Archives mensuelles : septembre 2015

Le mot du 30 septembre 2015

la bévue du jour

mercredi 30 septembre 2015

 

La bévue du jour

               Une fois encore, la bourde est à mettre au compte de l’éducation (… on rechigne à lui mettre une majuscule initiale !!) nationale.  Mme Najat Vallaud-Belkacem, dans le cadre de « Lire et écrire : efficacité des pratiques d’enseignement de la lecture et de l’écriture au cours préparatoire », s’est en effet exprimée devant un ÉNORME panneau  officiel  où chacun pouvait lire, en très gros caractères :

                                                 Najat Vallaud-Belkacem 

                                                  ministre de l’Education

                                               nationale, de l’Enseigenment

                                             supérieur et de la Recherche

 

Cette énième bourde survient quelques jours après que l’organisme associatif (= ne faisant pas de bénéfices) Formacom, seule école de correcteurs habilitée à décerner un diplôme de lecteur-correcteur, a dû fermer ses portes faute de la moindre aide des pouvoirs publics, alors qu’un grand nombre de demandes de formation étaient en instance…  Pôle emploi (entre autres) doit estimer que l’on n’a pas besoin de correcteurs pour assurer à tous les textes publiés, y compris des panneaux gouvernementaux, la qualité due aux lecteurs, due aux usagers de la langue française… Vive l’ « enseigenment », donc !

Publicités

Rectification du 28 septembre

Pan sur le bec ! (comme dirait le « Canard enchaîné ») : grosse bourde à mon débit :  il fallait lire = « hémisphère  n. m. », bien sûr ! Toutes mes excuses.

 

 

 

 

 

Le mot du 28 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + bévue du jour + proverbe du jour

lundi 28 septembre 2015

 

La question du jour

            « On me critique, dans ma famille, quand je dis : « Je vous promets que cela s’est passé comme ça ! » C’est correct, pourtant ?»

          Certes, il s’agit d’une formulation qui n’est pas rare. Il me semble qu’on l’entend plutôt dans la bouche de personnes de plus de cinquante ou soixante ans, voire plus. Peut-être natives de certaines régions particulièrement.

           Mais c’est un emploi impropre = promettre doit concerner un fait futur : Je vous promets qu’il réglera sa dette avant la fin du mois Je vous promets de venir dimanche ;  Nous vous promettons de passer tous les jours nourrir votre chat en votre absence…

      On ne peut donc pas utiliser promettre au sujet d’un passé ou d’un présent. Afin de garantir la véracité d’un événement présent ou d’un fait passé, il faut employer assurer, garantir, certifier, jurer, soutenir, etc. : Je vous certifie qu’ils étaient là ; Nous vous garantissons que les choses se sont bien déroulées ainsi !

 

*****

 

L’articulet « dico » du jour

hémisphère  n. f.

Substantif   MASCULIN   (ne  pas  se  laisser  influencer par la terminaison « sphère » !).

On doit écrire : l’hémisphère Nord, l’hémisphère Sud, avec une majuscule aux points cardinaux.

 

*****

La bévue du jour

            Elle est à mettre, cette bévue, au compte d’Hubert Védrine, entre autres ancien ministre des Affaires étrangères, sur France Inter, ce lundi 28 septembre, à 8 h 45.

            Ce diplomate et politicien n’est pas le seul, n’est pas le premier, à commettre une grosse confusion, en disant, à propos de pays arabes qui ont aidé des mouvements islamistes extrémistes, qu’ils ont donné naissance à « des Frankenstein » qui, ensuite, les ont débordés…

         Non, ce sont ces États qui se sont conduits en « Frankenstein », c’est-à-dire en « docteurs Frankenstein ». Imaginé par la Britannique Mary Shelley dans son roman Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818), Victor Frankenstein est un scientifique passionné qui, cherchant d’où vient l’essence de la vie, crée un personnage sans nom… qui rapidement le dégoûtera.

       Le cinéma, la science-fiction, de très nombreuses adaptations transformeront le jeune savant passionné en médecin fou, mégalomaniaque, se prenant pour Dieu. La créature, aux sentiments très mêlés, très divers, selon les auteurs de films ou de romans dérivés, est appelée, faute de nom,  soit la Créature, soit le Monstre, avec une majuscule.

