Archives mensuelles : novembre 2015

Dictées décembre 2015

INFORMATION :

Nouvelle dictée pour le Téléthon à Avrillé (Maine-et-Loire) : le 4 décembre 2015.

Renseignements : marielucefixari@hotmail.fr

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Rappels, aussi :  conférence sur Alphonse Allais, pour l’AMOPA (ordre des Palmes académiques), à la mairie du 7e arrondissement, mardi 1er décembre 2015, à 17 heures. Entrée libre.

Dictée de Boulogne-Billancourt samedi 5, à 14 heures, dans le cadre du Salon du livre, Espace Landowski.  

 

 

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Le mot du 27 novembre 2015

drapeau français

            Le drapeau de la République française associe le bleu, le blanc et le rouge, sous la forme de trois bandes verticales de largeur égale. L’orthographe normale est, avec des traits d’union : le drapeau bleu-blanc-rouge ; au pluriel, évidemment invariabilité : des drapeaux bleu-blanc-rouge. La France n’est pas représentée par des drapeaux « bleus, blancs et rouges » (= entièrement blancs, totalement rouges ou bleus).

            Je dis bien « des traits d’union », et non pas « des tirets » ! Cette remarque peut sembler inutile à certains, mais je suis sûr du contraire tellement j’entends de confusions entre ces deux mots qui ne désignent pas la même chose…

            La graphie « drapeau bleu, blanc, rouge » est moins explicite, moins rigoureuse, et est donc à rejeter. L’expression « les trois couleurs » pour désigner le drapeau national s’écrit sans majuscule et ne se met pas entre guillemets : arborer les trois couleurs à toutes les fenêtres. Il n’y a pas de majuscule(s) non plus dans : le drapeau tricolore.

            L’histoire du drapeau national, avec ses inspirations très diverses, ses variantes dans les nuances du bleu et du rouge, etc., peut évidemment nourrir la rédaction d’un ouvrage entier. Chacun peut se plonger dans des livres et articles documentés, sérieux…

            Lamartine, en 1848, a défendu le drapeau tricolore face aux manifestants qui prônaient l’adoption officielle du drapeau rouge, et l’Histoire a retenu de sa harangue : « Le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie ».

Le mot du 26 novembre 2015

hub

 

            Croyant faire « jeune », « dans le vent », « moderne », un certain nombre de journalistes parlent de hub au sujet de Molenbeek (plus exactement Molenbeek-Saint-Jean, en flamand Sint-Jans-Molenbeek), une des dix-neuf communes de la région belge de Bruxelles-Capitale.

            Ce mot anglais a pénétré le vocabulaire via son appartenance au lexique du transport aérien : on désigne par ce terme une plate-forme de correspondance aéroportuaire. Les enquêtes menées après les massacres perpétrés à Paris par les barbares islamistes ont révélé (ou auraient révélé… ce que les autorités belges savaient déjà ?) que Molenbeek était un fief de ces fanatiques. Ou, à tout le moins, qu’ils étaient comme un poisson dans l’eau dans cette ville.

            En  français,  les  vocables  ne  manquent  pas  pour  exprimer la notion de « fief », avec des nuances, bien entendu : centre, base, siège, pilier, tête de pont, nid, terroir, point d’appui…, et celle de hub : plaque tournante, centre de correspondance, plate-forme de transport, centre de liaison(s)…

 

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L’articulet « dico » du jour

cité-État  n. f.

            Ce terme est un des rares mots composés dont le premier élément commence par une minuscule et le second par une majuscule (cf. hôtel-Dieu et prie-Dieu). En effet, État prend la majuscule quand il désigne une entité politique titulaire de la souveraineté, et, par extension, sa forme de gouvernement, ses pouvoirs publics : le chef de l’État, la raison d’État, un secrétaire d’État, un coup d’État…

            Mot composé de deux substantifs, cité-État (= cité qui est à la fois une ville et un État) prend le double pluriel : des cités-États. – Les cités-États de la Grèce antique.

 

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Le proverbe du jour

            « Les mots sont comme les abeilles : ils sont le miel et l’aiguillon. »

La bourde du 26 novembre 2015

La bourde du jour

Jeudi 26 novembre 2015

La bourde du jour

            Enfin… : LES bourdes ! On ne sait plus où donner de la tête entre les pléonasmes, les barbarismes, les à-peu-près, les janotismes… et autres bévues. La Palme d’or est peut-être à mettre au compte d’une journaliste de France Info qui ne connaît pas le nom de son… invité-intervenant. Lequel, de plus, est un journaliste connu.  Pendant toute l’émission, l’animatrice a donné du « Franz-Olivier Gisberg » (très nettement prononcé « Gisbergue » !) à Franz-Olivier Giesbert.

            Mais j’ai bien aimé, aussi, le propos d’une journaliste de France 3 Alsace parlant d’un « pêcheur de poissons vivants »…  Il y aurait donc des pratiquants du sport halieutique dont la grande occupation serait de pêcher des poissons morts… ou des poissons pas nés, peut-être !

