Archives mensuelles : février 2016

Le mot du 28 février 2016

smombie

 

Néologisme tout récent, sauf erreur, smombie est un mot-valise forgé en associant le début de smartphone et la terminaison de zombie (variante de zombi). Cette création n’est pas inutile étant donné la réalité que le terme ainsi lancé désigne : le nombre croissant d’individus, hommes et femmes, constamment plongés dans l’écran de leur téléphone portable. Que ce soit dans le métro, dans le bus, ou tout en marchant – en étant aveugles et sourds à toute autre chose –, ces êtres déconnectés de la vie de la rue sont en revanche constamment connectés aux « étranges mini-lucarnes », comme devraient dire les journalistes du Canard enchaîné (avec le « flexe » maintenu sur le i !). Car c’est dans le Canard que fut inventée l’amusante locution « étranges lucarnes » pour désigner les écrans des postes de télévision. Une télévision qui elle aussi « captive », avec ses… chaînes.

D’autres vocables auraient sûrement pu être conçus en utilisant des syllabes de fantôme, d’ectoplasme, ou de spectre

Smombie est donc un mot épicène (= des deux genres), qui prend normalement la marque du pluriel : des smombies.

 

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La citation du jour

            « Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours. » (Benoîte Groult.)

 

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Le proverbe du jour

            « On ne peut empêcher le chien d’aboyer, ni le menteur de mentir. »

 

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Le trait d’esprit du jour

            Le maquillage de la splendide Rita Hayworth, lors du tournage de la Dame de Shanghai, dirigé par son mari, l’acteur et réalisateur Orson Welles, eut à souffrir de la chaleur sur le plateau. Le chef maquilleur fit alors remarquer qu’il devait procéder à des retouches, car « Miss Hayworth suait terriblement ». La fureur de l’époux-cinéaste fut elle aussi terrible : « Apprenez, une fois pour toutes, que les chevaux suent, que les humains transpirent, mais que miss Hayworth, elle, IRRADIE ! ».

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Le mot du 27 février 2016

La question du jour  +  les bévues du jour  +  la citation du jour

 

La conjonction du bouclage de plusieurs livres avec le travail de préparation de nombreuses dictées et autres animations en mars a compromis la publication de textes sur le site ces derniers temps. L’édition quotidienne de chroniques reprend aujourd’hui.

 

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La question du jour

            « On ne s’y retrouve plus ! Les dictionnaires ne sont pas d’accord entre eux, on entend tout et son contraire…Faut-il écrire « le siècle des lumières », « le Siècle des lumières », « le Siècle des Lumières », « le siècle des Lumières » !!? »

            Les discordances sont normales, parce que le cas mérite réflexion. Par ailleurs, et je l’ai déjà dit, sans morgue ni acrimonie à l’égard des linguistes, grammairiens et lexicographes, parmi ces derniers peu ont consacré – ou ont pu consacrer – beaucoup de temps à l’orthotypographie…

D’une façon générale, dans des locutions et expressions historiques, artistiques, littéraires, le mot siècle reste un terme générique, avec minuscule.

Pourquoi le XVIIIe siècle est-il ainsi surnommé ?… C’est parce qu’il a été dominé, en Europe, par un mouvement philosophique porté par la volonté de combattre les ténèbres de l’ignorance par la diffusion du savoir au profit de populations ainsi de plus en plus éclairées (quel merveilleux objectif, qui reste toujours à étendre au monde entier, notamment au bénéfice des filles et des femmes…).

Ce mouvement a pris le nom propre de « mouvement des Lumières », et le dernier mot est devenu en même temps le surnom – donc un nom propre – de ces philosophes militants. On écrit donc, et c’est logique : les représentants des Lumières, les idées des Lumières ; le français, langue des Lumières… Cela donne la réponse à votre question. Il faut écrire : le siècle des Lumières.

