Archives de Catégorie: A lire au jour le jour

Le mot du mardi 12 décembre 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

« Bonjour,

           J’aurais à nouveau grand besoin de votre précieux éclairage, si vous en avez le temps…

          Relisant un tapuscrit sur la justice française, deux questions me turlupinent : 

         – Comment orthographier palais de Justice ? (Minuscule, majuscule).

         –  Quand on évoque le Palais de Justice de Paris, puis l’architecture des palais de Justice en France ou un avocat qui se rend au Palais, au palais de Justice. Où placer la ou les minuscules, la ou les majuscules,  et dans quels cas… 

         Je suis un peu perdue… tout comme pour, justement, la fameuse grand-salle des Pas Perdus que je vois orthographiée « Pas-perdus, Pas perdus, Pas Perdus »… Bref.

        Sauriez-vous me guider, svp ? »

 

 

 

 

L’usage a imposé, pour Paris, deux majuscules : le Palais de Justice (pas seulement une majuscule : « le Palais de justice » [de Paris]).   Sinon, partout ailleurs : un palais de justice, le palais de justice (de Bredouilly-sur-Prétoire).  (Sauf  dans  les guides touristiques, qui font ressortir avec une ou des majuscules le moindre bâtiment à voir ! On peut tolérer  cette exception…)

Palais n’est qu’un terme générique banal, à mettre sur le même plan que d’autres noms génériques de bâtiments. Et justice n’est pas employé ici au sens allégorique, qui justifie une majuscule  :  la Justice aux yeux bandés.

 

 

Effectivement, on trouve de tout pour « salle des pas perdus » !   Il n’est pas possible de retenir « pas Perdus »  (l’adjectif est après le nom),   ni « pas-perdus »  (si l’on met un trait d’union, cela entérine la création d’un nom propre composé à majuscules), ni  « Pas Perdus » (il faudrait alors un trait d’union), ni encore « Pas-perdus » (non conforme au système français, avec la majuscule au premier élément et la minuscule au second).

 

Il faut donc choisir entre salle des Pas-Perdus  (nom propre spécifique), et salle des « pas perdus »  (dénomination familière, avec guillemets, mais non consacrée par des majuscules). S’il s’agit du Palais de Justice de Paris, il vaut mieux respecter une sorte d’unité  =   salle des Pas-Perdus.  (Même ailleurs, dans des palais de justice, dans des gares, etc., il est mieux d’adopter salle des Pas-Perdus, plutôt que de se contenter de tout banaliser :  la salle des pas perdus…) 

 

Donc, à Paris =  aller au Palais,  se rendre au Palais de Justice, les travaux de restauration du Palais de Justice…

 

 

Ailleurs :   l’architecture commune à la plupart des palais de justice, aller au palais (de justice) (…  de Tromblon-sur-Clarinette).

 

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Le mot du lundi 11 décembre 2017 (3)

Le point d’argot du jour

 

            Les « poilus » de la Grande Guerre ont employé un argot savoureux, mais qui était loin de relever de la création linguistique…  Ils ont souvent repris avec gourmandise des termes et expressions qui appartenaient à la langue verte, à l’argot parigot, ou bien des mots déjà bien implantés au sein de l’armée de métier, des vocables rapportés notamment par les marins, les troupes coloniales…  Mais il y eut bien néanmoins des néologismes, suscités, par exemple, par les comportements des uns ou des autres.

Par un double jeu de mots sur leurs uniformes et sur la brièveté de leurs passages en première ligne, les combattants du front désignaient par « étoiles filantes » les officiers généraux  d’état-major qui faisaient des visites éclairs dans les tranchées.  Ces mêmes officiers d’état-major étaient affublés également du surnom de « porcelaines de Chine ». Délicate et joliment décorée, la porcelaine de Chine… ne va pas au feu !  ☺

(Petit abécédaire de la Grande Guerre   –   Ces mots qui racontent l’histoire,  Jean-Pierre Colignon, Le Courrier du livre éditeur.)

 

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Le mot du lundi 11 décembre 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Pourquoi faut-il écrire au singulier la locution de toute façon ?  Le pluriel est vraiment fautif ?… »

            Le singulier s’impose parce que cela signifie « quoi qu’il en soit », « quelle que soit la façon »…  Au pluriel,  le sens est : « de toutes les manières », donc on dit : de toutes les façons.

 

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Le mot du jour du lundi 11 décembre 2017

Le point d’orthographe du jour

Lorsque des verbes exprimant ce que l’on appelle des « mesures », d’où la dénomination de « verbes de mesure », ont en que/qu’ un complément CIRCONSTANCIEL répondant à la question « Combien ? »,  leur participe passé reste INVARIABLE. Exemple : « Cette villa ne vaut plus en 2017 les 400 000 euros qu’elle a COÛTÉ en 2003 ».

Le raisonnement ne doit pas être : « Qu’est-ce que cette villa a coûté ? », « Qu’a-t-elle coûté ? » (en étant basique : « Quoi a-t-elle coûté ? » ☺ ), mais : « COMBIEN a-t-elle coûté ?… ». Le participe reste alors invariable.

 

Donc, bien faire la différence entre :

1°   « Michel ne pèse plus aujourd’hui les 50 petits kilos qu’il a PESÉ quand il avait vingt ans »   (= combien a-t-il pesé quand il avait vingt ans ?)

et :

2°    « Tu peux mettre dans ce cageot les 10 kilos de pommes de terre que j’ai PESÉS ce matin » (=  qu’ai-je pesé ce matin ?)  [étant donné que l’on dit « les 10 kilos de pommes de terre », et non « les pommes de terre », l’accord se fait avec « les 10 kilos » ; doit-on voir avec compréhension ou indulgence l’accord « pesées », sur pommes de terre ?  ce n’est pas l’orthodoxie…

 

(Le Participe passé – Tous les accords, d’abaisser à zyeuter,  Victoires Éditions,  2013.)