Classement du concours d’octobre 2015

Classement du concours d’octobre : 1er M. Thierry Raulin ; 2e Mme Françoise Bernard; 3e Mme Jeanne Kerleroux.  Bravo !

 

 

Le mot du 24 novembre 2015

La bourde du jour + compléments + réponses au concours

La bourde du jour

            Grâce à une journaliste de France Inter de la tranche du 5-7 (heures), nous avons appris, mardi 24 novembre au petit matin, qu’il y avait « de grandes chances » d’être atteints de la maladie d’Alzheimer si nous aimions les facéties du comique britannique Benny Hill, qui fut très en vogue outre-Manche dans les années 1955 à 1989, par son émission « The Benny Hill Show ». En France, cette émission à l’humour potache fut diffusée de 1980 à 2000 sur FR3-France 3 (Benny Hill étant doublé par le talentueux Roger Carel).

            Une équipe de chercheurs britanniques vient en effet d’arriver à la conclusion que LES RISQUES d’être touché par la maladie neurodégénérative étaient plus grands pour les fans de Benny Hill (comique du premier degré) que pour ceux qui lui préfèrent les Mounty Pythons (humour décalé, du second degré)…

            Si chance a pu concerner, autrefois, un événement aussi bien heureux que malheureux, en français moderne le seul emploi correct implique le caractère favorable de quelque chose : Vous avez de grandes chances d’être élu ; Vous avez des chances de gagner  un prix d’un million d’euros…  Il est plus que choquant de dire et écrire : « Vous avez de grandes chances d’avoir un cancer » !

        En revanche, il est licite d’utiliser une antiphrase relevant de l’humour… du premier ou du second degré, et l’on peut toujours dire : « Avec ma chance habituelle, je vais bien tomber en pleine grève des transports ! ».

 

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Complément à « mot du jour » précédent 

            Grand connaisseur de l’art des mets et des vins, l’ami Gérard Chevalier appartient à la famille des vrais correcteurs-réviseurs professionnels –  ceux que, dans l’édition et en presse, on surnomme les « dictionnaires sur pieds », les « encyclopédies sur pattes ». Il  m’a confirmé l’emploi familier de « l’Alphonse », de « du Lavallée » par les viticulteurs au sujet du muscat Alphonse Lavallée, et son propos recoupe ma réponse.

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Suggestion de « mot du jour »

            Un autre ancien du Monde, Didier Papeguay  –  non correcteur mais spécialiste, entre autres, de l’armée, de l’aviation, des armes  –  attire mon attention sur l’emploi d’ « armes lourdes » et sur le genre de kalachnikov.  Son propos argumenté mérite d’être repris dans une très prochaine chronique.

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Réponses au concours d’octobre

1° W (initiale du mot allemand Wolfram)

2° « à court d’idées »  (« A » court, dix D)

3°   lisse  et lice.

Le mot du 23 novembre 2015

La bourde du jour

Lundi 23 novembre 2015

 

La bourde du jour

            Les incrustations  –  entre autres  –  de BFM TV (… entre autres aussi !) sont une mine de « perles de culture ». Parmi celles-ci, une « hénaurmité » contre laquelle je mets constamment en garde : l’orthographe massacrée de Méditerranée.   On   a   en   effet   pu  lire,  dimanche  22,  la  variante  suivante  :  « Méditerannée »…

            Il faut donc rappeler que ce nom a été forgé avec la signification de « mer au milieu des teRRes », parce que la Méditerranée est quasiment une mer fermée.

            Second rappel : les médias sont censés informer avec fiabilité, distraire intelligemment et… INSTRUIRE. Enfin, cela faisait notamment partie des objectifs  du  Conseil  national  de  la  Résistance,  à  la  Libération…    Une   autre « grande illusion » trop souvent écornée, n’est-ce pas, Jean Renoir ?…

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Le mot du 21 novembre 2015

Question du jour + articulet « dico » du jour

Samedi 21 novembre 2015

 

La question du jour

      « Faut-il écrire : « muscat de Hambourg, Alphonse Lavallée », « Alphonse Lavallée, muscat de Hambourg », « muscat alphonse-lavallée », « Alphonse-Lavallée » ??… »

      Question ardue !… Je ne suis pas omniscient, et le choix de l’orthotypographie découle à la fois du raisonnement et de la logique… et des connaissances en tout domaine. « Muscat de Hambourg » et « (muscat) Alphonse Lavallée » sont-ils des synonymes, ou bien le « Alphonse Lavallée » n’est-il qu’un des muscats (?) dits « de Hambourg » ?