 

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Les bévues du jour

            Elles ont été retenues parmi de multiples bourdes vues ou entendues…

1° Une journaliste de France Inter ne maîtrise pas l’accord des adjectifs de couleur (vendredi 26 au matin), puisqu’elle parle d’une chose qui serait « verte pâle ». En réalité, la formule est une ellipse, un raccourci, pour dire d’un objet qu’il est « D’UN vert qui est pâle ». Par conséquent, l’invariabilité s’impose dès que l’on est en présence d’une construction associant un véritable adjectif de couleur simple et un adjectif qualificatif qui précise la nuance : des chemises bleu clair, des pantalons brun foncé, des maillots rouge vif

2° Plus grave : ce samedi midi, une journaliste de BFMTV laisse entendre que Paris est à feu et à sang, que la ville est livrée à des émeutiers… Eh oui, sans doute, puisque, dit-elle textuellement, « le ministère de l’Agriculture a été démonté » [par des paysans en colère]. La vraie information : au Salon de l’Agriculture, le STAND du ministère de l’Agriculture a été démonté par des agriculteurs désespérés et donc exaspérés…

 

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La citation du jour

            « L’homme aurait toujours assez de moyens s’il avait assez de volonté. » (Massillon.)

 

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Émission en direct, à propos de la « pseudo-réforme » de l’orthographe, sur le réseau de radios RCF, mardi dernier, avec M. Frédéric Vitoux, académicien, et M. Jean Pruvost, universitaire, spécialiste de l’histoire des dictionnaires. Il n’y eut pas de confrontation puisque nous étions tous les trois d’accord sur le rejet de cette mauvaise idée… (Je renvoie à ce que j’ai écrit dans plusieurs chroniques ainsi qu’au texte de l’Académie française du 5 février, texte que j’ai mentionné.)

Ainsi que je l’ai indiqué à l’antenne, dans toutes mes dictées seules continueront à être retenues les graphies classiques. Il ne sera pas tenu compte de cette pseudo-réforme (chacun peut imaginer ce que donneraient des dictées où il faudrait tenir compte, entre autres, de centaines et de centaines de doubles graphies…)

 

 

Le mot du 22 février 2016

La question du jour  +   l’articulet « dico » du jour  +  les citations du jour  +  le proverbe du jour  +  le trait d’esprit du jour

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Les réponses aux questions du dernier concours seront données mercredi 24.

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La question du jour

            « Puis-je dire « faire mémoire » pour signifier que quelque chose va entrer dans les annales, va s’inscrire dans les mémoires : « C’est un événement qui va faire mémoire ! » ? »

Selon moi, non ! D’abord, parce que cette construction « faire + substantif » n’est pas très régulière, même si « faire problème » et « faire sens » sont dans l’air du temps, sont des expressions à la mode. Ensuite, parce que « faire mémoire » me semble être une locution ambiguë, que l’on peut comprendre sous plusieurs significations…

Avec va faire, cela conforte certes, je pense, votre propos, mais avec « cela fait mémoire » pourquoi n’y verrait-on pas quelque chose comme « cela rappelle des événements, des faits… » ? S’il y a doute, il faut toujours préférer utiliser d’autres formulations, plus claires et plus précises. Par exemple : « voilà qui fera date », « voilà un événement qui va marquer les esprits », « voilà un fait dont on se souviendra longtemps »… Ou bien : « cela remet en mémoire des épisodes déjà anciens », « voilà qui rappelle le Second Empire », etc.

 

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L’articulet « dico » du jour

voyou n. m.

Des voyous. – Dans son Grand Dictionnaire universel (t. XV), Pierre Larousse admettait le féminin voyoute, mais en précisant qu’il était « peu usité ». Le Quillet 1938 acceptait lui aussi le nom au féminin.

Aujourd’hui, les dictionnaires les plus usuels ne retiennent que le masculin. En l’emploi adjectif, ces mêmes ouvrages acceptent l’accord en nombre au masculin comme au féminin : des États (-) voyous, des manières voyous. Le féminin voyoute n’est pas avalisé officiellement : il est noté comme « rare » et toléré dans un contexte humoristique…

 

 

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Les citations du jour

« On tient d’autant plus aux honneurs qu’on en est moins digne. » (Édouard Herriot.)

