Archives de Catégorie: A lire au jour le jour

Le mot du 17 septembre 2019 (1)

La question du jour (et la réponse)

 

 « Cher Monsieur Colignon,


Je m’interroge sur la question d’orthotypographie suivante : dans « Le Monde » ou « Libération »  − et d’autres journaux sûrement −, les titres de journaux sont bien composés en italique dans le corps des textes. En revanche, dans les titres, ils restent en romain, entre guillemets… Je ne comprends pas cette différence de traitement. Car, de nos jours, dans la majorité des cas, il existe un italique pour tous les caractères, même pour les caractères de titrage…
Avec, toujours, un grand merci pour vos chroniques.

            Bien cordialement.

 

Oui, c’est un usage très courant, presque général…

Il y a une raison, évidemment.  C’est un ressenti que je partage : dans la titraille, le passage romain/italique est peu esthétique, voire laid dans certaines polices de caractères.  Ce qui peut passer, ce sont quelques mots en italique  À L’INTÉRIEUR d’un titre en romain (ou l’inverse).  Mais un début de titre en romain et la fin en italique, ou l’inverse, c’est rarement heureux, visuellement, quelle que soit la police…

Ci-joint quelques exemples (mais je ne sais pas ce que cela va devenir une fois envoyé en « Mot du jour » !  >>  Eh bien si, je le vois avant envoi = toutes les finesses typographiques sont détruites, évidemment...)

                                         30 morts par noyade  : l’été meurtrier

30 morts par noyade :  l’été meurtrier

                                          30 morts par noyade :  l’été meurtrier

 

 

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Le mot du 15 septembre 2019 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

« Bonjour, Monsieur, 

            Je trouve la phrase suivante : “Ma curiosité fut éveillée et, plus qu’une tocade, plus qu’un engouement, naquit alors ma passion pour le Moyen-Âge qui dura toute mon adolescence”. N’avons-nous pas affaire, en ce cas, étant donné l’absence de virgule, à un bel exemple de janotisme ? Dans le même texte, au début du dernier paragraphe, la narratrice nous dit : “Je vivais, pensais et rêvais moyen-âge”. Comment peut-on expliquer les initiales en minuscule à ce dernier mot ?

            Je vous remercie par avance pour votre réponse. »

 

Le janotisme (« le Moyen Âge qui dura toute mon adolescence »)  ne saute pas trop aux yeux, je crois, car il est, à mon avis, noyé dans une autre construction incorrecte. Le janotisme serait plus évident, il me semble, avec « ce Moyen Âge qui dura toute mon adolescence »…

Il est impossible, incorrect, fautif,  d’écrire « moyen-âge »…  Personne n’écrirait :  « Je vivais, pensais et rêvais renaissance » (ou : « premier empire », ou : « années folles »,  ou : « belle époque », ou  « grand siècle », ou : « révolution », ou : « directoire »…).  D’ailleurs, la graphie avec un trait d’union (« Moyen-Âge ») est une faute.  Larousse et Robert (qui a heureusement évolué sur ce point !), et tous les historiens contemporains, je pense, écrivent « Moyen Âge », nom PROPRE historique.

 

 

 

 
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Le mot du 15 septembre 2019 (1)

Le janotisme du jour

 

Un fidèle internaute, manifestement hilare,  me signale qu’il a repéré ce qui suit dans le Figaro culture  :  « Un individu a dégradé Peinture. Manifestation 3 jeudi après midi, révèle Le Parisien avant d’être transféré en unité psychiatrique. Aucune information sur le montant du préjudice n’a été dévoilée par l’institution parisienne mais on l’imagine élevé. »

Drolatique janotisme, assurément, puisqu’il est affirmé qu’un journal, qu’un média, a été transféré en unité psychiatrique. Peut-être, ou sans doute, métonymie pour désigner toute la rédaction !?