Le mot du 10 décembre 2017(5)

Le janotisme du jour

Un fidèle du site, M. Marc Villa, me signale un janotisme vraiment malencontreux commis par BFM (où l’on n’est pas trop rigoureux sur l’emploi de la langue française) :

             « Monsieur Colignon,

             Une fois n’est pas coutume, je ne vous écris pas pour vous poser une énième question, mais pour vous signaler un janotisme entendu ce matin sur BFM : « Johnny sera enterré à Saint Barth’ avec sa famille. »

Si ça n’était pas triste, ce serait drôle. »

 

Passons sur l’emploi « branché » de « Saint Barth’ » pour Saint-Barthélemy…  En revanche, le janotisme est un peu dur à avaler étant donné les circonstances :  Johnny Hallyday va être inhumé, et on va faire de même avec toute sa famille ! Un enterrement massif…

Avec plus de maîtrise du français, et de réflexion, l’auteur de la phrase aurait peut-être pu dire : « Johnny sera enterré à Saint-Barthélemy en présence de sa famille et d’amis proches »…

 

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           Par ailleurs, l’erreur sur « funéraire/funèbre » (voir un autre « Mot du jour » de ce dimanche)  a été aussi commise sur Orange (… autre grande source de bêtisier !).

Le mot du dimanche 10 décembre 2017 (4)

La (nouvelle) question du jour (et la réponse)

 

          «  Monsieur Colignon, 

           Je trouve cette phrase  :  « C’est une grande chance de trouver cette carte… »

          Celle-ci est-elle plus correcte ? :   « C’est une grande chance que de trouver cette carte… » ?

          Avec tous mes remerciements. »

 

 

         Les grammairiens contemporains  estiment que la construction avec « que de » est plus courante aujourd’hui, donc… plus correcte.

 

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Le mot du dimanche 10 décembre 2017 (4)

L’impropriété de vocabulaire du jour

 

            « Les postiers dénoncent des répressions syndicales. » Ce titre qui devrait étonner tout usager de la langue français est conforté par ce qui est dit dans l’article paru dans un journal  : « Rassemblés à l’appel de l’intersyndicale de la [sans majuscule] Poste (CGT, Sud Solidaire, FO, CFDT et Unsa), les manifestants [il était précisé plus haut dans l’article qu’il s’agissait d’une « cinquantaine  de  syndicalistes »]  entendaient  protester  contre  ce  qu’ils considèrent être  » des répressions syndicales ».  »

            Curieux syndicalistes… ou curieux syndicats !!?  Car il s’agirait alors de syndicats qui opprimeraient les salariés,  ou de syndicalistes qui, à tort, croiraient que les syndicats oppriment les ouvriers, les employés, les cadres…  On est manifestement en présence d’une impropriété de vocabulaire.

Même si les syndicalistes en question ont commis ce lapsus évident, ce contresens avéré,  le rédacteur et  – ou  –  le secrétaire de rédaction, ou le réviseur, auraient dû corriger en « répressions ANTISYNDICALES » !

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Le mot du 10 décembre 2017 (3)

La question du jour (et la réponse)

           « Bonjour, Monsieur,

À  propos de l’enterrement de M. Smet dit Hallyday, « cortège funéraire »  ou « funèbre » ?  Même question pour « convoi ».


Encore merci de votre aimable réponse. »

 

Tout comme avec olympique et olympien, et autres tandems de mots,  funèbre et funéraire ne sont pas interchangeables. Contrairement à ce qu’a dit sur France Inter, ce dimanche 10 au matin, une journaliste censée être chevronnée, un convoi n’est pas « funéraire », mais funèbre !

On doit dire  :  pompes funèbres, convoi funèbre, air funèbre,  éloge funèbre,  cérémonie funèbre, oraison funèbre, marche funèbre, veillée funèbre, silence funèbre,  cortège funèbre…

Funéraire doit être employé avec urne, couronne, monument.

 

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Le mot du 10 décembre 2017 (2)

La bourde du jour

Un internaute,   M. Jean-Luc Brianceau,  nous signale un lapsus calami… teux :  une belle bourde commise dans les infos de BFM radio :  « Emmanuel Macron a prononcé l’éloge funeste de Jean d’Ormesson… ».

            « Encore un journaliste à côté de ses pompes…funèbres », commente avec humour ce correspondant !  ☺   Un journaliste qui a hésité peut-être (comme certains internautes, auxquels je répondrai demain) entre funèbre et funéraire, au point d’opter pour un fâcheux paronyme…

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Le mot du 10 décembre 2017 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

         « Bonsoir, Monsieur Colignon,

         Faut-il accorder « possible » dans cette phrase : « Préservez l’environnement de toutes les manières possibles »  ?

         SVP, merci beaucoup ! »

 

Oui : accord normal de l’adjectif, comme dans : Ce gamin a fait toutes les bêtises possibles… (cf.  toutes les bêtises permises).  L’invariabilité intervient dans des constructions telles que  :  Pour Halloween, servez-vous, prenez le plus de bonbons possible !  (ce ne sont pas les bonbons qui seraient « possibles », « mangeables », mais il faut en prendre le plus possible…).

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