Archives de Catégorie: A lire au jour le jour

Le mot du jour du mardi 25 septembre 2018 (4)

Le point de grammaire du jour

 

 Les pronoms explétifs

            Les pronoms explétifs sont employés spontanément, dans la langue orale familière, pour donner plus de vivacité à des propos, pour entraîner l’attention, voire l’adhésion, de celui ou de ceux auxquels ils sont adressés.  Le locuteur manifeste ainsi son implication directe dans une action qui le concerne, qui le touche : d’où la dénomination, aussi, de « pronoms d’intérêt ».

Ces pronoms, qui ne sont pas nécessaires intrinsèquement, relèvent des première et seconde personne  (« me », « moi », « te », « vous »). Un auteur peut les employer dans un roman, dans une pièce de théâtre, dans un sketch, afin de traduire l’enthousiasme, l’engagement, l’énergie, d’un personnage. Certains, sans connotation péjorative, y voient une façon de s’exprimer propre aux Méridionaux…

Cette énorme entrecôte, je me la suis mangée en cinq sec !

            Je te l’ai secoué comme un prunier, cet arrogant fonctionnaire !

            Vous allez voir : il va encore m’attraper un rhume !

            Je te les mettrais au placard, ces politiciens !

            Mettez-moi donc tous ces pique-assiettes à la porte !

            Va me ranger ta chambre, et en vitesse !

            Qu’on m’envoie ces planqués en première ligne !

           

Dans le contexte d’une langue soutenue, où l’expressivité populaire serait malvenue, on n’emploie pas les pronoms explétifs.

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Le mot du jour du mardi 25 septembre 2018 (3)

La question du jour (… posée par plusieurs personnes)   (et la réponse)

 

           « Bonjour,  Monsieur,

           Je me pose une question sur le pluriel concernant l’anniversaire de la première année. En effet, on dit toujours : « Je  fête LES un an de telle personne ». N’est-ce pas une faute d’employer le pluriel pour une première et, à ce jour, unique année ?

           À l’oral, c’est assez « moche » de dire : « Je fête le un an de ma nièce »…

          Merci par avance pour votre retour. »

 

 

 

C’est une tournure intrinsèquement fautive…  mais qui est bien entrée dans l’usage parlé.  Du type : « On va vers les midi, il faut se dépêcher ! ».  Cf.  : « Cet homme fait dans les 1,80 mètre », « Cela approche les 1 million d’euros »…  On dit bien : « appuyer sur la gâchette », qui est une ânerie absolue !…   L’usage entérine ainsi des formulations hasardeuses, des impropriétés…

Ceux des linguistes et des grammairiens qui mentionnent cette tournure enregistrent cette formulation particulière employée pour marquer une approximation soit en ne faisant aucune remarque, soit en notant qu’elle appartient au registre familier… Et en se contentant très souvent  de citer des exemples au pluriel  :  « Cette femme a dans les quarante ans », « cet appartement doit faire dans les cinquante mètres carrés »…  Évidemment, avec un pluriel, cela passe mieux !

Avec « un(e) »,  encore une fois c’est une tournure que l’on entend couramment…  Ce qui est tout de même gênant dans un contexte de langage parlé et écrit de niveau soutenu.  Ce n’est pas être pédant ni cuistre de formuler ainsi, par exemple, un faire-part, une invitation : « Nous vous convions au cocktail qui marquera le premier anniversaire de la médiathèque municipale »;  « Casimir aura un an samedi 29  :  parents et amis seront les bienvenus autour de sa première bougie ! » ; etc.

« Le un an de ma nièce »  est certes imbuvable, et à bannir !

 

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Le mot du jour du mardi 25 septembre 2018 (2)

Le calembour du jour

Selon Jules Verne, on devait cette ambiance délétère à la lune !

Le mot du jour du lundi 24 septembre 2018 (4)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Cher Monsieur Colignon,

            Merci pour toutes vos réponses à nos questions. En voici encore une, si vous le permettez.

           Je  trouve souvent ce cas de figure de deux adjectifs associés et non accordés au sujet. Exemple : « Concernant les industries chimique et pharmaceutique, bla-bla-ba ». Je comprends qu’il s’agit d’une part de l’industrie chimique et de l’industrie pharmaceutique, qui sont chacune prise dans leur ensemble, et qui ne sauraient, individuellement, être mises au pluriel, donc je n’accorde pas, mais :

 

1- Finalement, est-ce bien correct ?

