Archives mensuelles : décembre 2017

Le mot du 31 décembre 2017 (1)

Très bonne Saint-Sylvestre à toutes et à tous, même à ceux et à celles qui n’aiment pas les fêtes à dates fixes, ce qui est bien leur droit… Toutes mes pensées, une fois encore, à ceux qui seraient isolés, dans la maladie ou dans la peine.

Que 2018 vous garde en bonne santé, vos proches et vous-mêmes, et ne vous apporte que des joies et des bonheurs !

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Le mot du 30 décembre 2017 (2)

La réponse à la devinette (sans prétention) de la Saint-Sylvestre :  c’est le chien qui est le plus en hauteur, parce qu’il est « assis sans maître »…   =  à 600 mètres !   ;o)))

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Le mot du 30 décembre 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Je vous écris pour vous demander votre aide concernant la phrase suivante :  « Monsieur X est monté dans un train qui, le conduisant à Genève, lui et son chien, a déraillé ce jour ».

Ne faudrait-il pas remplacer le pronom 
le par les, puisqu’il reprend plusieurs personnes ?…  Ou bien l’importance du sujet par rapport au complément, simple détail dans la phrase, justifie-t-elle ce singulier ?


Je vous remercie. »

 

 

Cela recoupe quelque peu des phrases contestées comme « Boulogne-Billancourt et ses 110 000 habitants sont situés au sud-ouest de Paris »…  (Il faut préférer :  « Boulogne-Billancourt  –  et ses 110 000  habitants  –   est située………… »)

 

 

Le chien est-il vraiment un passager à mettre sur le même plan que son maître ?  Tout est là !….  Le train « conduit-il » le chien à Genève ?… Ou le canidé doit-il être considéré comme une « annexe », telle une valise ?…

 

Grammaticalement, strictement, il faudrait mettre les.  Toutefois, je pense qu’il faut laisser le « ad libitum », car les deux raisonnements sont admissibles   (à comparer avec la règle des titres d’œuvres  :  le Siffleur et son chien  ==//==  le Siffleur et le Chien…   :  dans le premier titre, le chien n’est pas mis sur le même plan que le Siffleur).

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            J’ajoute une devinette gentillette pour les fêtes, s’agissant de chien :

« Son propriétaire étant remonté quelques minutes dans son appartement du troisième étage d’un immeuble haussmannien, un chien se retrouve momentanément tout seul, assis sur son arrière-train, attaché par la laisse au bouton de la porte du bâtiment…   Lequel des deux est le plus haut placé, et pourquoi ? »

Réponse demain, pour la Saint-Sylvestre !    :o)))

 

 

Le mot du 29 décembre 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

« Bonjour,  Monsieur Colignon,

 J’ai un doute sur l’accord du mot « tel » dans ce cas : Rien de tels qu’un texte canalisé et quelques exercices pour vous apprendre à reconnaître votre intuition.
Avec tous mes remerciements. »

 

 

            Rien de tel doit rester invariable :   « Rien de tel qu’une bonne nuit pour se remettre d’aplomb ! » « Rien de tel que les romans de Balzac, de Maupassant, de Dickens et de Zola pour garder les pieds sur terre et juger les êtres humains ».

 

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Le mot du 28 décembre 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

           « Bonjour, Monsieur Colignon,

 

           Dans l’expression « savoir gré », je me suis toujours demandé ce qui signifiait ce « savoir »,   et  pourquoi on ne disait pas : « être gré », ce qui, après tout, semblerait plus logique :  je vous suis gré = je vous suis reconnaissant. »

 

 

Ah mais non !  La logique, au contraire, justifie « savoir gré »…

 

         Gré n’est pas un adjectif, et ne peut pas être mis sur le même plan que reconnaissant  ou redevable. C’est un substantif ayant l’acception de « convenance, guise, volonté »…  et l’on ne peut pas dire : « je vous suis guise », « je vous suis convenance »,  ni « je vous suis bonne volonté ». Savoir gré, c’est reconnaître, affirmer de bon cœur, que l’on éprouve de la reconnaissance pour quelqu’un.