            Manifestement, il s’agit du nom d’une variété de raisin de table et non de celui d’un vin. Alors, a priori, et avant de procéder à des recherches peut-être fort longues, je crois que le mieux est d’écrire : muscat de Hambourg Alphonse Lavallée, ou, peut-être : muscat Alphonse Lavallée, pour les raisons mentionnées  ci-dessus.  Aux  yeux  de  viticulteurs  et  d’œnologues,    peut-être « muscat Alphonse Lavallée » est-il encore un pléonasme ?? Mais, dans ce cas, ce pléonasme ne choquera qu’une poignée de personnes alors qu’il sera informatif pour la quasi-totalité des lecteurs ou des auditeurs.

            Donc, je préconise : muscat de Hambourg Alphonse Lavallée, comme on écrirait  :  des roses Alphonse Lavallée. Il est inutile de recourir aux guillemets : « muscat de Hambourg « Alphonse Lavallée » ». Je suppose que les spécialistes doivent couramment dire : « le Alphonse Lavallée », « du Alphonse Lavallée »… Encore une fois, a priori, je crois qu’il est mieux de garder les deux capitales.

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L’articulet « dico » du jour

ignivome  adj. et n.

            Littéralement : « qui vomit du feu » (du bas latin ignovimus, « qui lance le feu »). Le terme n’est quasiment employé qu’au masculin, et au sujet des volcans (« ce volcan apparaissait empanaché de fumée et de flammes, au-dessus de petits monticules ignivomes », Jules Verne, les Enfants du capitaine Grant) et des… dragons (« Les compagnes de Proserpine s’efforcent d’arrêter un char attelé de deux dragons ailés et ignivomes », Victor Hugo, le Rhin).

            Toutefois, rien n’interdit de l’employer au féminin : pourquoi critiquerait-on un auteur qui parlerait de « calderas ignivomes », de sorcières ignivomes » ou d’ « artillerie ignivome » ?…

            Le mot est parfois substantivé, toujours à propos de dragons cracheurs de feu, semble-t-il : « Ils [ = les dieux] ont fait avouer les sphinx, […] éteint les ignivomes » (Victor Hugo, la Légende des siècles). Encore une fois, un carcan abusif ne saurait empêcher d’employer le terme pour désigner des volcans, des monstres de science-fiction, etc.

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Concours octobre 2015 – Dictées fin d’année

Concours d’octobre : nombre en hausse des participants !  Le « podium » s’est joué à quelques heures près.

Les réponses seront données ce soir, et le classement sera communiqué demain.

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On continue à se distraire avec la langue française, et toutes les animations sont maintenues. Entre autres :

Dimanche 22, à 14 heures : dictée annuelle à Sorèze (Tarn), dans le cadre du Salon du livre. Samedi 5 décembre, à 14 heures, dictée de Boulogne-Billancourt (pas d’inscription préalable), au sein du Salon du livre.

Le mot du 19 novembre 2015

Question du jour + bourde du jour + articulet « dico » du jour + proverbe du jour

Jeudi 19 novembre 2015

 

La question du jour

            « Après un stage par la Belgique, je travaille en Allemagne, où tout le bureau se pose la question de savoir si l’on doit accorder ou non « tel quel ». Par exemple, peut-on écrire : « Vous pouvez envoyer la lettre telle quelle » ? »

            Oui, tel quel (= tel qu’il est) s’accorde en genre et en nombre : « Je vous rends tels quels les livres que vous m’avez prêtés » ; Cette allocution est reproduite telle quelle !; Ces brochures ont été publiées telles quelles…

            Employer « tel que » dans les exemples précédents serait incorrect. On peut tolérer cette forme en style volontairement populaire, familier, dans des phrases comme : « Ouais ! Il me l’a dit tel que !! ».

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La bourde du jour

            De BFM TV à iTélé, entre autres, l’accord stupide et abusif du participe passé fait suivi d’un verbe à l’infinitif revient en boucle… Mais d’autres « perles » viennent enrichir les propos de journalistes de la radio et de la télé. La médaille d’or de la journée va à une consœur qui s’est appliquée à préciser que « dans l’appartement, il y avait entre une et deux personnes »… Un homme et sa… moitié, peut-être ?  Mais, cela ne va pas : pour les barbares fascistes et machistes de Daech1, une femme ne vaut sûrement pas la moitié d’un homme.

          Le trophée aurait pu aller à une autre journaliste, qui s’est ingéniée à bien appuyer, avec un bon gros « z » bien sonore, sur la très… fautive liaison avec mille : « cinq mille (z) obus », dix mille (z) adeptes »… Il faut donc rappeler une fois encore que, lorsqu’il est adjectif numéral, mille est un mot INVARIABLE !

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1. Il est quelque peu agaçant d’entendre différentes prononciations de ce terme, de la part des membres d’un même gouvernement, entre autres…

 

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L’articulet « dico » du jour

butymodumerchiphiliste  n. épicène (= des deux genres)

Un ou une butymodumerchiphiliste collectionne les moules et marques à beurre.

 

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Le proverbe du jour

            « Qui sait souffrir peut tout oser. »