« Aujourd’hui, ceux qui ont de la noblesse d’âme sont sans énergie, et ceux qui ont de la volonté sont sans scrupules. » (Alfred Capus.)

 

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Le proverbe du jour

            « Prenez garde à la colère d’un homme patient… »

 

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Le trait d’esprit du jour

            La promotion de la Légion d’honneur dont faisait partie Jules Renard ne comportait pas que des personnes de grand mérite ou de grand talent… Alphonse Allais, à la lecture de la liste, s’écria : «  Oh ! Vous avez vu ? … Ce pauvre Renard qu’on a décoré dans une rafle ! ».

 

Le mot du 21 février 2016

amitié

 

Les organisateurs locaux de mes dictées ainsi que les participants familiers à ces dictées sont devenus, au fil des années, des amis.

Lorsque des amis sont dans les soucis, dans la peine, dans les souffrances, on ne reste pas indifférent. C’est pourquoi je me permets d’adresser à des amis normands, tant pis si je répète le mot, toute mon amitié alors que la maladie frappe durement en leur sein. Si je renouvelle ici ce qui a été dit en privé, c’est pour associer à ce message de sympathie tous ceux qui, parmi la famille des amis des dictées, de l’orthographe et de la langue française, seraient également dans les soucis de santé…

                                                      J.-P. C.

 

 

Le mot du 20 février 2016

La question du jour  +  la citation du jour  +  le proverbe du jour  +  le mot d’esprit du jour

La question du jour

            « Le verbe « tacler » revient de plus en plus souvent dans les commentaires portant sur des débats politiques. Peut-on accepter cet emploi, ou faut-il dire, en français de meilleur niveau : « Tartempion a contredit Dumollet », « Godiflot s’est sévèrement opposé à Verdurin » ? »

L’extension d’un mot à des emplois figurés est parfois excellente, parfois moins heureuse, voire à rejeter sans nuance(s). De plus, « cinquante personnes : cinquante avis » !

Venus de l’anglais, tacler et tacle sont complètement intégrés au vocabulaire du football. Ces deux mots ont des significations précises, que n’expriment pas d’autres mots qui auraient été directement créés en français. Lorsqu’un joueur tacle un adversaire, cela veut dire qu’il le dépossède du ballon par une énergique glissade du pied, ou, même, des pieds. Ce geste technique peut être dangereux pour celui qui en est victime, et les cartons jaunes et – ou – coups francs ne sont pas rares…

Attaquer, contredire et s’opposer ne conviennent pas, sont impropres ou insuffisants, selon moi. Ils ne contiennent pas l’idée de point remporté par le « tacleur » : ce dernier a, au moins, « rembarré sévèrement » les arguments de l’adversaire, a « contré très sèchement » les positions antagonistes… Le ou les contradicteurs ont vu leur argumentation mise en grande difficulté, voire ridiculisée, anéantie…

Je pense que l’on peut garder cet emploi de tacler, un emploi qui, de figuré, est en train de passer à un emploi courant, ordinaire, intégré au bon usage de 2016. Si l’on est encore sur la réserve, il faut alors recourir à des verbes de sens fort, qui doivent être associés à des adverbes, de façon à exprimer parfaitement la notion du tacle.

 

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La citation du jour

            « Celui qui ne lit pas aura vécu une seule vie. Celui qui lit aura vécu 5 000 ans. La lecture est une immortalité en sens inverse. » (Umberto Eco.)

 

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Le proverbe du jour

            « Chat timide fait souris effrontée. »

 

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Le mot d’esprit du jour

            Parlant d’un courtisan avéré, le comte de Tressan, Mme de Sévigné assura, alors que ce flagorneur empressé était absent lors de l’oraison funèbre d’un grand personnage du royaume : « Si ç’avait été pour un vivant, il n’aurait point manqué d’être là… ».