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Le mot du 27 décembre 2017 (2)

Le point d’orthographe du jour

 

côtes-du-rhône   nom commun

 

Issu par antonomase (tout comme camembert, livarot, beaujolais, sancerre, saint-pourçain, etc.) d’un nom propre de lieu, le nom commun de vin côtes-du-rhône s’écrit donc sans majuscules et prend deux traits d’union.  Le mot côtes doit obligatoirement rester au pluriel, puisqu’il s’agit d’une ellipse pour   « vin élevé, cultivé, dans les côtes (ou  Côtes) du Rhône ».

Le mot peut être employé au masculin ou au féminin :

  • « Servez-nous donc du côtes-du-rhône, s’il vous plaît ! » ; « Pour le repas de samedi, j’ai pris un côtes-du-rhône 2015. »
  • « Donnez-moi une p’tite côtes-du-rhône [= un verre], pour accompagner mon sandwich ! » (Dans la langue familière.)

 

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Le mot du 27 décembre 2017 (1)

Le janotisme du jour

 

Repéré sur LCI, et signalé, par une fidèle abonnée du site :

 

« Yvelines : un adolescent de 15 ans soupçonné d’avoir tué sa sœur après une dispute pour un ordinateur en garde à vue. »

Le ou la journaliste a manqué à tous ses devoirs en n’expliquant pas de quoi était soupçonné l’ordinateur placé en garde à vue !!

 

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Le mot du 26 décembre 2017 (4)

Je poursuis la diffusion de ma première « libre opinion » sur l’écriture dite inclusive, en la mettant sur le site…  Ce premier texte porte sur l’orthographe inclusive; le second, qui sera diffusé dans une fourchette de cinq – dix jours, portera sur la grammaire inclusive…

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Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

 

S’engouffrant dans le cadre des justes revendications visant à faire disparaître les inégalités entre femmes et hommes dans tous les domaines de la vie privée, sociale, professionnelle, quelques personnes ont lancé l’idée d’une écriture dite « inclusive ». Celle-ci, qualifiée de « non sexiste », serait censée imposer une parité absolue dans tous les textes.

Écrire « chers abonnés·ées » serait donc plus « paritaire » que « chers abonnés(es) », alors que cette dernière graphie, très courante, ne pose assurément aucun problème de compréhension, depuis des décennies et des décennies, aux usagers de la langue française… « Chers ami·e·s »  serait plus lisible, et plus « égalitaire », que « chers amis et amies », alors que cela donne l’impression de faire disparaître le masculin pluriel : on passe d’ « ami » à « amie », puis à « amies »…

« Cher·e·s ami·e·s », voit-on dans un certain nombre de textes :  ah bon ?  Il n’y a plus d’accent grave dans chère ?  « Des éditos et des chroniques piégeux·e·s », avance, probablement avec humour, un chroniqueur : ah !  maintenant, on ajouterait un s derrière un xPiégeux(euse) –  ou piégeux(euses)  –  serait vraiment trop compliqué à comprendre ?  Et peu paritaire ?…

Les promoteurs et promotrices de cet éventuel nouveau système d’écriture prétendent que celui-ci contribuerait grandement à assurer la parité entre femmes et hommes.  C’est donner beaucoup d’importance à la transformation de « Français, Françaises ! »  en  « Français·es ! ». La Bruyère, Molière, Alphonse Allais, Pierre Desproges, Raymond  Devos pourraient certainement apporter des commentaires coruscants, et sans nul doute sarcastiques, sur ce « morse égalitaire ». (Certes, l’écriture inclusive ne fait pas constamment appel au « point milieu ».)

Même les initiateurs et initiatrices de l’affaire se prennent parfois les pieds dans le tapis. Mme Viennot n’écrit-elle pas, textuellement, dans une interview au Point  :   « Personnellement, je suis pour « intellectuel·es » mais contre « acteur·trices » ».  Ne nous attardons pas sur le passage brutal du masculin singulier au féminin pluriel. Mais… il n’y aurait plus qu’un l à « intellectueles » !?  Il s’agit assurément d’un lapsus, mais révélateur, tout de même, de la difficulté d’application spontanée du système proposé. D’où, sans doute, l’activité commerciale et lucrative développée, via des ateliers de formation à l’écriture inclusive, par certains des promoteurs…

          Il serait aisé de citer ici des « exemples », relevés çà ou là, de l’application erronée du « nouveau morse ». Peu importe. Regardons déjà, sans forcer le trait jusqu’à la caricature, ce que donne(rait) l’application normale de cette écriture inclusive :

