Archives mensuelles : mai 2018

Le mot du 31 mai 2018 (2)

Le jeu de mots du jour

Une arête de sole meunière mit fin à la vie de ce compositeur…

Proposition d’épitaphe : La sole l’a mis là !

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Le mot du 31 mai 2018 (1)

La bourde de français à éviter

« Pendant toute la durée du festival de cinéma, l’orphéon municipal donne une aubade à 23 heures dans le petit bois jouxtant la mairie ! »

Connaître un tant soit peu l’étymologie permet très souvent de maîtriser l’orthographe des mots, et aussi d’éviter des bourdes dans l’emploi du vocabulaire…

Aubade (du provençal aubada) est de la famille d’aube ; c’est donc un concert donné le matin – à l’aube… ou presque ! – en l’honneur de quelqu’un, et, en principe, sous ses fenêtres.

Si, toujours pour honorer quelqu’un, en principe, on donne un concert mélodieux le soir (en italien : sera), il s’agit alors d’une sérénade (en italien : serenata).

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Le mot du 30 mai 2018 (1)

Le point d’orthotypographie du jour

cartel n. m.

Avec une minuscule initiale dans l’emploi général :

Un cartel s’est constitué dans la plus grande discrétion.

Ce cartel des transporteurs routiers internationaux a fait du lobbying depuis trois mois.

Avec une majuscule dans le nom de regroupements connus d’organisations et partis politiques, de regroupements de personnalités qui s’associent au sein du monde artistique, culturel, philosophique, etc. :

Le Cartel des quatre était formé de fortes personnalités du théâtre – Gaston Baty, Charles Dullin, Louis Jouvet et Georges Pitoeff –, unis afin de promouvoir leur conception rénovatrice de la scène.

C’est en 1924 que se constitua le Cartel des gauches.

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Le mot du 29 mai 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Mai 68, les années trente, l’hiver 54… C’était en 54 ou en cinquante-quatre ?

En dix-sept ou en 17 (pour 1917) ?

Quand faut-il écrire les années en chiffres ou en lettres ? Quelle règle faut-il appliquer ?

Merci pour votre aide. »

1° On écrit : Mai 68, parce que c’est un nom propre de période historique, et quand bien même y aurait-il la mention, mais abrégée, de l’année.

Sinon, la règle est la suivante :

  • les journées de Juin, mais : les journées de juin 1848
  • la révolution de Juillet, mais : la révolution de juillet 1830

C’est-à-dire majuscule lorsque l’année n’est pas donnée, mais minuscule quand on mentionne le millésime.

2° Dans les textes, même littéraires, les quantièmes des mois et les années sont les seuls nombres qui sont en chiffres. Le bon usage consiste à écrire les années en entier : Cela se passait en 1954… Toutefois, lorsqu’il n’y a pas de confusion possible entre siècles, on tolère les abréviations, et ces abréviations familières sont même plus en situation « littéraire » dans des romans populaires, ou quand on évoque des événements et périodes historiques pour lesquels l’usage a consacré les formulations abrégées en chiffres : Mon grand-père a fait 14 !; Il me semble que les Berthier ont habité là dans les années 20-25…

Plusieurs usages existent, notamment en presse, selon les « marches maison », les « marches de travail » adoptées : encore une fois, dès lors qu’il ne peut pas y avoir de quiproquo sur le siècle, on peut écrire les années trente ou les années 30, mais, si l’on a le moindre doute quant à d’éventuelles confusions dans l’esprit du lecteur, on opte pour la précision 1880 ou 1980… !

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Le mot du 28 mai 2018 (1)

La bourde humoristique du jour

Walter Sistelli a détecté sur le site de LCI, à propos de la finale de la Ligue des champions de football, un article dont voici un extrait : « […,] le gardien malheureux de Liverpool a reçu plusieurs menaces de morts sur ses comptes Twitter et Facebook. »

Ce fidèle abonné du site s’étonne : il ne savait pas que les réseaux sociaux « étaient accessibles à nos chers défunts »… Lesquels en profitent donc pour envoyer des menaces (dame oui = ce goal a reçu des « menaces de MORTS » !).

Le texte de LCI enchaînait ainsi : « La police de Liverpool a annoncé dimanche qu’elle allait ouvrir une enquête. »

Pince-sans-rire, Walter Sistelli commente : « Je pense donc qu’elle va devoir s’adjoindre les services d’un médium… ».

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Le mot du 27 mai 2018 (3)

Le barbarisme du jour

« C’est un véhicule antidiluvien ! » Le vieux tacot ainsi qualifié ne peut pas être « contre (anti) le déluge (diluvien, « qui se rapporte à un déluge ») » ; cela ne veut rien dire ! En revanche, si la vieille guimbarde donne vraiment l’impression de dater d’avant le fameux Déluge de la Bible, il faut dire : « anté (« avant ») + diluvien, soit, en un seul mot, antédiluvien(ne).

