une nouvelle question. Je n’arrive pas à savoir s’il faut écrire « une transaction en euro » ou « une transaction en euros ». Les deux peuvent se défendre. Existe-t-il une règle qui permette de trancher ?
Merci à vous et bonne journée. »

Non, il n’y a pas de règle. Les deux graphies peuvent être licites. Je constate seulement une majorité de « transaction(s) en euROS »…

*****

Le mot du 12 février 2018 (1)

L’interrogation du jour

Sur Radio Classique, lundi 12 février à 9 heures, l’ancien ministre et philosophe Luc Ferry a attribué à Voltaire la fameuse interrogation sur l’éventuel homicide à distance d’un mandarin… Or quasiment tout le monde cite Balzac, qui lui-même fait allusion à Rousseau, par la bouche de Rastignac : « As-tu lu Rousseau ? […] Te souviens-tu de ce passage où il demande à son lecteur ce qu’il ferait au cas où il pourrait s’enrichir en tuant à la Chine par sa seule volonté un vieux mandarin, sans bouger de Paris ». Bianchon répond par une leçon de modestie et de bon sens : « Je conclus à la vie du Chinois ». (Balzac, le Père Goriot.)

Mais l’on trouve dans le Génie du christianisme de Chateaubriand : « Ô conscience ! Ne serais-tu qu’un fantôme de l’imagination, ou la peur des châtiments des hommes ? Je m’interroge ; je me fais cette question : « Si tu pouvais, par un seul désir, tuer un homme à la Chine, et hériter de sa fortune en Europe, avec la conviction surnaturelle qu’on en saurait jamais rien, consentirais-tu à former ce désir ? » J’ai beau m’exagérer mon indigence ; j’ai beau vouloir atténuer cet homicide, en supposant que, par mon souhait, le Chinois meurt tout à coup sans douleur, qu’il n’a point d’héritier, que même à sa mort ses biens seront perdus pour l’État ; j’ai beau me figurer cet étranger comme accablé de maladies et de chagrins ; j’ai beau me dire que la mort est un bien pour lui, qu’il l’appelle lui-même, qu’il n’a plus qu’un instant à vivre : malgré mes vains subterfuges, j’entends au fond de mon cœur une voix qui crie si fortement contre la seule pensée d’une telle supposition que je ne puis douter un instant de la réalité de la conscience. » Balzac aurait donc eu connaissance de ce propos, et l’aurait repris…

C’est donc par erreur, ou par un raccourci qui peut induire en erreur, que Michel Lantelme, dans Malraux portraits avec mains, « Objet », Presses universitaires du Septentrion, écrit : « S’il existe comme l’affirme Freud une disposition secrète, propre aux hommes d’aujourd’hui, qui consiste à « tuer son mandarin « , force est de reconnaître que chez Malraux les mandarins ont la vie dure ». Il eût fallu écrire tout au moins, pour ne pas mettre dans la tête des lecteurs une fausse référence : « … comme l’affirme Freud reprenant une métaphore célèbre… ».

*****

Le mot du 10 février 2018 (3)

La seconde question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur Colignon,

Pensez-vous que la présence de la conjonction « donc » dans la phrase suivante constitue un pléonasme, dans la mesure où le deux-points annonce une explication ?

« Cette production alliant texte biblique ou d’inspiration biblique et musique a été amplement analysée par *** : on n’y reviendra donc pas ici. »

Je vous remercie et je vous souhaite une bonne journée.

Bien cordialement. »

Le « donc » n’est sans doute pas à 100 % nécessaire, mais il apporte du liant par rapport à la formulation plus sèche, plus cassante, que serait : « on n’y reviendra pas ici » (on entendrait presque un « scrogneugneu ! », derrière…). Il a la valeur de « par conséquent », et je pense que personne ne verrait un pléonasme dans : « par conséquent, on n’y reviendra pas ici »… Donc, ce… donc ne me gêne pas ! :o))

*****

Le mot du 10 février 2018 (2)

La question du jour (et sa réponse)

Bonjour, Monsieur Colignon,

Je vois le texte suivant :

FESTIVAL MUSIQUES EN CLAIN – DISSAY (86)
Un concert à l’hommage des femmes compositrices, souvent oubliées et sous-estimées. Une heure et démi de régal musical inoubliable. Oeuvres de L.Farrenc, T.Badarzewska, G.Bacewicz et autres… Olivier Lusinchi – flûte Anna Mikulska – violoncelle Philippe Argenty – piano.

VENDREDI 9 MARS 2018.

… « Un concert à l’hommage des femmes … » (Cela me semble, un peu douteux !?… non pas un hommage mais bien plutôt, un dommage…)
Quant à : « Une heure et démi de régal …. » (un vrai régal !?) ; probablement, on accusera les logiciels d’écriture …
Qu’en pensez-vous ? »

On pourrait critiquer d’autres points encore du texte que vous épinglez !! Tous les jours je pourrais rédiger UN LIVRE à partir des innombrables bourdes, bévues, à-peu-près, « perles » de culture générale, voire contresens … commis par ceux qui parlent ou qui écrivent dans ce que l’on peut appeler, en gros, les « médias ». Que dire ?…

… Eh bien, que tous les textes destinés au grand public, ou à un public plus restreint, devraient émaner de personnes ayant un niveau minimum d’instruction et de culture, et que ces textes devraient être soigneusement relus avant publication, au moins par l’auteur ou les auteurs, et – ou – mieux, par des personnes plus compétentes, plus attentives, plus respectueuses des lecteurs.

*****

Le mot du 10 février 2018 (1)

NOUVELLE PARUTION !

Premier des ouvrages à paraître cette année, le recueil 30 Dictées et jeux pour tester votre orthographe vient d’être publié aux éditions Ellipses.

Il sera certainement impossible de publier les quelque 430 dictées rédigées à ce jour (plus celles qui viendront s’y ajouter :o)) ), et animées en public, associées à des jeux, pour des Villes, des Salons du livre, des sociétés savantes, des associations caritatives, pour Défense de la langue française comme pour l’Association des Amis d’Alphonse Allais, et, depuis 14 ans, pour tout le Maroc via l’Union centrale des parents d’élèves… Mais j’espère bien en voir publiées un certain nombre d’autres !

J.-P. C.