« Cher·ère·s  ami·e·s,  cher·ère·s militant·e·s,

          Alors que nous nous apprêtons à élire le·la  futur·e président·e de notre mouvement, les soussignés·es vous demandent de désigner un·e ou plusieurs délégué·es choisis·es parmi des retraités·es afin de porter sans tarder aux sénateurs·trices le cahier de doléances adopté en assemblée générale samedi dernier. »

Contrairement à ce que soutiennent les tenants et tenantes de l’ « écriture inclusive », celle-ci ne saurait contribuer à participer à l’instauration de la parité concrète des droits et des statuts. Voire à faciliter l’embauche, l’emploi des femmes ! Des affirmations gratuites et péremptoires, hélas parfois entachées de morgue et de suffisance, ne peuvent pas convaincre toute personne de bon sens que dire et écrire « les résidents·es » représente un immense progrès sociétal, un « grand pas pour l’humanité »,  comparé à « les résidents et les résidentes ».

En revanche, et sans tomber dans des excès grandiloquents, il est assurément permis d’affirmer que cet éventuel nouveau système ne contribue pas à la lisibilité des textes, donc à leur compréhension immédiate.  D’ailleurs, les associations de malvoyants et de dyslexiques se sont sur-le-champ opposées à cette proposition.

Ce n’est pas faire œuvre utile au service de la population et de tous les francophones, ce n’est pas servir le bien public (un objectif que tout le monde, gouvernants comme citoyens, devrait avoir constamment en tête), que de proposer des changements qui introduisent des complications, qui nuisent à la compréhension, au nom d’une démarche dite « antisexiste ». La disparition des injustices et des inégalités, la parité des emplois et des salaires, seront assurées par des démarches autrement plus concrètes et ne gâchant pas la vie des apprenants, des enseignants, ni des usagers  de la langue française en général.

Je ferai part rapidement de mon sentiment sur la « grammaire inclusive », en ayant toujours pour moteurs la logique, le bon sens, le raisonnement, et un seul objectif : le bien public.

                                                                              Jean-Pierre Colignon.

 

P.-S. :  Personnellement, tant dans les dictées publiques que je rédige et organise (20 à 25 chaque année, j’en suis à plus de 430 à ce jour), en France et pour tout le Maroc   –  en ayant aussi fourni des textes aux clubs féministes Soroptimist, qui luttent concrètement contre les violences, les injustices dont sont victimes les femmes  –, et tant dans mes ouvrages à paraître que dans mes interventions comme enseignant et formateur   (CFPJ de Paris, ESJ de Lille, GRETA à école Estienne…), je n’appliquerai jamais le « morse nouveau ».

 

 

 

 

 

Le mot du 26 décembre 2017 (3)

Remerciements au sujet de ma première « libre opinion » sur l’écriture dite inclusive, à savoir sur l’orthographe inclusive…  La diffusion de cette libre opinion a commencé la semaine dernière…  La seconde libre opinion portera sur la grammaire inclusive, et sera diffusée à partir de la fin de cette semaine, au plus tard dans les tout premiers jours de janvier.

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Je remercie donc vivement, sans tarder, Mme Françoise Argod-Dutard, pour son approbation totale de mon texte.

 Mme Argod-Dutard est professeur de langue française à l’université Michel-de- Montaigne-Bordeaux 3, où elle enseigne la linguistique synchronique et diachronique du français. Parallèlement, elle assure des cours de phonétique et de linguistique appliquées au département d’orthophonie de l’université Victor- Segalen-Bordeaux 2. Chargée de mission à la formation des maîtres, elle est responsable de la préparation aux concours de recrutement de l’université Michel-de-Montaigne et s’intéresse tout particulièrement à la pédagogie des lettres et de la langue française. Elle a publié de nombreux articles et ouvrages dans ces différents domaines.

Mme Argod-Dutard a été présidente jusqu’à ces derniers mois du conseil scientifique des Lyriades de la langue française depuis leur création en 1999. Les Lyriades (qui tirent leur nom du « petit Lyré » cher à Du Bellay) se sont implantées en tant que très importante manifestation de promotion et de défense de la langue française (Liré, Angers, Ancenis…).

Le mot du 26 décembre 2017 (2)

Alors que nous nous acheminons de Noël vers le jour de l’An, j’adresse toutes mes pensées  à celles et ceux qui, en cette période, se trouvent isolés, ou dans la maladie, ou dans la peine…

                                                          J.-P. C.