Archives mensuelles : janvier 2019

Le mot du 15 janvier 2019 (2)

Le point de vocabulaire du jour

 

pharisaïsme  n. m.

Si le gentilé parisien(ne)/Parisien(ne) a pour correspondant substantif parisianisme, n. m.,  pharisien(ne) n’a pas entraîné la création de « pharisianisme », mais celle de pharisaïsme, n. m., qui correspond à l’adjectif pharisaïque.

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Le mot du 15 janvier 2019 (1)

Le jeu de mots du jour

 

               C’est quand on change de pièce dans l’appartement  qu’on est amené à tenir des propos déplacés !

 

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Le mot du 14 janvier 2019 (1)

L’à-peu-près rédactionnel du jour

 

Aperçu dans le site d’un journal mensuel dont la cible est le monde des seniors, au sein d’un quiz destiné à tester les connaissances des internautes, la réponse suivante  :  « Bien moins connus que les Olmèques ou les Mayas, la civilisation Zapotèque s’établit au Mexique, au centre de l’état actuel d’Oaxaca entre 500 avant J.-C. et 800 après J.-C. ».  Le moins que l’on puisse dire, c’est que le niveau des rédacteurs, en français, se situe vers le C.E. ou le C. M. !  Et encore…

En deux lignes, on trouve une faute de syntaxe, une faute d’accord grammatical, une faute de ponctuation, une faute d’orthotypographie, etc.  En français correct, on aurait dû avoir, par exemple : « Bien moins connue que la civilisation olmèque ou que la civilisation des Mayas, la civilisation zapotèque s’établit au Mexique, au centre de l’État actuel d’Oaxaca, entre 500 avant J.-C. et 800 après J.-C. ».

            Commentaire : connue devait s’accorder sur civilisation ; il était impossible d’enchaîner le nom commun civilisation sur les noms propres Olmèques et Mayas ;  le gentilé, ou ethnonyme, zapotèque, étant en emploi d’adjectif, devait s’écrire sans majuscule ; étant donné son acception ici, État devait obligatoirement avoir une capitale initiale ;  il manquait, derrière Oaxaca,  la virgule fermante de l’incise mentionnant la région où se développa la civilisation zapotèque.

Certes, ces bévues rédactionnelles sont moins graves que le fait d’employer inconsidérément, à tort et à travers, quand on traite de l’actualité,  les mots de l’Histoire, les termes de la politique…  Mais tout cela contribue à jeter le discrédit sur le métier de journaliste en général, au détriment de ceux des professionnels qui, cultivés, respectueux du vocabulaire et de la syntaxe,  travaillent d’autant plus avec probité, rectitude, précision, neutralité.

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Le mot du 13 janvier 2019 (3)

La bourde à répétition du jour

 

On peut nourrir une méfiance certaine (plus qu’une « certaine méfiance »)   à l’égard de… certains médias quand on constate  − objectivement  − les ignorances de vocabulaire (voire plus), ou les abus de vocabulaire (volontaires, fallacieux, ou non ?),  de téléjournalistes, notamment.

Il relève de la stupidité, de l’ignorance crasse,  de parler de « 80 000 forces de l’ordre » déployées (ou « déployés » !!?) dans toute la France…  On attend donc avec impatience la banalisation de formules telles que : « un force de l’ordre, muni d’un porte-voix, incite les manifestants à se disperser », « une (homme ou femme ?) force de l’ordre a été blessée (blessé ?) au genou droit »…  On n’ose imaginer comment cela est compris ou traduit, à travers le monde (« plusieurs centaines de milliers de policiers quadrillent la France », « le gouvernement français mobilise deux millions de policiers et militaires contre les retraités et les travailleurs pauvres »…)…

Un(e) journaliste professionnel(le) doit maîtriser le plus possible la langue française, afin de transmettre  − quelles que soient ses convictions personnelles  −  l’information avec objectivité, neutralité, rectitude, droiture… et précision.

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Le mot du 13 janvier 2019 (2)

La question d’orthotypographie du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour,

            À la lecture de l’article sur les noms d’animaux, je me posais une question au sujet des majuscules dans les cartes des restaurants. Ainsi, parmi les nombreux menus affichés pour la Saint-Sylvestre et pour le Nouvel An, un établissement proposait, entre autres :

Amuse-Bouches

Foie Gras de Canard Frais, Confiture de Figues, Pain Grillé

St Jacques Poêlées au Lard

Petits Légumes à la Parisienne

Etc.

 

            Les majuscules sont-elles nécessaires à tous les mots ? 

 

            Merci pour vos précieuses réponses. »

 

Non, aucune majuscule n’est justifiée… sauf si l’on considère, quelque peu abusivement,  que chaque ligne du menu serait une « phrase », d’où des majuscules aux premiers mots.  Mais la majusculite sévit outrancièrement dans les menus, pour mettre en valeur les plats et le talent ou l’imagination du chef, dénominations pompeuses éventuellement  à l’appui. Notamment pour les menus des jours de fête.