La mise entre guillemets usitée naguère pour les incises avait du bon !  Ou le changement de caractère… Faute de cela, il y a obligation de reformuler la phrase :

« Un individu a dégradé Peinture. Manifestation 3 jeudi après midi », révèle Le Parisien,  « avant d’être transféré en unité psychiatrique. Aucune information sur le montant du préjudice n’a été dévoilée par l’institution parisienne, mais on l’imagine élevé. »

« Un individu a dégradé Peinture. Manifestation 3 jeudi après midi  −  révèle Le Parisien  −  avant d’être transféré en unité psychiatrique. Aucune information sur le montant du préjudice n’a été dévoilée par l’institution parisienne, mais on l’imagine élevé. »

« Un individu a dégradé Peinture. Manifestation 3 jeudi après midi, révèle Le Parisien. L’auteur des faits a été transféré en unité psychiatrique. Aucune information sur le montant du préjudice n’a été dévoilée par l’institution parisienne, mais on l’imagine élevé. »

 

 

 

Le mot du 14 septembre 2019 (5)

Information :  Comme d’habitude, Presse-Océan (édit. de Saint-Nazaire – Guérande) publiera chaque jour, à partir de lundi 16, pour accompagner ma dictée du Croisic, les questions-jeux de français que j’ai rédigées.

Le mot du 14 septembre 2019 (4)

AGENDA : les prochaines dictées !

 

Dans l’ordre, les deux (très) prochaines dictées sont celles…

… de BORDEAUX (une première !), le samedi 21 septembre, à 14 heures, à la bibliothèque Mériadeck, 85, cours Maréchal-Juin.

Inscriptions (vivement souhaitées, pour une bonne mise en place de la salle) : 05 56 10 30 00, ou sur place. Le maximum sera fait pour accueillir avec bienveillance les inscriptions de dernière minute.

Nombreux prix.


 

… du CROISIC (Salon du livre « Plumes d’équinoxe ») le… lendemain (si si !), dimanche 22 septembre, dans la salle Jeanne-d’Arc tout nouvellement refaite, 2, quai du Lénigo. Inscriptions via le site de la mairie http://www.lecroisic.fr,  et accueil et dernières inscriptions sur place, dimanche 22, à partir de 9 heures.

Pris par la « tournée des Kenavo(s) », le « Tri Yann » Jean Chocun pourra-t-il participer à la dictée, cette année ?

Nombreux prix.

 

Le mot du 14 septembre 2019 (3)

AGENDA  (précisions)

Je suis à Blois le samedi 12 octobre (et le dimanche 13), pour la « dictée historique » des Rendez-vous de l’Histoire.

Ma petite dictée écrite à la demande des éditions Folio / Gallimard* pour le Salon du livre de poche « Lire en poche » du… samedi 12 octobre, à Gradignan (Gironde), sera lue par l’écrivain Olivier Bourdeaut, auteur d’En attendant Bojangles.

(J’ai fourni aux organisateurs un décompte type pour la correction et le commentaire-corrigé détaillé…)

*  Evénement intitulé « FOLIO SANS FAUTES ! »  –  La grande dictée Folio  

Le mot du 14 septembre 2019 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour,

            Je viens vers vous, car j’hésite sur la locution latine « sine qua non ». Est-elle considérée comme francisée par l’usage ? Comment l’écrire dans un texte en romain ?

Merci d’avance de votre réponse.

            Cordialement. »

 

C’est presque complètement francisé, aujourd’hui  (toutefois, toujours pas d’accent sur le « e »)…  La locution se compose donc en romain dans un texte en romain, sans guillemets.

=  «  des conditions sine qua non ».

 

Le mot du 14 septembre 2019 (1)

INAUGURATION :  Le nouveau petit musée Alphonse Allais (plus petit musée de France, dont le créateur et conservateur est Jean-Yves Loriot), installé dorénavant rue des Petites-Boucheries, sera officiellement inauguré  le  samedi  26  octobre  2019,  à 11 heures (rendez-vous en la mairie de Honfleur, salle du conseil municipal). L’inauguration, à laquelle convient Michel Lamarre, maire de Honfleur, Xavier Jaillard, chancelier de l’Académie Alphonse Allais, et Philippe Davis, président de l’Association des Amis d’Alphonse Allais,  sera suivie du verre de l’amitié en la mairie.

