Archives mensuelles : mars 2017

Le mot du 31 mars 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

            « Bonjour. Peut-on dire : « les impondérables de la vie quotidienne » ? Il me semble que c’est correct… »

 

Cela se dit souvent… Pour autant, est-ce correct ?…

À l’origine, impondérable,  qui est de la famille de « poids » (latin pondus),  est un adjectif, dont l’acception est : « que l’on ne peut pas peser », «  dont le poids échappe aux mesures, aux calculs ».

Si l’on ne peut pas mesurer, on ne saurait non plus prévoir…  Ce que l’on ne peut pas prévoir est ressenti comme inquiétant,  comme source possible d’événements souvent négatifs dont les conséquences peuvent modifier de façon importante le cours des choses.  En toute rigueur, en tant que nom, et quasiment cantonné au pluriel, impondérables ne devrait être employé que dans ce sens.  Et l’on devrait utiliser des termes plus banals, moins forts, pour les tracas, les soucis, les problèmes, les ennuis, les contrariétés, les désagréments, les embarras,  les imprévus, les incertitudes, etc., du quotidien.

Toutefois, l’affaiblissement, l’atténuation, la banalisation de certains mots fait partie de l’évolution d’une langue vivante (cf. l’évolution de protagoniste, par exemple), c’est un phénomène normal.  Alors, si impondérable(s) est un terme peut-être encore trop fort aux yeux de certains,  un mot qu’il ne conviendrait pas de « déranger »  (  ☺  )  pour parler de simples aléas, d’ennuis quelconques, je ne pense pas qu’il faille condamner de façon péremptoire et systématique son emploi moins restreint.

 

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Le mot du 30 mars 2017

L’expression du jour

 

           « C’est de Tolède ! »  =  c’est de première qualité.

 

Depuis plusieurs siècles,  les couteaux et épées fabriqués à Tolède, en Espagne, ont la réputation d’être les meilleurs d’Europe, au moins ! L’excellence des forgerons d’armes tolédans a été unanimement reconnue…  Par extension, on en est venu à dire, pour parler d’objets de la plus haute qualité, qu’ils sont « de Tolède » !

 

(Extrait  de J.-P. Colignon, Tous les chemins mènent à Rome, éditions de l’Opportun.)

 

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Le mot du 29 mars 2017

Le point d’orthotypographie du jour

 

Peut-on licitement écrire : « Cette sévrienne est native de Toulon » ?  Assurément, s’il s’agit non pas d’une personne née à Sèvres, et/ou y habitant, mais d’une femme ayant été élève de l’École normale supérieure de jeunes filles (ENSJF) créée en 1881 et implantée à Sèvres (aujourd’hui, Hauts-de-Seine). En 1985, cette école supérieure a été dissoute et a fusionné avec l’École normale supérieure de la rue d’Ulm.

Quand il désigne une élève de l’ENSJF, le mot sévrienne est un nom commun, donc sans majuscule, alors que cet ethnonyme (ou gentilé) est en emploi de nom propre, avec une majuscule, quand il s’applique à une personne née à Sèvres, ou y demeurant…  Il est donc logique et licite d’écrire : « Cette Sévrienne est une sévrienne », ou, aussi :  « Cette sévrienne est aujourd’hui une Sévrienne ! ».

 

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Le mot du 28 mars 2017 (2)

La question du jour (et la réponse)

 

           «  Bonjour, Monsieur,

           J’espère que vous allez bien. Je suis une de vos anciennes élèves, et je rencontre une difficulté dans un texte.

          Dans « ses congénères à plumes », faut-il supprimer le « s » à « plumes », comme dans l’expression « gibier à plume » ?

         Je n’arrive pas à trouver de réponse claire dans les différents usuels.

        Je vous remercie pour votre réponse. »

 

Les deux dictionnaires qui font référence, le Petit Larousse et le Petit Robert, ont évolué, s’agissant de « gibier à plume » et « gibier à poil ». Alors que la graphie classique, c’est-à-dire le singulier, s’expliquait par le fait que « poil » voulait dire « pelage », et que « plume »  signifiait « plumage », ces deux ouvrages ont fini par entériner la perte de cette référence linguistique…

Les utilisateurs du français, en 2017, ne connaissent plus, dans leur majorité, l’acception d’origine. Alors, les deux dictionnaires acceptent aussi maintenant la graphie avec le pluriel. Ad libitum, donc…  Le pluriel peut être adopté sans souci.  D’ailleurs, « ses congénères à plume » fait drôle : on dirait qu’il s’agit d’animaux n’ayant qu’une plume (sur la tête ou au croupion !).