                 En critiquant ces pays qui ont ouvert la boîte de Pandore et favorisé le développement d’organisations terroristes, Hubert Védrine eût dû parler d’États qui ont donné naissance à des « Créatures de Frankenstein ».

 

*****

 

Le proverbe du jour

            « On ne creuse pas un puits avec une aiguille » =  pour parvenir à quelque chose, il faut s’en donner les moyens.

Le mot du 27 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour + proverbe du jour

dimanche 27 septembre 2015

 

La question du jour

            « Puis-je laisser passer « conf call » dans des rapports que l’on me donne à corriger ? »

            Cette abréviation utilitaire de l’anglicisme conference call n’a pas sa place dans des textes français non seulement de niveau soutenu, mais aussi de niveau courant correct. Ce jargon « professionnel » n’apporte en rien une affirmation de dynamisme ou de modernité. Conférence téléphonique doit s’imposer pour désigner les communications téléphoniques organisées à l’avance entre plusieurs correspondants.

*****

L’articulet « dico » du jour

douceâtre  adj.

            C’est le seul mot usuel où, sans trait d’union, le c ait recours à un e intercalé, au lieu de la cédille, pour acquérir le son « ss » (ç) devant un a. (Par exemple, dans dépeçage,  c’est la cédille qui joue ce rôle ; dans douce-amère, c’est le e du féminin, mais avec un trait d’union.)

*****

 

La citation du jour

            « Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l’avenir, et qui, par la suite, est également capable d’expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il l’avait prédit. » (Winston Churchill.)

 

*****

 

Le proverbe du jour

            « Dans un voyage, le plus long est de franchir le seuil. »

Remerciements du 27 septembre 2015

Record de participation battu, samedi 26, pour la 5e « Grande Dictée » de Bonsecours (Seine-Maritime). Merci à tous les concurrents, qui ont tous eu des prix. Toutes les catégories d’âges étaient représentées…

 

Le mot du 26 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour

samedi 26 septembre 2015

La question du jour

            « Doit-on accorder « miniature » quand ce mot est employé comme adjectif : « des voitures miniatures » ?… »

            Aujourd’hui, on ne voit plus dans cet emploi un raccourci pour « en miniature ». L’accord est donc devenu licite, et depuis un certain nombre d’années : des avions miniatures.

*****

 

L’articulet « dico » du jour

mômerie  n. f.

            Ce substantif féminin n’est plus guère utilisé au sens d’ « ensemble d’enfants », mais uniquement avec l’acception d’ « enfantillage ». Lié à môme, ce terme s’écrit avec un accent circonflexe.

            En dépit de ce que l’on peut trouver dans Grandsaignes d’Hauterive (Dictionnaire   des   racines   des  langues européennes),   il   ne faut   pas   écrire   « mômerie » le momerie issu du vieux verbe momer, « se déguiser ». Tous les dictionnaires  usuels de   référence   donnent  ce  mot  sans  accent,   au  sens de    « mascarade », « masque », « affectation de sentiments que l’on n’éprouve pas », voire « affectation de sentiments religieux ».

 

*****

La citation du jour

            « Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple. » (Danton.)

Le mot du 25 septembre 2015

la question du jour + l’articulet « dico » du jour + la citation du jour

vendredi 25 septembre 2015

La question du jour

             « La formule « gagner la victoire » est-elle vraiment une faute de français ? N’est-ce pas du purisme abusif que de la condamner ? »

            Eh bien, non, il n’est pas suranné, ni excessif, d’y voir un pléonasme condamnable : gagner, c’est vaincre, c’est remporter… une victoire. La formule est donc assurément redondante, et il faut dire, en usant de compléments directs plus précis : ils ont gagné le match, la rencontre, le derby régional, l’ultime partie, la dernière manche, le grand prix, etc. Ou se contenter de dire gagner, triompher, vaincre, l’emporter, ou remporter la victoire.

*****

 

L’articulet « dico » du jour

irascible adj.

            Dérivé d’ire, « colère », vieux mot bien connu des mots-croisistes et, par conséquent, des cruciverbistes aussi, irascible (comme irascibilité, n. f.) n’a qu’un r alors qu’il en faut deux à irriter, irritable, irritation, irritabilité. C’est que, bien qu’irascible et irritable se rencontrent en un certain point de leurs acceptions, ils proviennent de racines différentes.

*****

 

La citation du jour

            « Les mots, ces « passants mystérieux de l’âme « , sont de grands magiciens et de redoutables entraîneurs de foules. » (Raymond Poincaré.)