2- Est-ce une vraie règle de grammaire ou juste un usage répandu mais « flottant » ?… »

 

 

Ces accords d’adjectifs coordonnés ne plaisent pas à tout le monde, mais les grammairiens contemporains considèrent, pour la plupart je crois, que cela est correct.  « Les gouvernements français et italien ont……… » ;   Il y a des cas où, bien sûr, deux pluriels seront logiques et donc obligatoires et licites : « Les principales villes espagnoles et portugaises sont….. ».  Et la logique impose même parfois un adjectif au singulier et un autre au pluriel. Prenons la Suisse  = on pourrait avoir : « Les cours confédérale et cantonales se rejoignent dans… »  (il y a une Confédération helvétique et des cantons !). La formule  a l’air bizarre…  mais elle est logique.  Je crois que l’on peut préférer la répétition : « La cour confédérale et les cours cantonales… »

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Le mot du jour du lundi 24 septembre 2018 (3)

Le jeu de mots du jour

 

Il est bien difficile de dérider les… parieurs !!

Le mot du jour du lundi 24 septembre 2018 (2)

AGENDA : Samedi 29 septembre, Journée « A la croisée des mots », à Antony (Hauts-de-Seine), de 9 h 30 à 18 heures, à l’Espace Vasarely, place des Anciens-Combattants- d’Afrique-du-Nord. Ateliers mots-croisés, Scrabble, quiz…

Dictée à 14 h 15 (préinscriptions souhaitées pour une bonne organisation, mais inscriptions de dernière minute possibles sur place).

Le mot du jour du lundi 24 septembre 2018 (1)

Salon du livre « Plumes d’équinoxe » du Croisic :  participation record à la dictée de samedi 23 (… et TOUS les participants ont reçu des lots). Voici le palmarès :

1. Michelle Préault, 6 f.; 2. Jean-Paul Gautier, 7,5 f.; 3. Marie-Jeanne Raynard; 4. Danièle Collombon; 5. Jacques Chevalier; 6. ex aequo, Sylvie Patin, Jeanne Moreau, Gabriel Boussonnière; 9. ex aequo, Mathilde Thomahsowski et Ghislaine Enaud; 11. ex aequo Solange Gautier et Monique-Marie Champy.

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Le mot du 21 septembre 2018 (1)

Pas de « mots du jour », pas de réponses aux questions, avant lundi 24, pour raison de Salon du livre du Croisic !

Le mot du 20 septembre 2018 (4)

La question du jour n° 2 (et la réponse)

 

« Bonjour,

Je me plonge (avec plaisir) dans le Dictionnaire des difficultés de la langue française écrit par A.V. Thomas et M. de Toro.

Page XI de l’introduction, je lis : « Nous nous sommes particulièrement appuyé sur le Dictionnaire de l Académie […]« .

Pas de « s » à « appuyé » ?…  Nous avons appuyé qui ? Nous. COD, non ?

Merci pour votre aide.

Bien cordialement. »

 

Il n’y a pas de faute, car il s’agit du « nous » dit « de modestie » des journalistes, ou des auteurs en général,  pour éviter d’employer un « je » supposé être immodeste, narcissique…  Cet emploi du « nous »… singulier rejoint celui du  « nous », mais dit « de majesté », cette fois,  des monarques, des souverains   :  « Nous, Louis le quatorzième, roi de France, avons décidé de… ».

Thomas parlait de lui seul…  C’est lui, l’auteur de cet ouvrage.

 

 

Le mot du 20 septembre 2018 (3)

La question du jour (et la réponse)

 

          « Bonjour, Monsieur Colignon,

          Je m’interroge sur une formulation qui apparaît de plus en plus souvent dans les offres commerciales : « dès 200 000 euros »  au lieu de « à partir de xxxx  euros ».  Il me semble  que  dès  introduit  uniquement  un  point  de  départ d’ordre temporel. Est-ce bien le cas ?

          En vous remerciant par avance pour votre réponse. »

 

Dès est cantonné à la sphère spatiale ou temporelle  :  « dès notre arrivée dans le Midi », « dès 8 heures »…

L’emploi avec une donnée chiffrée n’est pas recommandé.  Certains y voient un « helvétisme » » (???)  condamnable.