 

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Le mot du 28 mars 2017 (1)

La formulation curieuse du jour

 

             Bien que le sujet soit des plus sérieux, Hervé Hardoüin, grand mots-croisiste, a raison de relever avec amusement, et de me signaler, parmi les propos de campagne présidentielle : « [Je ferai en sorte que] l’Assurance maladie rembourse les médicaments qui soignent les maladies incurables… ».   Mais, certes, il n’est pas dit :  « qui guérissent les maladies incurables »…

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Le mot du 27 mars 2017

Le mot du jour : télésnobeur(-euse)

 

S’il était un de nos contemporains, La Bruyère consacrerait assurément un de ses portraits, un de ses « caractères », au télésnobeur, à la télésnobeuse… Le verbe télésnober a, en effet, été lexicalisé par les dictionnaires les plus récents, au sens de « consulter fréquemment son téléphone portable (… sa tablette, son iPhone, son iPad) en ignorant les personnes physiquement présentes ».

La définition proposée relève d’ailleurs de l’euphémisme, de la litote, du français « correct », c’est-à-dire d’une expression qui n’ose pas dire les choses telles qu’elles sont, d’un langage émasculé qui serait justifié par tel ou tel prétexte. En vérité, que ce soit dans les transports en commun, au restaurant ou dans des salles d’attente, les télésnobeurs consultent… CONSTAMMENT leur écran portatif. Ils ne le quittent quasiment pas des yeux tout en montant dans le RER, dans un bus ou dans un train ; à peine un coup d’œil jeté sur une place libre, ils s’y assoient sans un regard pour leurs voisins ou leurs vis-à-vis…

Aucun geste ou signe de politesse, pas le moindre bref sourire aimable : le télésnobeur… snobe complètement les êtres vivants qu’il vient à côtoyer !  Les yeux continûment rivés à son écran, il envoie des messages sans nul doute d’une importance capitale à ses amis ou à de vagues relations contactées via les réseaux sociaux, ou bien encore se plonge peut-être dans la lecture de messages publiés tous azimuts, ou dans des recherches multiples et variées. Espérons que ces dernières soient vraiment dignes d’intérêt… Plus que le télésnobeur lui-même.

        

 

Le mot du 26 mars 2017 (2)

La  faute du jour

 

            En dépit des mises en garde récurrentes, nombre de personnes écrivent « être noir(e)(s) comme le geai » quand la seule graphie correcte est : noir comme le jais.

Il faut donc rappeler qu’il s’agit d’évoquer une variété de noir correspondant AU noir d’une variété de lignite, minéral bitumineux d’un noir brillant, le jais.

En Europe, et donc en France, on peut admirer le bel oiseau appelé geai, plus précisément le geai des forêts, une espèce au plumage beige, marron clair, avec quelques plumes blanches, noires et bleues. Un geai tout noir serait malheureusement un « porte-plumes » mazouté, par exemple !

Noir doit rester invariable, car on est en présence d’une ellipse :  « c’est [D’UN] noir comparable AU noir du jais ».

 

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Devinette : « Quel est le cri du geai ?… ».   Facile…   =   « le geai ricane », bien sûr !

Le mot du 26 mars 2017 (1)

AGENDA :  La Ville de Sèvres et le Conseil international d’études pédagogiques ayant devancé l’UCPE du Maroc, j’étais donc à Sèvres le samedi 25 mars tandis que se déroulait à Casablanca la finale de « mon » 13e Championnat de langue française et d’orthographe. Je remercie Mme Nadira Slaoui (UCPE) de m’avoir envoyé le slam écrit et interprété devant toute l’assistance, lors de cette finale, par un groupe de scolaires.  C’est la gloire !!  :o)))    Merci, alors, à ces jeunes élèves, pour leur gentillesse et leur humour, pour leur texte rimé célébrant les dictées et leur auteur, tout en ronchonnant plaisamment contre les difficultés !

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Le mot du 25 mars 2017

AGENDA :  Une fois de plus, Paul Levart et Pierre Dérat se sont mis en évidence, en réalisant tous deux un sans-faute, en catégorie champions, à la dictée de Sèvres, au Centre international d’études pédagogiques, ce samedi 25 mars. Troisième : la Normande Solange Pascarel, habituée des podiums elle aussi. Gérard Glotin, quatrième, obtient un bon résultat.

En seniors amateurs, très bons résultats, serrés : Gilles Lambert devance Isabelle Mazodier, Philippe Morel, Jean-Pierre Le Gléau, Michel Lejeune-Mengwang et Patricia Pierre…. Et, en juniors, excellente première :  Marie de Pomerol.

Félicitations à tous !

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Le mot du 24 mars 2017

AGENDA :  Au rythme quasi quotidien d’activités et d’animations liées à la langue, en ce mois de la langue française, voici venue, demain, samedi 25 mars, au Centre international d’études pédagogiques (CIEP), à Sèvres, la dictée annuelle sévrienne…

Les distraits et ceux qui n’auraient pas pu arriver à s’inscrire, pour telle ou telle raison, peuvent se présenter au CIEP à 14 heures :  ils pourront participer !

*  CIEP, 1, av. Léon-Journault. Autobus : arrêt « Parc de Saint-Cloud », dans la Grande-Rue.

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