 

 

Le mot du 18 février 2016

La question du jour  +  l’articulet « dico » du jour  +  la citation du jour  + le proverbe du jour

015

 

La question du jour

            « Doit-on écrire « la Toute-Puissance divine » ou  » la toute-puissance divine » ? »

            La graphie normale exclut les majuscules : « toute-puissance divine » est la forme adoptée ordinairement, même par les ouvrages de théologie, chrétienne en tout cas. Mais des auteurs peuvent, pour exprimer leur foi, pour afficher leurs convictions profondes, tenir aux deux majuscules. Un correcteur-réviseur de métier acceptera alors cette option…

D’une façon générale, et comme avec les guillemets, on doit montrer de la circonspection à l’égard des majuscules en fonction du contexte… Les majuscules sont en effet un des procédés adoptés pour marquer l’humour, la raillerie, la malice, la goguenardise, l’ironie : « le secrétaire d’État, enveloppé de sa Toute-Puissance, s’est déplacé à… ».

 

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L’articulet « dico » du jour

nival(e)   adj.   Pluriel : nivales, nivaux.

Relatif à la neige : le régime nival d’un torrent.

Paronyme : nivéal (e) (pluriel : nivéales, nivéaux). Celui-ci ne peut qualifier qu’une plante qui fleurit, ou une fleur qui éclot, en hiver, ou un végétal qu’on trouve dans la neige (nivéale, n. f., est d’ailleurs un synonyme de perce-neige).

Autre paronyme, l’adjectif nivéen(ne), qui ne peut s’appliquer qu’à quelque chose qui ressemble à la neige ou qui en a la blancheur (l’emploi de cet adjectif est plutôt du domaine de la poésie : Agnès au teint nivéen).

 

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La citation du jour

            « Ce n’est pas en améliorant une absurdité qu’on prouve une certaine intelligence : c’est en la supprimant. » (Maréchal de Lattre de Tassigny.)

 

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Le proverbe du jour

            « Personne ne se peut dire heureux avant la fin de la journée. »

 

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Le mot du 16 février 2016 (second)

La question du jour  +  la citation du jour  +  le proverbe du jour  + le trait d’esprit du jour

 

La question du jour

            « Dans la phrase « Je ne sais pas si j’aurai une bonne ou une mauvaise Fortune », est-ce qu’il faut obligatoirement une majuscule à Fortune ? Il me semble que oui, car son sens milite clairement vers une force naturelle divinisée symbolisant la chance ? »

Non, la majuscule n’est employée que lorsqu’il s’agit vraiment de la divinité aux yeux bandés et porteuse de la corne d’abondance, ou tenant un gouvernail, etc., et qui préside aux aléas de la vie : une statue de la Fortune, la déesse Fortune ; Il reçut un jour la visite de la Fortune, en la personne de Mme X…, qui allait le couvrir de bienfaits… Cette majuscule peut être étendue à des emplois poétiques… ou humoristiques.

Dans tous les autres cas, ainsi dans votre exemple, c’est la minuscule qui est de règle, au sens de tour favorable ou défavorable que prend, ou que prendra la vie (une situation, un événement…) : Ils sont prêts à la bonne comme à la mauvaise fortune ; par fortune, il rencontra un entrepreneur… ; chercher fortune au gré des circonstances…

 

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La citation du jour

            « Le principal fléau de l’humanité n’est pas l’ignorance, c’est le refus de savoir. » (Simone de Beauvoir.)

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Le proverbe du jour

            « Pour rien, certains vous aiment ; pour un rien, d’autres vous haïssent… »

 

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Le trait d’esprit du jour

            Georges Feydeau (1862-1921) se montra sarcastique à l’égard d’un auteur dramatique infatué de lui-même dont une pièce venait de faire un four. Alors que ce confrère prétentieux lui disait : « En tout cas, je n’ai pas été sifflé ! », l’auteur du Fil à la patte fit observer : « Bien sûr… Remarquez, on ne peut pas bâiller et siffler en même temps ».

