Archives de Catégorie: A lire au jour le jour

Le mot du jour du mercredi 21 février 2018 (1)

L’à-peu-près journalistique du jour

L’armée française n’est pas à court d’effectifs, ni de moyens, puisque le figaro.fr nous apprend ce jour que la France a déployé en Afrique « 3 000 troupes » pour l’opération « Barkhane ».  Quand on dispose du vocabulaire en principe nécessaire à l’exercice de la profession de journaliste, on doit savoir que le mot troupe   –   qui en principe fait partie du lexique fondamental  –,  signifie globalement  « réunion de gens qui vont ensemble », et, spécialement, « groupe régulier et organisé de soldats ». Pour obtenir le nombre de militaires engagés selon le ou la  journaliste, il faudrait donc multiplier par 3 000  le nombre de soldats formant, au minimum, une section, une escouade… On n’ose penser à des compagnies ni à des bataillons, voire des régiments… !!

Le général de Villiers avait bien tort de s’inquiéter…

 

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Le mot du 19 février 2018 (2)

AGENDA (rappel) : La dictée annuelle de Sèvres, au Centre international d’études pédagogiques (CIEP), se déroulera le samedi 24 mars après-midi. Renseignements et inscriptions : éventuellement mairie de Sèvres et CIEP, qui retransmettront. Inscriptions directes (et renseignements) : colignon.jean-pierre@orange.fr ou 06 07 59 17 08.

Cinq catégories de participants : cadets, juniors, seniors amateurs, seniors professionnels, champions. Préinscriptions vivement souhaitées, mais les inscriptions de dernière heure, y compris sur place, seront acceptées.

Début de la dictée : à 14 h 30. Proclamation des résultats et remise des prix à 17 h 30.

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Autres rappels d’animations ouvertes à tout le monde : entre-temps, dictées de la Mairie du 7e arr. le mercredi 14 mars après-midi; Concours de culture générale de Paris, au lycée La Rochefoucauld, le samedi 17 mars après-midi.

Pour info : finale du Championnat d’orthographe et de langue française du Maroc au lycée Lyautey, à Casablanca, le samedi 10 mars. Dictée scolaire internationale vidéodiffusée en direct du lycée Jean-Pierre-Vernant, à Sèvres, le jeudi 22 mars après-midi.

Le mot du 19 février 2018 (1)

La bourde d’écrivain du jour

« Du jour », parce que publiée aujourd’hui !…

La verve littéraire ne devrait pas entraîner un auteur au-delà du sensé dans un texte qui devrait demeurer dans le vraisemblable… L’excès de café est-il responsable de la bévue suivante, commise par Balzac dans la Femme de trente ans ?

« Une rage inexprimable rendit le capitaine plus blanc que ses voiles. D’un seul bond, il sauta sur le timonier, et l’atteignit si furieusement de son poignard qu’il le manqua. »

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Le mot du 18 février 2018 (1)

Le point d’orthographe du jour

syncrétisme n. m.

Ce mot, qui désigne la fusion, ou du moins l’interpénétration, de deux croyances ou plus, ne prend pas de h. Donc : ne pas écrire « synchrétisme », graphie qui laisserait croire que le mot chrétien concourt à la formation du vocable. Ce dernier, en fait, vient du grec sugkrêtismos, « union des Crétois » = « union des habitants de l’île de Crète ».

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Le mot du 17 février 2018 (1)

La question du jour

« « Bucilogue » : masculin ou féminin ? Signification ? »

Je ne connais pas ce mot, et mes recherches ne donnent rien.

Vous êtes sûre qu’il ne s’agit pas de baccilogue ?… D’emploi rare, ce terme a été parfois pris pour désigner des sourciers, ces personnes qui cherchent, à l’aide d’une baguette, à trouver des points d’eau, des sources. (Par une extension abusive, on utilise parfois le terme à propos de personnes cherchant, toujours avec une baguette, des mines, des matières rares…)

Bien que l’on parle toujours de sourciers, au masculin, il doit bien y avoir eu, ou il y a peut-être, ou sans doute, actuellement, des femmes qui pratiquent comme des hommes, à temps perdu, cette activité. Alors, même si l’on hésitera, de peur de se voir reprocher un machisme imaginaire, l’emploi de « sourcière », même bien-aimée1, parce que trop proche de sorcière, il n’y a pas de raison de faire de baccilogue un terme exclusivement masculin. C’est un mot épicène, comme cardiologue ou démagogue.

  1. Avec une pensée pour la regrettée et charmante « sorcière » Elizabeth Montgomery…

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Le mot du 15 février 2018 (1)

Le point de vocabulaire du jour

Les archaïsmes

On ne doit pas user des archaïsmes, des mots vieillis ou disparus, par simple désir de singularité : ce serait encourir le risque de se voir taxer de pédanterie. Le procédé doit être réservé à des cas bien déterminés, où domine une intention particulière :

  • pour recréer l’atmosphère d’une époque révolue ;
  • quand on désire susciter une impression d’affectation ou de préciosité, notamment en style ironique ou plaisant ;
  • dans un texte de haut niveau littéraire, déjà riche en vocabulaire, où le mot rare ne semblera pas déplacé ;
  • enfin, lorsque le terme obsolète fournira une acception sans équivalent dans le lexique en usage.