Le mot du 24 septembre 2015

question du jour – articulet « dico » du jour – citation du jour – proverbe du jour

 

jeudi 24 septembre 2015

 

La question du jour

            « Pourquoi le mot ocre doit-il rester invariable dans  » des murs ocre » ? »

            C’est parce qu’il s’agit d’une ellipse au sens de : « qui est, qui sont d’une couleur semblable, comparable, à celle DE L’OCRE ». Ocre n’est pas un adjectif de couleur, ni un substantif assimilé, comme fauve, écarlate, incarnat, rose, pourpre et mauve, aux adjectifs de couleur. En revanche, en son emploi substantif, le terme s’accorde normalement : des ocres.

            Attention !  Le mot est féminin au sens d’ « argile de couleur jaune ou rouge,   utilisée comme  colorant  :  des  ocres  brunes,  et  masculin  au  sens  de  « couleur jaune ou rouge mêlée de brun » : des ocres foncés.

 

*****

 

L’articulet « dico » du jour

fauteur  n. m.

            Issu d’un mot latin signifiant « qui favorise », fauteur ne doit être employé qu’avec une nuance péjorative, défavorable : un fauteur de troubles, des fauteurs de désordres… On ne dit pas « un fauteur de miracles » ni « des fauteurs de succès ».

            Il n’y a pas de féminin usité.

*****

 

La citation du jour

            « Exige beaucoup de toi-même, et attends peu des autres. Ainsi, beaucoup d’ennuis te seront épargnés. » (Confucius.)

*****

Le proverbe du jour

            « Les maladies viennent à cheval et s’en retournent à pied »  =   On peut tomber brutalement, subitement, malade. Guérir pourra demander du temps…

 

*****

Concours de septembre

          Le concours de septembre a dû être décalé… Les 3 questions seront publiées dimanche 27, et vous aurez jusqu’au dimanche 11 octobre minuit pour répondre.

Message du 24 septembre 2015

Info du jour du 24 septembre 2015

L’implication dans le Salon du livre du Croisic (Loire-Atlantique) puis des soucis de santé familiaux ont entraîné l’interruption de la publication de textes… Cette publication reprendra dès ce soir.

 

Le mot du 15 septembre 2015

question du jour + articulet « dico » du jour + citation du jour

mardi 15 septembre 2015

 

La question du jour

            « Faut-il écrire « la der des der » ou « la  der des ders » ? »

            La graphie traditionnelle est : « la der des der », expression popularisée au sujet de la guerre de 14-18, dans l’espérance  –   la « grande illusion »  –  qu’elle serait la dernière guerre sur terre.  L’orthographe se justifie par le fait  qu’il s’agit de deux fois la même apocope : « la der(nière) des der(nières) ».  Cette orthographe est donc très fréquente, y compris au masculin, avec des significations très différentes : « la der des der / le der des der » =  le tout dernier, la toute dernière, qu’on puisse prendre ou trouver (« Bon, un dernier verre, alors, mais c’est le der des der ! » ; « C’est le dernier hameau, le der des der avant la frontière… » ; « « C’est la der des der, la meilleure des javas », proclamait Fréhel dans une chanson justement intitulée la Der des der »).  Ou bien  =  « le  dernier  /  la  dernière paru(e), sorti(e), à la toute dernière mode »  (« C’est le fin du fin, la der des der des coiffures »). Ou, encore =  « c’est le/la plus méprisable de(s)… » (« C’est le der des der des usuriers ! »).

            Avec « le/la der des ders », expression qui partage évidemment les mêmes acceptions, il n’y a qu’une apocope, sur le premier der,  tandis que ders est alors une abréviation pour « dernières », d’où le s final (cf. le livre de Didier Daeninckx  le Der des ders).

            Les deux orthographes sont licites, découlant de raisonnements différents…

 

*****

 

L’articulet « dico » du jour

confetti  n. m.

Ce mot italien est francisé depuis longtemps (qui dirait, aujourd’hui, en respectant la forme italienne : « Tu as un confetto dans les cheveux ! » ?). Au singulier, on a donc un confetti, et, au pluriel à la française : des confettis.

 

*****

 

La citation du jour

            « En politique, il faut suivre le droit chemin. On est sûr de n’y rencontrer personne. » (Bismarck.)