           

Le mot du 16 février 2016

sidérant

 

            La lettre envoyée par Mme Najat Vallaud-Belkacem à Mme Carrère d’Encausse au sujet de la pseudo – « réforme » de l’orthographe est sidérante, c’est-à-dire ahurissante…

            Naïveté, méconnaissance – réelle ou feinte – de la vérité quant au déroulement et aux résultats des projets de « rectifications », des calculs et des volte-face de certains en 1990-1991, des manœuvres ou manipulations d’hier ou d’aujourd’hui…, les bras m’en tombent à la lecture de la missive de l’éminence gouvernementale.

            Je renvoie les internautes et les journalistes aux textes que j’ai publiés sur ce site, et qui relatent de A et Z, et en épargnant la mémoire de certaines personnalités (bof…), le déroulement de cette « comédie humaine ».

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La bourde du jour

            Chaque jour, il faudrait intituler cette petite chronique… « LES BOURDES du jour » !

Aujourd’hui, les auteurs des incrustations sur iTélé étaient particulièrement en verve, et leurs bévues tombaient entre autres dans des contextes fâcheux… Il est particulièrement regrettable, ainsi, que dans le sujet consacré à la mort d’Ilan Halimi, torturé par des barbares, on ait parlé de son « martyr ». Non, ce jeune juif a subi un MARTYRE – cela se termine sur un « e », comme supplice (cette remarque peut servir de moyen mnémonique !) –, ce qui a fait de lui un martyr (sans « e »)…

Encore une lettre en moins, et pour le même sujet, avec un « remord » sans « s » final. Le terme étant employé au singulier – « le remord » –, le sous-titreur a dû penser que REMORDS était la graphie du pluriel… Je lui signale que c’est une erreur, et que ce mot s’écrit constamment avec un « s » : un REMORDS.

 

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Le mot du 14 février 2016

« Les dents qui rayent (ou : qui raient) le parquet »

Cette expression familière est fort usitée à propos d’arrivistes forcenés (hommes et femmes) qui veulent accéder au pouvoir ou à l’argent, aux deux de préférence pour certains. Et à la célébrité…

Balzac aurait pu employer la formule à propos de son Rastignac, et Joseph L. Mankiewicz pour sa Ève (All about Eve, 1950, avec Bette Davis et Anne Baxter ; d’après la nouvelle de Mary Orr, The Wisdom of Eve, parue en mai 1946 dans Cosmopolitan).

De la notion d’ « être affamé » au sens propre on est passé au sens figuré d’avoir faim d’honneurs, d’argent, de pouvoir, d’être ambitieux et avide. Pour atteindre cet objectif, il faut avoir les dents longues, si longues, même – bien plus longues que celles d’un vampire (le carriériste est une sorte de vampire, d’ailleurs) – , qu’elles en viennent à… rayer le parquet !

Habileté, intrigue, flatteries, magouilles, duplicité, etc., les carriéristes ont tout un arsenal à leur disposition pour arriver à leurs fins, s’appuyant la plupart du temps sur les intérêts, rivalités, arrière-pensées d’autrui, notamment en politique ou au sein des grands médias.

 

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La citation du jour

            « Il n’y a pas d’homme cultivé. Il n’y a que des hommes qui se cultivent. » (Maréchal Foch.)

 

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Le proverbe du jour

            « Quand ma fille est mariée, tout le monde la demande. » ( = Quand une affaire jusqu’alors dédaignée a été conclue, parce que quelqu’un s’y est intéressé, quantité d’autres personnes s’y intéressent soudainement.)