« Antidiluvien(ne), mot qui n’existe pas, est ce qu’on appelle un barbarisme…

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Le mot du 27 mai 2018 (2)

Le trait d’esprit du jour

Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.

(Jules Renard.)

Le mot du 27 mai 2018 (1)

La faute du jour

Sur France Inter, en ce dimanche matin 27 mai, à propos de la Colombie, un intervenant a constamment parlé, en articulant bien, de la « cor-di-lière » [des Andes], et même de « trois cor-di-lières ». Or ce mot… n’existe pas. Ce ne sont pas des pères cordeliers qui ont baptisé cette chaîne de montagnes, et il n’est pas question ici de la corde – la cordelière – utilisée en ameublement, ni de celle portée en ceinture par les franciscains !

Francisation de l’espagnol cordillera, c’est cordillère qui est le bon terme. Comme c’est un nom commun, il n’y a pas de majuscule initiale : la cordillère des Andes. (La capitale à l’initiale peut être tolérée dans des ouvrages ou articles spécialisés où cette impressionnante chaîne de montagnes sera mentionnée au sens absolu : « S’attaquer aux sommets de la Cordillère n’était pas un petit objectif ! ».)

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Le mot du 26 mai 2018 (1)

La faute récurrente du jour

Une journaliste qui présente depuis des années les journaux télévisés du week-end, sur France 3 programme national, a pour spécialité de ne pas savoir accorder le participe passé de faire suivi d’un verbe à l’infinitif… Aucun accord stupide, irréfléchi, ne lui échappe, semble-t-il : « La star s’est faite construire une villa à Saint-Raphaël », « La chancelière s’est faite guider, lors de l’exposition, par le ministre de la Culture », « Elles se sont faites faire des robes somptueuses pour le mariage princier »… Alors que la maîtrise de la langue française devrait relever de la compétence professionnelle pour cette présentatrice (et pour tous ses confrères et consœurs), et de son DEVOIR à l’égard des téléspectateurs et citoyens !

Bien évidemment, le participe passé de faire est invariable, le simple bon sens le démontre et interdit de commettre ces fautes grossières : la star en question « a fait construire pour elle une villa », « la chancelière a fait guider elle-même par une personnalité de la culture », les invitées au mariage princier ont « fait faire » pour elles des robes de haute couture… Un simple raisonnement primaire permet de comprendre que les sujets commandent le verbe faire, mais non le verbe à l’infinitif qui suit : la star ne construit rien du tout, la chancelière ne guide rien, et les invitées ne conçoivent pas, ne cousent pas, la moindre robe…

L’accord grammatical serait irréprochable si l’on disait à son sujet… mais contre toute vraisemblance que cette personne « s’est faite l’ambassadrice » de la langue française. (Car, là, on accorde quand le participe précède un nom ou un adjectif : « Elle s’est faite belle et élégante pour aller au gala », « Elles se sont faites les interprètes des acteurs et comédiennes » = elle a fait belle qui ? elle-même : s’, COD placé devant le verbe ; elles ont fait qui les interprètes ? elles-mêmes : se, COD placé devant).

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Le mot du 25 mai 2018 (1)

La question du jour (et la réponse)

« Bonjour, Monsieur,

Lecteur fidèle de votre site, je tiens avant tout à vous remercier pour vos publications.

Amateur de vin(s), je m’interroge sur l’usage généralisé du terme « à l’aveugle » lorsque l’on parle de « dégustation à l’aveugle ».
Il s’agit dans ce cas de la dégustation d’une bouteille effectuée étiquette cachée dans le but d’en apprécier les qualités sans être influencé par l’origine du vin (notamment s’il s’agit d’un domaine célèbre ou d’une appellation prestigieuse).

Ma question : Ne vaudrait-il pas mieux écrire « dégustation en aveugle » ?

Cordialement. »

À ma connaissance, dans toutes les dégustations et – ou – concours organisés avec des sommeliers, œnologues, professionnels du vin, cuisiniers, on utilise uniquement « dégustation à l’aveugle ». L’ami Gérard Chevalier, consulté, en tant que grand spécialiste de l’art culinaire et des vins, chroniqueur, critique, membre de jurys, a confirmé cette réalité.
Donc, même si l’on considère que « en aveugle » serait éventuellement une meilleure formulation, c’est un combat d’ores et déjà perdu.

Et, d’ailleurs, serait-ce effectivement meilleur ?… Cette construction avec « à la » + un adjectif ou un nom est très courante, et autorise des comparaisons qui cautionnent « à l’aveugle ».

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