En ce dernier cas, on est parfaitement fondé à employer un terme chenu, mais il convient de ne pas oublier le lecteur, à qui l’on doit apporter une explication si le mot est obscur.

Il est toujours instructif – et très utile dans un certain nombre de professions – de connaître le vocabulaire le plus étendu possible. Donc, entre autres, les archaïsmes, même si l’on ne s’en sert pas. Les uns sont tombés dans les oubliettes, comme bonnetade, « coup de chapeau (de bonnet) donné en salutation », ou jangler, « criailler » (racine germanique jangelen, « glapir »). Faut-il les épousseter de temps en temps, leur faire prendre l’air ?… Ce n’est pas interdit, mais à condition de tout prévoir et de tout mettre en œuvre pour être compris.

(à suivre)

Le mot du 13 février 2018 (1)

Les calembours du jour

Comme il n’y a pas de rabat-joie, pas de pisse-vinaigre parmi les personnes fort sympathiques (évidemment !) qui suivent ce site, voici quelques calembours sans la moindre prétention, sauf celle de vouloir distraire un peu… Dans la série « Ils auraient pu le dire » :

Néron : « Je pète le feu ! ».

Platon : « Le cas Verne m’intéresse… ».

Benjamin Franklin : « Ça marche du tonnerre ! ».

Saint Lazare : « Désolé d’arriver sans crier gare… ».

Louis XVI : « Je ne sais plus où donner de la tête ! ».

Line Renaud : « Combien le Titien dans la vitrine ? ».

Charlotte Corday : « Je ne veux plus jouer les seconds couteaux ! ».

Dubuffet : « La peinture à l’eau, ce n’est pas commode ! ».

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Le mot du 13 février 2018 (1)

Information : La « Dictée scolaire européenne » annuelle, en vidéodiffusion directe depuis le lycée international Jean-Pierre-Vernant de Sèvres, aura lieu le jeudi 22 mars. Réservée aux étudiants, elle précédera donc de deux jours la dictée grand public au Centre international d’études pédagogiques, également… à Sèvres !

Le mot du 12 février 2018 (2)

La question du jour (et la réponse)

« Me voici avec une nouvelle question. Je n’arrive pas à savoir s’il faut écrire « une transaction en euro » ou « une transaction en euros ». Les deux peuvent se défendre. Existe-t-il une règle qui permette de trancher ?
Merci à vous et bonne journée. »

Non, il n’y a pas de règle. Les deux graphies peuvent être licites. Je constate seulement une majorité de « transaction(s) en euROS »…

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Le mot du 12 février 2018 (1)

L’interrogation du jour

Sur Radio Classique, lundi 12 février à 9 heures, l’ancien ministre et philosophe Luc Ferry a attribué à Voltaire la fameuse interrogation sur l’éventuel homicide à distance d’un mandarin… Or quasiment tout le monde cite Balzac, qui lui-même fait allusion à Rousseau, par la bouche de Rastignac : « As-tu lu Rousseau ? […] Te souviens-tu de ce passage où il demande à son lecteur ce qu’il ferait au cas où il pourrait s’enrichir en tuant à la Chine par sa seule volonté un vieux mandarin, sans bouger de Paris ». Bianchon répond par une leçon de modestie et de bon sens : « Je conclus à la vie du Chinois ». (Balzac, le Père Goriot.)

Mais l’on trouve dans le Génie du christianisme de Chateaubriand : « Ô conscience ! Ne serais-tu qu’un fantôme de l’imagination, ou la peur des châtiments des hommes ? Je m’interroge ; je me fais cette question : « Si tu pouvais, par un seul désir, tuer un homme à la Chine, et hériter de sa fortune en Europe, avec la conviction surnaturelle qu’on en saurait jamais rien, consentirais-tu à former ce désir ? » J’ai beau m’exagérer mon indigence ; j’ai beau vouloir atténuer cet homicide, en supposant que, par mon souhait, le Chinois meurt tout à coup sans douleur, qu’il n’a point d’héritier, que même à sa mort ses biens seront perdus pour l’État ; j’ai beau me figurer cet étranger comme accablé de maladies et de chagrins ; j’ai beau me dire que la mort est un bien pour lui, qu’il l’appelle lui-même, qu’il n’a plus qu’un instant à vivre : malgré mes vains subterfuges, j’entends au fond de mon cœur une voix qui crie si fortement contre la seule pensée d’une telle supposition que je ne puis douter un instant de la réalité de la conscience. » Balzac aurait donc eu connaissance de ce propos, et l’aurait repris…

C’est donc par erreur, ou par un raccourci qui peut induire en erreur, que Michel Lantelme, dans Malraux portraits avec mains, « Objet », Presses universitaires du Septentrion, écrit : « S’il existe comme l’affirme Freud une disposition secrète, propre aux hommes d’aujourd’hui, qui consiste à « tuer son mandarin « , force est de reconnaître que chez Malraux les mandarins ont la vie dure ». Il eût fallu écrire tout au moins, pour ne pas mettre dans la tête des lecteurs une fausse référence : « … comme l’affirme Freud reprenant une métaphore célèbre… ».

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