 

 

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Le trait d’esprit du jour

            Un jeune photographe avait été envoyé pour tirer le portrait de Winston Churchill, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’homme d’État. Impressionné, le jeune homme dit au vieux lion : « Sir Winston, je suis vraiment enchanté de vous prendre en photo pour vos quatre-vingts ans, et j’espère que je serai encore là pour vos cent ans ». Pince-sans-rire et malicieux, Churchill répliqua gentiment : « Mais, jeune homme, vous me semblez en pleine forme et de bonne constitution. Je ne vois donc pas pourquoi ce ne serait pas le cas. »

Le mot du 13 février 2016

Le communiqué de l’Académie française au sujet de la prétendue « réforme »

 

            Comme je l’ai indiqué, l’Académie française a publié un communiqué qui reprend, qui confirme, tout ce que j’ai dit lors d’interviews et dans la chronique publiée sur le site.

           En préambule, l’Académie affirme qu’ « elle n’est pas à l’origine de ce qui est désigné sous le nom de « réforme de l’orthographe », dont la presse se fait l’écho depuis plusieurs jours et qui devrait être appliquée dans les programmes scolaires à compter de la prochaine rentrée ».

            L’Académie confirme ce que j’ai dit : le texte n’a, en 1991, été publié que dans la partie « documents administratifs » du Journal officiel. « La Compagnie a rappelé à cette occasion son attachement au principe selon lequel doivent être exclues toute réforme et même toute simplification de l’orthographe. Ce principe est conforme à sa position constante : hostile à toute réforme visant à modifier autoritairement l’usage, l’Académie n’a jamais été pour autant fermée à des ajustements appelés par les évolutions de la langue, et que les différentes éditions de son Dictionnaire se sont attachées à refléter. »

            L’Académie résume sa position, en déclarant, dans la conclusion, qu’ « elle s’est proposé, selon une procédure qu’elle a déjà suivie à plusieurs reprises, de juger à terme des graphies que l’usage, législateur suprême, aura retenues et de confirmer ou infirmer les modifications proposées ». 

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            Les Quarante affirment donc qu’ils ne sont nullement impliqués dans la reprise de suggestions de rectifications de 1990-1991 au sujet de l’accent circonflexe (et, semble-t-il, de curiosités comme nénuphar et oignon…). L’Académie rappelle qu’en France nul n’a le droit de décréter des changements d’orthographe (aucun texte fondamental de la République ne l’autorise) : elle est « hostile à toute réforme visant à modifier autoritairement l’usage ».

            De vives réactions se manifestent de toutes parts – qu’il s’agisse de M. François Bayrou, qui fut ministre de l’Éducation nationale, ou de la rédaction du Canard enchaî – contre ces propositions qu’une décision arbitraire (émanant d’on ne sait trop qui, car personne, apparemment, n’en revendique clairement la paternité !) voudrait imposer.

            Si l’on veut simplifier intelligemment l’orthographe, il faut commencer par supprimer des discordances évidentes qui compliquent inutilement la tâche des enseignants et celle des apprenants, comme on dit maintenant. Même s’il existe en certains cas des explications à l’installation de ces discordances dans la langue, il faut donner la priorité à des unifications utiles et qui sont réellement simplificatrices, et non perturbatrices : accorder chariot sur charrette et compagnie, aligner combattre et combativité, etc.

            En revanche, et en me situant sur la même position que l’Académie française, je m’en tiens pour tout le reste à l’orthographe traditionnelle, respectant l’usage suivi par l’immense majorité des francophones. Cela, tant que l’usage, « législateur suprême », n’aura pas évolué…

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INFORMATION IMPORTANTE AUX PARTICIPANTS AUX DICTéES :

S’agissant de l’organisation de mes dictées publiques, il faut absolument éviter les pagaille, cafouillis, cafouillage et discussions sans fin qu’entraînerait bien évidemment la multiplication des doubles graphies dues à des propositions qui, selon moi, compliquent plutôt les choses. Seules les graphies traditionnelles seront acceptées (y compris les variantes très implantées dans l’usage et figurant toutes en « vraies  entrées » des dictionnaires de référence). D’ailleurs, ces propositions seront peut-être abandonnées ou bien cantonnées à certains ouvrages, et rejetées par les usagers de la langue.