En toute rigueur, il faut :

amuse-bouches

foie gras de canard frais, confiture de figues, pain grillé

saint-jacques poêlées au lard

 

Évidemment, Rossini, Béchamel, Parmentier, etc., gardent leurs majuscules de noms propres  :  tournedos Rossini, omelette Parmentier, sauce Béchamel…

 

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Le mot du 13 janvier 2019 (1)

Le jeu de mots (familier) du jour

 

« Beaucoup de radars ?…  C’est bien fait pour t’épier ! »

 

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Le mot du 12 janvier 2019 (3)

Le point de grammaire du jour

Le nom de la capitale d’un pays est parfois pris par métaphore pour désigner les pouvoirs politiques du pays : Londres a vivement réagi aux déclarations du gouvernement russe.

En pareil cas, un nom de capitale est toujours employé au masculin, même s’il est féminin en toute autre occasion, y compris quand son nom commence par l’article défini La !  Par exemple, alors que l’on dit à juste raison : Que La Havane est belle, vue d’avion !,  il faut dire, au contraire : La Havane se montre désireux de développer ses relations avec le Japon.  Dans la première phrase, il s’agit de la ville; dans la seconde, du gouvernement qui y réside, de l’Etat qui y tient ses institutions.

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Le mot du 12 janvier 2019 (2)

Le point d’orthotypographie du jour

 

ANIMAUX (NOMS D’)

Les noms d’animaux se composent en caractère romain, sans guillemets, avec une majuscule (voire des majuscules si un adjectif épithète précède le substantif important, nom commun ou nom propre… ou bien dans des cas d’espèce très particuliers) :

Choupinette – c’était le nom de ce caniche femelle – s’acharnait sur la paire de pantoufles !

Le pur-sang nommé Vent d’Ouest n’en faisait qu’à sa tête.

Plusieurs fois primé, le taureau Bel Ami a une fois de plus été la vedette du Salon de l’agriculture.

 

Il n’est pas interdit de guillemeter les noms d’animaux dans un article ou dans un livre, mais cela peut alourdir l’orthotypographie si de nombreux guillemets interviennent déjà, notamment pour les citations. En outre, si ces noms d’animaux figurent à l’intérieur de citations entre guillemets français, ils devront alors être mis entre guillemets anglais.

Les chatons « Tom » et « Jerry » jouaient à cache-cache.

« Je vous affirme que “Chevalier des genêts” a été gêné par “Carrefour de l’Odéon”, qui lui a brutalement fermé la corde ! »

 

Les noms d’animaux peuvent aussi se mettre entre guillemets si ces noms, quand ils sont non guillemetés, rendent obscure ou burlesque la phrase où ils figurent :

« Viens ici, « Fous l’camp » ! »

Dans le petit matin, « Minuit » sortait pour humer l’air et aboyait deux fois, avec satisfaction.

 

Parmi les cas d’espèce figurent les journaux s’adressant aux turfistes et les articles consacrés aux courses dans les journaux d’information générale. L’usage est de faire ressortir les noms de chevaux en italique, ou bien en caractère gras ou demi-gras, ou bien entre guillemets, voire en capitales romaines…

« Dans la cinquième, Rose d’été devrait s’imposer en dépit de son handicap de 25 mètres. Ses principaux opposants, partant également des 2 625 mètres, sont Ratapoil et Renard de Normandie. »

« Hier à Auteuil, dans le prix Du Meunier de Toulouse, le tiercé gagnant a été constitué de “Mimosa”, “Marée d’équinoxe” et “Mironton”. »

 

4e course. Prix de Dieppe, 2 400 mètres, 50 000 €. Réservé aux femelles de 4 ans et plus.

NUMÉRO NOM POIDS ÉCURIE JOCKEY
1. Fougère de Vendée 55 kg Le Béon Yvi Tamine
2. Fabuleuse 54 kg Éc. Sistelli Luc Harne
3. Fadaise 53 kg R. Hudi Ar. Tizan
4. Folle du logis 53 kg A. Thome Thomas Turge
Etc.        

 

 

Le mot du 12 janvier 2019 (1)

Le mot d’esprit du jour

 

« J’ai revu un vieil ami, l’autre jour…  Il avait tellement changé qu’il ne m’a pas reconnu ! »

(Tristan Bernard.)

Le mot du 11 janvier 2019 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

« Bonjour, Monsieur Colignon,

            Des amies m’affirment que l’on ne devrait pas dire « veuillez agréer l’expression de mes salutations distinguées », mais sont incapables de m’expliquer pourquoi. Qu’en est-il, car je ne comprends pas leur affirmation ?… »

 

Je comprends votre étonnement.  Des formulations, des tournures de langage sont tellement implantées dans l’usage que plus personne… ou presque n’y voit matière à critiquer.

Mais il est vrai que si l’on se montre rigoureux la condamnation se justifie. Pourquoi ?…  Il est correct d’exprimer des sentiments, un comportement, une attitude  −  l’expression de mon profond respect, l’expression de mes hommages respectueux…  −,  or salutations n’est pas un terme désignant un sentiment : c’est un mot qui désigne… l’expression d’un sentiment. Ce qui fait d’ « expression de mes salutations (distinguées ou autres) » une sorte d’équivalent d’ « expression de mes expressions » !

Voilà pourquoi non pas votre fille est muette, comme le proclame Sganarelle dans le Médecin malgré lui de Molière, mais pourquoi, en toute rigueur, il ne faudrait ni dire ni écrire « l’expression de mes salutations ».

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