 

Le mot du 13 septembre 2019 (1)

La bourde à répétition du jour

 

France 3, chaîne publique, donc financée par l’argent des contribuables, se fait remarquer par son combat en faveur de l’instruction et de la culture…  Si, si !!… Enfin, heu…

J’ai renoncé, étant donné le nombre des… bourdes,  bévues, perles d’inculture, âneries commises tous les jours dans les incrustations et légendes, dans les titres, sous-titres, etc., à les mentionner.  Vingt-quatre heures par jour, ce ne serait pas suffisant ! Et ce propos peut être repris au sujet d’autres chaînes, pas obligatoirement du domaine public.

Si je reviens ce jour sur le cas de France 3, c’est qu’un reportage diffusé par cette chaîne a constamment imposé à la vue des téléspectateurs   –   … et des scolaires auxquels on s’efforce d’inculquer les fondamentaux en orthographe   –   un sous-titre évoquant la lutte contre……… « l’illetrisme »  (comme chacun sait, ce mot est un dérivé de « letre »…; enfin, à France 3, on en est persuadé !).

 

Le mot du 10 septembre 2019 (2)

La seconde question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour,  Monsieur  Colignon,

            Un petit doute avec le mot « roi » (et pas que… finalement). J’ai appris qu’on ne mettait pas de majuscule à « roi », sauf dans certains cas, mais tout n’est pas très clair.


Je lis la  phrase suivante :


« Il est appelé à exercer les fonctions de secrétaire de la Maison Militaire du Roi, un des départements du Palais Royal. Peu de temps après, à l’occasion du mariage du Roi Baudouin et de Doña Fabiola de Mora y Aragon,
[…]. »


D’une part, je crois qu’il faut écrire « Palais royal », même si sur le site officiel de la monarchie ils mettent « Palais Royal ». Ai-je raison ?


Ensuite, il me semble que l’on doit mettre « Maison militaire du roi » (idem : avec des majuscules partout sur le site officiel).


Enfin, j’hésite avec le roi/Roi Baudouin, car il s’agit ici de son titre, et cela ferait un peu étrange de mettre « roi Baudouin » devant la « Doña Fabiola ». Doit-on mettre « roi » et « doña » ?
Je vous remercie de votre temps.»

 

Tous les titres de noblesse sont des noms communs, donc s’écrivent sans majuscule…  sauf dans les surnoms historiques : « le Roi-Soleil, le Grand Roi, le Roi-Sergent, le Roi-Chevalier… ».

SAUF s’il s’agit de textes officiels publiés par la cour de Belgique, la cour grand-ducale de Luxembourg, etc.,  les mots « roi, reine, grand-duc, grande-duchesse… » s’écrivent sans majuscule.

Ayant établi il y a quelques années, à la demande des services ministériels du Luxembourg,  et avec eux, la marche orthotypographique à suivre pour tous les textes officiels en français de cet État, j’ai accepté  les exceptions  Grand-Duc,  Grande-Duchesse, Grand-Duché… Mais pourquoi pas, s’agissant, encore une fois, des textes publiés par l’État luxembourgeois…   J’imagine qu’il doit en être de même en Belgique pour les textes publiés par le gouvernement et Laeken.

Normalement, la majuscule, même dans ces textes officiels, est réservée à l’emploi absolu : « Le Roi a décidé de… »,  « La Reine représentera la Belgique à Pékin pour……. », mais « la reine Fabiola, l’ex-reine Paola, le roi Baudouin, le roi Albert II, le mariage du roi Baudouin et de dona Fabiola »…

Normalement, on écrit : « le palais royal (monument), la maison civile du roi, la maison militaire du roi… »  …  MAIS :  souvent majuscule à « le Palais royal »  (une seule majuscule) au sens de « pouvoir royal, roi, gouvernement royal du pays ». (Cf., en France,  « la Rue de Bercy » pour le ministère des Finances, la « Place Beauvau » pour le ministère de l’Intérieur, etc.)

Dans les ouvrages d’histoire, en France, gros flottements pour « m/Maison du r/Roi »  (cela recoupe un peu le souci avec « peintre de la chambre (du roi) » : il ne s’agit pas d’un peintre lambda qui va badigeonner les appartements royaux…  On écrit donc majoritairement « premier peintre de la Chambre », « peintre de la Chambre du roi »).  Je pense que le mieux est d’opter pour « la Maison du roi »…